> Revue littéraire : Oradour après Oradour, de D. Danthieux et Ph. Grandcoing

23122015

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C’est d’un ouvrage historique et local dont je souhaitais vous parler pour cette troisième « revue littéraire ». Paru en tout début d’année 2015 dans la jolie collection « Approches » des éditions Culture & patrimoine en Limousin, l’Oradour après Oradour de Dominique Danthieux et Philippe Grandcoing s’attèle à un monument de notre paysage mémoriel et patrimonial régional. Les auteurs en conviennent d’emblée et sans peine, tant on a déjà écrit sur Oradour : il serait sans doute vain, au pire cela relèverait-il de l’indécence, que de proposer un énième ouvrage racontant le déroulement du massacre. C’est donc avec beaucoup d’attention qu’il convient de s’intéresser à ce nouveau travail qui entend traiter de l’« après », les décennies de la mémoire qui ont suivi 1944 jusqu’à aujourd’hui.

La présentation s’articule autour de trois verbes qui matérialisent chacun un aspect de la gestion technico-politique de cet « après » et de l’intellectualisation post-traumatique : « conserver », « reconstruire », « commémorer ».

Trois principaux éléments de valeur ajoutée me semblent transparaître à la lecture du livre :

  1. Une histoire inédite de l’après-10 juin, ou comment rendre justice à l’Oradour des survivants.

Atout principal de cet ouvrage, on apprend beaucoup de choses sur ces décennies de l’après, jusqu’ici assez largement occultées par l’historiographie et qui sont pourtant autant que le jour du massacre des éléments constitutifs de l’événement, en ce sens qu’ils donnent à voir sa réception, et permettent d’en comprendre l’assimilation collective, qu’elle soit politique ou sociale. Redonner une visibilité à cette période, c’est aussi rendre justice à ceux qui l’ont subie, comme ceux qui ont permis sa construction : habitants et techniciens.

On apprend notamment que le programme de conservation des ruines, décidé dans la précipitation et l’émotion que le contexte très particulier de la Reconstruction exigeait, a été confié à un fils d’érudit local et qu’il a fait l’objet d’une véritable mise en scène des décombres, à la hauteur du drame, devant ancrer durablement la douleur et le recueillement dans le paysage local (ainsi, la fameuse voiture du Dr Desourteaux n’est pas la sienne, mais une voiture tirée des décombres…).

C’est une course contre-la-montre qui a été lancée dans les premiers mois après le massacre, pour prévenir l’effondrement de pans de murs qui n’étaient évidemment pas conçus pour résister aux aléas du temps dans l’état de délabrement qu’était le leur après l’incendie. Certains murs menaçant de s’effondrer ont dès le début été remontés en pierres saines. Le village-martyr fera l’objet de véritables mesures d’exception. Ainsi, le classement du bourg au titre des Sites (loi de 1930) sera vite remplacé par un classement de l’ensemble du bourg aux Monuments historiques, gage de meilleurs moyens pour assurer la préservation des vestiges, et c’est bien par un acte législatif des députés et non un acte administratif comme c’est de rigueur que le classement sera promulgué.

L’ouvrage évoque explicitement la difficulté de vivre à Oradour après, pour ceux qui n’ont pas connu le drame et qui de fait n’appartiennent pas à cette communauté de deuil. « Oradour se mue en un lieu hors du temps, sans autre référent mémoriel que le 10 juin 1944 » (p. 66) ; les rues ne portent initialement pas de nom, exception faite de l’avenue centrale « du 10 juin 1944 », et il faut attendre les années 1990 pour que véritablement la vie reprenne de façon plus légère, ordinaire en somme. Mais en rappelant d’emblée que les maisons du nouveau bourg ont servi d’entraînement à des jeunes architectes qui ensuite ont rebâti Royan, les auteurs, en plus de redonner une visibilité à ce temps particulier de l’événement et d’inscrire Oradour dans le paysage national de la Reconstruction, contribuent à désacraliser quelque peu et de façon je le crois bénéfique cette période : la vie ne s’est pas arrêtée à Oradour.

  1. Village-martyr, village-symbole

L’ouvrage me semble également d’un intérêt majeur dans son traitement d’Oradour comme d’un objet politique, dimension déjà traitée notamment dans l’évocation des suites du procès de Bordeaux et de la polémique concernant l’amnistie des Malgré-nous alsaciens, mais qui ici s’approfondit par l’évocation de l’architecture et de l’aménagement comme relevant d’un projet politique. On comprend combien le village-martyr puis le nouveau village sont érigés en symboles de la reconstruction politique de la nation et de la réaffirmation de l’identité nationale bafouée par les années d’Occupation. On apprend par exemple que le débat sur la conservation des ruines est ancien et complexe, et que les différents programmes successifs de préservation des vestiges, y compris les plus récents, sont très largement motivés par le souci de la Nation de ménager les sensibilités et de contribuer à la sauvegarde d’un dispositif de matérialisation d’une mémoire collective. On apprend également qu’Oradour fut très largement présenté, notamment par le général de Gaulle, comme un symbole du martyre d’une France unanimement résistante, mythe sur lequel l’historiographie est depuis revenue.

Par l’évocation de quelques polémiques moins médiatisées – notamment celle qui a entouré la statue « Aux martyrs d’Oradour » d’Apel les Fenosa, très critiquée par les locaux à sa réalisation puis cachée dans les réserves de musée avant de revenir au village –, en rappelant combien le Centre de la mémoire s’est vu assigner le rôle de relais entre devoir de mémoire injonctif et « devoir d’Histoire » plus pédagogique, ou en s’interrogeant sur la capacité à vivre le souvenir autrement que par le prisme des témoins de première main, les auteurs soulignent combien le processus de symbolisation de l’événement ne se fait pas sans heurts et doit faire l’objet d’une réflexion permanente et transgénérationnelle, dans un délicat équilibre entre distance et compassion.

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  1. Oradour comme objet territorial : la spatialité comme ressource

Enfin, cela en découle, l’ouvrage propose – sans véritablement le nommer ainsi – un traitement de la spatialité et du rôle de l’emprise spatiale du village dans son rôle territorial à une échelle plus vaste et dans ses effets symboliques. Autrement dit, comment le village, dans sa réalité physique (ses murs, ses ruines, ses chemins, sa silhouette, ses lieux de recueillement), est présenté en « ressource territoriale », c’est-à-dire en outil favorisant l’énonciation et la réalisation d’un projet dans l’espace. Oradour-martyr « sert » un dessein. Les auteurs le montrent de deux manières.

D’une part en évoquant la dimension géographique de « l’après », ou comment les opérations d’urbanisme contribuent à la fabrication idéelle et matérielle de l’objet « Oradour » tel que nous le connaissons aujourd’hui, prouvant que tout acte politique s’inscrit dans une matérialité spatiale. À savoir que l’aménagement post-événement est un moteur du façonnement d’Oradour tel que nous en avons conscience aujourd’hui : Oradour sans la fixation des ruines, sans sa signalétique, sans son agencement paysager, sans son mémorial rouillé, ne serait pas cet Oradour.

D’autre part en évoquant quoique très timidement le rôle de l’espace comme de ce qui pourrait relever du « dispositif » au sens foucaldien, c’est-à-dire exprimer combien Oradour (l’idée comme l’objet) est réapproprié depuis 70 ans dans l’action et les discours politiques locaux par différents moyens d’agencement spatial et à différentes fins d’organisation sociale et politique. Parlons par exemple de la sanctuarisation, de l’expropriation et de l’extra-territorialisation du site par sa « nationalisation » et sa « décommunalisation » devant façonner un statut de mémorial inviolable. Parlons aussi de la régionalisation du corps des architectes dans une optique de régionalisation de l’esthétique de ce projet national, ou de la conception du nouvel espace public dans la détermination des lieux de sociabilité. Citons aussi l’utilisation de la nouvelle église et de son esthétique contemporaine dans la perspective d’une rechristianisation sociale d’un territoire limousin peu connu pour sa piété. Evoquons enfin la construction d’une haute lanterne des morts par l’Association des familles des victimes pour s’opposer au martyrium souterrain de l’Etat. La mobilisation d’Oradour est un phénomène récurrent, permanent.

Avant de parcourir cet ouvrage richement documenté, j’espérais vivement pouvoir déceler une lecture politique voire critique – au sens « neutre » du terme – du processus de patrimonialisation et de symbolisation d’Oradour, tel qu’il est formalisé et déployé en Limousin de nos jours par les médias comme les élus, et que l’on peut notamment assimiler à quelques phénomènes médiatiques percutants, tels la marotte électorale de la terre de résistance (on se souvient que la liste Front de gauche à Limoges en 2014 avait osé présenter une de ses candidates sous l’expression « témoin du massacre d’Oradour »). À ce sujet, je reste un peu sur ma faim, il est vrai. J’avais toutefois bien conscience qu’avancer des réflexions de ce type peut s’avérer glissant à peine soixante-dix ans après la Libération, et ce alors que prolonger ces débats peut et doit s’avérer essentiel dans la bonne traduction du principe de devoir de mémoire. Une fois la lecture de l’ouvrage terminée, je dois bien avouer regretter qu’aucun géographe n’ait encore développé à ma connaissance un véritable travail de réflexion sur la territorialité d’Oradour, et sur la façon dont les acteurs locaux comme nationaux, quoique bien intentionnés, usent parfois maladroitement d’Oradour comme d’une ressource d’action et de discours. Il reste beaucoup à dire sur l’aménagement paysager d’Oradour, sur son utilisation dans la publicité, la communication institutionnelle, la signalisation routière, la cartographie…

Peut-être n’était-ce pas l’objet de cet ouvrage, qui demeure toutefois extrêmement intéressant et a le très grand mérite de nous apprendre encore des choses sur Oradour. Mais il reste donc encore beaucoup à dire sur les effets et les enjeux d’Oradour. Puissent des générations de chercheurs en sciences sociales y parvenir, et ainsi oeuvrer dans le plus grand respect des souvenirs et la plus grande justesse à l’égard des vivants, à l’objectivation des outils d’un devoir de mémoire cohérent et efficace.

Photo : Oradour, le nouveau village. (c) L.D., 2011.

> Oradour après Oradour, de Dominique Danthieux et Philippe Grandcoing, Culture et patrimoine en Limousin, 132 pages (24 €)
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> La mémoire vivante, une nécessité

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> La mémoire vivante, une nécessité dans Actualité locale binitiativelocale

C’est dans une ambiance à la fois chaleureuse et émouvante qu’acteurs et relayeurs de l’Histoire se sont réunis sous la houlette du Conseil régional des jeunes. Témoin du massacre d’Oradour-sur-Glane, résistant, professeurs, historiens et élus, jeunes ou « adultes » : dans la foulée de la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 au jardin d’Orsay, à Limoges, tous ont eu à cœur d’échanger sur les enjeux de la transmission de la mémoire aux jeunes générations. Et à travers ce sujet, rendre compte de l’importance des échanges entre citoyens de tous âges et de la solidarité intergénérationnelle.

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Portée par quelques jeunes du CRJ, cette initiative, – les « Rencontres de la mémoire » – entendait pallier la désaffection des jeunes dans les cérémonies de recueillement et leur supposé désintérêt vis-à-vis de cette période de l’Histoire dont chacun connaît les principaux événements mais dont on parle peu au-delà de quelques dates symboliques. Et pourtant, nombre des réalités qui régissent notre société en 2013 sont des héritages directs ou indirects de la Seconde guerre mondiale (l’Etat-providence, nombre de lois, de références morales, d’équilibres politiques, de bâtiments architecturaux, la morphologie urbaine, ou de façon plus triviale, nos jours fériés).

Si ce constat de l’absence des jeunes est propre à tous les territoires, on s’est mis d’accord pour dire que le Limousin, riche d’une histoire récente particulière, n’était sans doute pas la région où les jeunes sont le moins au fait de ce passé et de ses implications contemporaines. Les stigmates des massacres de Tulle ou d’Oradour permettent bon gré mal gré une certaine sensibilisation du public à cette thématique, mais on se demande parfois si le caractère extrêmement singulier de ces drames n’oriente pas un peu la mémoire vers un hommage parfois un peu factice quand il tient du réflexe.

Quoi qu’il en soit, les participants, dont les élus Jean Daniel (pour le Conseil régional) et Cyril Cognéras (conseiller municipal à Limoges) dont on a pu saluer la présence, ont eu à cœur de souligner l’importance de leurs racines familiales dans cette sensibilisation au devoir de mémoire. C’est parce qu’on a pu vivre au plus près de certains sites martyrs, qu’on a côtoyé des grands-parents ou arrière-grands-parents témoins directs de cette Histoire, et que l’on s’engage, d’une manière ou d’une autre, dans la vie publique, que l’on peut parler au mieux des enjeux liés à la mémoire. Elus du CRJ, déjà engagés d’une certaine manière dans la vie citoyenne active, ont perçu les messages de sympathie et d’encouragement des aînés comme un soutien à l’effort permanent en faveur d’un dialogue et d’un échange de compétences entre jeunes et moins jeunes. Mais il faudrait veiller à ne pas animer ces recueillements autour de la seule passion, du seul sentiment affectif, car en dépit de sa sincérité et de sa force, ce sentiment n’est-il pas voué à l’altération, quand témoins ou relais de première main auront disparu ? Ou pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de vivre au plus près d’un résistant, d’un ancien combattant, d’un contemporain de ces pages douloureuses et fondatrices ? N’a-t-on pas déjà la preuve des limites de la transmission quand elle s’articule uniquement autour du partage en famille ? Cela ne suffira pas. Il convient donc de trouver d’autres remèdes. Et il ne s’agit ni de passer pour rétrograde, ni au contraire de tendre au révisionnisme !

Passer par le biais des établissements d’enseignement et des professeurs pour inciter plus fortement les élèves à se rendre aux cérémonies, préalable à leur sensibilisation au devoir de mémoire ? Ce pourrait être une solution, même si l’on hésite toujours à faire de ces moments des contraintes. C’est sans doute à travers un dispositif plus ou moins global et plus ou moins formel, mêlant refonte des programmes scolaires, valorisation de la mémoire dans les discours politiques, et attachement à rendre cette transmission vivante et ancrée dans un contexte contemporain que l’on pourra assurer une réelle vitalité à notre mémoire collective : en connaissant au mieux notre passé, nous pourrons d’autant plus repousser les tentations à la réécriture de l’histoire ou au retour de certains démons, mais également nous aurons les clés pour construire et assurer un monde dont les schémas demeureront inspirés par des idéaux qui ont permis, un jour, le redressement de l’Humanité.

Photo : (c) L.D., 8 mai 2013, Limoges




> Plaidoyer pour l’audace des transports publics limougeauds

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> Plaidoyer pour l'audace des transports publics limougeauds dans Actualité locale blim

trolley-articule-300x224 dans Aménagement du territoire

L‘arrivée tant attendue des trolleybus articulés sur le réseau des transports en commun urbains de Limoges est un bon signal. Avec le remplacement très prochain, sur la ligne 6, des ultimes valeureux mais archaïques ER 100.2 H en service depuis 1989, la STCL aura parachevé le remplacement intégral de ses véhicules. Une opération entamée en 2006, qui a été accompagnée d’une légère hausse de la fréquentation, et qui aura notamment permis de faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite, et conforté le choix politique de la ville pour un mode de transport en commun écologique, très répandu en Suisse ou en Italie, mais assez original en France (seuls Lyon, Nancy et Saint-Etienne possèdent encore des trolleys). Mais à choix politique de conservation d’un transport pertinent, appelons-en désormais à la volonté politique de le dynamiser et de l’étendre.

trams-trolleys-limoges-171x300 dans LimogesForce est de constater qu’au-delà de l’entretien du réseau existant et du renouvellement du parc, la carte des lignes de trolleybus n’a qu’assez peu évolué depuis que la municipalité de Léon Betoulle a, en 1951, après avoir visité Liège, choisi de remplacer les trams par ces véhicules silencieux et plus pratiques. La carte des lignes du trolley ressemble beaucoup à la carte des lignes de tram du début du siècle dernier. Partant de ce constat, on est en droit de penser que l’emprise du réseau adapté à une ville ouvrière et dense de 90 000 habitants, ne l’est pas à une agglomération de 190 000 habitants… Et depuis le prolongement de la ligne 6 dans les deux sens en 1996, et l’extension de la ligne 4 sur trois stations jusqu’à la clinique Chénieux en 2009, aucun autre projet ambitieux d’agrandissement de ce réseau pourtant prometteur n’a été évoqué publiquement. La multiplication des lignes de bus dans la deuxième moitié du XXe siècle a certes en partie compensé cette croissance urbaine, mais quoi de mieux que des lignes de trolleybus pour structurer un réseau prometteur en ce qu’il serait électrique et porteur en terme d’image ?

Je reste convaincu que le réseau de la STCL, trop peu fréquenté en comparaison de réseaux d’agglomérations de taille similaire, mériterait de voir ses lignes fortes étendues et électrifiées. Il pourrait potentiellement transporter bien plus d’usagers, si étaient prises des mesures audacieuses et cohérentes visant l’optimisation de la circulation des véhicules. Les retards récurrents, favorisés par l’absence en de nombreux endroits de lignes en site propre, autrement dit de couloirs de bus, la trop longue attente entre deux passages (souvent au-delà de 10 minutes, durée dissuasive) et l’absence de bus à haut niveau de service sont des facteurs limitant, nuisibles à la conviction du réseau. Voici quelques pistes pour relancer durablement l’utilisation des transports en commun à Limoges :

étendre les lignes de trolleybus vers les quartiers et communes périphériques, pour faire bénéficier les populations concernées d’une desserte rapide et moderne, et assurer la cohérence géographique du réseau en l’adaptant à la croissance de la zone bâtie de Limoges et de son agglomération. Ainsi, dans un premier temps, la ligne 2 pourrait être prolongée vers Isle et le terminus La Cornue de la ligne 5. La ligne 4 pourrait être prolongée d’un arrêt jusqu’à Beaublanc, avec terminus en site propre, connecté à une future ligne circulaire à haut niveau de service (cf. plus bas). Dans un second temps, après études nécessaires, la ligne 1 pourrait être prolongée de six arrêts jusqu’au centre de Panazol, voire vers le nord dans le cas d’une intégration effective de Couzeix à Limoges Métropole, et la ligne 2 pourrait être rallongée vers la zone industrielle Nord ou Beaubreuil.

électrifier tout ou partie des lignes 8 et 10, parmi les plus fréquentées du réseau. Ce serait un beau symbole, preuve de la motivation qu’aurait la ville de Limoges à présenter le trolley comme alternative au bus, et non seulement comme moyen concurrent. Le passage de ces deux lignes en alimentation bifilaire (autrement dit, une exploitation par trolleybus) pourrait dans un premier temps se limiter aux portions centrales, entre le lycée Dautry et la fac des sciences pour la ligne 8, entre ESTER et le CHU pour la ligne 10, par exemple. Signalons que le coût investi dans la construction des lignes électriques semble pouvoir s’amortir avec le coût moindre à l’exploitation de ces véhicules, sans oublier leurs avantages écologiques et sonores. La pollution visuelle que certains voient en l’obstruction du ciel par les fils semble tout à fait négligeable.

bhns-limoges-300x268 dans Municipales 2014 créer une ligne circulaire au niveau des boulevards extérieurs. A l’instar des plans du Grand Paris, il est prouvé que les relations de centre à périphérie des lignes de bus, typiques du décalcage des mouvements pendulaires automobiles, ne sont pas exclusifs. Or, dans la plupart des plans de réseau de transports urbains, Limoges compris, peu de lignes permettent à ce jour la circulation de périphérie à périphérie. Ces liaisons se font nécessairement via le centre, ce qui nuit en qualité de transport et en sur-fréquentation des véhicules en centre-ville. Renforcer la ligne 14, qui emprunte une bonne partie des boulevards susnommés, et l’étendre à l’est de la ville, pourrait être la meilleure solution. Cette nouvelle ligne viendrait délester les autres lignes du centre-ville et, par son passage sur les quais de Vienne, sous-exploités, elle permettrait de créer une alternative à la traversée de Limoges. En outre, en reliant l’ensemble des sites universitaires de Limoges, elle viserait à dynamiser ce pôle d’enseignement qu’est la capitale régionale. Il s’agirait aussi d’atténuer l’isolement des cités-dortoirs. On pourrait aussi imaginer cette réalisation à travers deux branches circulaires, aux mêmes terminus. La première (branche Est 1) demeurerait rive droite, reliant le CHU à La Bastide via la gare SNCF. La seconde (branche Est 2) passerait sur la rive gauche et emprunterait l’A20 pour relier les secteurs d’ESTER-Technopole et de la gare, à la zone industrielle sud. Plus éloignée du centre, elle se doit d’être très convaincante en temps de parcours pour qu’elle puisse être attractive (de longues portions en site propre à envisager), et nécessiterait donc des réflexions plus approfondies.

créer des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS ou Busway). Ces lignes de bus améliorées sont entièrement repensées de façon à faciliter les correspondances, optimiser la vitesse des véhicules tout en assurant la sécurité des usagers de la route par la création de voies réservées (site propre réel). Les fréquences de passage sont proches de 5 minutes aux heures de pointe (contre 9 minutes prévues au minimum pour les lignes limougeaudes). Des avantages à concrétiser, de façon à convaincre le maximum de gens de préférer les transports en commun à la voiture individuelle. Par ailleurs, à terme, on pourrait lancer une étude quant à l’installation de guichets automatiques de vente de titres de transport, afin de gagner encore du temps. Dans un premier temps, la ligne 10 – la plus fréquentée du réseau – pourrait être réaménagée en ligne de BHNS (en complément ou remplacement d’une électrification partielle, par exemple), outre les projets de lignes circulaires.

A ces objectifs s’en ajoutent d’autres, qui plus largement pourraient être les grands axes d’une nouvelle politique des mobilités urbaines (nouveaux services de transport en centre-ville, nouvelles réflexions sur  la place du vélo, intégration du réseau STCL au programme intermodal régional Passéo, repenser l’implantation des parcs-relais, etc.). Et pourraient faire de Limoges une ville exemplaire.

Garder et relancer le trolleybus, en prouvant qu’il s’agit de la solution idoine, du juste milieu entre les bus, essentiels mais insuffisants, et le tramway, séduisant mais trop ambitieux et peu adapté, c’est aussi une manière de conserver une part de l’histoire limougeaude, un pan de l’identité de la ville, tout en modernisant. A l’heure où son engagement pour la durabilité est mis en avant, Limoges se doit plus que jamais de faire le pari de l’audace en matière de transports publics. Un enjeu pour 2014.

Illustrations : Limoges-Métropole ; L. Destrem, 2013




> Valentin Roche : « Les jeunes sont l’avenir et le présent du pays »

17042012

> Valentin Roche : « Les jeunes sont l'avenir et le présent du pays » dans Actualité locale b2012b

Pour cette seconde interview, c’est Valentin Roche, responsable du Mouvement des jeunes socialistes de la Haute-Vienne depuis janvier, qui accepte d’évoquer son engagement politique. Il est le plus jeune des quatre jeunes qui ont accepté de répondre à mes questions. L’occasion de bien cerner ce qui motive ses prises de position, entre défense des valeurs de gauche et envie d’échanger avec la jeunesse dont il souligne l’implication dans le programme qu’il défend pour cette élection présidentielle. Une « impression d’être utile » recherchée et suscitée par l’écoute, l’apprentissage, le débat.

Nom : Valentin Roche
Âge : 20 ans

Formation : DUT Gestion des entreprises et des administrations à l’IUT du Limousin (en cours)

Engagement : Mouvement des jeunes socialistes. Il a aussi tenu à évoquer sa pratique du théâtre, de la vidéo et son engagement associatif de quartier.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous engager dans un mouvement de jeunesse politique, et a fortiori, au MJS ? Avez-vous des modèles politiques, des inspirations qui vous y ont poussé ?
Mon engagement s’est fait en deux temps. Une première phase d’approche du mouvement, pendant laquelle j’ai observé le fonctionnement. C’est après cette étape que j’ai décidé de franchir le pas et de m’engager pleinement, pour défendre des valeurs de gauche, mes valeurs. Et puis c’était aussi l’envie d’agir, de débattre, de militer avec des jeunes de mon âge.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’engagement politique ?
Ce qui me plaît, c’est surtout de défendre les valeurs de la gauche, mais aussi d’avoir l’impression d’être utile pour nos concitoyens, d’agir dans leur vie au quotidien, car la politique règle les problèmes du quotidien et oriente l’action publique.

Avez-vous envisagé de poursuivre et amplifier cet engagement avec le temps (adhésion au PS si ce n’est pas déjà fait, engagement électoral, etc.) ?
Je suis également encarté au Parti Socialiste, ce qui me permet de participer aux réunions de ma section, d’échanger avec les nombreux militants de mon parti, mais aussi d’apprendre beaucoup auprès d’eux, car certains (adhérents depuis de très nombreuses années) sont là pour nous transmettre leur vécu et leur expérience militante, ce qui est tout à fait bénéfique pour nous les jeunes.

Pour le moment ma priorité est uniquement le MJS.

« [Mes proches] trouvent bien que l’on s’engage à mon âge »

Comment votre engagement est perçu par votre entourage (famille, amis, proches) ?
Bien entendu mes parents sont un peu inquiets pour mes études et pour la fatigue qu’engendre mon engagement, mais je fais tout pour les rassurer, en leur montrant que je peux mener les deux de front. Sinon les gens sont plutôt fiers de mon engagement, y compris mes proches qui ne sont pas socialistes. Tout le monde trouve bien que l’on s’engage à mon âge.

Le début de la campagne présidentielle a globalement été jugé tendu, voire agressif, ceci au détriment de l’expression des programmes. De manière générale, comment percevez-vous cette campagne électorale, tant sur la forme (atmosphère, échanges entre les candidats, …) que sur le fond (positionnements, propositions, …) ?
Je crois qu’on peut distinguer deux moments dans cette campagne. Il y a un avant 19 mars et un après 19 mars. Les drames horribles et inqualifiables de Montauban et Toulouse ont sans aucun doute marqué une rupture dans cette campagne.
Avant le 19 mars, en effet la campagne n’était pas des plus sympathiques à vivre. Petites phrases et coups bas étaient légion. Peu d’idées avancées par les candidats (hormis François Hollande qui a très vite proposé aux français ses 60 engagements pour le pays), bagarre pour obtenir les 500 parrainages… Et puis n’oublions pas que François Hollande a été seul à faire campagne pendant très longtemps. Désigné par le processus démocratique des Primaires citoyennes, notre candidat est parti depuis maintenant plus d’un an à la rencontre des français. La droite n’a rendu officiel son candidat que le 15 février… Candidat qui vient tout juste de présenter son programme aux français. C’est un peu mépriser l’électorat que de dévoiler ses idées à 15 jours du 1er tour du scrutin. Et quelles idées ? Rien que l’on ne connaisse déjà ou qui avait été promis dès 2007, mais toujours pas appliqué !
Et puis il y a la campagne de l’après 19 mars. Une campagne qui a repris ses droits le 22 mars exactement, au lendemain de l’hommage rendu aux soldats lâchement exécutés… Depuis cette date, la campagne semble comme éteinte. Certains candidats ne parlent plus que de sécurité et d’immigration (même chanson qu’en 2002 et 2007), alors que les français attendent qu’on leur parle d’économie, de pouvoir d’achat, d’accès à la santé, d’éducation… C’est ce à quoi se concentre François Hollande qui multiplie les déplacements et les réunions publiques tant en métropole que dans les territoires d’Outre-mer. Nous continuons, et nous ferons cela jusqu’à la fin de la campagne, d’avancer et de développer nos engagements pour la France, quand d’autres se contentent d’attaques injustifiées et fausses envers notre candidat. Nous sommes prêts à gouverner. François Hollande a présenté ce que seraient les premiers mois de son quinquennat s’il était élu. Nous avons un cap, un calendrier, nous attendons que les français valident.

« Nous somme là parfois pour bousculer nos aînés sur certaines thématiques. »

Ci-contre :L’équipe actuelle du MJS de la Haute-Vienne. Etudiants, lycéens ou salariés composent le bureau du mouvement départemental. © Le Populaire du Centre

Nouvelle-%C3%A9quipe-MJS-300x222 dans HollandeVous êtes engagé au MJS. Pouvez-vous sans détailler nous présenter rapidement le mouvement (emprise nationale, relation avec le PS, effectifs militants à l’échelle nationale et à l’échelle locale, …) ?
Le MJS est un mouvement autonome et donc indépendant du Parti Socialiste. Bien entendu les relations entre les deux sont fortes (et normales), mais le MJS tient à son autonomie qui lui a permis quelque fois par le passé de pousser la réflexion et même la proposition sur certains thèmes comme par exemple la légalisation du cannabis. Nous sommes là parfois pour un peu « bousculer » nos aînés sur certaines thématiques. Néanmoins nous travaillons bien entendu de concert avec le PS pour tous les scrutins et sur toutes les thématiques. Le MJS se veut souvent force de proposition et participe le plus souvent à la confection des programmes électoraux tant au niveau national que local.
C’est actuellement Thierry Marchal-Beck qui préside notre mouvement depuis le début de l’année ; il a pris la succession de Lauriane Deniaud qui aujourd’hui conseille François Hollande sur les questions relatives à la jeunesse dans la campagne présidentielle. Le MJS tant nationalement que localement est aux cotés de nos aînés du PS pour mener tous les combats. La force militante est en constante augmentation ces dernières années, avec de nombreux jeunes qui viennent s’engager.

De quelle manière votre mouvement et vous-même personnellement participez à la campagne présidentielle, en France et dans la région ? Le fait que le Limousin soit un important bastion socialiste doit faciliter votre tâche de militant…
Nous menons une campagne active, et nous sommes présents au maximum de nos possibilités. La campagne se fait bien entendu sur le terrain par des tractages (marchés, facs, lycées, quartiers populaires, usines…), des réunions publiques, mais également par une forte mobilisation de porte à porte. L’objectif au niveau national est d’atteindre 5 millions de portes frappées d’ici au 1
er tour. La Haute-Vienne contribuera fortement à cet objectif. Bien entendu nous participons comme il se doit aux grands rendez-vous nationaux (investiture, Le Bourget, Vincennes…). Nous menons également une campagne non moins active sur Internet et les réseaux sociaux, en relayant les engagements et actions de notre candidat. Je vous invite à visiter notre site !

Vous avez raison, le Limousin est une terre à forte dominante socialiste et ce serait formidable si c’était représentatif de l’ensemble du territoire national. Ce n’est pas le cas et malgré notre fort ancrage, nous ne relâchons rien ! Nous donnons notre maximum pour convaincre tous les électeurs que le projet présenté par François Hollande est le seul qui pourra remettre le pays dans le droit chemin. Si le Limousin est un important bastion socialiste, il y a aussi des abstentionnistes, des indécis et des primo-votants à aller convaincre.

Quel regard portez-vous sur la politique du gouvernement Fillon à l’égard de la jeunesse, depuis 2007 (forces, faiblesses, erreurs, réussites, promesses, jugement) ?
Sans surprise, je ne porte pas un bilan positif sur la politique jeunesse du gouvernement Fillon. Je serais même tenté de dire : quelle politique jeunesse ? La question de la jeunesse n’a pas été prise en considération comme il se devait au cours de ces 5 années de mandat. Un coup un ministère, un coup un haut commissaire, un coup un secrétariat d’état… comment voulez vous mettre en place une politique jeunesse digne de ce nom quand la question est trimbalée ainsi ?
La preuve en est, qu’aujourd’hui aucune action marquante envers la jeunesse ne peut être reprise par la droite dans son bilan. Rien n’a été fait pour les jeunes, ou si peu, ou si mal !
Ce n’est pas rendre service à la jeunesse de notre pays que de supprimer des milliers de postes dans l’Éducation nationale, de fermer des écoles, de faire de l’intérim et du CDD des contrats d’usage, d’exploiter les stagiaires… Le chômage des jeunes n’a cessé d’augmenter en 5 ans. Les jeunes n’ont plus confiance dans le politique, les jeunes ont été stigmatisés un peu partout sur le territoire, on a monté les jeunes contre leurs aînés… On a stigmatisé les jeunes issus des quartiers populaires, les jeunes issus de l’immigration… Aucune considération pour la jeunesse de notre pays !
Non, je ne vois vraiment rien qui ait été positif dans la « politique jeunesse » des différents gouvernements Fillon.

A partir de ce constat, quelles réponses défendez-vous et proposez-vous aux difficultés et enjeux posés par les jeunes de 2012, pour le mandat qui va s’ouvrir pour le président élu en mai prochain ?
François Hollande comme vous le savez a fait de la jeunesse son cheval de bataille dans cette présidentielle. Nombreuses sont ses propositions :
- mettre en place une allocation d’études et de formation sous conditions de ressources,
- garantir que zéro jeune de 16 à 18 ans ne soit sans solution,
- créer 60 000 postes dans l’éducation nationale en 5 ans,
- créer 150 000 emplois d’avenir, ciblés sur les quartiers populaires,
- mettre en œuvre un contrat de génération pour permettre l’embauche de jeunes en CDI,
- combattre les contrôles au faciès,
- autoriser le mariage et l’adoption pour tous les couples,
- et de nombreuses autres propositions en matière de santé, territoire, environnement, emploi…

Toutes ces propositions pour la jeunesse sont présentées et détaillées. L’objectif de François Hollande est de faire que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012.

Les primaires citoyennes semblent avoir été le symbole et l’opportunité de la réconciliation au sein du Parti socialiste, après plusieurs années de querelles qui ont sans doute désintéressé les Français. Comment vivez-vous au MJS cette agitation semi-permanente des aînés de la rue de Solférino, et quels enseignements tirez-vous de cet événement sans précédent qui a vu la désignation du candidat à l’élection présidentielle ?
Les querelles que l’on a pu connaître par le passé sont aujourd’hui à ranger au rayon des archives. Les temps sont aujourd’hui au travail, à l’unité et au rassemblement avec un seul objectif en tête, la victoire de la gauche et de notre candidat François Hollande le 6 mai prochain. Tout le monde agit de concert, dans l’intérêt du Parti et des français. C’est de toute façon de notre devoir.
Les Primaires citoyennes ont été il est vrai une véritable réussite populaire. Plusieurs millions de français, de tous âges, de toutes conditions, de toutes professions… ont souhaité participer à cette aventure ô combien démocratique. Les résultats de la participation ont été inespérés. Ces Primaires ont permis au peuple de gauche, en toute transparence, de venir décider du choix du candidat du Parti Socialiste. La désignation incontestée de François Hollande lui donne une totale légitimité. De plus, ces Primaires ont permis une dynamique sans précédent dans le monde politique français. On nous a critiqué, on nous annonçait un flop, finalement les français en ont décidé autrement.

« L’important est de pérenniser la présence de l’université sur les territoires »

François Hollande a fait de l’éducation un pilier central de sa campagne. Il a notamment mis en cause les modalités de la réforme des universités. Son programme vise à « favoriser les coopérations et les mises en réseau, [afin] que ne se constituent pas de déserts universitaires ». Quel écho cela rencontre-t-il avec la situation de l’université de Limoges, dont la pérennité pourrait être remise en cause ?
François Hollande a dit qu’il ne supprimerait pas la loi LRU, mais qu’il reviendrait dessus pour garantir une réelle autonomie des universités, avec une gouvernance plus collégiale et démocratique.
Il souhaite améliorer le fonctionnement des universités. Actuellement compétence de l’État, mais avec de nombreuses interventions des régions, il voudrait éventuellement que la compétence soit transférée au niveau régional (avec l’accompagnement financier nécessaire). L’important aujourd’hui est de pérenniser la présence de l’université sur les territoires. Certes il faut de grandes universités pour qu’elles soient fortes et puissent jouer un rôle à l’échelle européenne, mais il ne faut pas non plus négliger les universités plus de proximité qui maillent l’ensemble du territoire. Il ne faut pas raisonner dans le sens où l’université doit faire du chiffre et soit rentable. L’université est là pour former des jeunes étudiants et futurs actifs. Il faut également accroître les crédits pour la recherche universitaire.
L’université de Limoges a eu quelques problèmes ces derniers temps, mais ils semblent aujourd’hui résolus ou en voie de l’être. Néanmoins il faut rester vigilant sur sa situation et ancrer cette université dans le paysage local.

Comment pourrait-on faire, selon vous ?
L’université de Limoges a présenté des comptes légèrement excédentaires cette année, une bonne nouvelle donc. Néanmoins restons vigilants sur la santé financière de notre université, mais elle devrait relever la tête très prochainement et bien être identifiée comme université de proximité. Elle possède de nombreuses filières qu’il faut renforcer, de nombreux chercheurs qu’il faut accompagner et elle doit être novatrice dans l’ouverture de nouvelles filières d’avenir partout sur le territoire régional. Je pense notamment à l’ouverture d’un diplôme tourné vers la domotique en Creuse.

Laurianne Deniaud, responsable nationale du MJS jusqu’à cette année avait demandé la fusion des universités et des grandes écoles, qui n’est pas reprise dans le programme. Pourquoi ?
Le MJS a beaucoup travaillé en amont de cette campagne présidentielle. Les fédérations départementales ont planché sur un certain nombre de sujets dans le cadre de travaux intitulés « Perspectives 2012 ». Ce travail a abouti à la présentation d’un certain nombre de propositions aux candidats aux Primaires. Par la suite, une douzaine de propositions ont finalement été retenues pour être inscrites dans le programme du Parti Socialiste. La fusion dont vous faites état est sans doute restée dans les propositions mises de coté, mais comme je le disais précédemment, le MJS est là pour « bousculer » les aînés, et à n’en pas douter, c’est une idée qui devrait encore faire son chemin dans les années à venir…

Ci-dessous : 60 ballons pour 60 000 postes. Opération lâcher de ballons « pour le changement », place de la République à Limoges. © MJS 87

Ballons-pour-le-changement-300x223 dans JeunesseAvancer la fameuse mais controversée proposition des 60 000 nouveaux postes dans l’Éducation nationale souligne une volonté de corréler moyens concrets et résultats tout autant concrets. François Hollande évoque le rétablissement d’une formation « digne de ce nom ». En d’autres termes ?
Le candidat de droite a tout simplement supprimé les IUFM ! Comme leur nom l’indique ces instituts servent à la formation des futurs enseignants. Aujourd’hui on ne forme plus les maîtres et maîtresses comme il se doit.
François Hollande propose donc le rétablissement des IUFM, avec la mise en place d’une véritable formation pour les futurs professeurs des écoles, avec plus de pratique et de stages qu’actuellement. Il n’est pas normal qu’aujourd’hui on puisse se retrouver face à une classe sans jamais avoir fait de stage et sans jamais avoir été accompagné par un enseignant déjà en exercice auparavant.

Que répondez-vous aux accusations d’irresponsabilité budgétaire ?
L’irresponsabilité n’est pas budgétaire ! L’irresponsabilité serait de laisser Sarkozy poursuivre sa casse du service public et de l’éducation. Ceux qui voudraient tout savoir et parler à notre place se trompent. François Hollande a fait des propositions chiffrées et raisonnées. Dire que la gauche entraînera la faillite de la France, que la France deviendrait la Grèce, c’est tout simplement de la malhonnêteté intellectuelle de la part des gens qui disent cela.

« [L'élection de François Hollande] pourra rapporter au Limousin une facilité dans les grands dossiers structurants »

Quelles différences voyez-vous entre la campagne malheureuse de Ségolène Royal et celle de François Hollande, qui seraient susceptibles cette fois, d’amener la victoire ? Pensez-vous que l’ancrage local du candidat socialiste puisse jouer en faveur du Limousin, si jamais il parvenait à être élu le 6 mai prochain ?
Je n’étais pas encore engagé en politique lors de la campagne de Ségolène Royal en 2007, donc je ne peux pas vraiment comparer. Néanmoins je la suivais un peu de loin, et je peux dire ce que l’on m’en a rapporté… Il semblerait que l’on n’assiste pas à la même campagne. En 2007, il y avait à priori plus de ferveur… Mais je trouve quand même que cette fois-ci les gens apprécient François Hollande et son style « normal ».
Bien entendu, si François Hollande est élu Président de la République le 6 mai prochain, cela ne sera que bénéfique pour le Limousin. Il sera certes le Président de tous les territoires de France, mais il a bien rappelé qu’il devait tout à la Corrèze, sa terre d’adoption, sa terre d’élection. Preuve en est, c’est en Corrèze qu’il sera le 6 mai à 20h lors de l’annonce des résultats. Ce que ça pourra rapporter au Limousin ? Une facilité dans les grands dossiers structurants ? Et rêvons un peu, pourquoi pas un ou plusieurs Ministres ? Nous avons à n’en pas douter les compétences…

Ci-contre : Drapeaux et ferveur de campagne. Les militants du MJS autour de Martine Aubry, de passage à Limoges dans le cadre de la campagne présidentielle. © MJS 87

MJS-Martine-Aubry-300x200 dans La phrase du jourFrançois Hollande a prévu de venir à Limoges entre les deux tours du scrutin. N’est-ce pas faire preuve d’un peu trop d’assurance ?
François Hollande est souvent venu à Limoges, plusieurs fois encore ces derniers mois. Vous parliez dans une question précédente d’une « facilité » pour nous à faire campagne sur une terre socialiste… Je vous dirai donc que François Hollande doit se concentrer avant le 1er tour sur des territoires qui nous sont moins favorables, et c’est bien normal. Mais les messages que François Hollande adresse un peu partout en France sont aussi bons pour nous limousins. Alors oui, il ne faut jamais se déclarer vainqueur d’avance, nous le savons, François le sait. Tant que le dernier bulletin n’est pas sorti de la dernière urne, tout est encore possible. Mais soyez certain que le meeting prévu dans l’entre deux tours à Limoges sera une belle fête et une belle réussite. C’est aussi un signe fort que nous adresse François Hollande à nous limousins, en nous réservant une des deux dates de ses grands rendez-vous de l’entre deux tours.

« L’engagement peut prendre du temps et les jeunes le comptent, justement, leur temps »

On tend à pointer du doigt un éventuel désintérêt de la jeunesse pour le débat public, parce qu’il est trop technique, trop éloigné de leurs préoccupations, trop contraint aux rivalités personnelles. Qu’en pensez-vous ? Comment y remédier ? Et comment voyez-vous personnellement l’engagement politique des jeunes à vos côtés et plus globalement en France ?
Toutes les enquêtes le montrent, les jeunes ont un désintérêt pour la politique. Une bonne partie d’entre eux souhaitent ne pas aller voter, dommage ! Ils ne se reconnaissent pas dans le clivage gauche-droite existant. Néanmoins ils placent François Hollande en première position dans leurs intentions de vote. En 2007, les jeunes avaient en majorité voté pour Ségolène Royal, ils feront la même chose avec François Hollande cette fois ci. Ce qui est plus inquiétant par contre, c’est que c’est la candidate du FN qui arrive en deuxième position dans leurs intentions de vote. Ils semblent plus s’intéresser à la forme qu’au fond. [Une enquête CSA publiée le 10 avril par le journal Le Monde nuance cet argument : Marine Le Pen y arrive en tête des intention de vote des 18-24 ans (26 %), juste devant le candidat du PS (25 %), Nicolas Sarkozy (17 %) et Jean-Luc Mélenchon (16 %). Toutefois, le professionnalisme de cette étude a été remis en cause par la commission des sondages, ndlr]
On ne peut pas forcer les jeunes à s’engager, à s’intéresser à la politique. Malgré tout la politique conditionne la vie au quotidien. Si les jeunes en ont marre aujourd’hui c’est qu’on ne s’intéresse pas à eux, donc pourquoi s’intéresseraient-ils au débat politique ? Les 5 ans de Sarkozy ont été une catastrophe pour la jeunesse, ils ne se sentent pas représentés, écoutés… Une nouvelle fois en mettant la jeunesse au centre de sa campagne, François Hollande veut remédier à tout cela.
L’engagement peut parfois prendre du temps et les jeunes le comptent, justement, leur temps, aujourd’hui… Ils voient bien les difficultés à trouver un emploi. C’est pourquoi ils veulent réussir leurs études, et donc ne consacrent que peu de temps à des activités autres et encore quand il leur en reste du temps. Car beaucoup travaillent en parallèle de leurs études pour les financer, ce qui n’est pas normal et souligne de fortes inégalités entre les étudiants. L’engagement des jeunes peut se matérialiser de diverses formes, il peut être politique bien entendu, mais aussi syndical, associatif ou sportif. Les jeunes aujourd’hui ont soif de prendre la parole et d’être entendus !

La gauche et plus précisément les socialistes occupent une position très majoritaire en Limousin. Quel regard portez-vous sur cette relative hégémonie, sur les relations entre les forces politiques régionales, sur les politiques menées et sur l’évolution de ces rapports locaux ? Pourquoi selon vous la droite ne parvient-elle pas à convaincre (et pourquoi la gauche réussit-elle) ?
Si le PS est fort aujourd’hui en Limousin c’est qu’il y fait du très bon travail. Ce sont les électrices et les électeurs qui décident de cela. Et si nos collectivités sont majoritairement de Gauche, c’est que les citoyens du Limousin estiment qu’ils sont bien représentés par leurs élus socialistes et du reste de la gauche parfois. Les électeurs nous font confiance et on le leur rend bien.
Depuis les régionales les rapports locaux à Gauche ont quelque peu divergé avec une poussée du Front de Gauche. Si le Limousin est une belle terre socialiste, le communisme est aussi bien présent et nous en avons bien conscience.
Quant aux difficultés de la droite sur notre territoire, ce n’est pas à moi à en juger, posez leur la question… même si j’ai bien une petite idée, mais que vous me permettrez de garder pour moi ! [Vous pourrez trouver leur avis dans l’interview de Matthieu Broussolle, homologue de Valentin Roche chez les Jeunes populaires, ndlr]

« La LGV doit assurer un bel avenir à notre région »

Quelles sont vos perspectives personnelles, ainsi que celles du mouvement, en ce qui concerne l’engagement dans les prochaines échéances électorales locales (législatives, municipales) ? Prenez-vous part aux discussions sur les sujets fondamentalement locaux ?
Les perspectives sont assez simples, remporter l’élection présidentielle le 6 mai prochain et transformer l’essai en juin avec les législatives. La Haute-Vienne perd une circonscription. Nous allons tout faire pour que les 3 circonscriptions que nous possédons restent socialistes et permettent à nos trois futurs député(e)s de réussir leur scrutin pour aller travailler aux cotés de François Hollande et du gouvernement qu’il mettra en place après son élection à l’Elysée. L’enjeu de ces législatives, même si on ne doit négliger aucune circonscription, sera à n’en pas douter sur la 3e circonscription (Limoges-Bellac). Sur cette circonscription, nous assistons à un passage de relais puisque la députée sortante Marie-Françoise Pérol-Dumont a fait sien le souhait de ne pas se représenter. Catherine Beaubatie a été désigné démocratiquement par les militants du PS en décembre dernier. Chaque passage de relais n’est pas sans risques, et nous allons tout mettre en œuvre pour qu’il se passe de la meilleure des façons [Mme Beaubatie aura notamment à affronter Jean-Marc Gabouty, maire radical de Couzeix, soutenu par l’UMP, ndlr]. Nous connaissons bien Catherine, qui est une femme de qualité et de travail et qui forme un beau tandem qui se complète parfaitement sur de nombreux points avec son suppléant Pascal Godrie le Maire de Mézières-sur-Issoire.
Viendront ensuite en 2014 des élections locales. Des résultats du 6 mai prochain dépendront ces élections, puisque si nous gagnons, nous reviendrons sur la réforme territoriale et supprimerons le conseiller territorial. Donc niveau élections cantonales et régionales c’est encore un peu flou.
Pour les élections municipales, là aussi les perspectives sont plutôt claires : conserver les mairies que nous possédons déjà ; conserver les mairies acquises aux dernières municipales (Bellac notamment) ; en gagner de nouvelles ; regagner celles perdues aux dernières municipales (Isle et Châteauponsac par exemple)…
Mais prenons chaque scrutin l’un après l’autre et pour le moment concentrons nous sur la présidentielle et les législatives.
Bien évidemment nous prenons part aux discussions sur les sujets fondamentaux locaux, je pense immédiatement à la LGV Poitiers-Limoges qui est le gros dossier du Limousin. Cette ligne doit voir le jour le plus rapidement possible, afin d’assurer un bel avenir à notre région sur de très nombreux plans (économie, tourisme, culture…).

Le MJS de la Haute-Vienne soutient donc officiellement le projet ? Cela ne nuit-il pas à vos relations avec vos camarades de la Creuse, qui se sont dits très sceptiques vis-à-vis de cette éventualité ? Par ailleurs, qu’est-ce que la jeunesse peut espérer tirer de l’arrivée de la grande vitesse en Limousin, selon vous ?
Bien entendu nous soutenons le projet, c’est bien normal, nous pensons à notre avenir, à l’avenir de notre région, mais aussi à bien plus long terme à celui de nos enfants et des générations qui nous succéderont.

Cela peut bien entendu créer du débat avec nos camarades creusois, mais tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faille l’arrivée de la grande vitesse en Limousin. Celle-ci serait bénéfique pour tous, jeunes et moins jeunes. Pour la question de la jeunesse, l’implantation de nouvelles entreprises serait génératrice d’emplois par exemple ; mais ce serait aussi sûrement plus de culture, plus de sport… Et ça mettrait Limoges à 2h de Paris et donc aux portes de toute l’Europe.

Quel message voudriez-vous faire passer à la jeunesse de 2012 ?
Le message que je souhaite faire passer à la jeunesse de 2012 en mon nom et en celui de tous les Jeunes Socialistes, c’est qu’il faut continuer à croire et à espérer. François Hollande est aujourd’hui le seul candidat capable de redresser la France, de redonner espoir aux français et à la jeunesse de France. N’oublions pas que toutes les grandes avancées sociales que la France ait connues ont eu lieu sous gouvernement socialiste (35 heures, CMU, PACS, abolition de la peine de mort, RMI…). François Hollande a fait le choix de mettre la jeunesse au cœur de son projet, ce n’est pas pour rien. Il a parfaitement conscience des maux et des souffrances de cette jeunesse. Les jeunes sont l’avenir du pays, mais ils en sont aussi le présent.

Une remarque finale ?
Je tenais particulièrement à vous remercier pour cette interview très complète, qui m’a permis de m’exprimer sur un certain nombre de sujets, de mettre en avant les idées de notre candidat François Hollande, d’évoquer notre ancrage politique local, de nous interroger sur l’engagement des jeunes…
Je sais la qualité de votre blog, je sais votre intérêt pour la politique, je sais votre passion pour notre région. Pour tout cela, merci et même si pour nous socialistes « le changement c’est maintenant », pour votre blog je vous encourage à poursuivre ainsi…

Liens :
Le site du MJS de la Haute-Vienne
.
La page Facebook du mouvement
.




> Dossier : quelle ambition pour les transports limougeauds ?

11102010

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un tramway passe devant l'hôtel de villeQu’on peste contre, qu’on ignore, on bien qu’on utilise tant bien que mal parce qu’on ne peut faire autrement les transports en commun limougeauds, il faudrait être de mauvaise foi pour en être pleinement satisfait. Non pas que le limougeaud (ou habitant d’une commune de la métropole, quelle qu’elle soit, ou même encore de plus loin !) soit de nature ronchonne, mais parce qu’il y a forcément des choses à dire.

Certes, ne soyons pas non plus trop critiques. Prendre le bus ou le trolley peut s’avérer bien pratique, et reste plus écologique et moins encombrant pour les voies de circulation que les innombrables voitures. Oui mais voilà, les diverses carences du réseau de la STCL me poussent à en faire un « dossier spécial ». Tout ça pour essayer de dégager quelques idées, qui n’engagent que moi.

Lire la suite… »




> Mobilité urbaine : le paradoxe limougeaud ?

7102010

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trolley.pngJe fais le serment de ne pas m’engager sur le terrain économique pour critiquer le Family Village. Les habitants de la région entière sont certainement ravis d’avoir désormais tous ces commerces à disposition, ce qui leur permet de ne plus s’enferrer dans les embouteillages du centre-ville de Limoges pour aller y faire leurs emplettes le samedi après-midi.

Cependant, je me demande comment l’ouverture d’un tel complexe, alors même que Limoges est critiquée depuis de nombreuses années pour sa ceinture de zones industrielles (comme j’ai pu l’évoquer en février dernier), est censée épargner les commerces de centre-ville, selon les mots mêmes de la municipalité. Les arguments ne semblent pas manquer : les Limougeauds préféraient se rendre sur Angoulême et son centre du Champ de Mars, pourtant tout autant critiqué, par exemple. Par ailleurs, on peut se poser des questions quant au départ de certains commerces dynamiques installés jusqu’ici en centre-ville, comme le Flunch, et déplacés au Family Village…

On pourra crier au paradoxe. Vouloir favoriser le maintien des commerces et des visiteurs dans le centre « piéton », en y multipliant les places de parking. Et se targuer, comme le fait en ce moment la STCL dans les cinémas de Limoges, d’installer ça et là parcs relais, censés inciter l’utilisation du trolley ou du bus. Alors même que le tarif du ticket simple est de 1,30 €, et qu’il n’existe aucun tarif étudiant pour les abonnements à l’année, dont le coût s’élève tout de même à 180 €, contre 95 € seulement pour les moins de 18 ans. Il est vrai que de nos jours, c’est bien connu, la majorité rime instantanément avec revenu… Mais tout compte fait, cela pourrait-il inciter les gens à passer leur permis dès la majorité, afin de garer leur véhicule dans un des parcs de stationnement de la ville ? Quand on y pense, ça peut paraître étonnant, mais au final, cela ne met-il pas mieux en évidence le fond de la politique des mobilités sur la ville de Limoges ?

En terme de politique urbaine, il me semble qu’il n’y a pas de sujets mineurs…







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