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> Régionales : petit guide à l’usage de l’électeur indécis

4122015

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Capture d’écran 2015-12-04 à 08.18.27Dans trois jours, nous sommes appelés aux urnes pour désigner la toute première mandature de la nouvelle « grande région », Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes. Que ce soit par manque d’intérêt, de temps ou de curiosité, on n’a pas toujours pris la peine de consulter en détail les professions de foi des candidats. Il faut dire que nombre d’entre-elles ne se suffisent à elles-mêmes (c’est par exemple le cas de celle d’Alain Rousset) et qu’il est parfois bon d’aller un peu plus loin, sur internet, pour savoir ce que le ventre de chaque liste (espérons-le pas trop mou) recèle en termes de propositions.

J’ai donc choisi de vous proposer ce tout petit guide qui doit vous permettre d’aiguiller vos choix, du moins de les éclairer, à la lumière des positions prises par l’ensemble des dix listes en présence sur 4 dossiers ou thématiques me paraissant essentiels pour notre région. On verra que ce n’est pas forcément l’avis des candidats en question. Ces thématiques sont :

  • La sollicitation des citoyens dans les prises de décision ;
  • La LGV Poitiers-Limoges ;
  • La politique de préservation et valorisation des espaces naturels ;
  • La politique culturelle.

Rappelons que les professions de foi sont désormais proposées par le Ministère de l’Intérieur en ligne. Regrettons comme le fait Nouvelle Donne sur son site, que ce dispositif ne soit pas davantage porté à la connaissance du grand public…

Avant toute chose, un rappel des forces en présence : 6 listes à gauche, 3 à droite, et une liste d’extrême-droite.

  • Joseph Boussion et Marie Bové (fille de, et ancienne candidate à la candidature EELV) conduisent la liste de la Vague citoyenne, marquée écolo de gauche.
  • Virginie Calmels, 1e adjointe au maire de Bordeaux, conduit une large liste d’union Républicains (ex-UMP), UDI et MoDem.
  • Jacques Colombier est la tête de liste FN-Rassemblement bleu marine.
  • Françoise Coutant, vice-présidente sortante en Poitou-Charentes et déjà candidate écologiste en 2010, porte les couleurs d’EELV.
  • Olivier Dartigolles, élu PCF à Pau, est la tête de liste Front de gauche (PCF, PG, Ensemble)
  • William Douet conduit une liste de l’Union populaire républicaine, mouvement souverainiste et eurosceptique.
  • Guillaume Perchet conduit la liste Lutte ouvrière.
  • Nicolas Pereira est la tête de liste Nouvelle Donne (bien qu’il ne soit que 11e sur la liste départementale de Gironde, preuve que ce parti ne cherche pas à obtenir des élus…)
  • Alain Rousset, président sortant de la région Aquitaine, brigue sa propre succession à la tête d’une liste PS-PRG comprenant notamment ses homologues de Poitou-Charentes (Jean-François Macaire) et du Limousin (Gérard Vandenbroucke).
  • Yvon Setze, enfin, pilote une liste Debout la France, le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan.

 

  1. Sollicitation des citoyens dans les prises de décision

C’est une revendication majeure de nombre des mouvements politiques créés ces dernières années, notamment autour de l’échéance des élections européennes de 2014 (Nous Citoyens – absent de ce scrutin dans notre région – et Nouvelle Donne pour citer les principaux) : faire de la politique autrement, pour répondre à la défiance croissante à l’égard du fonctionnement des institutions et du personnel politique actuel. Dans la foulée, de nombreuses déclinaisons locales plus ou moins teintées politiquement s’efforcent de relayer ce message et de le traduire en actes concrets. Le refus du cumul de mandats, la nécessaire association du grand public à la prise des décisions, peuvent résonner dans une grande région comme la nôtre, où la perte de proximité est une crainte légitime. Il est donc assez compréhensible de davantage retrouver ces propositions novatrices dans le programme des « petits » partis qui ont bien souvent critiqué la réforme territoriale.

Joseph BOUSSION
Vague citoyenne
*** « Les citoyens pourront débattre des grands travaux et de tout ce qui peut affecter l’environnement et leur vie quotidienne via les Initiatives Citoyennes Régionales », sortent d’interpellations publiques collectives sur les compétences de la région, à préciser toutefois. Engagement aussi pour un référendum citoyen sur le nom de la région et pour des budgets participatifs. Les élus s’engagent également à être transparents (attention au double sens, tout de même !), à refuser le cumul et à soutenir les passages en régie publique de l’eau et de l’énergie. Sans oublier un audit partiellement citoyen de la dette régionale et une protection des lanceurs d’alertes au Conseil régional. 4 piliers sur 10 consacrés à la thématique, en plus d’une charte éthique : pas mal !
Virginie CALMELS
LR-UDI-MoDem
* Exception faite de l’engagement déjà louable au non-cumul, V. Calmels ne propose pas de mesure sur le sujet.
Jacques COLOMBIER
FN
* Si le FN s’insurge contre les « barons contaminés par la folie des grandeurs », aucune autre proposition concrète et salutaire sur ce qui feront de ses élus des élus responsables et ouverts.
Françoise COUTANT
EELV
*** Le dernier des 15 piliers du pacte de Françoise Coutant concerne la mise en place de « mécanismes de participation directe pour les citoyens » et la garantie d’un « débat public sur tout projet structurant avec notamment l’instauration de conseils citoyens décentralisés et d’un droit à l’interpellation », notamment via des « délégués territoriaux à la participation citoyenne » où l’expertise d’usage sera le maître-mot. Alléchant mais sans doute difficile à mettre en place… Sur le programme complet, d’autres idées : une réunion publique annuelle où les élus rendent leurs comptes, le recours massif à l’open data et la protection des lanceurs d’alertes.
Olivier DARTIGOLLES
Front de gauche
** O. Dartigolles souligne combien la réforme territoriale semble mettre à mal la proximité et l’équité territoriale. Le 11e engagement de la liste promet de redonner aux citoyens « les moyens de contrôle, d’expertise et d’interpellation de l’assemblée régionale ». Bien, mais on aimerait savoir comment.
William DOUET
UPR
** La liste avance le référendum local d’initiative populaire et l’organisation régulière de référendums sur les projets d’aménagement et les mesures anti-pollution. Elle rêve aussi d’une gestion « transparente et économe » et espère pouvoir « moraliser la vie politique locale ». Rien que ça !
Guillaume PERCHET
LO
  Aucune proposition concrète.
Nicolas PEREIRA
ND
*** La méthode politique est au cœur du programme de Nouvelle Donne, et constitue un des trois axes de la campagne régionale. La rémunération des élus conditionnée à leur présence, l’interdiction du cumul et la création de jurys citoyens tirés au sort « co-décisionnaires » de certains grands projets sont avancées par la liste de N. Pereira, dans l’esprit de la charte Anticor. Autre idée iconoclaste : la consultation des citoyens par les élus avant de s’engager pour les élections sénatoriales.
Alain ROUSSET
PS-PRG
** La liste Rousset s’engage sur douze « + » : + de culture, + de formation, + de proximité… mais à première vue, pas de démocratie. En dépit d’une timide revendication d’ouverture à la société civile, c’est plutôt sur le programme complet qu’il faut aller trouver quelques propositions volontaristes : une assemblée consultative de citoyens, un observatoire de la transparence de la fusion régionale et un conseil régional des jeunes (seule liste à reprendre cette initiative portée par la région Limousin depuis dix ans).
Yvon SETZE
DLF
** Payer les élus en fonction de leur présence et de leur travail et diminuer le budget communication, suspendre tout mis en examen, exclure tout condamné. Si les deux premières sont sans doute un peu démagogiques, les deux suivantes devraient convaincre. Des positions attendues de la part d’un parti se voulant « anti système » qui clame haut et fort l’ancrage « société civile » de ses candidats.

 

  1. LGV Poitiers-Limoges

Il est devenu le serpent de mer régional. Lancé dans l’optimisme et la relative concorde par un débat public en 2006, le projet de LGV a pris du plomb dans l’aile à la mesure que les avis négatifs des responsables politiques (région Poitou-Charentes en 2011, élus socialistes creusois en 2013) et des divers commissions et organismes se sont succédés. Depuis 2012, de nombreux freins ont ainsi été formulés : commission Duron, rapport de la Cour des Comptes, désaveu de la FNAUT et du Conseil d’Etat, refus de financement européen, dans un contexte de scepticisme croissant concernant la rentabilité du projet-mère, la LGV Tours-Bordeaux. L’adoption de la Déclaration d’utilité publique au début de l’année 2015 avait constitué une petite surprise, mais avait été mise sur le compte d’un « fait du prince » qui en soi ne pourrait apporter les garanties d’un financement très loin d’être bouclé. Fardeau financier en puissance, la LGV est forcément dans les débats, mais de façon beaucoup plus taboue qu’en 2010, d’autant que le changement d’échelle de la région semble occasionner un bouleversement de l’ordre des priorités .

Dans la campagne, ce sont donc globalement les clivages habituels sur le sujet qui transparaissent :

Joseph BOUSSION
Vague citoyenne
? La liste exprime vivement son refus des projets de LGV, pour des raisons financières évidentes, mais omet de citer celle de Poitiers-Limoges…
Virginie CALMELS
LR-UDI-MoDem
Oui mais Se voulant sans doute « pragmatique » mais ce faisant exprimant une position plutôt opportuniste si l’on consulte les avis de ses camarades de l’ex-UMP, la candidate de la droite et du centre exprime son vif scepticisme quant à l’avenir des projets de LGV, notamment la Bordeaux-Toulouse. Et si elle soutient la LGV Poitiers-Limoges, c’est du bout des lèvres, au nom de l’intérêt strictement limousin, en reconnaissant que son financement sera compliqué (« La LGV Poitiers-Limoges a elle aussi obtenu une déclaration d’utilité publique, mais je crains que ce projet ne voit jamais le jour », disait-elle en septembre). Un positionnement ambigu difficile à assumer : aucune mention aux LGV dans la profession de foi, alors que le soutien aux projets routiers est évident…
Jacques COLOMBIER
FN
Non Autrefois favorable au projet (il le soutenait officiellement en 2010), le Front national estime désormais officieusement qu’il n’est plus tenable financièrement mais ne l’a pas inscrit dans son programme. Il préconise l’amélioration du réseau existant pour y faire circuler des trains à 200 km/h – qui des moyens ?
Françoise COUTANT
EELV
Non Très explicite, la tête de liste EELV réaffirme la position des écologistes depuis le début du projet, à savoir sa vive opposition à un projet présenté comme non rentable, inéquitable et ne pouvant se concilier à la défense des transports du quotidien (TER et ligne POLT).
Olivier DARTIGOLLES
Front de gauche
Non S’insurgeant de façon peut-être un peu grandiloquente contre la métropolisation et la concurrence, la liste Front de gauche ne mentionne pas la LGV dans sa profession de foi, mais l’on sait son engagement contre ce type de projets, qu’il a rappelé à plusieurs reprises en meeting et dans la presse.
William DOUET
UPR
? Aucune mention à la LGV.
Guillaume PERCHET
LO
? Comme à son habitude, la liste Lutte Ouvrière esquive le débat et renonce à prendre position sur les sujets concrets qui intéressent les électeurs (« Je ne vous suivrai pas dans votre invitation à décliner régionalement la manière dont  la bourgeoisie veut faire payer la crise de son économie », clame-t-il dans une réponse au questionnaire de l’association Transport Développement Intermodalité Environnement – TDIE).
Nicolas PEREIRA
ND
? Aucune mention à la LGV, mais certains colistiers ont exprimé leur opposition au financement de tels projets.
Alain ROUSSET
PS-PRG
Oui mais Alain Rousset rassemble sur sa liste des militants socialistes de tous les départements ; or, l’on sait que le PS est sans doute le parti le plus divisé sur la question. En Creuse ou dans la Vienne, ils sont globalement opposés, alors qu’ils sont nettement plus favorables en Haute-Vienne et Corrèze. Les autres départements s’en moquant très certainement, même si l’opposition aux nouvelles lignes est affirmée par plusieurs socialistes girondins comme le député Savary. Alors que tous les signaux sont au rouge concernant les projets régionaux (Tours-Bordeaux décriée pour son partenariat public-privé, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax pour leur coût faramineux) on comprend que la LGV ne soit pas un argument de choc du programme du président sortant. Dans sa longue réponse – 18 pages – au questionnaire de TDIE, le candidat Rousset ne l’évoque jamais ! L’anticipation d’un échec annoncé ?
Yvon SETZE
DLF
? Aucune mention à la LGV, mais il a exprimé son opposition lors d’un débat télévisé à Bordeaux.

 

  1. Politique de préservation et valorisation des espaces naturels

N’en déplaise aux défenseurs de la COP21, l’environnement reste, avec la politique culturelle, pourtant essentielle, le parent pauvre des débats politiques. Dans les médias, à peine mobilise-t-on l’argument de la première région agricole de France, de son potentiel forestier, et de son double et prometteur appui sur une façade maritime et deux massifs montagneux. Riche d’un parc national (Pyrénées), de 2 parcs naturels marins (Gironde-Charente, Bassin d’Arcachon), de 4 parcs naturels régionaux (Marais Poitevin, Landes de Gascogne, Périgord-Limousin, Millevaches) et de 30 réserves naturelles, la grande région est également spécifique par la diversité importante de ses paysages et milieux naturels. Quid des propositions des candidats en matière de valorisation de ce patrimoine et de protection de la biodiversité ?

Joseph BOUSSION
Vague citoyenne
** Tourisme durable, aide à l’installation agricole, soutien à l’agriculture responsable : des positions volontaires quoique relativement symboliques. L’opposition formelle aux fermes-usines est avancée, mais rien de très concret sur les espaces naturels en tant que tels.
Virginie CALMELS
LR-UDI-MoDem
* « Organiser un partage harmonieux des espaces naturels » entre chasseurs, pêcheurs et agriculteurs. Est-ce là une évocation de l’écologie réaliste et « non-punitive » prônée habituellement par la droite ? Et quid des autres usagers (touristes, riverains…) ?
Jacques COLOMBIER
FN
  Grand absent du programme du FN. « Manger français », au-delà de la démagogie qui conduit une telle proposition, n’est pas un gage de circuit court et de soutien aux filières agricoles les plus respectueuses de l’environnement local…
Françoise COUTANT
EELV
*** De très nombreuses propositions sur le sujet. La liste propose de mettre en place un Schéma régional de cohérence écologique qui traduira en actes à l’échelle de la grande région la protection de la biodiversité via les trames bleue et verte. Au programme, de nouvelles réserves naturelles et un soutien accru aux parcs naturels régionaux existants et en projet : des outils dont on connaît l’intérêt éducatif, scientifique, culturel et même économique, en plus de leur richesse écologique. Un grand plan d’éducation à l’environnement complète ce dispositif assez riche.
Olivier DARTIGOLLES
Front de gauche
* Le soutien aux circuits courts et à l’agriculture paysanne sous-tendent la politique environnementale que la liste mettrait en place.
William DOUET
UPR
* Une proposition concrète : le subventionnement des AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). La lutte contre les pollutions est aussi au programme, mais de façon évasive.
Guillaume PERCHET
LO
  Rien là non plus.
Nicolas PEREIRA
ND
* Economies d’énergie dans la construction et l’entretien du bâti et circuits courts sont au cœur du programme de Nouvelle Donne, mais les espaces naturels ne sont pas évoqués.
Alain ROUSSET
PS-PRG
* 20% de bio dans les lycées, une qualité de vie et un « environnement à préserver », une puissance « forestière », et la promesse de 20 000 emplois dans l’environnement : là encore, on aimerait en savoir davantage…
Yvon SETZE
DLF
* « Mise en valeur des atouts et spécificités de notre littoral et de nos campagnes ». Cela sent bon le patrimoine régional, mais pas de mesures concrètes et aucune allusion à la durabilité et à la transversalité des politiques. Tout de même une mention au soutien aux circuits courts, décidément rare position quasi-unanime dans cette campagne.

 

  1. Politique culturelle

Oser un programme culturel peut se réaliser de différentes manières : à longueur de journée, les candidats parlent de défendre la culture, dans une posture souvent assez protectrice et archaïque, mais la culture c’est aussi un investissement, un projet positif, un soutien et un encouragement à la création, au transfert de compétences, à l’éducation… La politique culturelle, peut-être encore davantage que l’environnement en ces temps de crises qui poussent à des hiérarchisations malheureuses, est oubliée ou négligée dans nombre de programmes.

Joseph BOUSSION
Vague citoyenne
** « La culture c’est la vie », proclame haut et fort la liste. En détail, une formule choc et une opposition « au béton des grands temples métropolitains » (on aimerait comprendre : s’agit-il de bloquer les projets de grandes salles pourtant rarement financés par les régions ?). La création d’un service public des arts et de la culture (quelle relation aux FRAC ?) et un soutien aux intermittents du spectacles sont avancés.
Virginie CALMELS
LR-UDI-MoDem
* Signe à mon avis pas anodin : la culture n’est même pas mentionnée dans les « autres piliers économiques » de la région à développer. C’est une acception identitaire de la culture que V. Calmels évoque : la « défense » de la culture est son 10e engagement (« soutenir la culture », d’accord mais qu’est-ce donc ? La création ? Les musées ?…). L’accès aux langues régionales est évoqué sans être développé, alors qu’il existe plusieurs moyens d’y parvenir…
Jacques COLOMBIER
FN
  Le FN a fait parler de lui en adressant une lettre aux artistes en Nord-Picardie. Ne soyons pas dupes, le parti de M. Le Pen propose une vision de la culture relativement étriquée et idéologique, même si la démocratisation de l’accès à la culture et de la pratique culturelle est un débat essentiel.
Françoise COUTANT
EELV
** Entre autres propositions relativement incantatoires (soutenir les ateliers d’artistes et leur ouverture au public, soutien aux emplois culturels dans les lycées), d’autres idées plus concrètes : un fonds d’aide à la création, un Pass cultures jeunes, et l’inscription de la grande région dans l’Office public de la langue occitane.
Olivier DARTIGOLLES
Front de gauche
  La culture ne fait partie d’aucun des 12 engagements de la liste du Front de gauche. Etonnant.
William DOUET
UPR
* « Développer les activités périscolaires de découverte du patrimoine historique » : cette proposition étonnante ne surprend pas si l’on prend conscience de la proximité idéologique de la liste avec celle de DLF. Une position intéressante dans sa dimension éducative, mais qui ne paraît se suffire à elle-même… La culture, ce n’est pas que les belles pierres, non ?
Guillaume PERCHET
LO
  Toujours rien…
Nicolas PEREIRA
ND
* ND propose un « soutien aux scènes locales et à la diversité culturelle » pour éviter les déserts culturels dans la grande région.
Alain ROUSSET
PS-PRG
** « + de culture », d’accord, mais dans les faits ? La liste d’A. Rousset promet de maintenir le soutien budgétaire de la région à ce secteur et de créer une Conférence Territoriale Culture (qu’est-ce ?) et s’engage sans s’étendre sur « 100 000 parcours d’émancipation culturelle » pour les jeunes de la région. Un engagement novateur : le soutien aux langues régionales (basque et occitan). Et un coup de pouce appréciable à la création via un Fonds Créatif Territorial. Mais tout cela manque de vulgarisation…
Yvon SETZE
DLF
* Une silhouette d’église dans le programme : c’est également une vision localiste, patrimoniale et matérielle de la culture qui est promue à DLF. Pas de mesures concrètes.

 

En commentaire final, quelques remarques :

  • Le regret qu’à gauche du PS, quatre listes idéologiquement proches ou du moins conciliables se présentent chacune indépendamment…
  • Un ras-le-bol à l’égard du programme FN, basique « copier-coller » d’un manifeste national…
  • Déception concernant le programme PS, dont les propositions sont distillées à l’économie.
  • On remarquera que la liste Front de gauche fait grande place au Limousin : Laurence Pache et Stéphane Lajaumont, tous deux élus sortants respectivement en Creuse et Haute-Vienne, sont présentés comme les deux principaux colistiers d’Olivier Dartigolles. Un moyen de compenser l’ancrage très austral de la tête de liste, élu palois ?
  • Et une interrogation persistante à l’égard de l’UPR et de ses 9 000 supposés adhérents…

Décidez bien ! ;-)




> Le centre se recompose au conseil municipal de Limoges

10032013

> Le centre se recompose au conseil municipal de Limoges dans Actualité locale blim

A tout juste un an des élections municipales, les élus centristes NC et MoDem du conseil municipal de Limoges ont fait le choix de créer leur propre groupe. Conformément à la dynamique que Jean-Louis Borloo veut insuffler aux forces du centre à travers l’UDI, les élus du Nouveau centre quittent le groupe d’opposition UMP-NC. Sans doute incitée par le retrait de la scène médiatique de François Bayrou, miné par son double échec électoral l’an dernier, et dans la perspective d’une candidature indépendante de l’UMP, Nadine Rivet ancre donc à nouveau officiellement et logiquement le MoDem limougeaud au centre-droit.

conseil-municipal-de-limoges-300x285 dans Limoges

Elue en 2008 conseillère municipale MoDem aux côtés de Jean-Jacques Bélézy, décédé en 2011, Nadine Rivet s’est également présentée aux élections législatives de juin 2012 dans la 1e circonscription de Haute-Vienne, recueillant 2,50 % des voix et finissant 6e, loin derrière les 49,31 % d’Alain Rodet. Remplaçant M. Bélézy à sa disparition, l’avocat Philip Gaffet, 3e de liste en 2008, avait quitté le MoDem en novembre dernier et rejoint la majorité de gauche en s’inscrivant au Parti radical de gauche, nouveau parti de Monique Boulestin. Laissant Nadine Rivet seule. Cette situation inconfortable a dû la convaincre de s’allier avec le centre-droit et ses deux élus, Marie-Pierre Berry et Philippe Pauliat-Defaye. Votant souvent avec la droite, Nadine Rivet se démarque toutefois régulièrement sur ses positions concernant les transports urbains, notamment.

En ce qui concerne les têtes de liste, si la candidature d’Alain Rodet pour un 5e mandat ne fait aucun doute, et si l’hypothèse d’une candidature centriste se précise, les autres forces en présence laissent encore planer le mystère. A l’UMP, les candidats doivent être désignés au plus tard en septembre, mais il se murmure que le jeune Guillaume Guérin, poussé par certains responsables de son parti, pourrait au moins avoir l’ambition de participer à une primaire militante. On voit également mal comment le FN, absent en 2008 mais fort de résultats électoraux plutôt encourageants aux cantonales et législatives, pourrait renoncer à présenter une liste. L’unique élu Vert Cyril Cognéras, un temps allié aux anticapitalistes, a fait son retour à EELV dans la majorité municipale, et pourrait à nouveau incarner la tête de liste du parti. Si le PRG a vu une ancienne élue de taille le rejoindre en la personne de Monique Boulestin, on voit mal comment le désir logique de revanche que celle-ci pourrait entretenir suffirait à motiver la constitution d’une liste autonome de 55 personnes… L’inconnue principale demeure en la façon dont la gauche de la gauche participera à ce scrutin. Il y a cinq ans, les communistes et l’ADS avaient fait le choix de partir avec les socialistes, dans la lignée de leur comportement depuis plusieurs années dans la région. Mais entre temps, est née l’expérience unitaire de Limousin Terre de gauche, la LCR a fondu et ses leaders au Conseil régional ont rallié le Front de gauche, et les relations avec le PS se sont détériorées.




> Série spéciale Présidents et Limousin (4/5)

1072012

> Série spéciale Présidents et Limousin (4/5) dans Découverte blim

Portraits-ministres-300x190 dans GouvernementLes pronostics allaient bon train avant la nomination du tout premier gouvernement Ayrault : l’accession d’un élu limousin à la présidence de la République allait-elle favoriser l’entrée d’un autre limousin au gouvernement ? Et ainsi de favoriser les dossiers locaux ?

Et les observateurs du cru de prendre les paris. Qui de Monique Boulestin (mais c’était avant que le nouveau président ne désavoue à demi-mots la candidate dissidente), de Jean-Jacques Lozach, de Michel Vergnier, de Alain Rodet ou surtout de Jean-Paul Denanot, membre de l’équipe de campagne en tant que spécialiste de la formation professionnelle, pourrait rejoindre les Valls, Taubira et autres Moscovici. Verdict sur le perron de l’Elysée : ce n’était pas pour cette fois. En cas de victoire de la gauche, quelque remaniement devait s’opérer au gouvernement, et qui sait, profiter à nos élus régionaux. Las, encore raté, cette deuxième mouture ministérielle n’a réservé aucun strapontin à nos représentants. Pour autant, loin de tout chauvinisme un peu inutile, revenons succinctement sur ces limousins qui ont obtenu un des innombrables portefeuilles des gouvernements de la République française, et qui ont donc contribué à écrire l’histoire politique du pays.

Carte-Google-Maps-ministres-limousins-279x300 dans HistoireTout ça, à travers une carte interactive sur Google Maps de ma création. L’occasion d’avoir un aperçu général sur ces élus, qu’ils soient purs produits du terroir ou ponctuels parachutés (comme Raymond-Max Aubert ou Marcel Paul), simple natifs du Limousin (comme Marie-Anne Montchamp) ou locaux de cœur, tombés dans l’oubli ou encore cités en exemple, comme Henri Queuille.

Dans le tableau ci-dessous apparaît l’ensemble de ces ministres, classés par ordre alphabétique. Ceux qui sont en gras sont traités individuellement sous le tableau. Tous figurent sur la carte (référencement par lieu géographique).

Raymond-Max Aubert (1947-)

André Bardon (1901-1965)

François Binet (1880-1930)

Pierre-Alpinien Bourdeau (1770-1845)

Joseph Brunet (1829-1891)

Marie-François Sadi Carnot (1837-1894)

Marcel Champeix (1902-1994)

André Chandernagor (1921-)

Jacques Chirac (1932-)

Anne-Marie Couderc (1950-)

Jacques Delors (1925-)

Jean-Baptiste Delpeuch (1860-1930)

Roland Dumas (1922-)

Alexis Jaubert (1879-1961)

Henry de Jouvenel (1876-1935)

Edmond Michelet (1899-1970)

Marie-Anne Montchamp (1957-)

Marcel Paul (1900-1982)

Henri Queuille (1884-1970)

Marcel Rigout (1928-)

Albert Rivière (1891-1953)

Georges Sarre (1935)

Charles Spinasse (1893-1979)

Pierre-Edmond Teisserenc de Bort (1814-1892)

Adrien Tixier (1893-1946)

René Viviani (1862-1925)

ROLAND DUMAS

Un symbole des années Mitterrand, pour le meilleur et pour le pire
Avant d’embrasser la carrière nationale qu’on lui connaît, Roland Dumas, né le 23 août 1922 à Limoges, a été élu local. Fils d’un résistant (Armée secrète), socialiste, arrêté en 1944 puis fusillé à Brantôme (Georges Dumas, dont l’ancienne avenue du Pont-Neuf porte le nom à Limoges), Roland Dumas a lui-même résisté, et organisa notamment le boycott par des étudiants lyonnais de l’orchestre philarmonique de Berlin en mai 1942. Brièvement interné, il s’échappe, et après avoir envisagé une carrière de chanteur lyrique, se destine à la carrière d’avocat. Ses défenses de Georges Guingouin désavoué par le PCF, ou de François Mitterrand après l’épisode de l’attentat de l’Observatoire, ou encore son engagement contre l’affaire des diamants de Bokassa, ont forgé son image.

La carrière haut-viennoise de Roland Dumas est brève : élu député en 1956, sur une liste socialiste dissidente, il ne se représente pas en 1962, partant cinq ans plus tard se faire élire en Corrèze contre Jean Charbonnel, puis en Dordogne, où son arrivée fut diversement appréciée, mais où il est reconduit deux fois. Il est en 1977 candidat à la mairie de Bordeaux, contre Jacques Chaban-Delmas, qui le défait.

Si la notoriété de Roland Dumas est aussi à mettre sur le compte de ses démêlés judiciaires (affaire Elf), voire de ses accointances avec quelques personnages souvent décriés (comme Mouammar Kadhafi, le militaire syrien Moustafa Tlas, ou Laurent Gbagbo), il ne faut pas oublier qu’il fut aussi président du Conseil constitutionnel de 1995 à 2000, après avoir été ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements socialistes sous François Mitterrand. A cette fonction, il a notamment œuvré pour la diplomatie au Proche Orient et au Cambodge. Personnage controversé, connu pour ses bonnes relations avec nombre de représentants du Front national, Roland Dumas n’en reste pas moins une figure majeure du mitterrandisme et du socialisme français des années 1980 à 1990.

MARCEL RIGOUT

Un des quatre communistes du gouvernement Mauroy
Marcel Rigout, né le 10 mai 1928 à Verneuil-sur-Vienne, demeure à ce jour le dernier ministre à être né en Haute-Vienne et y avoir exercé l’intégralité de sa carrière. Jeune résistant (comme agent de liaison entre Limoges et Saint-Junien), celui qu’on appelle le « métallo ministre » car tourneur sur métaux de formation, reconnaît en effet que s’il n’avait pas croisé la route du PCF, il serait sans doute devenu ouvrier du bâtiment.

Elu député de Haute-Vienne pour la première fois en 1967, Marcel Rigout l’est à nouveau de 1973 à 1981, date à laquelle il fait son entrée au gouvernement Mauroy, aux côtés de ses collègues communistes Anicet Le Pors, Charles Fiterman et Jack Ralite, avec le portefeuille de la Formation professionnelle. L’intéressé raconte au Populaire du centre comment cette entrée remarquée s’est effectuée : « Mitterrand ne voulait dans le gouvernement ni de responsables de partis – c’était une façon d’éliminer Marchais – ni de responsables de syndicats, ni de battus aux élections. Il ne restait plus grand monde sur la liste. Fiterman, Ralite et Le Pors ont été choisis. Il fallait un provincial. » Entretenant une relation particulière avec le président dont une des cousines favorites résidait près de chez lui, Marcel Rigout quitte ses fonctions après le « tournant de la rigueur », alors que le PCF, légitimement déçu, refuse de participer de nouveau au gouvernement. Marcel Rigout est une dernière fois élu député en 1986.

Symbole des velléités de renouvellement et de réforme du PCF de l’intérieur, Marcel Rigout, agacé de la mainmise de Moscou et de ses intérêts sur les initiatives du parti français, et dégoûté du stalinisme (« une confiscation de l’élan révolutionnaire »), claque la porte du PCF en 1992 pour fondé l’ADS (Alternative démocratie socialisme), originalité à gauche, présent et actif essentiellement en Limousin, où il est toujours un élément essentiel du paysage politique.

Ancien directeur du journal L’Echo du Centre, Marcel Rigout demeure aujourd’hui encore une figure écoutée, radicale mais lucide, incontournable de la gauche limousine. Jean-Luc Mélenchon, en meeting à Limoges à l’occasion de la campagne présidentielle de 2012, a cité un message de l’ancien communiste, et les 25 ans du mouvement en 2008 à Limoges avaient permis la réunion autour de Marcel Rigout de plusieurs personnalités de la gauche (Noël Mamère, Clémentine Autain, notamment).

ANDRE CHANDERNAGOR

Le premier président de la Région Limousin
Viennois de naissance (il a vu le jour à Civray, en 1921), énarque, entamant sa carrière professionnelle en Indochine, André Chandernagor s’est implanté en Creuse car c’était la région d’origine de son épouse. Maire socialiste de Mortroux depuis 1953, député de 1958 à 1981, il est en 1961 pour la première fois élu au conseil général, dans le canton de Bourganeuf, et prend la présidence de ce conseil en 1973. Il est notamment le fondateur du centre Jean Lurçat à Aubusson, et s’implique dans l’amélioration des liaisons routières du département. Accédant à la présidence du Conseil régional du Limousin, qui n’est alors pas encore une collectivité locale décentralisée, André Chandernagor n’en devient toutefois pas moins une des principales personnalités politiques de la région, et sans doute l’homme fort de la gauche creusoise, avant que la droite ne reprenne du poids dans les années 1990.

Il fut ministre délégué aux Affaires européennes dans les gouvernements de Pierre Mauroy, de 1981 à 1983, date à laquelle il démissionne, nommé premier président de la Cour des comptes.

Son fils lui a succédé à la mairie de Mortroux, qu’il a occupée durant 25 ans. Sa fille est l’écrivain Françoise Chandernagor, membre de l’Académie Goncourt.

GEORGES SARRE

Le compagnon de route de Chevènement
Employé aux PTT, syndicaliste, Georges Sarre est né le 26 novembre 1935 à Chénérailles, dans l’est de la Creuse, d’une famille historiquement basée dans la région. Toutefois, sa carrière d’élu s’est exclusivement déroulée dans la capitale, d’abord comme conseiller de Paris, puis comme député, maire du 11e arrondissement jusqu’en 2008, adjoint au maire Bertrand Delanoë de 2001 à 2010. Georges Sarre a également été eurodéputé. En dépit d’une défaite contre Jacques Chirac dans la lutte pour l’hôtel de ville, en 1977, l’implantation parisienne de Georges Sarre est solide. Ainsi, en 1993, il est le seul rescapé de la vague bleue aux législatives dans la ville.

Initialement engagé au PS (il est notamment celui qui a fait adopter le fameux logo de la rose au poing), il est proche de Jean-Pierre Chevènement, et à ce titre membre du courant du CERES. De 1988 à 1993, il est un représentant chevènementiste au gouvernement, en tant que secrétaire d’Etat aux transports fluviaux et routiers.

En désaccord sur la question européenne, sur la guerre du Golfe, sur l’orientation libérale de la direction du PS, le CERES devient parti indépendant en 1991, sous le nom de Mouvement des citoyens, aujourd’hui Mouvement républicain et citoyen. Georges Sarre et ses proches n’en demeurent pas moins fortement liés aux socialistes, et c’est comme candidat d’union PS-MRC que ce creusois de naissance a tenté une implantation comme député en 2007. Il est toutefois sévèrement battu par le sortant Jean Auclair, 14 points les séparant au second tour.

Voilà pour quelques-uns des plus récents. Mais n’oublions pas…

EDMOND MICHELET

Un corrézien d’adoption, figure des années De Gaulle
Né à Paris, ses hauts faits de résistance en Limousin sous l’Occupation le conduisent à s’implanter politiquement en Corrèze. Député MRP (mouvement centriste non-gaulliste) en 1945, il devient toutefois ministre des Armées, le général de Gaulle s’entourant de personnalités de multiples courants politiques assez divers, et n’en deviendra pas moins un ami du chef de la France libre. Il adhère d’ailleurs finalement au parti gaulliste, le RPF. Il occupe à plusieurs reprises d’autres postes ministériels (Anciens combattants, Justice puis Fonction publique, Culture dans les gouvernement Pompidou et Chaban-Delmas), et s’illustre en 1961 en s’opposant aux pratiques ultra-répressives de Maurice Papon contre les Algériens à Paris, ce qui lui vaut une exclusion des affaires. En dépit d’un retour électoral en Île-de-France, comme sénateur, il finit sa vie à Brive en 1970.

Il est le père de l’écrivain de la nouvelle École de Brive, Claude Michelet.

HENRI QUEUILLE

Avant Hollande et Chirac, il présida aux destinées de la France comme président du Conseil
Ce Neuvicois, figure de la Quatrième république, trois fois président du Conseil, a également été 21 fois ministre entre 1920 et 1954 (Agriculture, Travaux publics, Intérieur, etc.). Le « petit père Queuille », opposé à la Ve République comme aux honneurs, trente-trois ans député de son département, demeure encore aujourd’hui une référence pour certains politiciens, tant positive (la proximité, l’affabilité, l’honnêteté) que négative (l’inefficacité, l’inaudibilité) qui ont peut-être contribué à comparer François Hollande à ce corrézien.

ADRIEN TIXIER

Un gaulliste haut-viennois de la première heure a créé les CRS
Professeur de formation, ce natif de Folles, grièvement blessé dans les Ardennes en 1914, se reconvertit après la Grande guerre dans l’assistance aux mutilés de guerre. A la SFIO, il est proche d’Albert Thomas, qui préside le Bureau international du travail où Adrien Tixier travaille jusqu’en 1940. Après avoir rejoint De Gaulle à Londres, il est envoyé aux Etats-Unis comme représentant de la France libre à Washington. En 1943, il revient à Alger pour siéger au Comité français de libération avec Jean Monnet et Maurice Couve de Murville. Ministre de l’Intérieur du GPRF, on lui doit la DST et les CRS. La maladie interrompt en 1946 sa carrière locale (président du conseil général de Haute-Vienne, député) entamée seulement un an plus tôt.

CHARLES SPINASSE

Le destin ambivalent d’une figure égletonnaise
Professeur aux Arts et métiers, Charles Spinasse a effectué une riche carrière d’élu local en Corrèze et notamment à Egletons, dont il est maire de 1929 à 1944 puis de 1965 à 1977. Il y favorise notamment l’implantation de structures de formation au BTP, « tradition » dont bénéficie toujours la ville. C’est en tant que ministre de l’Economie du Front populaire qu’il signe les accords Matignon, mais son soutien avéré à la Collaboration entache largement son image.

HENRY DE JOUVENEL

Le second époux de Colette et sa demeure corrézienne
Né à Paris, le baron de Jouvenel des Ursins est notamment connu pour avoir été le second époux de Colette (après le fameux Willy). Mais également, ce pacifiste, ami d’Aristide Briand, sénateur de Corrèze, posséda le Castel Novel de Varetz qui sert de toile de fond à quelques-unes des œuvres de la romancière qui eut une liaison avec le premier fils de Jouvenel, cause du divorce. Premier président de l’Union des français de l’étranger, ambassadeur de France en Italie sous Mussolini, Jouvenel est ministre de l’Outre-mer en 1934 et représentant à la Société des nations, ancêtre de l’ONU.

RENE VIVIANI

Un acteur politique majeur de la Grande Guerre
Creusois, René Viviani l’est d’adoption. Né en Algérie, d’abord implanté politiquement à Paris, cet avocat se fait remarquer par son engagement pour l’accession des femmes à sa profession, pour la défense des ouvriers de Carmaux et des cheminots ou dans le scandale de Panama. Anticlérical, proche de Jaurès, avec qui il fonde l’Humanité, il entre contre l’avis de son parti dans le premier cabinet de Georges Clémenceau, en 1906, où il fait adopter comme ministre du Travail et de la prévoyance sociale plusieurs lois de progrès. Entre temps arrivé à Bourganeuf, où il est rapidement élu député et conseiller général (à Pontarion), ce socialiste indépendant reçoit en tant que ministre des Affaires étrangères la déclaration de guerre allemande et obtient l’entrée dans le conflit de la Russie et des Etats-Unis.

PIERRE-EDMOND TEISSERENC DE BORD

Un pionnier dans l’amélioration de la race bovine limousine
Industriel des chemins de fer, ce Castelroussin de naissance, député de l’Hérault sous la Monarchie de Juillet, s’implante en 1871 en Haute-Vienne, où il est député. Ayant acquis le domaine agricole de Bort, près d’Ambazac, dont il rénove le château comme c’est la mode à l’époque, il y conduit des expériences agronomiques qui ont contribué à lancer l’histoire contemporaine de l’élevage en Limousin. Il entretient les landes alentours, et plante pins sylvestres et douglas, parmi les premiers de France à l’époque. Organisateur de l’exposition universelle de 1878, un temps ambassadeur à Vienne en Autriche, il fut ministre de l’Agriculture avant de partir se faire élire sénateur du département voisin de la… Vienne. Son fils Edmond, longtemps sénateur en Haute-Vienne, continua cette œuvre agronomique.

Mais aussi…
A noter que seules deux femmes, limousines de naissances, figurent dans la liste : Anne-Marie Couderc, secrétaire d’Etat du premier gouvernement Juppé et à ce titre, une des fameuses « Juppettes », mais maintenue dans le second comme ministre déléguée, et Marie-Anne Montchamp, ancienne villepiniste ministre sous Raffarin et Fillon.

Et pour ce qui est des présidents limousins ? Sadi Carnot, né à Limoges en 1837, fut sous-secrétaire d’Etat et ministre des Travaux publics, puis ministre des Finances avant d’accéder à l’Elysée. En revanche, il ne fut jamais élu en Limousin, mais en Côte-d’Or. Jacques Chirac, dont les racines corréziennes, lotoises et périgourdines ont déjà été évoquées, a été on le sait deux fois premier ministre, mais on le sait moins, secrétaire d’État à l’emploi en 1967 (et ainsi instigateur de l’ANPE), à l’économie et aux finances de 1968 à 1971, ministre délégué chargé des relations avec le parlement de 1971 à 1972, et bien sûr ministre de l’Agriculture (et du Développement rural) de 1972 à 1974, avant d’hériter brièvement du portefeuille de l’Intérieur. Quant à François Hollande, on a assez dit qu’il n’avait jamais occupé une telle fonction.

Ajoutons enfin que Jacques Delors, dont la famille paternelle est originaire du Lonzac, près de Seilhac, en Corrèze, (celle de sa mère vient du Cantal voisin) n’a jamais souhaité se présenter aux suffrages des corréziens, même si en 1981, il est personnellement venu soutenir François Hollande, candidat aux législatives contre Jacques Chirac. Trente ans plus tard, sa fille, Martine Aubry, s’était targuée d’être un peu corrézienne, peut-être une façon de s’attirer les faveurs d’un électorat logiquement bien plus séduit par celui qui a depuis accédé à la fonction suprême…

Photos, de gauche à droite et de haut en bas : Adrien Tixier, Marie-Anne Montchamp, Pierre-Edmond Teisserenc de Bort, René Viviani, Roland Dumas, Edmond Michelet, Henri Queuille, Raymond-Max Aubert.

A suivre : visites présidentielles en Limousin




> Législatives en Limousin : bilan du 2nd tour

23062012

> Législatives en Limousin : bilan du 2nd tour dans Actualité locale belections

Visages-d%C3%A9put%C3%A9s-Limousin-234x300 dans DécouvertePour cette XIVe législature de la Cinquième république, Catherine Beaubatie et Sophie Dessus sont les deux nouvelles députées du Limousin. Les médias se sont déjà relativement intéressés à ces deux personnalités, l’une parce qu’elle cherchait à prendre la suite de Marie-Françoise Pérol-Dumont, et surtout parce qu’elle devait affronter la dissidence de Monique Boulestin. L’autre, révélée au grand jour par Jacques Chirac, parce qu’elle briguait le siège de François Hollande. Représentantes de la nouvelle majorité parlementaire, elles rejoignent donc sur les bancs de l’Assemblée Alain Rodet (élu depuis 1981), Daniel Boisserie (depuis 1997), Michel Vergnier (depuis 1997) et Philippe Nauche (depuis 2007, après une première élection en 1997), élus sans difficulté, et permettent au Limousin d’être l’unique région à réaliser un « grand chelem »*, qui lui avait jusqu’alors toujours échappé. Une situation largement facilitée par le redécoupage électoral et la victoire d’un socialiste à l’élection présidentielle. En 1981, la droite avait conservé un député (Jacques Chirac) et en 1993, la gauche avait arraché un siège à la vague bleue (Alain Rodet).

Rappel : pour agrandir les images, cliquez droit dessus, puis « Afficher l’image ».

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Cette année, Catherine Beaubatie était favorite du scrutin, même si elle se présentait dans la circonscription la plus « à droite » du département, où se lançait Jean-Marc Gabouty, figure de la droite modérée haut-viennoise. Les stigmates potentiels de la candidature de Monique Boulestin n’ont pas été décelés, les reports de voix de l’ancienne députée s’étant visiblement très bien réalisés sur la candidature officielle. Âgée de 47 ans, cette enseignante à mi-temps à l’école de reconversion professionnelle Féret-du-Longbois occupait jusqu’alors un poste d’adjointe au maire de Limoges (en charge de la vie économique, du développement des entreprises, de l’emploi et du commerce), et de 4e vice-présidente du Conseil régional, chargée de la « coordination du pôle ressources », deux fonctions dont elle a d’ores et déjà démissionné. Elle est par ailleurs présidente de Cœur de Limoges, vice-présidente de la Maison du Limousin et présidente de la Foire-exposition de Limoges.

En Corrèze, Sophie Dessus n’avait pas eu affaire à de concurrents lors de la procédure de désignation du candidat socialiste de la 1e circonscription du département. Mais son élection au premier tour sur un territoire nouveau et vaste, n’était néanmoins pas acquise. Michel Paillassou, le maire UMP d’Egletons, a donc fait les frais de la mobilisation importante (près de 70 %) des électeurs de la Hollandie. D’où l’heureuse émotion de celle qui prend donc la suite du nouveau président de la République. Sophie Dessus, 56 ans, apparentée à Simone de Beauvoir par sa grand-mère, vice-présidente du conseil général de Corrèze jusqu’à ces jours derniers, a exercé de nombreuses années le métier d’agricultrice avant d’être portée en 2001 à la mairie d’Uzerche. Un poste qu’elle souhaite d’ailleurs conserver, au nom de la proximité et d’un ancrage nécessaire dans la réalité du terrain. En dépit de la nouvelle règle du non-cumul des mandats, édictée par François Hollande lui-même.

Doit-on pour autant parler de renouvellement ? La question est posée, et fait même des vagues à l’UMP haut-viennoise. Comme prévu, la stratégie portée par le responsable départemental, Frédérick Peyronnet, lui-même candidat défait, est remise en cause par les élus limougeauds dont Camille Geutier et Sarah Gentil. Si l’on se bat déjà pour la présidence nationale de l’UMP, la lutte existe aussi pour la quête du siège départemental laissé vacant par Alain Marsaud, parti se faire élire à l’étranger. A gauche, la victoire repousse forcément le renouvellement générationnel, mais la question sera forcément reposée dès 2014, avec les échéances d’autant plus importantes – non-cumul des mandats oblige – que sont les élections municipales. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de ces nouvelles parlementaires est l’occasion de dresser un petit bilan des scrutins législatifs en Limousin depuis 1958. Féminisation, moyenne d’âge, bord politique ; en somme, un rapide portrait du député limousin de la Cinquième république.

F%C3%A9minisation-d%C3%A9put%C3%A9s-Limousin dans Limoges

FEMINISATION
Avec deux femmes sur 6 élus, soit un taux de féminisation de 33 %, record historique pour la région, le Limousin est dans la moyenne nationale (27 %, soit près de 10 points et 48 élues de plus que dans la législature précédente). En valeur absolue (2), c’est aussi bien qu’en 2007 (Monique Boulestin et Marie-Françoise Pérol-Dumont étaient alors députées). A noter que seuls trois duels ont opposés une candidate à un candidat, et que Florence Prévot-Sola est la seule à avoir été défaite, par Alain Rodet. En 2007, sur 9 duels, 5 opposaient une candidate à un candidat (1 élue : Monique Boulestin ; 4 vaincues : Brigitte Jammot contre Michel Vergnier, Martine Leclerc contre Jean-Pierre Dupont, Évelyne Guilhem contre Daniel Boisserie et Sarah Gentil contre Alain Rodet), et 1 voyaient deux femmes s’affronter, Marie-Françoise Pérol-Dumont contre Béatrice Martineau.

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R%C3%A9partition-sexe-et-bord-politique-d%C3%A9put%C3%A9s-Limousin-155x300 dans Parti SocialisteÂGE ET RENOUVELLEMENT
Ce que l’on peut remarquer, c’est que l’ « effet alternance » sur la composition (et principalement l’âge) des députés, que l’on a pu observer en 1981, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, et donc de nouveaux députés à l’Assemblée, ne s’observe plus. A l’échelle du pays, peut-être par l’allongement de la durée de vie ? A l’échelle locale, où la gauche maintient de plus en plus ses positions quelle que soit la majorité nationale, c’est vraisemblablement par un léger verrouillage du personnel politique. Ainsi, Alain Rodet, 68 ans, était déjà député en 1981, âgé alors de 37 ans tout juste. Il entame cette année son 8e mandat. En Creuse, la digne sortie de Jean Auclair après 4 mandats permet à Michel Vergnier d’entamer seul sa 4e législature. 4e mandat pour Daniel Boisserie également. L’élection de Catherine Beaubatie et Sophie Dessus, jamais députées, permet toutefois un renouvellement d’un tiers des élus du Limousin, proportion qui n’avait plus été atteinte depuis 1997.

La Haute-Vienne n’a plus élu de député trentenaire depuis Évelyne Guilhem en 1993. Longtemps plus jeune que la moyenne nationale, le contingent des députés régionaux est depuis 2007 plus âgé. Au final, l’actuelle législature est la première dans l’histoire de la Ve République, où la moyenne d’âge des députés limousin atteint la barre des 60 ans, alors que la moyenne des vaincus du scrutin s’élève à 50 ans.

Rang-mandat-d%C3%A9put%C3%A9s-Limousin dans Politique & Actualité

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BORD POLITIQUE
Pour la première fois, donc, tous les sièges – six – sont occupés par la gauche. Le record numérique de sièges à gauche (8 sur 9 en 1981), ne pourra cependant plus être battu. Dans les circonscriptions (ou équivalents) déjà tenus par la gauche, les socialistes améliorent leur score de 2007 (+ 8 pts pour Daniel Boisserie et Philippe Nauche, + 3 pts pour Alain Rodet). Michel Vergnier ne perd que 3 points sur la Creuse entière par rapport à son ancienne circonscription. Petite consolation pour Jean-Marc Gabouty, qui en dépit d’une défaite, l’emporte dans 14 communes contre 7 pour Béatrice Martineau en 2007, et améliore de plus de 5 points le résultat de l’ancienne candidate. De façon logique, dans l’autre sens, l’UMP signe de mauvaises performances, la palme revenant à Florence Prévot-Sola, qui fait moins bien que Sarah Gentil avec moins de 31 %.

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* et à la Corrèze, la Creuse et la Haute-Vienne d’être trois des 24 départements de France métropolitaine à n’envoyer que des députés de gauche au Palais Bourbon (contre 11 en 2007 et 6 en 2002).




> Législatives en Limousin : bilan du 1er tour

13062012

> Législatives en Limousin : bilan du 1er tour dans Actualité locale belections

Le premier tour du scrutin législatif en Limousin en 9 points (cf. également les cartes après le texte. Pour les agrandir, cliquez droit sur les cartes, puis « afficher l’image »).

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1. PS : en attendant le carton plein ?
Ce premier tour a donc vu les électeurs qui s’étaient déplacés confirmer le choix formulé lors de l’élection présidentielle. Et en Limousin, cette décision, en faveur des socialistes, a été à la mesure de l’accession tant espérée de la gauche à l’Elysée. En effet, les candidats soutenus par le parti de la rose au poing ont enregistré de très bons scores, bien supérieurs à ceux de 2007, scrutin pourtant déjà favorable à la gauche (deux circonscriptions limousines basculant à gauche).

En Corrèze, Sophie Dessus assure avec brio la transition : proche de François Hollande, vice-présidente du conseil général, maire d’Uzerche, elle remporte le pari de convaincre les électeurs de la très grande 1e circonscription de Corrèze et passe dès le premier tour, ce que son prédécesseur n’avait jamais pu faire. Cette victoire parachève une ascension fulgurante, pour cette agricultrice qui s’est lancée en politique il y a onze ans. Quant à Philippe Nauche, il s’en sort bien dans une circonscription pourtant assez partagée… du moins jusqu’à présent. Son élection semble presque acquise, et il pourrait de cette manière entamer un troisième mandat. Il devra toutefois choisir entre ce siège et le fauteuil de maire de Brive.

En Creuse, Michel Vergnier est largement en tête sur ses terres d’élection de 2007, et signe même de très bons scores dans l’ex-circonscription de son rival Jean Auclair. Le maire de Guéret est plutôt favori pour le second tour, et son élection comme unique député du département assiérait encore sa prédominance sur la gauche creusoise, même si lui aussi devra trancher entre mairie et députation.

En Haute-Vienne, si la victoire dès le premier tour échappe à Alain Rodet et Daniel Boisserie, c’est sûrement en raison d’une mobilisation assez médiocre, de la concurrence de la gauche radicale et du redécoupage des circonscriptions (ainsi, celle d’Alain Rodet s’est vu augmentée de trois cantons urbains de Limoges, réputés relativement favorables à la droite). Catherine Beaubatie fait taire les rumeurs en sortant nettement en tête du scrutin disputé de la fameuse 3e circonscription, avec « en perspective » 26 % de voix de gauche supplémentaires. Avec 33 %, l’élue limougeaude écarte une hypothétique triangulaire de tous les dangers, et pourrait ainsi succéder à Marie-Françoise Pérol-Dumont, qui ne se représentait pas. Le grand chelem semble donc quasi-assuré pour les socialistes régionaux. Pour cette fois-ci encore, trente et un ans après la première élection à l’Assemblée d’Alain Rodet.

2. Monique Boulestin : pari perdu… à moins que ?
Privée de l’investiture officielle du PS en décembre dernier, au profit de Catherine Beaubatie, Monique Boulestin pouvait se targuer d’avoir obtenu le soutien du PRG et de Robert Savy. Mais sans dense tissu d’élus et de militants, la tâche s’annonçait difficile. Éliminée dès le premier tour, la tombeuse d’Alain Marsaud en 2007 est donc nettement distancée. Pourtant, à entendre la députée sortante de l’ancienne première circonscription, un tabou serait tombé, à savoir la pertinence d’une candidature sans soutien d’appareil. On peut en douter, au vu des 15,6 % obtenus. La dissidente n’est en tête qu’à Saint-Junien-des-Combes. Et dans quelques jours, elle ne détiendra plus aucun mandat politique.

Quoi qu’il en soit, celle qui était encore première adjointe au maire de Limoges il y a quelques mois, bien qu’assurant n’éprouver aucune rancœur envers la fédération haut-viennoise du PS, n’appellera pas à voter pour Mme Beaubatie, et laisse une fois de plus la porte ouverte à une ambition municipale en 2014. Un scrutin qui s’annonce passionnant, et dont les formes devraient commencer à s’esquisser rapidement. Car si Alain Rodet est réélu député, il devra tout comme MM. Nauche et Vergnier, se soumettre à l’interdiction du cumul des mandats. Feuilleton à suivre.

3. Stratégie perdante pour l’UMP ?
De la même manière que la victoire de François Hollande a dû doper les candidats socialistes, il va sans dire que l’UMP n’a pas su mobiliser et convaincre au mieux. La tâche était logiquement bien rude pour les candidats corréziens en Hollandie. Michel Paillassou, bien que bénéficiant d’une notoriété certaine, comme maire d’Egletons, ne rafle que 27 % des voix, moitié moins que Sophie Dessus, et n’aura même pas l’occasion de faire mieux à l’occasion d’un second tour. Pascal Coste, syndicaliste agricole élu à Beynat, soutenu par l’UMP dans la circonscription de Brive, maintient un niveau correct (30 %), mais cela ne devrait pas suffire pour pouvoir inquiéter le maire de la sous-préfecture corrézienne.

En Haute-Vienne, la droite obtient de très mauvais scores, dans la foulée de ses échecs des municipales de 2008, régionales de 2010 et cantonales de 2011. Si les candidats des 1e et 2e circonscriptions ont souhaité afficher leur satisfaction d’avoir poussé les favoris à attendre le second tour pour triompher, ils sont certainement conscients que ce ne sont pas directement leurs scores qui ont réduit la vague rose limousine. Frédérick Peyronnet finit loin derrière Daniel Boisserie avec 20,6 %, et loin derrière les scores de l’UMP Evelyne Guilhem en 2007. Avec 17 %, Florence Prévot-Sola ne devance que de 5 points le FN dans la 1e circonscription, et surtout, gagne 10 points de moins que Sarah Gentil en 2007 sur une circonscription dont le redécoupage laissait penser qu’elle serait plus favorable à la droite, avec notamment l’adjonction du canton de Limoges-Emailleurs. Mais la défaite annoncée de l’UMP à l’échelle nationale n’a ni les mêmes raisons, ni les mêmes résonances que l’échec de la droite locale. Ce dernier pose la question de la stratégie d’une UMP qui préfère lancer des novices en politique au nom de l’audace, mais qui de scrutin en scrutin voit depuis quelques années s’éloigner les perspectives de reconquête, sinon de maintien. Le maire de Couzeix (où il gagne 46 % des suffrages, mieux que les 42 % d’Alain Marsaud en 2007) Jean-Marc Gabouty s’en tire mieux, notamment aidé par la division de la gauche, et un positionnement sans doute plus modéré et des conceptions moins claniques. Se place-t-il pour la refondation attendue de la droite régionale ? Ou faut-il simplement laisser faire le jeu de l’alternance, qui verra la nouvelle majorité présidentielle perdre les élections locales à venir ? L’élu du parti radical n’en demeure pas moins outsider pour le second tour, et son ambition est sans doute davantage de faire le meilleur score de la droite haut-viennoise que de battre Catherine Beaubatie.

Il n’y a donc de léger suspense qu’en Creuse, où dans l’unique circonscription, une fois encore, Jean Auclair démontre son solide ancrage (notamment dans les communes de Combraille) et son statut de pilier de la droite limousine. Mais s’il ne se présentait pas sur le même territoire, avec à peine 34 % il perd néanmoins 13 points par rapport à 2007, d’autant que ses réserves de voix sont faibles. Rappelons qu’il avait déjà permis à la droite d’obtenir son meilleur score en Creuse lors des élections régionales de 2010, qui avait pourtant vu l’UMP signer une piètre performance. Ne peut-on pas supposer que, quel que soit son score dimanche prochain, Jean Auclair, dont l’acharnement à vouloir se différencier – voire se désolidariser – de l’appareil UMP parisien le sert parfois, pourrait lui aussi compter dans la réorientation des tactiques de la droite limousine ?

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4. Où est passé le MoDem ?
A l’instar de l’équation particulièrement ardue pour son leader dans les Pyrénées-Atlantiques, cette élection semble pousser encore un peu plus le mouvement centriste vers les tréfonds de la scène politique limousine, gêné par la bipolarisation et le choix de François Bayrou pour le second tour de la présidentielle. Assez bien placés en 2007 (plus de 10 % pour les candidats creusois), les représentants du Mouvement démocrate signent des scores anecdotiques, même si certaines communes de Creuse ont voté à plus de 10 % pour le représentant du Centre pour la France (Patrick Aïta est en tête à Saint-Georges-la-Pouge). Jean-Claude Deschamps (en Corrèze) ou Nadine Rivet (en Haute-Vienne), figures du MoDem, sont relégués sous la barre des 3 %. Les temps s’annoncent difficiles, tant nationalement que localement, dans la perspective d’élections locales qui s’annoncent très compliquées pour les quelques élus MoDem encore en place.

5. Coup d’arrêt pour l’expérience Terre de gauche ?
Dans une moindre mesure, le sort de Jean-Luc Mélenchon rencontre un écho similaire en Limousin, pourtant laboratoire de l’union de la gauche radicale depuis les régionales de 2010. Les candidats limousins finissent tous ou presque derrière le FN, en dépit de bons scores, mais rarement réalisés au-delà des terres rouges de la montagne limousine ou de l’ouest haut-viennois. Même Marie-José Dumasdelage (11,5 %) reste derrière Yannick Vidaud, certes de peu, elle qui s’engageait pourtant dans la 2e circonscription de Haute-Vienne, celle du maire ADS de Saint-Junien qui avait remporté 5 points de plus en 2007. Du rôle d’arbitre que M. Allard jouait il y a cinq ans entre Daniel Boisserie et Evelyne Guilhem, la candidate communiste endosse l’humble (mais capital) rôle d’apport de voix supplémentaire. Dans la 1e circonscription, Claude Toulet fait tout juste un peu plus que les scores PCF et NPA cumulés de 2007 (11 % contre 9 %), et Daniel Clérembaux (8 %) en dépit de scores au-delà de 15 % dans certains villages, manque largement son pari, celui de profiter de la querelle Boulestin/Beaubatie pour sortir en tête de la gauche dans la 3e circonscription. Ce score lui permet quand même d’être le meilleur candidat NPA de France.
Tous sauf un, donc. Il n’y a que dans la 1e circonscription de Corrèze où Christian Audouin arrive devant la candidate du Rassemblement bleu marine, profitant peut-être de son ancrage ancien en Haute-Corrèze, de son statut de leader de l’alliance au Conseil régional, et du parachutage de la représentante frontiste haut-viennoise d’origine, qui avait fait preuve de piètres qualités de débatteuse sur France 3 Limousin… Autre déception pour Eric Coquerel, arrivé d’Île-de-France dans la 2e circonscription de Corrèze, pourtant très proche du leader du Parti de gauche, parti dont il est un des principaux cadres, et Marie-Hélène Pouget-Chauvat, en Creuse, six points derrière le résultat du Front de gauche à la présidentielle.
Les candidats de Limousin Terre de gauche auront à cœur de ne pas se laisser gagner par la morosité ambiante du Front de gauche, en difficulté jusque dans ses fiefs franciliens, et devraient d’ores et déjà se reconcentrer en vue de scrutins sans doute plus favorables à leur formation : municipales et régionales. Si le contexte national ne leur est pas trop défavorable non plus !

6. Le FN loin derrière mais assez haut
Pour un scrutin où l’ancrage politique et la visibilité du candidat comptent, le FN, habitué à lancer des candidats fantômes ou mystérieux dans les régions où il n’a pas l’habitude d’obtenir des succès, aurait pu faire pire. Certes donc, il est loin des qualifications au second tour, alors que les commentaires il y a quelques semaines avaient placé deux des six circonscriptions limousines sur la liste des triangulaires envisageables. Mais il renaît : ainsi, en Haute-Vienne (1e), où le parti de Marine Le Pen progresse et prospère le plus, Nicole Serre multiplie par six le résultat de Magalie Servant. La jeune Catherine Laporte profite du terrain propice aux idées frontistes, en Basse Marche, qui avait déjà donné de bons résultats au FN aux cantonales et présidentielles. Elle approche par exemple 14 % à Bellac ou Bessines, mais surtout 27 % à Darnac, soit 5 fois plus qu’une certaine Nicole Daccord en 2007, partie cette année en Corrèze où elle a peu convaincu (moins de 7 %).

Assez nettement diminué en Creuse et dans la 1e circonscription de Corrèze, en dépit de résultats plus élevés qu’il y a cinq ans, le FN réalise aussi une petite percée dans le bassin de Brive (plus de 9 % pour Alain Balmisse). Il sera difficile de confirmer, à part si le parti fait le choix d’implanter localement et durablement ses représentants, dans la lignée de Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. Ce qu’il s’est largement refusé à faire depuis ses débuts, excepté dans le sud-est, en raison des fluctuations de ses scores. Le sort des qualifiés pour le second tour en France aura une grande influence sur l’avenir du parti, en France et en Limousin.

7. Les écologistes peinent mais font mieux qu’en 2007
Le contexte présidentiel a aidé les candidats écologistes à signer de meilleurs scores qu’en 2007, toutefois assez bas compte tenu de l’absence d’accord avec le PS en Limousin, et du désamour historique entre électeurs limousins et parti écologiste. Petit paradoxe de la région : de multiples problématiques abordées par les candidats EELV sont au cœur de l’actualité locale (agriculture biologique, protection de l’environnement et pollution, transports), cause de débats souvent passionnés.

Mode de scrutin défavorable ? Faible portée des arguments dans un contexte de crise davantage formulée comme sociale et économique qu’écologique ? Sans doute, mais l’hégémonie socialiste ne semble surtout pas laisser de place aux autres formations de gauche. Le score assez encourageant des écologistes à l’échelle nationale, au-dessus des 5 %, masque le véritable résultat : de multiples dissidences – certes pas en Limousin – et surtout une moyenne tirée vers le haut par les candidatures unitaires PS-EELV portées par ces derniers. La faible influence du parti dans notre région, absent du Conseil municipal de Limoges, balancé au Conseil régional entre son opposition à la LGV et sa participation pleine et entière à la majorité, n’a peut-être pas aidé non plus. Ya-t-il un avenir pérenne pour un mouvement que l’on dit « thématique » ? Il y a apparemment encore du chemin à faire, avant que chacun se persuade que l’écologie n’est pas un thème mais bien la transversalité même. Mais ce jour-là, s’il arrive, le parti écologiste perdra peut-être un peu de sa raison d’être.

8. Renouvellement : à suivre…
En passant de 9 à 6 députés, le Limousin voit réduites les marges de manœuvre en faveur d’un renouvellement politique et personnel. Ou les rend plus exigeantes ? Régulièrement réaffirmé, notamment en Haute-Vienne où Alain Rodet, déjà emballé par une réélection à la mairie (il va donc falloir choisir, on l’a déjà dit un peu plus haut et un peu plus tôt), devrait rempiler pour la 8e fois consécutive, ce changement générationnel s’opère en général presque à chaque scrutin (Marie-Françoise Pérol-Dumont en 1997, Monique Boulestin en 2007, Sophie Dessus en 2012). Mais changement de génération ne rime pas forcément avec changement de mouvement. Et 30 ans après son arrivée à l’Assemblée, Alain Rodet semble toujours dominer la vie politique régionale, sinon le socialisme limousin. Loin de moi l’idée de m’abandonner au jeunisme et de dénigrer la portée de l’expérience. Mais ce sujet devra bien être abordé un jour ou l’autre.

9. Même en Limousin, on a peu voté !
C’est enfin à la fois la déception et la surprise de ce scrutin. Si l’abstention est record à l’échelle nationale, la démobilisation a également touché le Limousin, et surtout la Haute-Vienne (37 à 38 %), pourtant habituellement bien mobilisée. Les électeurs corréziens se sont assez bien déplacés dans les bureaux de vote, avec environ 2/3 de participation. La faiblesse des enjeux dans le département haut-viennois, au moins dans les 1e et 2e circonscription, où la question était surtout pour beaucoup celle de la tenue d’un second tour ou non, a peut-être œuvré en faveur du désintérêt civique. Mais avec cela, c’est tout le scrutin, qui demeure pilier de notre démocratie semi-présidentielle certes, mais avant tout parlementaire, qui s’en trouve affaibli, voire légèrement décrédibilisé. Il serait bon de se poser les bonnes questions : le calendrier électoral ne favorise-t-il pas cette situation ?

Et maintenant, espérons que le triomphalisme, les psychodrames, les provocations absurdes et les débats stériles ne viendront pas nuire à cette courte campagne de second tour en Limousin. Votez et faites voter dimanche prochain !

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> Matthieu Broussolle : « Engagez-vous, mais gardez l’esprit critique ! »

19042012

> Matthieu Broussolle : « Engagez-vous, mais gardez l'esprit critique ! » dans Actualité locale b2012b

Pour le troisième volet de ma série sur les jeunes limousins engagés en politique, c’est Matthieu Broussolle, responsable haut-viennois des Jeunes populaires (le mouvement de jeunesse de l’UMP), qui répond à mes questions et fait part de ses conceptions de l’engagement : « proposer, réfléchir, convaincre et surtout écouter ». Il fait notamment preuve d’une évidente détermination à changer l’image d’une région qui, pour lui, souffre de nombreux poncifs que des politiques peu audacieuses ne peuvent pas effacer. En cela, le courage, l’audace et la conviction sont ses remèdes.

Nom : Matthieu Broussolle
Âge : 22 ans

Occupation : Etudiant en Master 2 Droit des entreprises et des patrimoines professionnels à Limoges

Engagement : Jeunes populaires (responsable départemental Haute-Vienne)

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous engager dans un mouvement de jeunesse politique, et a fortiori, chez les Jeunes populaires ? Avez-vous des modèles politiques, des inspirations qui vous y ont poussé ? Qu’est-ce qui vous plaît dans l’engagement politique ?
Je me suis intéressé à la politique en 2002, j’étais jeune [13 ans] mais j’ai cherché à comprendre pourquoi on parlait du  « choc du 21 avril », et je me suis mis à suivre la politique, j’ai lu les programmes, j’ai suivi les interventions des différents partis avant de faire mon choix : celui de l’UMP, car c’est le parti qui porte mes convictions et mes valeurs : le mérite, le travail, la responsabilité, la famille.
Je n’ai pas un modèle en particulier, je veux avant tout défendre des idées mais si je devais choisir un modèle politique pour ses convictions, ce serait Philippe Séguin, un gaulliste social, engagé, convaincu et pour qui la communication, le court terme et la paresse étaient les poisons de la politique contemporaine et du débat.

« Être un éternel candidat à tout n’est pas ma conception de l’engagement. »

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’engagement politique ?
C’est avant tout de pouvoir défendre des idées, l’intérêt général et porter des projets nouveaux en particulier au niveau local mais aussi au niveau national. C’est proposer, réfléchir, convaincre et surtout écouter.

Avez-vous envisagé de poursuivre et amplifier cet engagement avec le temps (adhésion à l’UMP si ce n’est pas déjà fait, engagement électoral, etc.) ?
J’ai adhéré en 2009 à l’UMP, j’ai rejoint le mouvement pour ses idées et pour soutenir Nicolas Sarkozy alors même que les journalistes et des partis politiques ne faisaient que de l’anti-sarkozysme primaire. J’ai rejoint l’UMP également pour faire changer les choses au niveau local, car élu depuis 2007 au CRJL [Conseil régional des jeunes du Limousin, instance consultative créée par le Conseil régional du Limousin, composée de jeunes limousins de 15 à 21 ans, élus par leurs pairs, devant porter des projets concrets, ndlr], j’ai très vite vu ce que c’était la politique locale du PS.
Je me suis engagé pour être un militant et pas simplement un adhérent. En janvier 2011, je suis nommé Responsable adjoint des Jeunes Populaires 87, et en décembre Responsable. J’ai décidé de m’engager lors des élections cantonales sur Limoges Vigenal [11,5 % des voix au premier tour, dans un canton où l’UMP n’était pas présente en 2004, ndlr], j’ai fait une campagne de terrain, de proximité j’ai beaucoup appris, sur la politique, sur le canton, sur les préoccupations des Limougeauds et sur moi-même.
Mon engagement est avant tout une façon de défendre des idées, des projets novateurs : il peut passer par des élections mais je ne courrai pas les élections pour les élections, je souhaite avant tout porter des projets. Être un éternel candidat à tout n’est pas ma conception de l’engagement.

Ci-dessous: Campus politique. Militants Jeunes populaires réunis au Campus de l’UMP à Marseille, à l’été 2011. © UMP

Campus-UMP-300x225 dans JeunesseComment votre engagement est perçu par votre entourage (famille, amis, proches) ?
Ma famille n’est pas engagée dans un parti, mon père est élu dans une petite commune mais se désintéresse des enjeux partisans : pour lui la politique est avant tout locale, une histoire d’hommes de terrain. En revanche ils m’ont toujours soutenu et ma sœur après ma campagne qu’elle a suivi de près et son élection au CRJL où elle s’est intéressée de près à la gestion socialiste de la région, de la Corrèze et de Tulle a décidé de s’engager elle aussi au sein des Jeunes Populaires en Corrèze. C’est donc son engagement et celui-ci nous rapprochent car il est sa démarche personnelle qui l’a amenée à me retrouver et je m’en réjouis. J’ai de la chance d’avoir une amie qui partage mon engagement au sein du mouvement même si nos convictions divergent sur certains points et cela nous enrichit l’un l’autre.

« Nicolas Sarkozy croit en la solidarité collective […] et dans la jeunesse qui peut se prendre en main et être responsable. »

Le début de la campagne présidentielle a globalement été jugé tendu, voire agressif, ceci au détriment de l’expression des programmes. De manière générale, comment percevez-vous cette campagne électorale, tant sur la forme (atmosphère, échanges entre les candidats, …) que sur le fond (positionnements, propositions, …) ?
C’est ma 1ere campagne présidentielle que je vis de l’intérieur en tant que RDJ. C’est une campagne courte et surtout exceptionnelle car c’est le président sortant qui est le challenger, ce qui à mon avis correspond bien à l’état d’esprit de Nicolas Sarkozy qui n’attend pas la victoire mais va la chercher. Cette situation est aussi le résultat de mesures courageuses même si elles sont impopulaires car on ne peut pas faire de la politique « pour flatter l’électorat » dans une situation de crise internationale.
Sur le fond je suis et je serai honnête, j’aurais préféré qu’on parle davantage d’emploi, de dette car c’est, pour moi qui vais bientôt entrer dans la vie active, une de mes premières préoccupations ainsi que celle de beaucoup de jeunes. C’est aussi une vraie différence de programmes entre les candidats notamment entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : l’un propose plus d’assistanat, ne souhaite voir aucune tête dépasser, l’autre croit en la solidarité collective, en l’initiative personnelle et dans la jeunesse qui peut se prendre en main et être responsable.

Vous êtes engagé chez les Jeunes populaires. Pouvez-vous sans détailler nous présenter rapidement le mouvement (emprise nationale, relation avec l’UMP, effectifs militants à l’échelle nationale et à l’échelle locale, …) ?
Les Jeunes Populaires sont la branche jeune de l’UMP, nous sommes autonomes vis-à-vis de l’UMP, ce qui nous permet de faire des propositions. Au niveau local les effectifs des Jeunes Populaires 87 ont nettement augmenté depuis l’arrivée de la nouvelle équipe, ce qui est lié à l’élection présidentielle mais aussi à notre volonté de donner un nouvel état d’esprit : plus d’actions de terrain, plus à l’écoute des Jeunes Pop’ et des propositions d’actions nouvelles.(newsletter, café politiques, plus de communication interne et externe et plus d’implication de chacun en fonction de ses envies…)
Au niveau local nous avons des militants (reformulation ?) et j’essaie de proposer des actions diverses et variées pour que chacun puisse vivre son engagement comme il le souhaite.

De quelle manière votre mouvement et vous-même personnellement participez à la campagne présidentielle, en France et dans la région ?
Nous sommes sur le terrain, nous faisons des tractages, des « boitages », des réunions publiques et nous avons participé aux meetings de Nicolas Sarkozy à Bordeaux, à Villepinte, à celui de Jean-François Copé à Malemort [près de Brive, ndlr], et nous avons participé au grand rassemblement de la Place de la Concorde dimanche dernier. Nous avons, en amont, travaillé sur le projet, nous sommes partenaires de structures extérieures à l’UMP, nous sommes investis chaque jour pour convaincre autour de nous, sur le terrain, sur les réseaux sociaux. Nous avons organisé des déplacements d’intervenants nationaux pour échanger sur le bilan et le programme du Président-candidat Nicolas Sarkozy.

Quel regard portez-vous sur la politique du gouvernement Fillon à l’égard de la jeunesse, depuis 2007 (forces, faiblesses, erreurs, réussites, promesses, jugement) ?
Le gouvernement Fillon a beaucoup fait pour les jeunes et pour le monde étudiant :
- l’autonomie des universités qui donne aux universités les moyens de leurs ambitions nationales et internationales,
- le budget de l’enseignement supérieur a augmenté de 21 %,
- la multiplication des rénovations et des constructions des logements CROUS,
- la création du 10ème mois de bourse,
- la création de l’échelon 0 demandés depuis des années par les organisations syndicales.

Je ne dis pas que le bilan est parfait mais dans le domaine des jeunes des avancées significatives – et que l’on voit tous les jours – ont été faites par le Gouvernement Fillon.

Quelles réponses défendez-vous et proposez-vous aux difficultés et enjeux posés par les jeunes de 2012, pour le mandat qui va s’ouvrir pour le président élu en mai prochain ?
Un des problèmes majeurs des jeunes est le passage des études au monde professionnel, car nos études, souvent générales et/ou technologiques, ne nous permettent pas de trouver des emplois dans les entreprises qui souven demandent des jeunes qualifiés. Je crois que le développement de l’apprentissage est une bonne mesure qui permettrait de faciliter l’accès à l’emploi des jeunes. En contrepartie il faut inciter, voir contraindre, des entreprises à prendre des apprentis.

« Je pense être un pragmatique. »

Ci-dessous : Tractage militant. Les Jeunes populaires militent et tractent pour exposer et expliquer les idées de la majorité présidentielle. © UMP 87

Tractage-UMP-300x196 dans La phrase du jourPlusieurs commentateurs ont estimé que Nicolas Sarkozy était plus pragmatique qu’idéologique. Qu’en pensez-vous ? En quoi cela pourrait être une force ?
Je crois que parfois l’idéologie est mise à mal par la réalité ; quand on est responsable, on en tient compte. A titre personnel je pense être aussi un pragmatique. Pour moi ce n’est pas un défaut, j’aimerais bien pouvoir défendre des propositions où tout serait parfait, ou parce qu’on supprime un mot on supprime le problème mais ce n’est pas ma conception de la politique. Je prends en compte la réalité pour pouvoir l’améliorer.

Nicolas Sarkozy vient de rendre publique sa lettre aux Français, qui reprend ses principales propositions pour la France. En quoi une telle forme d’expression est selon vous, la plus à même de marquer les esprits et de convaincre ? Pensez-vous que la jeunesse puisse y être sensible ?
S’adresser directement aux Français, c’est parler à chacun, directement, sans filtre. Le faire par écrit, c’est laisser une trace, un témoignage qui engage, c’est proposer un contrat aux Français. La jeunesse même si elle a cette lettre en format dématérialisé, pourra y trouver des réponses à ses questions.

Revenons sur la politique éducative du gouvernement sortant. Vous avez précédemment défendu l’autonomie des universités, réforme que le gouvernement de François Fillon a conduit. Considérant la position délicate de l’université de Limoges (14 000 étudiants seulement, des effectifs stables voire en baisse dans certaines filières), ne pensez-vous pas qu’une telle initiative puisse nuire à la pérennité de la structure en tant que telle ? Pouvez- vous expliquer de façon succincte pourquoi vous pensez le contraire ?
Le cas de l’Université de Limoges est atypique car cette réforme est une réforme qui a fonctionné à tel point que François Hollande, comme plusieurs socialistes, ont prévu de ne pas la remettre fondamentalement en cause. Les dotations de l’Etat allouées à l’Université n’ont pas diminué. Au contraire, elles ont augmenté mais Limoges n’arrive pas à boucler son budget ce qui pose la question des compétences des équipes en place. A cela se rajoutent des prises de positions politiques, cette fois-ci notamment de l’extrême-gauche qui refuse que les entreprises privées participent au budget de l’Université. Tout ceci n’encourage pas au rayonnement et à l’attractivité de notre Université qui pourtant a bien des atouts, l’Université subit l’image de la ville de Limoges et un nombre d’étudiants viennent par défaut, ce qui ne les incite pas à rester vivre en Limousin.

« [La réussite scolaire] n’est pas un problème du  »toujours plus » mais du  »mieux ». »

« Avec 2 000 euros par enfant, on pourrait pourtant résoudre la plupart de leurs problèmes et transformer l’avenir de ces enfants : dès que l’enseignant, en dernière année de maternelle ou au CP, aurait donné le signal, le chef d’établissement enclencherait avec le maire, la communauté éducative, les nombreuses associations compétentes, un suivi particulier de l’enfant en lien avec sa famille. » De cette manière, Nicolas Sarkozy assure que le problème de l’écoleest plus une question de volonté et de mobilisation que de moyens, et ainsi nie l’efficacité durecrutement de personnels supplémentaires, au nom du bon sens budgétaire. Autrement dit ? Par exemple, comment résoudre le problème de surcharge des classes ?
La France a le meilleur taux d’encadrement des jeunes en Europe et pourtant les résultats scolaires en France sont loin d’être les meilleurs d’Europe, je ne crois pas que le problème soit un problème de nombre de personnels et la proposition d’augmenter de 60 000 encadrant soit 0.3 personnes en + par établissement ne va pas changer fondamentalement les choses. Si on est honnête, c’est plus un problème de formation des enseignants et surtout de programmes, il faut revenir aux fondamentaux en primaire : écrire, lire et compter.
Je pars de mon expérience personnelle, j’étais dans une classe en terminale où nous étions 35, notre niveau était bien inférieur à celui de l’autre terminale (21 dans cette classe) en début d’année, et pourtant ma classe a eu de meilleures résultats au bac, plus de mentions et nous avons eu de bien meilleures dossiers scolaires. Ce n’est pas un problème du « toujours plus » mais du « mieux ». Enfin, il faut savoir que les moyens ne font pas tout. Le coût d’un lycéen français est le plus élevé d’Europe et pourtant nous n’avons pas les meilleurs résultats.

On tend à pointer du doigt un éventuel désintérêt de la jeunesse pour le débat public, parce qu’il est trop technique, trop éloigné de leurs préoccupations, trop contraint aux rivalités personnelles. Qu’en pensez-vous ? Comment y remédier ? Et comment voyez-vous personnellement l’engagement politique des jeunes à vos côtés et plus globalement en France ?
Il y a un désintérêt généralisé mais il faut chercher les causes pour trouver des solutions. La presse, malheureusement, est en concurrence avec les réseaux sociaux et le net et elle a tendance à être plus dans la réaction que dans la réflexion. Cela n’aide pas les citoyens à nourrir leur réflexion. Les politiques, parfois, cherchent plus la polémique que l’affrontement des idées et c’est aussi dommageable. La caricature faite de l’Europe elle-aussi, n’aide pas à s’impliquer : en effet, si on dit aux gens que l’Europe décide de tout et que les politiques français ne décident de rien, à quoi bon s’intéresser à la politique ?
Il faut donc que les médias retrouvent une place plus apaisée, que les politiques acceptent de débattre du fond, et que l’Europe devienne une véritable Europe politique.

Le Limousin vote assez largement à gauche depuis de nombreuses années. Certains estiment que ce vote à contre-courant des tendances nationales nuirait à la région. Qu’en pensez-vous ? En quoi le projet de Nicolas Sarkozy est-il porteur d’espoir pour le Limousin et sa jeunesse ?
Le Limousin vote à contre-courant des tendances et cela peut expliquer pourquoi notre région a tant de retard sur d’autres régions. Limoges est la dernière capitale régionale à ne pas être reliée au TGV, à l’heure actuelle et, particulièrement pour les jeunes, cela ne rend pas Limoges attractif. Au contraire. Pour le reste, des décisions ont été prises qui n’ont pas favorisé l’implantation des entreprises sur le territoire local.

« Il n’y a aucune ambition de communication sur Limoges et le Limousin. […] Une image améliorée, c’est le produit de l’ambition. »

Vous avez dit avoir « très vite vu ce qu’était la politique locale du PS ». Pouvez-vous vous expliquer un peu plus sur ce point ?
Une politique sans ambition, sans direction, où les transports en commun sont mal adaptés, des quartiers de Limoges sont abandonnés (Beaune-les-Mines où il y a trop peu de lignes de bus), où les jeunes fuient le Limousin par manque d’emplois et par manque d’adéquation entre les filières et les bassins d’emplois sinistrés.

L
’image de la ville est au plan national catastrophique : les rares reportages nationaux sur Limoges portent sur la prostitution et ses conséquences ce qui n’est pas forcément très engagent en terme d’attractivité. C’est bien simple, il est rare, très rare qu’on parle de Limoges en positif, il n’y a aucune ambition de communication sur Limoges et le Limousin : le pays de la pomme et de la viande (de bœuf) : très vendeur pour les touristes, pour les jeunes… alors que notre territoire a des atouts à mettre en valeur, reste la volonté de le faire. On peut communiquer sur des filières agricoles de façon valorisante comme une chance, une expertise, un savoir-faire, une industrie artisanale qui respecte un environnement ou alors faire dans le conservatisme mortifère d’un musée comme c’est le cas actuellement.

Le Conseil régional ne cesse d’augmenter le frais de fonctionnement au détriment de l’investissement, ce n’est pas un choix dynamique et de croissance, et je le dénonce car l’investissement ce sont les emplois de demain pour nous les jeunes, particulièrement pour désenclaver Limoges. Comment attirer des jeunes et des emplois via les entreprises s’il nous faut 4h pour rejoindre Paris, sans parler des autres grandes métropoles ? Le Limousin ne cesse de reculer alors que d’autres régions se développent (et pourtant elles ne sont pas toutes à droite, loin s’en faut). Les choix faits par les socialistes et leurs alliés du Limousin, ils doivent les assumer car si j’ai bien appris une chose en politique c’est assumer la responsabilité de ses choix au lieu de toujours trouver une excuse extérieure.

Vous évoquez plusieurs fois l’image de Limoges, peu positive, en la mettant en relation avec la politique locale. L’avis d’un jeune engagé en politique pour y remédier ?
C’est parce que j’aime Limoges et que je souhaite l’améliorer, en portant de nouvelles idées, que je critique la situation actuelle. L’image de marque de la ville doit changer elle est beaucoup trop négative, le centre-ville a besoin d’un nouveau souffle, des zones de la périphérie sont délaissées, les transports en commun sont mal adaptés aux besoins des Limougeauds. Les politiques pour attirer des jeunes doivent mettre en avant le cadre de vie du Limousin, pour attirer des emplois. C’est là toute la différence entre l’UMP et le PS, nous préférons nous battre pour attirer plus d’emplois pour les limougeauds alors que le PS se bat pour avoir plus de crédits à saupoudrer sur les limougeauds qui ne leur permettent pas vraiment de vivre convenablement. On vit de son travail, on survit de l’assistanat. L’assistance est une bonne chose, elle est transitoire, elle est solidaire. L’assistanat est une mauvaise chose, il aliène et ne permet pas de vivre, il permet au mieux de survivre.

Alors une image améliorée, c’est le produit de l’ambition, des moyens mis en œuvre pour le développement, la volonté de faire du développement économique d’un département, d’une région, un atout pour que la capitale en tire un bénéfice d’image et que chaque ville en tire un bénéfice financier dans des investissements d’avenir.

La gauche et plus précisément les socialistes occupent une position très majoritaire en Limousin. Quel regard portez-vous sur cette relative hégémonie, sur les relations entre les forces politiques régionales, sur les politiques menées et sur l’évolution de ces rapports locaux ? Pourquoi selon vous la droite ne parvient-elle pas à convaincre (et pourquoi la gauche réussit-elle) ? Qu’est-ce qui rend vos propositions pour Limoges et la région cohérentes et porteuses de perspectives de développement ?
En effet la gauche est majoritaire en Limousin, c’est un fait et pas une fatalité. Ce qui m’inquiète dans l’évolution des rapports locaux ? C’est la montée de l’extrême gauche que je combat autant que l’extrême droite, car les extrêmes de gauche ou de droite divisent les français. Tout extrémisme est un danger. La République, c’est l’acceptation par tous d’un cadre. Les extrêmes, parfois, pour ne pas dire souvent, refusent ce cadre. Et quand on voit les prises de position dépassées de l’extrême gauche limousine cela ne peut que nuire au Limousin, leur vision de l’entreprise est dangereuse pour notre région, les entreprises, particulièrement en Limousin, sont des petites entreprises où l’entrepreneur doit se battre quotidiennement pour faire perdurer son entreprise et maintenir des emplois. Refuser d’aider les entreprises c’est mettre en danger notre région. Quand un leader politique d’extrême-gauche fustige les patrons et les entrepreneurs, il « oublie » de préciser qu’il touche un salaire supérieur à 90% de ces mêmes entrepreneurs !
Le Limousin est traditionnellement une terre de gauche et le PS n’a pas à proposer de nouvelles ambitions pour notre territoire pour être élu. Nous devons tirer les conséquences de nos erreurs, je suis l’un de ceux qui défend une politique de proximité pour mieux faire comprendre, entendre nos idées, nos projets pour le Limousin, qui sont axés sur les atouts de notre territoire. Je défends le développement du Limousin à condition que cela améliore le mieux vivre ensemble. Vous le savez, une politique, c’est aussi une dynamique. Il est plus facile de conserver un siège que de le gagner. Donc, l’ambition collective, la défense de l’intérêt général, la conviction seront des atouts nécessaires à une reconquête locale.

« [Notre] mission : bâtir une droite haut-viennoise plus forte, plus visible, plus volontaire. »

Quelles sont vos perspectives personnelles, ainsi que celles du mouvement, en ce qui concerne l’engagement dans les prochaines échéances électorales locales (législatives, municipales) ?
Je souhaiterais poursuivre mon engagement au sein du mouvement aussi bien en tant que cadre du mouvement qu’en tant que militant. En effet, j’estime que l’on peut défendre ses idées en étant militant même si je reconnais que c’est plus facile de les défendre en tant que cadre. Je l’ai dit, je ne courrai pas après les élections pour les élections, je me battrai lors d’élections lorsque j’estimerai que mes projets correspondront à l’élection, aux attentes des Limousins et si je suis le mieux placé pour défendre nos propositions.
En ce qui concerne le mouvement, je suis lucide, nous allons avoir une mission : bâtir une droite haut viennoise plus forte, plus visible, plus volontaire après le départ d’Alain Marsaud, une tâche difficile mais intéressante, à laquelle je souhaite participer activement pour mieux préparer les échéances futures.

Prenez-vous part aux discussions sur les sujets fondamentalement locaux ?
J’ai la chance d’être un RDJ écouté au sein de sa fédération, on tient compte de mon avis, de mes suggestions, y compris sur des sujets fondamentaux locaux, il est vrai que la parole des jeunes au sein de l’UMP 87 est véritablement écoutée et surtout entendue : une chance car c’est rare dans les partis politiques. Cela me permet de donner le sentiment des militants, des adhérents Jeunes et de faire bouger les choses concrètement.

« Pensez par vous-même, car la politique mise en place, c’est aussi pour notre avenir. »

jeunesavecsarkozy-300x100 dans Législatives 2012Quel message voudriez-vous faire passer à la jeunesse de 2012 ?
Engagez-vous ! Engagez-vous, mais gardez l’esprit critique, regardez bien les conséquences pratiques et réelles des propositions des candidats sur votre quotidien. Ne vous laissez pas manipuler par les médias, ni par des images véhiculées selon lesquelles certains partis serait plus pour les jeunes que d’autres ou plus sociaux que d’autres. Pensez par vous-même car la politique mise en place c’est aussi pour nous, pour notre avenir.
Nicolas Sarkozy a le courage de prendre en compte la réalité de la situation de la France et de faire des propositions pour y remédier, il est dans l’action et pas dans l’attente. Choisir d’agir c’est prendre le risque d’être impopulaire, Nicolas Sarkozy l’a prouvé. Choisir de ne pas agir mais seulement d’être dans l’invocation, c’est être sûr de l’inefficacité et au final responsable d’un déclin et ça, François Hollande l’a prouvé en Corrèze, ne le laissons pas faire la démonstration à l’échelle d’un grand pays comme la France !

Une remarque finale ?
Les jeunes doivent se mobiliser pour ces élections et si ils veulent du changement, de vrais changements il faut commencer par ne pas voter pour les mêmes, qui sont élus depuis des années au niveau local, qui cumulent les postes au détriment de leurs mandats alors si vous voulez du changement, ne votez pas pour les candidats du PS aux législatives et place aux jeunes !

Liens :
- Le site des Jeunes populaires de Haute-Vienne.
- La page Facebook du mouvement.







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