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> Donnons d’autres vies à nos bâtiments !

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grand3236Jusqu’au 28 septembre prochain, se tient à Paris dans les fabuleux espaces de la Cité de l’architecture et du patrimoine, la très belle exposition « Un bâtiment, combien de vies ? », consacrée aux multiples emplois de nos constructions. Quoique relativement restreinte – comptez une petite heure pour en profiter au mieux –, cette exposition très visuelle, enrichie de nombreuses maquettes, a le mérite de dresser un panorama assez riche des opérations réussies de réaffectation fonctionnelle d’infrastructures prétendument arrivées en bout de course.

Alors que jamais les contraintes environnementales et financières n’ont été si importantes, et alors que nous sommes confrontés dans le même temps à un paradoxe technique éthiquement stimulant – on sait tout faire ou presque, mais est-ce une raison pour tout faire réellement ? –, la question de la réutilisation du bâti préexistant bouleverse nos schémas d’action : faut-il sanctuariser notre patrimoine ? Si oui lequel, selon quels principes ? Comment faire du neuf avec du vieux sans donner l’impression de faire « a minima » ? …

IMG_2083 Les résultats, souvent épatants, parlent d’eux-mêmes. Parmi les études de cas, d’anciennes usines devenues logements, des lieux de culte dénués de leur vocation initiale avec brio, d’anciens moulins réinvestis par des bureaux – à Pantin. On retiendra notamment l’ancienne cimenterie que le célèbre Ricardo Bofill a fait sienne de façon époustouflante à Barcelone (cf. photo ci-dessus), l’ancien aéroport de Berlin-Tempelhof que les habitants, consultés, ont préféré transformer en vaste parc périurbain, ou encore l’audacieuse modernisation du nouvel opéra de Lyon, signée Jean Nouvel. Autant d’exemples séduisants pour autant de solutions aux grandes problématiques urbaines que sont la gestion et la reconversion des friches industrielles, la crise du logement ou la densification du bâti.

S’ouvre ainsi un champ des possibles particulièrement vaste, qui doit motiver la créativité des décideurs et de leurs maîtres d’oeuvre – et ce sans pour autant recourir aux plus grandes signatures. Plus loin encore, on remarquera également que certains des travaux présentés dans l’exposition concernent davantage des « liftings » architecturaux que de véritables reconversions : indépendamment de tout jugement de valeur, le cas de la gare de Strasbourg, dont l’austère mais majestueux bâtiment néo-classique a été recouvert d’une bulle de verre, prouve que le patrimoine peut faire pourquoi pas l’objet de réinterprétations contemporaines. Ce qui donne des clés dans la quête de réactivation de l’adhésion sociale aux patrimoines (n’est ce pas le but de toute action d’urbanisme ?). Ainsi, à travers certaines notions plutôt iconoclastes, comme celle du « patrimoine en mouvement », les propos rapportés par certains grands architectes et penseurs de la ville contemporaine donnent de sacrés coups de pied à la frilosité des acteurs institutionnels, qui s’auto-conditionnent bien souvent par force discours sur l’idéal de modernité. Et passent hélas trop souvent à côté de réelles opportunités pour leurs territoires et les populations qui y vivent.

Et si Limoges s’inspirait de ces axes de réflexion ? Dans notre ville, quelques exemples de réhabilitations et de reconversions fonctionnelles, plus ou moins audacieuses et plus ou moins réussies. Du côté des réalisations plutôt louables, citons par exemple l’ancienne usine Royal Limoges, en bord de Vienne, désormais occupée par un McDonald’s (certes…), l’ajout moderniste de la fac de droit rue Turgot, l’ancienne bibliothèque municipale récupérée par le restaurant La Bibliothèque, ou encore une partie des locaux de l’ancien hôpital où s’est installée une aile de la nouvelle BFM – en dépit des scandaleuses destructions dont certains anciens éléments du bâtiment originel ont fait l’objet. Plus discutables sans doute sont la réfection de la caserne de la Visitation, réappropriée par le Conseil départemental qui a assez grossièrement barré la façade classique d’un rez-de-jardin peu élégant, ou le devenir bancaire de l’ancien cinéma Colisée, place Jourdan et de l’ancien bâtiment militaire de la zone Romanet.

Le modernisme ne doit bien évidemment pas donner droit à tous les autodafés ; c’est hélas un réflexe assez commun à Limoges (usine Heyraud supprimée au profit d’un centre Saint-Martial manquant d’âme, immeuble Faure condamné par la cité judiciaire, maison Lacaux menacée, fours à porcelaine négligés…), et cet état de fait doit changer ! On sera donc très attentifs au devenir de l’ancienne clinique du Colombier, promise aux étudiants, de l’ancienne école d’institutrices de la rue François Perrin, et à l’avancée des travaux dans l’ex-Eurodif, futur Fonds régional d’art contemporain s’annonçant prometteur.

Mais pas plus que les négligences ou fautes de goût déjà citées, l’aspect controversé de certains travaux ne doit brider l’audace et l’inventivité. Parallèlement, l’idéal de la patrimonialisation ne doit pas faire le jeu de l’inertie. Attention à ne pas jouer les conservateurs obtus : un patrimoine vit aussi par sa réinvention ! En somme, il s’agit dans la valorisation de trouver un juste milieu entre optimisation et hommage, et de ne pas sombrer dans le nombrilisme et l’ethno-centrisme du XXIe siècle.

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Quelques exemples de sites dont une reconversion paraît à étudier :

  • la friche industrielle Wattelez (cf. ci-contre), sur les bords de la Vienne, à l’entrée du Palais-sur-Vienne, et dont l’impact environnemental est hélas notoire ;
  • la caserne Mareeau, dont la formidable emprise à deux pas du centre-ville doit motiver de vrais projets cohérents et socialement ancrés ;
  • les locaux abrités par la rampe des Bénédictins, entre la cité des Coutures et les voies ferrées : des espaces au potentiel très important (sachant notamment que l’un des locaux communique directement avec le passage souterrain de la gare via la fameuse rue fantôme utilisée par la Wehrmacht) ;
  • l’ancien Présidial, bâtiment de qualité hélas abandonné à son sort et aux stigmates du temps ;
  • l’ancien Hôtel de commandement militaire, place Jourdan, dont on sait désormais qu’il n’accueillera sans doute jamais d’antenne du musée d’Orsay…

Des pistes, il y en a ! De l’audace, il en faut !




> Série spéciale Présidents et Limousin (4/5)

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> Série spéciale Présidents et Limousin (4/5) dans Découverte blim

Portraits-ministres-300x190 dans GouvernementLes pronostics allaient bon train avant la nomination du tout premier gouvernement Ayrault : l’accession d’un élu limousin à la présidence de la République allait-elle favoriser l’entrée d’un autre limousin au gouvernement ? Et ainsi de favoriser les dossiers locaux ?

Et les observateurs du cru de prendre les paris. Qui de Monique Boulestin (mais c’était avant que le nouveau président ne désavoue à demi-mots la candidate dissidente), de Jean-Jacques Lozach, de Michel Vergnier, de Alain Rodet ou surtout de Jean-Paul Denanot, membre de l’équipe de campagne en tant que spécialiste de la formation professionnelle, pourrait rejoindre les Valls, Taubira et autres Moscovici. Verdict sur le perron de l’Elysée : ce n’était pas pour cette fois. En cas de victoire de la gauche, quelque remaniement devait s’opérer au gouvernement, et qui sait, profiter à nos élus régionaux. Las, encore raté, cette deuxième mouture ministérielle n’a réservé aucun strapontin à nos représentants. Pour autant, loin de tout chauvinisme un peu inutile, revenons succinctement sur ces limousins qui ont obtenu un des innombrables portefeuilles des gouvernements de la République française, et qui ont donc contribué à écrire l’histoire politique du pays.

Carte-Google-Maps-ministres-limousins-279x300 dans HistoireTout ça, à travers une carte interactive sur Google Maps de ma création. L’occasion d’avoir un aperçu général sur ces élus, qu’ils soient purs produits du terroir ou ponctuels parachutés (comme Raymond-Max Aubert ou Marcel Paul), simple natifs du Limousin (comme Marie-Anne Montchamp) ou locaux de cœur, tombés dans l’oubli ou encore cités en exemple, comme Henri Queuille.

Dans le tableau ci-dessous apparaît l’ensemble de ces ministres, classés par ordre alphabétique. Ceux qui sont en gras sont traités individuellement sous le tableau. Tous figurent sur la carte (référencement par lieu géographique).

Raymond-Max Aubert (1947-)

André Bardon (1901-1965)

François Binet (1880-1930)

Pierre-Alpinien Bourdeau (1770-1845)

Joseph Brunet (1829-1891)

Marie-François Sadi Carnot (1837-1894)

Marcel Champeix (1902-1994)

André Chandernagor (1921-)

Jacques Chirac (1932-)

Anne-Marie Couderc (1950-)

Jacques Delors (1925-)

Jean-Baptiste Delpeuch (1860-1930)

Roland Dumas (1922-)

Alexis Jaubert (1879-1961)

Henry de Jouvenel (1876-1935)

Edmond Michelet (1899-1970)

Marie-Anne Montchamp (1957-)

Marcel Paul (1900-1982)

Henri Queuille (1884-1970)

Marcel Rigout (1928-)

Albert Rivière (1891-1953)

Georges Sarre (1935)

Charles Spinasse (1893-1979)

Pierre-Edmond Teisserenc de Bort (1814-1892)

Adrien Tixier (1893-1946)

René Viviani (1862-1925)

ROLAND DUMAS

Un symbole des années Mitterrand, pour le meilleur et pour le pire
Avant d’embrasser la carrière nationale qu’on lui connaît, Roland Dumas, né le 23 août 1922 à Limoges, a été élu local. Fils d’un résistant (Armée secrète), socialiste, arrêté en 1944 puis fusillé à Brantôme (Georges Dumas, dont l’ancienne avenue du Pont-Neuf porte le nom à Limoges), Roland Dumas a lui-même résisté, et organisa notamment le boycott par des étudiants lyonnais de l’orchestre philarmonique de Berlin en mai 1942. Brièvement interné, il s’échappe, et après avoir envisagé une carrière de chanteur lyrique, se destine à la carrière d’avocat. Ses défenses de Georges Guingouin désavoué par le PCF, ou de François Mitterrand après l’épisode de l’attentat de l’Observatoire, ou encore son engagement contre l’affaire des diamants de Bokassa, ont forgé son image.

La carrière haut-viennoise de Roland Dumas est brève : élu député en 1956, sur une liste socialiste dissidente, il ne se représente pas en 1962, partant cinq ans plus tard se faire élire en Corrèze contre Jean Charbonnel, puis en Dordogne, où son arrivée fut diversement appréciée, mais où il est reconduit deux fois. Il est en 1977 candidat à la mairie de Bordeaux, contre Jacques Chaban-Delmas, qui le défait.

Si la notoriété de Roland Dumas est aussi à mettre sur le compte de ses démêlés judiciaires (affaire Elf), voire de ses accointances avec quelques personnages souvent décriés (comme Mouammar Kadhafi, le militaire syrien Moustafa Tlas, ou Laurent Gbagbo), il ne faut pas oublier qu’il fut aussi président du Conseil constitutionnel de 1995 à 2000, après avoir été ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements socialistes sous François Mitterrand. A cette fonction, il a notamment œuvré pour la diplomatie au Proche Orient et au Cambodge. Personnage controversé, connu pour ses bonnes relations avec nombre de représentants du Front national, Roland Dumas n’en reste pas moins une figure majeure du mitterrandisme et du socialisme français des années 1980 à 1990.

MARCEL RIGOUT

Un des quatre communistes du gouvernement Mauroy
Marcel Rigout, né le 10 mai 1928 à Verneuil-sur-Vienne, demeure à ce jour le dernier ministre à être né en Haute-Vienne et y avoir exercé l’intégralité de sa carrière. Jeune résistant (comme agent de liaison entre Limoges et Saint-Junien), celui qu’on appelle le « métallo ministre » car tourneur sur métaux de formation, reconnaît en effet que s’il n’avait pas croisé la route du PCF, il serait sans doute devenu ouvrier du bâtiment.

Elu député de Haute-Vienne pour la première fois en 1967, Marcel Rigout l’est à nouveau de 1973 à 1981, date à laquelle il fait son entrée au gouvernement Mauroy, aux côtés de ses collègues communistes Anicet Le Pors, Charles Fiterman et Jack Ralite, avec le portefeuille de la Formation professionnelle. L’intéressé raconte au Populaire du centre comment cette entrée remarquée s’est effectuée : « Mitterrand ne voulait dans le gouvernement ni de responsables de partis – c’était une façon d’éliminer Marchais – ni de responsables de syndicats, ni de battus aux élections. Il ne restait plus grand monde sur la liste. Fiterman, Ralite et Le Pors ont été choisis. Il fallait un provincial. » Entretenant une relation particulière avec le président dont une des cousines favorites résidait près de chez lui, Marcel Rigout quitte ses fonctions après le « tournant de la rigueur », alors que le PCF, légitimement déçu, refuse de participer de nouveau au gouvernement. Marcel Rigout est une dernière fois élu député en 1986.

Symbole des velléités de renouvellement et de réforme du PCF de l’intérieur, Marcel Rigout, agacé de la mainmise de Moscou et de ses intérêts sur les initiatives du parti français, et dégoûté du stalinisme (« une confiscation de l’élan révolutionnaire »), claque la porte du PCF en 1992 pour fondé l’ADS (Alternative démocratie socialisme), originalité à gauche, présent et actif essentiellement en Limousin, où il est toujours un élément essentiel du paysage politique.

Ancien directeur du journal L’Echo du Centre, Marcel Rigout demeure aujourd’hui encore une figure écoutée, radicale mais lucide, incontournable de la gauche limousine. Jean-Luc Mélenchon, en meeting à Limoges à l’occasion de la campagne présidentielle de 2012, a cité un message de l’ancien communiste, et les 25 ans du mouvement en 2008 à Limoges avaient permis la réunion autour de Marcel Rigout de plusieurs personnalités de la gauche (Noël Mamère, Clémentine Autain, notamment).

ANDRE CHANDERNAGOR

Le premier président de la Région Limousin
Viennois de naissance (il a vu le jour à Civray, en 1921), énarque, entamant sa carrière professionnelle en Indochine, André Chandernagor s’est implanté en Creuse car c’était la région d’origine de son épouse. Maire socialiste de Mortroux depuis 1953, député de 1958 à 1981, il est en 1961 pour la première fois élu au conseil général, dans le canton de Bourganeuf, et prend la présidence de ce conseil en 1973. Il est notamment le fondateur du centre Jean Lurçat à Aubusson, et s’implique dans l’amélioration des liaisons routières du département. Accédant à la présidence du Conseil régional du Limousin, qui n’est alors pas encore une collectivité locale décentralisée, André Chandernagor n’en devient toutefois pas moins une des principales personnalités politiques de la région, et sans doute l’homme fort de la gauche creusoise, avant que la droite ne reprenne du poids dans les années 1990.

Il fut ministre délégué aux Affaires européennes dans les gouvernements de Pierre Mauroy, de 1981 à 1983, date à laquelle il démissionne, nommé premier président de la Cour des comptes.

Son fils lui a succédé à la mairie de Mortroux, qu’il a occupée durant 25 ans. Sa fille est l’écrivain Françoise Chandernagor, membre de l’Académie Goncourt.

GEORGES SARRE

Le compagnon de route de Chevènement
Employé aux PTT, syndicaliste, Georges Sarre est né le 26 novembre 1935 à Chénérailles, dans l’est de la Creuse, d’une famille historiquement basée dans la région. Toutefois, sa carrière d’élu s’est exclusivement déroulée dans la capitale, d’abord comme conseiller de Paris, puis comme député, maire du 11e arrondissement jusqu’en 2008, adjoint au maire Bertrand Delanoë de 2001 à 2010. Georges Sarre a également été eurodéputé. En dépit d’une défaite contre Jacques Chirac dans la lutte pour l’hôtel de ville, en 1977, l’implantation parisienne de Georges Sarre est solide. Ainsi, en 1993, il est le seul rescapé de la vague bleue aux législatives dans la ville.

Initialement engagé au PS (il est notamment celui qui a fait adopter le fameux logo de la rose au poing), il est proche de Jean-Pierre Chevènement, et à ce titre membre du courant du CERES. De 1988 à 1993, il est un représentant chevènementiste au gouvernement, en tant que secrétaire d’Etat aux transports fluviaux et routiers.

En désaccord sur la question européenne, sur la guerre du Golfe, sur l’orientation libérale de la direction du PS, le CERES devient parti indépendant en 1991, sous le nom de Mouvement des citoyens, aujourd’hui Mouvement républicain et citoyen. Georges Sarre et ses proches n’en demeurent pas moins fortement liés aux socialistes, et c’est comme candidat d’union PS-MRC que ce creusois de naissance a tenté une implantation comme député en 2007. Il est toutefois sévèrement battu par le sortant Jean Auclair, 14 points les séparant au second tour.

Voilà pour quelques-uns des plus récents. Mais n’oublions pas…

EDMOND MICHELET

Un corrézien d’adoption, figure des années De Gaulle
Né à Paris, ses hauts faits de résistance en Limousin sous l’Occupation le conduisent à s’implanter politiquement en Corrèze. Député MRP (mouvement centriste non-gaulliste) en 1945, il devient toutefois ministre des Armées, le général de Gaulle s’entourant de personnalités de multiples courants politiques assez divers, et n’en deviendra pas moins un ami du chef de la France libre. Il adhère d’ailleurs finalement au parti gaulliste, le RPF. Il occupe à plusieurs reprises d’autres postes ministériels (Anciens combattants, Justice puis Fonction publique, Culture dans les gouvernement Pompidou et Chaban-Delmas), et s’illustre en 1961 en s’opposant aux pratiques ultra-répressives de Maurice Papon contre les Algériens à Paris, ce qui lui vaut une exclusion des affaires. En dépit d’un retour électoral en Île-de-France, comme sénateur, il finit sa vie à Brive en 1970.

Il est le père de l’écrivain de la nouvelle École de Brive, Claude Michelet.

HENRI QUEUILLE

Avant Hollande et Chirac, il présida aux destinées de la France comme président du Conseil
Ce Neuvicois, figure de la Quatrième république, trois fois président du Conseil, a également été 21 fois ministre entre 1920 et 1954 (Agriculture, Travaux publics, Intérieur, etc.). Le « petit père Queuille », opposé à la Ve République comme aux honneurs, trente-trois ans député de son département, demeure encore aujourd’hui une référence pour certains politiciens, tant positive (la proximité, l’affabilité, l’honnêteté) que négative (l’inefficacité, l’inaudibilité) qui ont peut-être contribué à comparer François Hollande à ce corrézien.

ADRIEN TIXIER

Un gaulliste haut-viennois de la première heure a créé les CRS
Professeur de formation, ce natif de Folles, grièvement blessé dans les Ardennes en 1914, se reconvertit après la Grande guerre dans l’assistance aux mutilés de guerre. A la SFIO, il est proche d’Albert Thomas, qui préside le Bureau international du travail où Adrien Tixier travaille jusqu’en 1940. Après avoir rejoint De Gaulle à Londres, il est envoyé aux Etats-Unis comme représentant de la France libre à Washington. En 1943, il revient à Alger pour siéger au Comité français de libération avec Jean Monnet et Maurice Couve de Murville. Ministre de l’Intérieur du GPRF, on lui doit la DST et les CRS. La maladie interrompt en 1946 sa carrière locale (président du conseil général de Haute-Vienne, député) entamée seulement un an plus tôt.

CHARLES SPINASSE

Le destin ambivalent d’une figure égletonnaise
Professeur aux Arts et métiers, Charles Spinasse a effectué une riche carrière d’élu local en Corrèze et notamment à Egletons, dont il est maire de 1929 à 1944 puis de 1965 à 1977. Il y favorise notamment l’implantation de structures de formation au BTP, « tradition » dont bénéficie toujours la ville. C’est en tant que ministre de l’Economie du Front populaire qu’il signe les accords Matignon, mais son soutien avéré à la Collaboration entache largement son image.

HENRY DE JOUVENEL

Le second époux de Colette et sa demeure corrézienne
Né à Paris, le baron de Jouvenel des Ursins est notamment connu pour avoir été le second époux de Colette (après le fameux Willy). Mais également, ce pacifiste, ami d’Aristide Briand, sénateur de Corrèze, posséda le Castel Novel de Varetz qui sert de toile de fond à quelques-unes des œuvres de la romancière qui eut une liaison avec le premier fils de Jouvenel, cause du divorce. Premier président de l’Union des français de l’étranger, ambassadeur de France en Italie sous Mussolini, Jouvenel est ministre de l’Outre-mer en 1934 et représentant à la Société des nations, ancêtre de l’ONU.

RENE VIVIANI

Un acteur politique majeur de la Grande Guerre
Creusois, René Viviani l’est d’adoption. Né en Algérie, d’abord implanté politiquement à Paris, cet avocat se fait remarquer par son engagement pour l’accession des femmes à sa profession, pour la défense des ouvriers de Carmaux et des cheminots ou dans le scandale de Panama. Anticlérical, proche de Jaurès, avec qui il fonde l’Humanité, il entre contre l’avis de son parti dans le premier cabinet de Georges Clémenceau, en 1906, où il fait adopter comme ministre du Travail et de la prévoyance sociale plusieurs lois de progrès. Entre temps arrivé à Bourganeuf, où il est rapidement élu député et conseiller général (à Pontarion), ce socialiste indépendant reçoit en tant que ministre des Affaires étrangères la déclaration de guerre allemande et obtient l’entrée dans le conflit de la Russie et des Etats-Unis.

PIERRE-EDMOND TEISSERENC DE BORD

Un pionnier dans l’amélioration de la race bovine limousine
Industriel des chemins de fer, ce Castelroussin de naissance, député de l’Hérault sous la Monarchie de Juillet, s’implante en 1871 en Haute-Vienne, où il est député. Ayant acquis le domaine agricole de Bort, près d’Ambazac, dont il rénove le château comme c’est la mode à l’époque, il y conduit des expériences agronomiques qui ont contribué à lancer l’histoire contemporaine de l’élevage en Limousin. Il entretient les landes alentours, et plante pins sylvestres et douglas, parmi les premiers de France à l’époque. Organisateur de l’exposition universelle de 1878, un temps ambassadeur à Vienne en Autriche, il fut ministre de l’Agriculture avant de partir se faire élire sénateur du département voisin de la… Vienne. Son fils Edmond, longtemps sénateur en Haute-Vienne, continua cette œuvre agronomique.

Mais aussi…
A noter que seules deux femmes, limousines de naissances, figurent dans la liste : Anne-Marie Couderc, secrétaire d’Etat du premier gouvernement Juppé et à ce titre, une des fameuses « Juppettes », mais maintenue dans le second comme ministre déléguée, et Marie-Anne Montchamp, ancienne villepiniste ministre sous Raffarin et Fillon.

Et pour ce qui est des présidents limousins ? Sadi Carnot, né à Limoges en 1837, fut sous-secrétaire d’Etat et ministre des Travaux publics, puis ministre des Finances avant d’accéder à l’Elysée. En revanche, il ne fut jamais élu en Limousin, mais en Côte-d’Or. Jacques Chirac, dont les racines corréziennes, lotoises et périgourdines ont déjà été évoquées, a été on le sait deux fois premier ministre, mais on le sait moins, secrétaire d’État à l’emploi en 1967 (et ainsi instigateur de l’ANPE), à l’économie et aux finances de 1968 à 1971, ministre délégué chargé des relations avec le parlement de 1971 à 1972, et bien sûr ministre de l’Agriculture (et du Développement rural) de 1972 à 1974, avant d’hériter brièvement du portefeuille de l’Intérieur. Quant à François Hollande, on a assez dit qu’il n’avait jamais occupé une telle fonction.

Ajoutons enfin que Jacques Delors, dont la famille paternelle est originaire du Lonzac, près de Seilhac, en Corrèze, (celle de sa mère vient du Cantal voisin) n’a jamais souhaité se présenter aux suffrages des corréziens, même si en 1981, il est personnellement venu soutenir François Hollande, candidat aux législatives contre Jacques Chirac. Trente ans plus tard, sa fille, Martine Aubry, s’était targuée d’être un peu corrézienne, peut-être une façon de s’attirer les faveurs d’un électorat logiquement bien plus séduit par celui qui a depuis accédé à la fonction suprême…

Photos, de gauche à droite et de haut en bas : Adrien Tixier, Marie-Anne Montchamp, Pierre-Edmond Teisserenc de Bort, René Viviani, Roland Dumas, Edmond Michelet, Henri Queuille, Raymond-Max Aubert.

A suivre : visites présidentielles en Limousin




> Série spéciale : Présidents et Limousin (1/5)

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> Série spéciale : Présidents et Limousin (1/5) dans Découverte b2012b

A l’occasion de la campagne présidentielle, je propose quelques articles spécialement liés à cette échéance si particulière, à travers une double série :
- « Jeunes en politique » : la parole est donnée à quelques jeunes limousins engagés en politique.
- « Présidents et Limousin » : petite série d’articles sur les relations entre le Limousin et la fonction présidentielle

C’est cette dernière que j’inaugure aujourd’hui, avec un article sur les attaches limousines des présidents et candidats. Je vous souhaite une bonne lecture, et, a fortiori, une bonne campagne !

ATTACHES LIMOUSINES

La fameuse « diagonale du vide » ne l’est pas en racines présidentielles. La présence à l’Élysée de locataires du cru a suffisamment alimenté les ragots populaires, autour de l’emploi supposé et/ou véridique de maints locaux dans la capitale. Et les chefs de l’État n’ont jamais cherché à passer sous silence leurs racines provinciales, s’en servant parfois même d’arguments asseyant leur légitimité populaire et nationale. En retour de cette « utilisation » parfois un peu forcée et symbolique, les reconnaissances ont pu se vérifier : l’autoroute A89, surnommée « autoroute des présidents », passant à proximité des fiefs de Chirac et Giscard d’Estaing, ne doit-elle pas son existence à son active promotion par ces derniers ? De la même façon, le poids des époux Chirac dans le destin de la LGV Poitiers-Limoges n’est plus à prouver (leur départ en 2007 participant de fait au floutage de l’avenir du projet…)

Au-delà de toute analyse politique périlleuse de l’incidence de l’appartenance régionale de certains de ces dirigeants sur leur action en tant que présidents, et sans volonté aucune de comparer l’oubli relatif de la région dans les grandes décisions nationales et la proportion non négligeable de chefs de l’État qui en sont originaires, il s’agira plutôt de présenter une brève et non-exhaustive approche des racines limousines de Jacques Chirac, François Mitterrand, Valéry Giscard-d’Estaing et Sadi Carnot, mais aussi de revenir sur les attaches et implantations de candidats à cette élection : François Hollande, Dominique de Villepin. Sans pour autant occulter l’attachement manifeste des illustres enfants du pays, qui n’ont pas renié cette filiation. Ainsi, Sadi Carnot, en visite officielle dans sa ville natale, déclama : « Je suis né à Limoges et mon cœur est resté en Limousin. Je ferai tout ce que je pourrai pour vous en donner la preuve. »

Sadi Carnot

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Sadi Carnot est né le 11 août 1837 à Limoges, officiellement au 14 du boulevard de la Pyramide (comme l’indique une plaque inaugurée par le Président lui-même en visite officielle), aujourd’hui boulevard Carnot. En réalité, il serait plutôt né rue Neuve Sainte-Valérie, actuelle rue du Général Cérez. Sa famille bouge beaucoup, et par conséquent ne reste que quelques années à Limoges. Son jeune frère, Alphonse, naît en janvier 1839 à Paris (mais entamera sa carrière dans l’Administration des Mines à Limoges). Les deux enfants grandissent en région parisienne, l’hiver à Paris, l’été à La Ferté-Alais.

Le père, Lazare-Hippolyte (1801-1888), frère du physicien Sadi et fils du révolutionnaire Lazare, est originaire de Saône-et-Loire. Jacobin, il est instigateur de l’Ecole d’administration en tant que ministre de l’Instruction publique en 1848, préfiguration avortée de l’ENA, créée en 1945. Virulent opposant à la mutation impériale, il termine sa carrière à l’Académie des sciences morales et politiques.

La mère, Jeanne-Marie Dupont-Savignat (1816-1897), bien que née dans l’Essonne, explique par ses origines limousines et charentaises (Manot puis Chabanais) le lieu de naissance du futur président. Elle est la nièce du bonapartiste et général d’Empire puis ministre de Louis XVIII Pierre Dupont de l’Etang, natif de Chabanais, en Charente limousine, à 45 km à l’ouest de Limoges, où la famille de Savignat possède un château, dit « maison Carnot », et propriété d’anglais depuis 2008. Isaac Dupont, un aïeul, fut le premier maire de la commune. Les parents de Sadi se sont d’ailleurs mariés à Chabanais, en 1836, et Sadi est baptisé en l’église de Grenord, petit hameau de la commune de Chabanais, à mi-chemin entre le château maternel et le village. La grand-mère maternelle, Marie-Thérèse Geneviève Nieaud, est la fille de Jean-Baptiste Nieaud, maire de Limoges en 1790 et conseiller général de la Haute-Vienne à trois reprises (qui acheta l’hôtel qui porte son nom à Limoges, rue des Vénitiens).

A Limoges, deux places (place Sadi-Carnot et place Lazare-Carnot) et donc un boulevard (qui a la particularité d’honorer le président à une extrémité et le révolutionnaire à l’autre) commémorent ce passé. La statue du président, inaugurée en 1897 en présence de Claude-Sadi, son fils, placée au centre de la place qui porte son nom, n’a pas survécu à la Seconde guerre mondiale.

Sadi Carnot a effectué trois visites officielles à Limoges :

  • La première en tant que ministre des Travaux publics du premier gouvernement de Jules Ferry, en 1881. Il inaugure à cette occasion les voies de chemin de fer de Bellac et Eymoutiers.
  • La seconde en tant que Président, en 1888 : outre le dévoilement de la plaque précédemment nommée, il se fait présenter le récent musée de la céramique par le mécène Adrien Dubouché, et le nouvel hôtel de ville par le maire.
  • La troisième fois, toujours comme président, en 1891, à l’occasion de la fête de la Fédération des sociétés de Gymnastique (FSG).
Joseph-Mitterrand dans Hollande

Joseph Mitterrand, père du président Mitterrand

François Mitterrand

Comme je le disais dans mon précédent article consacré aux racines du président Mitterrand, né en 1916 à Jarnac, la mère de François Mitterrand, Yvonne Lorrain, qui est née 36 ans plus tôt à Jarnac même, est issue d’une famille installée depuis le XVIIIe siècle en Charente. Nicolas François Lorrain, son arrière-arrière-grand-père paternel, gendarme né en Haute-Saône en 1757, est décédé en 1805 à Aigre, localité située à 30km au nord-ouest de Jarnac. La famille s’établit définitivement à Jarnac avec le mariage du petit-fils de Jules, portant le même nom, en 1869, avec Victorine Eugénie Faure, elle-aussi charentaise, de qui naîtra Yvonne, mère de François. C’est du côté de son père que François Mitterrand a des origines limousines. Celui-ci, Joseph, est né le 27 septembre 1873 à Limoges, et meurt en 1946 à Jarnac. Employé jusqu’en 1919 à la Compagnie ferroviaire du Paris-Orléans, il reprend la vinaigrerie de Jules Lorrain, père de celle qui devient dés lors son épouse. Entre temps, il a créé un négoce de balais. Les parents de Joseph se sont mariés en 1869 à Séreilhac, village natal de Pétronille Laroche, la mère, au sud-ouest de Limoges. Gilbert, lui aussi employé dans le secteur ferroviaire, est né dans l’Allier, à Audes, sa famille étant berrichonne. Les parents de Pétronille sont instituteurs limousins, lui né à Limoges, elle à Bussière-Poitevine et décédée à Flavignac, au château de Faye. En remontant encore dans l’arbre généalogique de la famille maternelle de Pétronille, les Du Soulier, on trouve des ancêtres à Saint-Auvent (les grand-parents de Pétronille), Saint-Junien, Saint-Laurent-sur-Gorre, et Verneuil-sur-Vienne, au XVIIe siècle. 

« C’est le pays de ma famille. Mon pays. » Ce que déclare François Mitterrand en 1985 à la télévision, c’est à l’égard de la Charente, de Jarnac, mais il n’a jamais oublié que sa famille était aussi d’ascendance limousine. L’ancien président était d’ailleurs admirateur de Jacques Chardonne, auteur de la saga charento-limousine des Destinées sentimentales.

Jacques Chirac

Le plus célèbre des Corréziens (avant François Hollande ?) est bien né à Paris en 1932, mais ses familles maternelle et paternelle sont toutes deux intégralement issues de contrées proches (Corrèze, Dordogne, Lot), sur plusieurs générations, faisant de la carrière politique locale de Jacques Chirac (conseiller général du canton de Meymac de 1968 à 1988, sept fois élu député de Corrèze, même pendant son mandat à la mairie de Paris ou sa présence à Matignon), davantage un retour au pays (élu de Haute-Corrèze, il est pourtant originaire du sud) qu’un parachutage. Cette relation particulière de quatre décennies dépassera largement l’aspect politicien : en témoignent à la fois l’attachement perpétuel et réaffirmé de l’intéressé à ce département, et d’autre part la lente déliquescence de la Chiraquie, après 2007, symbolisée par le passage de témoin du Conseil général de la droite à la gauche en 2008 et l’émergence du destin particulier de François Hollande.

Le père de Jacques Chirac, Abel François, est né en 1898 à Beaulieu-sur-Dordogne, à l’extrême-sud du département. Employé de banque, puis administrateur de sociétés, industriel qui croisera le chemin de Marcel Dassault, Abel François épouse Maire-Louise Valette (1902-1973), née à Noailhac. D’aucuns les imaginent père et mère adoptifs du futur président : à ce sujet, d’obscures partisans de périlleuses théories du complot aux relents politico-financiers disent Jacques Chirac fils biologique de Marie-Thérèse Magne et Louis Caudie, originaires de Meymac (tiens donc!), dont l’autre fils Robert a épousé une héritière des Bourbon.

Laissons-là ces rumeurs largement décelables sur le web, et revenons-en aux faits d’état civil, bien officiels et peu ébranlables. Le père de Jacques Chirac est le fils de deux instituteurs, lui, Louis Chirac, de Beaulieu, elle, Marie-Honorine Dumay, née à Calviac, près de Sarlat, en Dordogne, et elle-même fille d’instituteur. Les Dumay sont natifs de Comiac, dans le nord du département du Lot, depuis le XVIIIe siècle, auparavant de Teyssieu (toujours dans le Lot), eux-mêmes issus de la famille Daval, toujours de Comiac. La mère de Marie-Honorine est issue de Sousceyrac (encore le Lot). La famille Chirac est résolument corrézienne (Gros-Chastang, Sioniac) ; l’arrière-grand-mère paternelle de Jacques Chirac (famille Moulet) résidait elle aussi au nord du Lot.

La mère du futur président, Marie-Louise Valette, née à Noailhac, est la fille de Joseph Valette, instituteur lui-aussi, né à Meyssac, près de Collonges-la-Rouge, de parent bien locaux du midi corrézien (Branceilles, Chauffour-sur-Vell, Saint-Julien-Maumont). L’épouse de Joseph, Victorine Mouly, est de Sainte-Ferréole (comme ses parents), commune dont Jacques Chirac a été conseiller municipal et dont il fréquenta l’école.

En somme, les racines proches du Président Chirac sont exclusivement provinciales, et concentrées dans un rayon assez restreint, entre l’est du Périgord, le nord du Quercy, et le sud du Limousin.

Les deux dernières personnalités n’ont jamais présidé la République française, aspirent à le faire, mais ne sont pas garanties d’y parvenir. Quoi qu’il en soit, elles ont comme points communs d’avoir un lien particulier avec le Limousin d’une part Dominique de Villepin y a des attaches familiales, François Hollande en est élu depuis presque 25 ans)… et avec Jacques Chirac d’autre part.

Dominique de Villepin

L’ancien premier ministre n’a jamais été élu au suffrage universel, et ainsi n’a pas de fief électoral, ce qui n’avait pas empêché, et avait même favorisé les rumeurs autour de son éventuelle implantation en Haute-Vienne. Car Dominique de Villepin possède quelques attaches historiques en terre limousine, du côté de son père, Xavier Galouzeau de Villepin, par ailleurs toujours en vie. Le père de ce dernier, François-Xavier (1890-1972), administrateur de sociétés, est né à Limoges mais d’origine lorraine, et son épouse, grand-mère de Dominique de Villepin (famille Maurat-Ballange), est originaire de Vaury, au pied des monts de Blond, et Bellac, et plus en amont encore, de Creuse (La Souterraine) et de l’Allier (Montmarault).

A noter par ailleurs que Dominique de Villepin cousine avec l’actrice Fanny Ardant (haut-viennoise par son père), par un parent limougeaud éloigné, vivant au XVIIe siècle à Limoges.

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Jacques Chirac et François Hollande, en Corrèze, en juin 2011

François Hollande

Enfin, François Hollande. S’il est né à Rouen d’un père (Georges Hollande) né à Cognac, en Charente, issu d’une famille du Pas-de-Calais, et d’une mère (Nicole Tribert) née dans l’Essonne d’une famille issue de l’est de la France (Savoie, Rhône), François Hollande quitte la Normandie en 1968, pour Neuilly-sur-Seine, et sa carrière politique commence en 1981 par une première candidature en Corrèze, dans la circonscription de Jacques Chirac, que le corrézien Jacques Delors* n’avait pas voulu affronter. Conscient que son implantation sera compliquée en haute Corrèze ultra-chiraquienne, mais sans doute déterminé à disputer à cette droite si particulière le suffrage des corréziens, il migre vers le sud-ouest du département. C’est donc dans une autre circonscription, la première (Argentat, Beaulieu, Beynac, Donzenac, Juillac, Lubersac, La Roche-Canillac, Seilhac, Tulle et Vigeois), qu’il est élu député en 1988, battu en 1993 mais constamment réélu depuis 1997. Et c’est dans cet espace qu’il étend son emprise politique, tout d’abord en se faisant élire au conseil municipal de Tulle, en 1989, après avoir quitté celui d’Ussel (il devient maire de Tulle en 2001). Puis en arrachant le conseil général à la droite, en 2008, élu dans le canton de Vigeois. Concluant un parcours d’est en ouest de vingt ans, qui l’aura peu à peu vu reconquérir la terre de l’enfant du pays. Jusqu’à s’en réclamer lui aussi, de ce pays : « je suis de ce Limousin, de cette Corrèze où j’ai tant appris ». Déjà entendu quelque part ?

* cf. prochain article : « Les ministres limousins »

A suivre : « 40 ans de résultats électoraux »




> Alain Rodet : « 2014 ? Une échéance qui m’intéresse »

17012012

> Alain Rodet : « 2014 ? Une échéance qui m'intéresse » dans Actualité locale blim

Alain Rodet, interrogé par Le Populaire du centre, le 16 janvier 2012A trois mois du premier tour de la présidentielle, Alain Rodet s’exprimait sur la situation politique nationale, balayant notamment de supposées velléités ministérielles, mais revenait surtout largement sur le contexte local et sur sa programmée succession… à lui-même. La campagne de 2014 semble (déjà) lancée.

« Je pourrais difficilement résister à l’affectueuse pression de mes amis ». Dans l’entretien exclusivement accordé à et publié par Le Populaire du Centre ce matin, Alain Rodet, par son annonce, n’a pas voulu laisser retomber le soufflé politique limougeaud, quelques semaines après le fracassant psychodrame laissant Catherine Beaubatie ravir à Monique Boulestin les prétentions sur la troisième circonscription du département. Le député-maire en place depuis presque 22 ans maintenant, envisage donc de prolonger son bail place Léon Betoulle, pour 6 ans encore. Et à ceux, sûrement plus nombreux encore qu’en 2008, qui commenceraient à l’accuser de vouloir, tels Louis Longequeue (maire durant 34 années) ou même Léon Betoulle (38 années cumulées), s’enraciner sur un trône indéfectiblement préservé par la gauche depuis un siècle, il met en avant sa volonté de rajeunir constamment ses équipes. Suffisant ?

Quoi qu’il en soit, voilà une déclaration qui vient chambouler les pronostics. En effet, depuis l’an dernier, et plus encore depuis décembre, les spéculations allaient bon train dans l’attente des élections de juin, une réelection du maire de Limoges au Palais Bourbon devant supposer l’abandon d’un des deux mandats, cumul des mandats imposé par le PS (vis-à-vis duquel l’intéressé avait exprimé son scepticisme) oblige. Il a fallu prendre acte de la démission de Monique Boulestin, qu’Alain Rodet dit regretter mais comprendre. Son remplacement au poste de premier adjoint par Bernard Vareille, jusqu’alors 3e adjoint notamment en charge de l’urbanisme et du tourisme, par ailleurs président honoraire de l’Université, était attendu. Comme l’est presque autant l’accession de ce dernier à la mairie, son statut de dauphin officiel, petit secret de polichinelle, étant d’autant plus évident depuis le départ de Mme Boulestin. Un statut qui toutefois ne saurait donc trouver la concrétisation qu’en 2020, date de fin de l’hypothétique cinquième mandat d’Alain Rodet, qui, on peut le penser (il sera âgé de 76 ans), sera « forcé » de laisser l’hôtel de ville à cette génération dont il loue la formation « à la meilleure des écoles… celle du terrain ». Des propos qui en tout cas, rappellent bien les arguments de M. Rodet quant au même cumul des mandats (« un député hors sol passe à côté de tous les sujets »). Mais qui ne devraient pas faire taire les critiques.

Il va sans dire qu’une fois les échéances du printemps et l’effervescence présidentielle passées, devraient s’intensifier les discussions et tergiversations quant aux hypothétiques listes en présence en 2014, dans ce contexte particulier de reconfiguration des forces et alliances de la gauche locale, des doutes et flottements de la droite communale, et de cette « rupture dans la continuité » avancée par le candidat-maire. Plus tôt que ce qu’on pouvait imaginer, Alain Rodet a bien lancé la campagne.

A. Rodet revient aussi sur les dossiers municipaux ou communautaires (entrée de Couzeix dans l’agglo, activité commerciale en centre-ville, projet d’agrandissement du stade de Beaublanc, LGV, …) et nationaux (premier tour de la présidentielle, sondages, Grand Paris, AAA, …), dans cette interview dans le numéro d’aujourd’hui du journal.




> Portes ouvertes au nouvel hôtel du département

7012011

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visitation.pngCouvent, puis prison à la Révolution, école, enfin caserne jusqu’en 2001, la Visitation de Limoges, comme on l’appelle désormais, ouvrira ce week-end ses portes au public en tant que nouvel hôtel du département. Le Conseil général de la Haute-Vienne, qui s’était porté acquéreur du site en 2005 pour y déménager l’ensemble de ses services éparpillés dans tout Limoges, signe ici une des grandes opérations de réhabilitation de ces dernières années, après l’installation des services administratifs de l’Université à l’ancien hôpital notamment.

D’aucuns s’étaient empressés de critiquer l’opération, arguant que le bâtiment aurait certainement pu servir à autre chose, de peut-être moins mégalo, et invoquant parfois également la proximité de la réforme territoriale qui hélas laisse le sort des conseils généraux en suspens.

Quoi qu’il en soit, le public est donc convié à se faire lui-même une idée du lieu, à travers les portes ouvertes qui se tiendront demain et dimanche. La liste des animations prévues lors de ces deux journées est disponible sur le site du Conseil général.




> Ce sera 2011

30122010

2011.pngGrands ou petits, importants ou anecdotiques, voici quelques évènements qui devraient marquer l’année qui s’annonce, notamment en Limousin.

  • 1 janvier : Verneuil-sur-Vienne quitte la communauté de communes Val de Vienne et rejoint la communauté d’agglomération Limoges-Métropole.
  • 1 janvier : l’Estonie entre dans la zone €uro.
  • 8 et 9 janvier : portes ouvertes au nouvel hôtel du département de la Haute-Vienne, la Visitation, rue François Chénieux.
  • 12 janvier : début des soldes en Haute-Vienne.
  • 16 janvier : congrès du FN à Tours, chargé de désigner le nouveau chef du parti et donc le candidat pour 2012.
  • 9 février : sortie de Rien à déclarer, le dernier film de Dany Boon.
  • 25 février : 36e Cérémonie des Césars du cinéma.
  • 20 et 27 mars 2011 : dernières élections cantonales avant la mise en application de la réforme territoriale. 21 cantons sont renouvelables en Haute-Vienne, dont celui de l’UMP Raymond Archer, Limoges-Emailleurs.
  • 29 mars : le Limousin bascule de la télé analogique à la TNT.
  • 2 mai : début du procès en appel de Dominique de Villepin dans le cadre de l’affaire Clearstream.
  • Juin : dépôt des candidatures pour la primaire socialiste.
  • Juin : une conférence nationale du NPA devrait définir le candidat du parti pour 2012.
  • Juillet : tenue du 37e sommet du G8 à Deauville.
  • 2 juillet : départ du 98e Tour de France depuis le passage du Gois, en Vendée.
  • 6 juillet : Annecy saura si elle est désignée ville-organisatrice des JO d’hiver 2018.
  • 13 juillet : sortie de la 2e partie du 7e tome d’Harry Potter au cinéma.
  • Septembre : élections sénatoriales en France. Pour la première fois depuis 1958 la Chambre haute pourrait basculer à gauche.
  • 9 septembre : ouverture de la coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande.
  • 11 septembre : 10e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
  • 26 octobre : sortie de la première partie du Tintin de Spielberg.
  • 30 novembre : fin officielle de la télévision analogique en France.
  • 16 décembre : sortie aux Etats-Unis du 4e opus de Mission Impossible.
  • 31 décembre : fin du mandat de Ban Ki-Moon à l’ONU.

Dans le courant de l’année :

  • Mayotte devient le 101e département français.
  • Préparation du dossier d’enquête d’utilité publique du projet LGV Poitiers-Limoges.
  • Retrait des derniers soldats américains en Irak.
  • Désignation du candidat du PS pour l’élection présidentielle de 2012 (vraisemblablement entre juillet et novembre).

 







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