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[PATRIMOINE] – Illustres et inconnus : valoriser les maisons des personnalités

27022018

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Les maisons natales et autres lieux de résidences de personnalités historiques constituent une niche touristique porteuse. A Limoges, peu d’entre-elles paraissent valorisables, mais un effort d’imagination et de médiation peut contribuer à faire de ces bâtiments de bons vecteurs d’intérêt pour plusieurs pans du patrimoine local.

J’ai décidé de consacrer le premier épisode de cette série aux maisons et immeubles dont la notoriété ou la valeur tiennent au séjour plus ou moins long qu’y ont effectué des personnalités plus ou moins connues.

Évoqué par Stéphane Bern lui-même, missionné par Emmanuel Macron en personne pour réfléchir à la sauvegarde du patrimoine français, et friand notoire de l’Histoire dans sa dimension biographique, ce corpus patrimonial est porteur de promesses de rayonnement. Pour peu qu’elle demeure rationnelle, du moins raisonnable, la fascination assez répandue du grand public pour le destin des personnalités, même fantasmé (le succès de programmes télévisés comme Secrets d’histoire ou Un jour un destin en est une bonne expression à mon sens), justifie quoi qu’on en pense l’intérêt des décideurs pour ce filon touristique potentiel… A condition que la valorisation de ces lieux donne aussi à comprendre un peu de l’histoire collective (comprenez : celle des petites gens, de ceux « qui ne sont rien »), et qu’elle contribue à renforcer la visibilité des autres patrimoines.

Les autorités touristiques françaises ont saisi le potentiel de ces endroits en développant des circuits touristiques qui mettent en lien et en lumière la biographie des personnalités historiques par leurs ancrages géographiques, mais qui s’attachent aussi à faire de ces lieux des vitrines plus larges sur les richesses et les spécificités locales.

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Le label « Maison des illustres », lancé par le Ministère de la Culture en 2011, regroupe actuellement plus de 200 établissements dans tout le pays. Au-delà des lieux, souvent remarquables, et des figures historiques, ce programme entend mettre en évidence les collections abritées par les bâtisses.

j demy nantesDe nombreuses collectivités ont par ailleurs développé des circuits qui articulent les différents lieux arpentés par l’enfant (célèbre) du pays ; c’est le cas entre autres de la ville de Nantes, qui dans le cadre de son label Ville d’art et d’histoire, dont Limoges dispose aussi, à créé des parcours consacrés à la vie et à la démarche créative de deux grands noms de la cité, Jacques Demy et Jules Verne.

À l’échelle internationale, le développement du programme « City of Literature » (lancé en 2004 et porté par l’UNESCO au sein du plus vaste projet Réseau des villes créatives, auquel Limoges appartient au nom de l’artisanat depuis 2017) permet d’associer au sein d’une même initiative les lieux des créateurs historiques à la création contemporaine dans une dynamique vertueuse et pourvoyeuse de retombées économiques et sociales qui ne soient pas uniquement touristiques. 28 villes sont actuellement labellisées, aucune en France. Le programme entend valoriser bibliothèques et librairies, patrimoine matériel et immatériel lié à la culture de l’écrit… L’intégration de tous ces lieux à l’offre touristique et culturelle globale entend donc participer de l’attractivité du territoire.

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La valorisation touristique et culturelle de cet ensemble de sites n’est pourtant pas évidente, et ce, pour plusieurs raisons.

La première est sans doute qu’au-delà d’un contingent de personnalités médiatiques, voire télégéniques, ces sites peineront à générer une attractivité touristique conséquente. Quelques grands auteurs, de grandes figures de notre histoire politique ou militaire contemporaine, des souverains et des scientifiques réputés concentrent l’essentiel de l’intérêt du public pour ces lieux.

Ensuite, ces lieux en tant que tels ne font l’objet d’une considération culturelle, donc d’une convoitise économique, que de manière très partielle, et pour diverses raisons (leur valeur esthétique limitée, le fait qu’il s’agisse de propriétés privées et habitées, sans parler des édifices disparus, voire non-identifiés dans la biographie de leur illustre ancien occupant). Et encore faut-il qu’ils aient quelque chose à montrer !

Enfin, ces lieux posent des questions plus morales, les mêmes qui sont posées par l’attribution d’un nom d’homme ou femme célèbre à une rue : l’individu en question est-il soupçonnable d’actes ou d’opinions répréhensibles ? En outre, le pèlerinage auxquels vont s’adonner les touristes les plus fervents peut générer, outre des problèmes de sur-fréquentation, des écarts de comportement, par exemple des tentatives d’intrusion, dont les autorités locales aiment toujours se passer. Cette fascination est-elle toujours acceptable ? Certes, ce risque me semble ne concerner que quelques rares figures à la popularité sans commune mesure avec celles dont Limoges peut se revendiquer.

Justement, qu’en est-il donc précisément à Limoges ?

La ressource apparaît plus difficilement exploitable. Non pas qu’il n’existe pas de personnalités dignes d’intérêt, ni même de personnalités suffisamment connues pour générer une attention au-delà de la préfecture haut-viennoise (on compte au moins Renoir, un des peintres les plus connus au monde) ; mais sans doute les bâtiments en question ne sont-ils pas parmi les plus éloquents. Ce filon là n’a jamais été véritablement creusé par les responsables locaux. La ville n’accueille donc aucune « Maison des Illustres », qui sont par ailleurs au nombre de 5 en Limousin (Edmond Michelet à Brive, Jean Giraudoux à Bellac, Henri Queille à Neuvic, Martin Nadaud à Soubrebost et Louis-Joseph Gay-Lussac à Saint-Léonard). Plus largement, les habitations sont souvent inaccessibles, le patrimoine peu tangible et valorisable. De nombreuses personnalités sont d’ailleurs rapidement parties de la ville sans y laisser de traces ; Renoir, pour en revenir à lui, n’a que très peu vécu à Limoges, et sa famille n’y est pas resté. Les quelques œuvres dont il est l’auteur et dont la ville dispose sont aujourd’hui au musée des Beaux-Arts – et aucune ne représente de scène explicitement limougeaude.

Qu’à cela ne tienne, il existe tout de même plusieurs bâtiments répondant à ce statut de « maison natale » à Limoges, qu’il est possible de voir de l’extérieur, à défaut d’une visite. Le blog maisons.natales.over-blog.com en recense neuf. Le Populaire avait aussi enquêté sur le sujet en 2011. Nous proposons quant à nous une liste de douze noms. Probablement en existe-t-il bien d’autres (il suffit de consulter la liste des personnalités nées à Limoges pour s’en douter). La carte ci-dessous en indique une sélection. Sont aussi mentionnées des maisons où les personnalités ont seulement vécu.

Exception faite de la maison du Maréchal Jourdan, dont le rez-de-chaussée est accessible durant l’été, aucune de ces maisons n’est ouverte à la visite. Cela n’en interdit pas pour autant l’approche, une vision extérieure. Parmi les noms, peu de personnalités véritablement « grand public » ; mais les noms secondaires permettent de lire la ville, son histoire, l’évolution de ses fonctions et de sa culture au fil des siècles. Connaître les lieux de naissance ou de vie des illustres Limougeauds, donne (un peu) à comprendre le destin des Limougeauds moins connus. Cela permet aussi de découvrir quelques histoires méconnues.

carte maisons limoges

Nicolas de la Reynie (1625-1709)
13 rue du Consulat

Premier lieutenant-général de police de Paris, il y développa l’éclairage public, lutta contre les cours des miracles et fit preuve de fermeté dans la gestion de l’Affaire des poisons. Il fut le propriétaire du château de Traslage, à Vicq-sur-Breuilh. Sa maison natale n’existe plus ; son emplacement est celui du magasin Sephora.

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Henri François D’Aguesseau (1668-1751)
15-17 rue du Consulat

Ce personnage historique, contemporain de Louis XV, exerça comme magistrat et occupa notamment le poste capital et très prestigieux de Chancelier de France entre 1717 et 1722 puis de 1727 à 1750, lui donnant la primauté sur tous les projets de loi, et où il s’illustra comme pionnier de la codification du droit. Il fut aussi président de l’Académie des sciences. Son nom et son œuvre sont aujourd’hui méconnues du grand public, mais sa présence parmi les figures représentées dans les médaillons de mosaïque de la façade de l’hôtel de ville de Limoges souligne combien sa ville natale a pu s’enorgueillir de le compter parmi ses enfants.

La restauration du bâtiment, préalable à l’installation de l’enseigne Zara en 2012, a suscité la controverse (voir à la fin de cet article).

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Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833)
37 rue du Pont Saint-Etienne

IMG_2439La maison natale du maréchal Jourdan, ouverte au public depuis de nombreuses années par le biais d’un accord conclu entre une association de maquettistes et la Ville de Limoges, est la seule des maisons natales limougeaudes qui soit accessible au public et présentée comme telle aux visiteurs. Pour autant, aucune reconstitution à l’intérieur ne prétend renvoyer à la vie du XVIIIe siècle ni ne renferme aucun objet ayant pu appartenir à son illustre occupant. Le rez-de-chaussée du bâtiment, qui aurait besoin d’une bonne rénovation, est ouvert en période estivale puisqu’il accueille une exposition permanente de figurines et une reconstitution – un peu désuète il faut le dire – de la bataille de Fleurus (1794), fait d’armes magistral et décisif de Jourdan qui sauva la Révolution française. Républicain engagé en politique, Jourdan est également l’instigateur du service militaire obligatoire. Il ne fut jamais en odeur de sainteté avec Napoléon, ce qui n’empêcha pas ce dernier de le faire maréchal d’Empire dès 1804. Jourdan termina sa carrière comme gouverneur des Invalides.

Cette maison gagnerait à être rénovée.

 

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Thomas Robert Bugeaud (1784-1849)
Angle de la rue du Consulat et de la rue Cruche d’Or

IMG_0620Soldat napoléonien d’origine périgourdine, député sous la Restauration, Bugeaud joue ensuite un rôle central dans la colonisation de l’Algérie dans les années 1840. Un temps pressenti pour se porter candidat à la présidence de la République en 1848, il est à sa mort inhumé aux Invalides.

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Michel Chevalier (1806-1879)
20 place d’Aine

Parlementaire du Second Empire, Chevalier est connu comme économiste libéral ; il détint la chaire d’économie au Collège de France en 1841, présida le jury de l’Exposition universelle de 1867 et milita pour la construction d’un tunnel sous la Manche.

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Emile Montégut (1825-1895)
18-20 rue Elie Berthet

montegutEssayiste et journaliste, fidèle critique littéraire à la Revue des Deux Mondes, Montégut fut candidat malheureux à l’Académie française un an avant sa mort. Il est aujourd’hui pour le moins oublié, à l’image du délabrement relatif du médaillon qui l’honore sur la façade de sa maison natale.

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Marie François Sadi Carnot (1837-1894)
14bis boulevard Carnot

Président de la République de 1887 à 1894, Sadi Carnot est peut-être plus largement connu pour son assassinat, fait d’un anarchiste italien, qui lui valut sans nul doute l’inhumation au Panthéon, fait unique à ce jour pour un Chef d’État. Durant sa présidence, Carnot est revenu trois fois en visite officielle à Limoges (je l’évoquais ici en 2012). C’est lors de la première d’entre elles, quelques mois après son élection, en 1888, que fut inaugurée la plaque sur la façade de la maison. Elle omet toutefois de mentionner que l’acte de naissance de Sadi Carnot le fait naître rue Neuve Sainte-Valérie, actuelle rue du Général Cérez, à quelques mètres du boulevard Carnot…

Le boulevard où se situe la maison détient la particularité d’honorer deux personnes différentes selon l’extrémité duquel à laquelle on se trouve (j’en avais déjà parlé en 2008) : le Président, et son grand-oncle Lazare, révolutionnaire et physicien, par ailleurs honoré d’une place dans le quartier des Emailleurs.

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Jules Clarétie (1840-1913)
rue Jules Noriac

Aujourd’hui oublié, quoiqu’une rue de Limoges lui rendre encore hommage, Clarétie fut populaire en son temps ; pilier mondain des Limousin de Paris, auteur de très nombreux ouvrages (romans, nouvelles, pièces de théâtre), dont il place souvent l’intrigue en Limousin, il dirigea également la Comédie française et fut élu à l’Académie en 1888. Il est difficile de déterminer si sa maison natale, étudiée en 1935 par Henri Hugon, érudit local et beau-père de Robert Margerit, est encore visible aujourd’hui.

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Pierre Auguste Renoir (1841-1919)
71 boulevard Gambetta, alors boulevard Sainte-Catherine

Le célèbre peintre mondialement connu n’a passé que les trois premières années de sa vie à Limoges, où ses parents exercent respectivement comme tailleur et couturière.

L’immeuble résidentiel – pas le plus élégant du boulevard – accueille désormais notamment des bureaux d’avocats.

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Maryse Bastié (1898-1952)
20 rue Maryse Bastié (ancienne rue de Beaumont)

Maryse Bastié commença comme piqueuse sur cuir dans une usine à chaussures. Louis Bastié, son époux, l’initie à l’aviation, dont elle va devenir une figure emblématique. Encouragée par Mermoz, elle se lance et bat un premier record de traversée de l’Atlantique sud en 1936, mais meurt lors d’un meeting aérien à Bron, près de Lyon. Dès 1953, le conseil municipal de Limoges décide de donner son nom à la rue où se situe sa maison natale. Celle-ci n’existe plus mais une petite plaque en marbre l’évoque, détonant un peu sur le portail d’un pavillon contemporain…

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Georges-Emmanuel Clancier (né en 1914)
7 rue Bernard Palissy

Cette figure de la littérature et de la poésie françaises contemporaines, connu pour sa fresque limougeaude Le Pain noir, et reconnu par l’Académie française qui lui a décerné son Grand prix de Littérature en 1971, est né dans une bâtisse de la rue Bernard Palissy, dans le quartier Montmailler, qu’il évoque dans L’Enfant double, en 1998, comme rappelé sur le site GéoCulture : « Notre rue n’était pas tellement passante, sauf aux jours de foire, car elle reliait précisément le champ de foire à l’une des deux gares de la ville : la gare Montjovis. De sorte que ces jours-là, dès avant l’aube et jusqu’à la nuit tombée, il régnait dans la rue une étrange affluence (…) ». Aujourd’hui plus que centenaire, Georges-Emmanuel Clancier réside à Paris.

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Citons plus rapidement Léon Faucher, ministre de l’Intérieur de Louis-Napoléon Bonaparte, né place des Bancs, le médecin Jean Cruveilhier, qui vit le jour dans l’ancien quartier du Verdurier, ou encore le général d’Empire Martial Beyrand, natif du boulevard Gambetta. D’autres « célébrités » limougeaudes, comme le révolutionnaire Victurnien Vergniaud, l’ingénieur ferroviaire Paulin Talabot ou le sculpteur Henri Coutheillas, attendent peut-être encore les recherches qui révèleront au grand public le lieu de leur venue au monde…

 

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Les mœurs changent, et désormais bien rares sont les naissances à domicile. Le concept de « maison natale » a vécu. Il sera toutefois toujours possible de valoriser les lieux de vie. D’autres recherches nous permettent d’identifier quelques maisons qui l’espace d’une nuit ou pour toute une vie, ont accueilli des noms plus ou moins connu du monde des arts ou de la politique… Tel est le cas de l’écrivain japonais Shimazaki Toson, encore aujourd’hui très célèbre dans son pays qu’il avait fui pour un scandale de mœurs, en 1914. Exilé en France, il fut hébergé quelques semaines au 107 rue de Babylone dans une maison arborant une plaque commémorative qui mériterait un peu de pédagogie et de nettoyage (voir photos ci-dessus). De ses écrits de l’époque nous restent une description de la ville et de ses habitants, consignés dans L’Étranger, alors que la Grande guerre vient d’éclater (à consulter sur GéoCulture).

« Sur la rive opposée, sur le terrain en pente, on entrevoyait, à travers les arbres, des maisons rustiques alignées, ainsi que des jardins cultivés. [...] De la fenêtre, j’apercevais le chemin de Babylone à travers des treilles que recouvraient des sarments. Sur la colline, la prairie s’étendait jusqu’au bord de la rue et il arrivait que se reflètent, dans les vitres de la fenêtre derrière laquelle j’écrivais, les têtes des vaches qui s’avançaient jusqu’au bout du rocher rouge. »

Citons aussi le créateur Jean-Charles de Castelbajac, longtemps installé dans un atelier du quartier de la Cité, devenu restaurant (« Chez Nous »), ou l’artiste dadaïste autrichien Raoul Hausmann, qui vécut au 80 rue Aristide Briand avant de finir sa vie dans un appartement de la rue Neuve Saint-Etienne, devant lequel une inscription déjà très dégradée a été installée il y a quelques années par la Ville de Limoges… Une réfection au profit d’un matériau plus adapté s’imposerait. Heureusement qu’un panneau plutôt réussi complète l’installation.

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Que faire ?

La mise en place d’un circuit touristique thématique pourrait être étudiée. Le scénario de ce parcours pourrait suivre une évocation parallèle de ce que ces lieux et de leurs occupants soulèvent en termes de styles architecturaux, de mouvements artistiques et politiques, d’événements locaux à portée nationale… Par exemple, la maison natale du maréchal Jourdan, typique de l’architecture à pans de bois du quartier de la Cité. Ou le cas de la maison natale d’Aguesseau, emblématique du recours controversé au façadisme des rénovations du début du XXIe siècle (l’intérieur originel n’a pas été conservé quand l’enseigne Zara s’est installée, causant notamment la disparition de boiseries dont la préservation avait pourtant été promise).

Une animation par le biais d’une programmation occasionnelle du service Ville d’art et d’histoire et de l’Office du tourisme, suivant le modèle de la balade « sur les traces de Balzac » organisée lors de Lire à Limoges au printemps 2017, pourrait s’envisager et compléter de façon plus attractive l’interprétation de ce patrimoine. Les noms les plus connus pourraient être retenus en priorité. Le principe des balades théâtrales conçues par le service Ville d’art et d’histoire autour de certaines de ces « célébrités » (Aliénor, Raoul et leur suite…) pourrait être reconduit et étendu.

Les personnalités, célèbres ou non, sont toutes à l’œuvre dans la construction du patrimoine commun ; les considérer et en valoriser l’histoire, ce que celle-ci porte de résonances collectives, c’est aussi participer de la cohésion de la société.

Prochain épisode : Ils sont Monuments historiques… et on ne le savait pas !

Crédits photo : Ministère de la Culture ; Ville de Nantes ; Edinburgh City of Literature ; Google Street View ; L. Destrem (carte, photos de la maison de T. Shimazaki, de R. Hausmann, de Bugeaud  et de Jourdan).




> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges

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> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges dans Actualité locale blim

L’Office de tourisme de Limoges et le service Ville d’art et d’histoire ont rendu public il y a quelques jours le tout nouveau programme de visites et animations pour la saison printemps-été 2012. Après un hiver marqué par l’arrivée – entre autres – d’une promenade consacrée à l’héritage industriel du quartier de la place Carnot, et de nouvelles activités pour le jeune public, c’est toujours le souci de diversifier l’offre sans en altérer la qualité qui a motivé ce renouvellement. La programmation est enrichie de nouvelles propositions deux fois par an. L’objectif est sans doute double : capter la fréquentation touristique en transit vers des régions voisines plus attrayantes (le Périgord, l’Auvergne, mais aussi le plateau de Millevaches ou le sud de la Corrèze), mais aussi inciter la population résidente à redécouvrir son patrimoine et la sensibiliser à son unicité et sa protection.

dsc_8374-300x200 dans CultureAppliquée à proposer aux classes et aux familles des produits touristiques adaptés à leurs attentes, mais allant également aux devants de celles-ci, l’équipe en charge du programme a donc étayé la liste de nouvelles idées : un nouveau jeu de piste familial, une balade théâtrale avec la participation des jeunes comédiens de l’Académie du théâtre de l’Union, une redécouverte de l’austère mais passionnante place de la République… Autant de raisons de rester à Limoges pendant ces vacances. Soucieux d’étendre son action aux territoires périurbains, l’Office proposera aussi deux randonnées pédestres commentées sur le secteur de Landouge, autour de la thématique du peintre Corot (une visite dont j’ai pris part à l’élaboration, soit dit en passant…)

En parallèle, on assiste aussi à une redéfinition des intitulés sur les visites phares. Ainsi, à la suite des Souterrains de la Règle, succès inconditionnel des visites estivales (une visite par jour en juillet et août !), les visites de la Cité et du quartier du Château ont été dupliquées en une nouvelle visite générale, « Limoges 2000 ans d’histoire », qui doit donner aux touristes l’envie de revenir et profiter de promenades plus pointues, plus thématiques. Une recomposition intelligente qui se doit de donner plusieurs niveaux de lecture du patrimoine urbain, de diversifier une approche peut-être auparavant trop peu lisible pour le néophyte.

L’enjeu tacite est capital : en s’attachant à proposer une offre conséquente hors période estivale, notamment en fin de journée ou à la pause de midi, l’Office de tourisme et Ville d’art et d’histoire font tout pour que les riverains, les voisins, Limougeauds et Haut-Viennois, prennent la mesure du patrimoine qui l’entoure. Un patrimoine qu’il convient de rendre ou maintenir vivant pour qu’il séduise, c’est vrai, mais aussi que toute son importance en terme de dynamisme économique et  potentiel soit révélé et approprié par les habitants, ambassadeurs de leur ville, et notamment les jeunes, encore trop peu atteints. En cela, l’existence d’ateliers pratiques, de rencontres avec des acteurs de la ville (émailleurs, comédiens, musiciens, etc.) sont des pistes extrêmement intéressantes. Pour faire de chacun un citoyen éclairé, mobilisé, qui aura compris que la culture est un moyen particulièrement pertinent pour favoriser l’implication dans les processus démocratiques, mais aussi pour redresser un pays, une région en mal d’image ou de dynamisme.

Le programme est disponible notamment à l’Office de tourisme de Limoges, boulevard de Fleurus.

Photo : L. Destrem




> Série spéciale : Présidents et Limousin (1/5)

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> Série spéciale : Présidents et Limousin (1/5) dans Découverte b2012b

A l’occasion de la campagne présidentielle, je propose quelques articles spécialement liés à cette échéance si particulière, à travers une double série :
- « Jeunes en politique » : la parole est donnée à quelques jeunes limousins engagés en politique.
- « Présidents et Limousin » : petite série d’articles sur les relations entre le Limousin et la fonction présidentielle

C’est cette dernière que j’inaugure aujourd’hui, avec un article sur les attaches limousines des présidents et candidats. Je vous souhaite une bonne lecture, et, a fortiori, une bonne campagne !

ATTACHES LIMOUSINES

La fameuse « diagonale du vide » ne l’est pas en racines présidentielles. La présence à l’Élysée de locataires du cru a suffisamment alimenté les ragots populaires, autour de l’emploi supposé et/ou véridique de maints locaux dans la capitale. Et les chefs de l’État n’ont jamais cherché à passer sous silence leurs racines provinciales, s’en servant parfois même d’arguments asseyant leur légitimité populaire et nationale. En retour de cette « utilisation » parfois un peu forcée et symbolique, les reconnaissances ont pu se vérifier : l’autoroute A89, surnommée « autoroute des présidents », passant à proximité des fiefs de Chirac et Giscard d’Estaing, ne doit-elle pas son existence à son active promotion par ces derniers ? De la même façon, le poids des époux Chirac dans le destin de la LGV Poitiers-Limoges n’est plus à prouver (leur départ en 2007 participant de fait au floutage de l’avenir du projet…)

Au-delà de toute analyse politique périlleuse de l’incidence de l’appartenance régionale de certains de ces dirigeants sur leur action en tant que présidents, et sans volonté aucune de comparer l’oubli relatif de la région dans les grandes décisions nationales et la proportion non négligeable de chefs de l’État qui en sont originaires, il s’agira plutôt de présenter une brève et non-exhaustive approche des racines limousines de Jacques Chirac, François Mitterrand, Valéry Giscard-d’Estaing et Sadi Carnot, mais aussi de revenir sur les attaches et implantations de candidats à cette élection : François Hollande, Dominique de Villepin. Sans pour autant occulter l’attachement manifeste des illustres enfants du pays, qui n’ont pas renié cette filiation. Ainsi, Sadi Carnot, en visite officielle dans sa ville natale, déclama : « Je suis né à Limoges et mon cœur est resté en Limousin. Je ferai tout ce que je pourrai pour vous en donner la preuve. »

Sadi Carnot

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Sadi Carnot est né le 11 août 1837 à Limoges, officiellement au 14 du boulevard de la Pyramide (comme l’indique une plaque inaugurée par le Président lui-même en visite officielle), aujourd’hui boulevard Carnot. En réalité, il serait plutôt né rue Neuve Sainte-Valérie, actuelle rue du Général Cérez. Sa famille bouge beaucoup, et par conséquent ne reste que quelques années à Limoges. Son jeune frère, Alphonse, naît en janvier 1839 à Paris (mais entamera sa carrière dans l’Administration des Mines à Limoges). Les deux enfants grandissent en région parisienne, l’hiver à Paris, l’été à La Ferté-Alais.

Le père, Lazare-Hippolyte (1801-1888), frère du physicien Sadi et fils du révolutionnaire Lazare, est originaire de Saône-et-Loire. Jacobin, il est instigateur de l’Ecole d’administration en tant que ministre de l’Instruction publique en 1848, préfiguration avortée de l’ENA, créée en 1945. Virulent opposant à la mutation impériale, il termine sa carrière à l’Académie des sciences morales et politiques.

La mère, Jeanne-Marie Dupont-Savignat (1816-1897), bien que née dans l’Essonne, explique par ses origines limousines et charentaises (Manot puis Chabanais) le lieu de naissance du futur président. Elle est la nièce du bonapartiste et général d’Empire puis ministre de Louis XVIII Pierre Dupont de l’Etang, natif de Chabanais, en Charente limousine, à 45 km à l’ouest de Limoges, où la famille de Savignat possède un château, dit « maison Carnot », et propriété d’anglais depuis 2008. Isaac Dupont, un aïeul, fut le premier maire de la commune. Les parents de Sadi se sont d’ailleurs mariés à Chabanais, en 1836, et Sadi est baptisé en l’église de Grenord, petit hameau de la commune de Chabanais, à mi-chemin entre le château maternel et le village. La grand-mère maternelle, Marie-Thérèse Geneviève Nieaud, est la fille de Jean-Baptiste Nieaud, maire de Limoges en 1790 et conseiller général de la Haute-Vienne à trois reprises (qui acheta l’hôtel qui porte son nom à Limoges, rue des Vénitiens).

A Limoges, deux places (place Sadi-Carnot et place Lazare-Carnot) et donc un boulevard (qui a la particularité d’honorer le président à une extrémité et le révolutionnaire à l’autre) commémorent ce passé. La statue du président, inaugurée en 1897 en présence de Claude-Sadi, son fils, placée au centre de la place qui porte son nom, n’a pas survécu à la Seconde guerre mondiale.

Sadi Carnot a effectué trois visites officielles à Limoges :

  • La première en tant que ministre des Travaux publics du premier gouvernement de Jules Ferry, en 1881. Il inaugure à cette occasion les voies de chemin de fer de Bellac et Eymoutiers.
  • La seconde en tant que Président, en 1888 : outre le dévoilement de la plaque précédemment nommée, il se fait présenter le récent musée de la céramique par le mécène Adrien Dubouché, et le nouvel hôtel de ville par le maire.
  • La troisième fois, toujours comme président, en 1891, à l’occasion de la fête de la Fédération des sociétés de Gymnastique (FSG).
Joseph-Mitterrand dans Hollande

Joseph Mitterrand, père du président Mitterrand

François Mitterrand

Comme je le disais dans mon précédent article consacré aux racines du président Mitterrand, né en 1916 à Jarnac, la mère de François Mitterrand, Yvonne Lorrain, qui est née 36 ans plus tôt à Jarnac même, est issue d’une famille installée depuis le XVIIIe siècle en Charente. Nicolas François Lorrain, son arrière-arrière-grand-père paternel, gendarme né en Haute-Saône en 1757, est décédé en 1805 à Aigre, localité située à 30km au nord-ouest de Jarnac. La famille s’établit définitivement à Jarnac avec le mariage du petit-fils de Jules, portant le même nom, en 1869, avec Victorine Eugénie Faure, elle-aussi charentaise, de qui naîtra Yvonne, mère de François. C’est du côté de son père que François Mitterrand a des origines limousines. Celui-ci, Joseph, est né le 27 septembre 1873 à Limoges, et meurt en 1946 à Jarnac. Employé jusqu’en 1919 à la Compagnie ferroviaire du Paris-Orléans, il reprend la vinaigrerie de Jules Lorrain, père de celle qui devient dés lors son épouse. Entre temps, il a créé un négoce de balais. Les parents de Joseph se sont mariés en 1869 à Séreilhac, village natal de Pétronille Laroche, la mère, au sud-ouest de Limoges. Gilbert, lui aussi employé dans le secteur ferroviaire, est né dans l’Allier, à Audes, sa famille étant berrichonne. Les parents de Pétronille sont instituteurs limousins, lui né à Limoges, elle à Bussière-Poitevine et décédée à Flavignac, au château de Faye. En remontant encore dans l’arbre généalogique de la famille maternelle de Pétronille, les Du Soulier, on trouve des ancêtres à Saint-Auvent (les grand-parents de Pétronille), Saint-Junien, Saint-Laurent-sur-Gorre, et Verneuil-sur-Vienne, au XVIIe siècle. 

« C’est le pays de ma famille. Mon pays. » Ce que déclare François Mitterrand en 1985 à la télévision, c’est à l’égard de la Charente, de Jarnac, mais il n’a jamais oublié que sa famille était aussi d’ascendance limousine. L’ancien président était d’ailleurs admirateur de Jacques Chardonne, auteur de la saga charento-limousine des Destinées sentimentales.

Jacques Chirac

Le plus célèbre des Corréziens (avant François Hollande ?) est bien né à Paris en 1932, mais ses familles maternelle et paternelle sont toutes deux intégralement issues de contrées proches (Corrèze, Dordogne, Lot), sur plusieurs générations, faisant de la carrière politique locale de Jacques Chirac (conseiller général du canton de Meymac de 1968 à 1988, sept fois élu député de Corrèze, même pendant son mandat à la mairie de Paris ou sa présence à Matignon), davantage un retour au pays (élu de Haute-Corrèze, il est pourtant originaire du sud) qu’un parachutage. Cette relation particulière de quatre décennies dépassera largement l’aspect politicien : en témoignent à la fois l’attachement perpétuel et réaffirmé de l’intéressé à ce département, et d’autre part la lente déliquescence de la Chiraquie, après 2007, symbolisée par le passage de témoin du Conseil général de la droite à la gauche en 2008 et l’émergence du destin particulier de François Hollande.

Le père de Jacques Chirac, Abel François, est né en 1898 à Beaulieu-sur-Dordogne, à l’extrême-sud du département. Employé de banque, puis administrateur de sociétés, industriel qui croisera le chemin de Marcel Dassault, Abel François épouse Maire-Louise Valette (1902-1973), née à Noailhac. D’aucuns les imaginent père et mère adoptifs du futur président : à ce sujet, d’obscures partisans de périlleuses théories du complot aux relents politico-financiers disent Jacques Chirac fils biologique de Marie-Thérèse Magne et Louis Caudie, originaires de Meymac (tiens donc!), dont l’autre fils Robert a épousé une héritière des Bourbon.

Laissons-là ces rumeurs largement décelables sur le web, et revenons-en aux faits d’état civil, bien officiels et peu ébranlables. Le père de Jacques Chirac est le fils de deux instituteurs, lui, Louis Chirac, de Beaulieu, elle, Marie-Honorine Dumay, née à Calviac, près de Sarlat, en Dordogne, et elle-même fille d’instituteur. Les Dumay sont natifs de Comiac, dans le nord du département du Lot, depuis le XVIIIe siècle, auparavant de Teyssieu (toujours dans le Lot), eux-mêmes issus de la famille Daval, toujours de Comiac. La mère de Marie-Honorine est issue de Sousceyrac (encore le Lot). La famille Chirac est résolument corrézienne (Gros-Chastang, Sioniac) ; l’arrière-grand-mère paternelle de Jacques Chirac (famille Moulet) résidait elle aussi au nord du Lot.

La mère du futur président, Marie-Louise Valette, née à Noailhac, est la fille de Joseph Valette, instituteur lui-aussi, né à Meyssac, près de Collonges-la-Rouge, de parent bien locaux du midi corrézien (Branceilles, Chauffour-sur-Vell, Saint-Julien-Maumont). L’épouse de Joseph, Victorine Mouly, est de Sainte-Ferréole (comme ses parents), commune dont Jacques Chirac a été conseiller municipal et dont il fréquenta l’école.

En somme, les racines proches du Président Chirac sont exclusivement provinciales, et concentrées dans un rayon assez restreint, entre l’est du Périgord, le nord du Quercy, et le sud du Limousin.

Les deux dernières personnalités n’ont jamais présidé la République française, aspirent à le faire, mais ne sont pas garanties d’y parvenir. Quoi qu’il en soit, elles ont comme points communs d’avoir un lien particulier avec le Limousin d’une part Dominique de Villepin y a des attaches familiales, François Hollande en est élu depuis presque 25 ans)… et avec Jacques Chirac d’autre part.

Dominique de Villepin

L’ancien premier ministre n’a jamais été élu au suffrage universel, et ainsi n’a pas de fief électoral, ce qui n’avait pas empêché, et avait même favorisé les rumeurs autour de son éventuelle implantation en Haute-Vienne. Car Dominique de Villepin possède quelques attaches historiques en terre limousine, du côté de son père, Xavier Galouzeau de Villepin, par ailleurs toujours en vie. Le père de ce dernier, François-Xavier (1890-1972), administrateur de sociétés, est né à Limoges mais d’origine lorraine, et son épouse, grand-mère de Dominique de Villepin (famille Maurat-Ballange), est originaire de Vaury, au pied des monts de Blond, et Bellac, et plus en amont encore, de Creuse (La Souterraine) et de l’Allier (Montmarault).

A noter par ailleurs que Dominique de Villepin cousine avec l’actrice Fanny Ardant (haut-viennoise par son père), par un parent limougeaud éloigné, vivant au XVIIe siècle à Limoges.

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Jacques Chirac et François Hollande, en Corrèze, en juin 2011

François Hollande

Enfin, François Hollande. S’il est né à Rouen d’un père (Georges Hollande) né à Cognac, en Charente, issu d’une famille du Pas-de-Calais, et d’une mère (Nicole Tribert) née dans l’Essonne d’une famille issue de l’est de la France (Savoie, Rhône), François Hollande quitte la Normandie en 1968, pour Neuilly-sur-Seine, et sa carrière politique commence en 1981 par une première candidature en Corrèze, dans la circonscription de Jacques Chirac, que le corrézien Jacques Delors* n’avait pas voulu affronter. Conscient que son implantation sera compliquée en haute Corrèze ultra-chiraquienne, mais sans doute déterminé à disputer à cette droite si particulière le suffrage des corréziens, il migre vers le sud-ouest du département. C’est donc dans une autre circonscription, la première (Argentat, Beaulieu, Beynac, Donzenac, Juillac, Lubersac, La Roche-Canillac, Seilhac, Tulle et Vigeois), qu’il est élu député en 1988, battu en 1993 mais constamment réélu depuis 1997. Et c’est dans cet espace qu’il étend son emprise politique, tout d’abord en se faisant élire au conseil municipal de Tulle, en 1989, après avoir quitté celui d’Ussel (il devient maire de Tulle en 2001). Puis en arrachant le conseil général à la droite, en 2008, élu dans le canton de Vigeois. Concluant un parcours d’est en ouest de vingt ans, qui l’aura peu à peu vu reconquérir la terre de l’enfant du pays. Jusqu’à s’en réclamer lui aussi, de ce pays : « je suis de ce Limousin, de cette Corrèze où j’ai tant appris ». Déjà entendu quelque part ?

* cf. prochain article : « Les ministres limousins »

A suivre : « 40 ans de résultats électoraux »




> Dossier : 12 idées pour changer (un peu) Limoges (partie 1)

12112010

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On parle beaucoup du réaménagement du carrefour des Casseaux. Comme toutes les villes, Limoges bouge et se transforme, au gré des besoins économiques et des nécessités de réaménagement. Pas assez, pas comme il faut, pourra-t-on entendre ou sous-entendre. La capitale limousine, dont on décrit parfois les autorités d’immobilistes en matière de politiques globales d’urbanisme, a fait quelques efforts. Mais il est vrai que beaucoup de choses resteraient à faire : zones délaissées, absence de grands projets de réaménagement à l’échelle de quartiers ou même de la ville, …

J’ai sélectionné, de façon arbitraire mais légitime selon moi, 12 lieux sur la commune de Limoges qui mériteraient de faire l’objet d’une étude poussée… Je ne suis pas architecte, pas plus qu’élu municipal, mais je suis citoyen, et par conséquent, je m’estime en droit de pointer les problèmes et d’essayer d’en esquisser des solutions… Au final, cela n’engage que moi, et mon intérêt pour ma ville ne devrait pas bouleverser l’ordre du monde. Mais c’est déjà bien, non ?

Lire la suite… »




> Dédoublement de personnalité pour un boulevard limougeaud

29112008

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Ca pourrait être le titre d’une thèse, à l’instar, pour ceux qui connaissent, de la célèbre recherche sur le « chevaliers paysans de l’an mil du lac de Paladru », menée par le personnage que joue Agnès Jaoui dans le film On connaît la chanson. Mais il n’en est rien. Derrière ce titre se cache un curieux fait, qui ne change rien en soit, mais qui, par son incongruité, a suffi à m’interpeller.

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Tout Limougeaud connaît le boulevard Carnot, qui joint le carrefour Tourny à la Préfecture. On se dit qu’il doit honorer le président de la République né à Limoges en 1837, Sadi Carnot, élu en 1887 et assassiné à Lyon en 1894. Il s’agit d’ailleurs, _fierté limousine mise de côté, du seul chef d’Etat inhumé au Panthéon. Cette supposition s’avère être vraie, mais seulement dans la partie supérieure du boulevard, au-dessus du bâtiment de la Banque de France et de l’entrée du parking souterrain de la place de la République. Car les panneaux situés de part et d’autre de l’artère au niveau des feux du carrefour Tourny signalent que le Carnot en question est un autre Sadi Carnot en 1796, l’oncle du président, né à Paris, qui est physicien, ingénieur et ministre de la Guerre de Bonaparte en 1800 puis ministre de l’Intérieur durant les Cent-Jours !

Si à première vue cette remarque paraît sans réelle importance, et prête à sourire, on se demandera la cause d’une telle double dénomination… Et de se dire que comme quoi, on ne connaît jamais assez sa ville.







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