> Municipales : brèves de campagne #3

23052013

> Municipales : brèves de campagne #3 dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

A dix mois des élections municipales, le sujet fait encore un peu plus parler de lui dans le microcosme limougeaud. Et les sujets abordés dans le corps de la dernière lettre d’info municipales comme dans les tribunes politiques sont révélateurs de ce changement progressif d’atmosphère, qui annonce un été riche en constitution de listes et de programmes.

dsc_9510-300x200 dans Aménagement du territoireLimoges 2025, expo citoyenne et/ou message politique ?

« Limoges 2025, imaginons notre avenir ». Non, ce n’est pas le slogan d’une liste pour la prochaine échéance électorale, mais c’est bien le titre de l’exposition organisée par la municipalité à la BFM, ouverte le 28 mai prochain ! A travers une déambulation en 6 étapes, on sera mis en face des méthodes de l’action publique, des tendances, des atouts, des acquis, des perspectives de notre ville. Le tout surmonté de quelques animations un peu plus spectaculaires et interactives (film de la ville par un drone, animation théâtrale de l’Académie régionale de l’Union, etc.) Autant de sujets à même de captiver tous les citoyens, quels que soient leur âge et leur « rôle » dans la Cité, et donc de sensibiliser à la chose publique, ce qui est primordiale à l’approche d’une campagne de proximité.

En soi, l’approche pédagogique du sujet est fort intéressante. Et évoquer ces questions semble pertinent, à l’heure où la ville de Limoges est, comme toutes les métropoles régionales françaises, confrontée à la mise en concurrence des territoires par les phénomènes de métropolisation et de mondialisation, avec ce que cela suppose en terme d’enjeux de transports, de dynamisme économique et touristique, de développement durable… Mais la tenue d’un tel événement à quelques mois du scrutin, et surtout pendant la phase d’enquête publique du projet de LGV Poitiers-Limoges, dont la réussite serait pour les promoteurs de la grande vitesse le point de non-retour vers la réalisation de ladite ligne, peut interpeller. La LGV est d’ailleurs largement – et logiquement – évoquée dans un encart du magazine municipal accolé à la présentation de l’exposition ! Sans parler d’entretien de confusion, les détracteurs du projet apprécieront ! Si avant même l’ouverture de l’exposition, il serait faire preuve d’un peu trop d’aventure que d’assimiler l’initiative à un message politique de la majorité sortante, il va sans dire que le fond comme la présentation des projets et des enjeux présentés feront parler ! De là à parler d’expo polémique… Attendons donc de découvrir le contenu de « Limoges 2025 ».

Jetons un œil aux tribunes des groupes politiques du Conseil municipal, et l’on y décèle quelques informations intéressantes, plus ou moins entre les lignes.

A gauche, les élus du groupe communiste, tiraillés entre l’autonomisation nationale (l’attitude hostile de Mélenchon vis-à-vis du gouvernement) et locale (les groupes indépendants Limousin Terre de gauche à la région et au CG de Haute-Vienne) du Front de gauche vis-à-vis des socialistes, et leur loyauté à Alain Rodet depuis l’élection de 2008 et même avant, ont ménagé leur deux « camps »… en dissociant contexte national et contexte local ! Une façon pour eux de garder la possibilité de repartir avec le PS à la prochaine municipale, et par conséquent de conserver des postes à responsabilité et une visibilité, tout en critiquant ouvertement les déboires et les fausses routes de l’équipe Hollande-Ayrault, dont il devient compliqué de cautionner les atermoiements. Les conseillers municipaux en appellent donc à une réorientation de la politique gouvernementale, seule condition pour redonner confiance et espoir à la population administrée localement… qui dès lors pourrait voter sans état d’âme pour une équipe de gauche rassemblée !

Une page plus loin, c’est par un encart que les élus UMP semblent une fois encore déplorer la scission du groupe d’opposition depuis le rapprochement des centristes Philippe Pauliat-Defaye et Marie-Pierre Berry et de la MoDem Nadine Rivet… alors que la forme des propos des deux groupes semble si proche ! Même critique de l’action et de la méthode de la majorité, et surtout même métaphore romaine, les uns et les autres voyant dans les projets de l’équipe Rodet des prémonitions de la chute d’un empire qui n’aurait su donner que des jeux sans prendre la peine d’apporter le pain de l’essor économique et médiatique. Si le centre a déjà fait part de quelques pistes d’action pour 2014, pour l’UMP, on repassera…

objectiflimoges-300x168 dans DécouverteObjectif Limoges, pour remettre le débat au centre ?

On n’en parle pas (encore) dans Vivre à Limoges, mais un nouveau collectif politique de dialogue vient d’être lancé à Limoges. Dans la foulée de la constitution du nouveau groupe centriste au Conseil municipal, un espace d’échanges et de débat, « Objectif Limoges », a été mis en place à l’instigation de Vincent Léonie, candidat radical aux cantonales en 2011 à Puy-las-Rodas et figure haut-viennoise de l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo. Officiellement, il s’agira d’un « espace démocratique d’écoute et d’échange, qui veut être le creuset de réflexions pour la création d’un projet, afin de réconcilier Limoges et son avenir. » Une belle ambition, mais on attend d’en voir davantage ! 

Photos :  (c) L. D., (c) compte twitter d’Objectif Limoges




> Urbanisme : et si la solution, c’était BIMBY ?

28012013

> Urbanisme : et si la solution, c'était BIMBY ? dans Actualité locale bamnagement

Vous connaissiez peut-être déjà le syndrome NIMBY, onirique acronyme attribué non sans dédain aux impactés des grands projets d’aménagement type LGV, qui combattraient corps et âme les expropriations et les nuisances sonores au nom de leur bien-être personnel. « Not In My Back Yard », pas dans mon arrière-cour. En somme, allez faire vos travaux là où ça n’embête personne. Autrement dit, votre projet est inutile. Mais BIMBY, c’est tout autre chose. Voire le contraire. Car c’est une nouvelle façon de concevoir collectivement la construction de logements et de répondre dans un souci de durabilité à cette demande.

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La galerie du CAUE de la Haute-Vienne présentait jusqu’à samedi dernier une exposition itinérante consacrée à BIMBY. « Build In My Back Yard », son interprétation anglophone, signifie « Construire dans mon arrière-cour ». Comme son nom explicité l’indique, c’est un nouveau concept d’urbanisme initié en 2009 par une dizaine de partenaires (collectivités, bureaux d’études et écoles d’architecture) en réponse à un appel à projets de l’Agence nationale de la recherche en faveur des « villes durables ». En d’autres termes, il s’agit de chercher à résoudre les problèmes écologiques, économiques et sociaux posés par la construction de résidences, et donc ce qui en découle, en terme de pression foncière, d’étalement urbain et d’isolement des résidents vis-à-vis des services et des transports publics. Au lieu de créer ex-nihilo de nouveaux lotissements uniformisés, consacrant l’enfermement des riverains et couronnant l’automobile, plus que jamais de façon anachronique, à l’heure de l’épuisement des hydrocarbures, on préfèrerait l’optimisation des terrains disponibles mais pas soupçonnés en zone urbaine. En cela, BIMBY est une démarche de développement durable.

En cherchant à déterminer des remèdes à la crise du logement, au grignotage des espaces dits naturels par la périurbanisation, les préconisations présentées au fil de l’exposition supposent de remplir deux contrats tacites. D’une part, en délaissant une partie de son terrain ainsi dévolu à une nouvelle construction, on peut procéder à des économies financières, voire des bénéfices, que l’on pourra transmettre en patrimoine, ou réinvestir dans une activité économique ou dans une opération de transition énergétique de ses installations domestiques, par exemple. D’autre part, de façon moins auto-centrée, on participe pleinement à l’objectif de durabilité en limitant l’impact environnemental du bâti et en favorisant un potentiel de cohésion sociale du quartier par l’accueil du ménage ainsi convié sur le nouveau terrain, et à travers la consultation conjointe des riverains, sollicitée pour le projet par les spécialistes de l’urbanisme appelés en médiateurs pédagogues.

bimby1-300x255 dans Découverten’est pas une initiative isolée et inédite. Derrière le terme de « densification urbaine », des dizaines de projets similaires ne portant pas ce vocable ont été menés et continuent d’être portés çà et là. Mais ce concept particulier séduit en ce qu’il demande de lui-même à être approprié par tous, partout où c’est possible, sans que cela ne devienne un label aux modalités et à la paternité contraignantes. En effet, le point fort de BIMBY, c’est sans doute celui de pouvoir être initié par les populations elles-mêmes, pour leur bénéfice propre, et donc d’inciter un nouvel urbanisme véritablement humain et pertinent à l’échelle locale. Et de relancer une nouvelle forme d’éco-citoyenneté. A la différence d’autres programmes urbains, même labellisés Haute qualité environnementale (ce n’est pas une garantie de « haute qualité de concertation »… ) Et pour la conduite concrète des aménagements, pas besoin de réforme constitutionnelle, de simples agencements des documents d’urbanisme (PLU, SCOT, PADD) sont requis. Évidemment, les projets se doivent de demeurer écologiquement cohérents et de ne pas nuire à la qualité de vie en sacrifiant des espaces de vie suffisamment spacieux au nom du gain économique à tout prix.

Ce qui est présupposé, c’est que l’émergence de ce type d’initiatives à une échelle quantitative satisfaisante ne saurait se passer d’une prise de conscience générale et collective des problématiques de la durabilité, et d’une assez bonne identification par la population des modalités de la transition écologique. Un éveil que les responsables politiques et associatifs se doivent de susciter, par l’encouragement à la participation démocratique des citoyens à la vie publique. Loin de toute euphorie écologisante et déconnectée de la réalité, ou de toute attitude démagogique, l’engagement des municipalités en faveur de cet enjeu de cohérence devrait être une règle morale de l’action politique.

Le site de Bimby : [ici]
Le site du CAUE 87 : [ici]

Images : (c) Projet Bimby




> LGV : Mea culpa, et caetera…

16102012

> LGV : Mea culpa, et caetera... dans Actualité locale bamnagement

hollande-train dans Aménagement du territoireLe président de la République rencontre les responsables socialistes limousins pour parler LGV. Je suis contredit. Volonté d’apaiser et de dialoguer ? Respect de la parole de Nicolas Sarkozy ? Convergence d’intérêts ? Nostalgie limousine ? Je ne sais pas, et peu importe. Que savons-nous sur le sujet ? Sans doute plus assez de choses pour que je consente à encore à me prononcer dessus. Dommage, car le désenclavement de la région mérite toute notre attention…

François Hollande a rencontré Alain Rodet, Philippe Nauche et Marie-Françoise Pérol-Dumont, lors d’un déjeuner – qui n’était même pas inscrit à son agenda officiel, pour discuter de la ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges. Une façon de réaffirmer son suivi personnel du dossier. Ou une manière de rassurer ses anciens voisins de fief électoral sur l’avancée d’un projet qui avait pris du plomb dans l’aile (beaucoup ?), avec les annonces des ministres Cahuzac et Cuvillier sur la responsabilité budgétaire. Le président de région affirme que les questions du POLT et des TER ont aussi été abordées. Soit !

Il y a quelques jours, suite aux propos presque curieusement confiants de Bernadette Chirac, je faisais part de mon scepticisme personnel – sans engager d’avis arrêté sur l’utilité de ladite ligne – quant à la réalisation prochaine du fameux barreau, estimant peut-être un peu décalée et (trop) optimiste son intervention. Bien mal m’en a pris. Ai-je mal soupçonné la portée de ses propos, glissés de façon a priori anodine et nonchalante à un journal régional ? Ai-je sous-estimé son poids dans les décisions politiques, son envergure dans les jeux de pouvoir, l’assurance des responsables politiques limousins, pourtant bien esseulés dans la conviction qu’ils ont des bienfaits de la LGV ? Suis-je tout simplement passé à côté de signes avant-coureurs, tels l’absence d’intervention publique et officielle du président sur la question des projets de lignes à grande vitesse, ou la réception récente (conciliante ?) de représentants d’opposants au projet par Bernard Combes, maire de Tulle et conseiller du président ? Je ne sais pas.

Quoi qu’il en soit, je préfère dorénavant, et jusqu’à nouvel ordre, ne plus m’exprimer sur ce sujet que de façon évasive. Je n’ai plus d’avis arrêté sur l’intérêt du projet en tant que tel. Et surtout, trop d’éléments nous échappent, trop de vérités et de contre-vérités indifféremment brandies en objectivités s’affrontent, et in fine, polluent nos représentations et instillent de coupables soupçons qui viennent ruiner nos efforts de réflexion. Batailles politiques, bataille des chiffres, arguments et contre-arguments de nature et de qualité variables bombardés chaque jour en arrivent à nous faire perdre nos repères, dans certains cas au détriment de la portée et des véritables enjeux d’un tel projet (le désenclavement d’une région, la desserte des territoires, la consultation populaire, etc. : des sujets aussi passionnants et complexes qu’ils demeurent dans mes centres d’intérêt).

Au final, les tortueuses procédures du débat public d’aménagement du territoire en France et la complexité du jeu politico-économique ont eu raison de mes certitudes (ce n’est pas grave), de mon courage (là non plus), mais aussi, un peu, de ma croyance en la transparence et en l’efficacité du débat public (ça l’est davantage). Suis-je le seul à le penser ?




> LGV : qui entend Madame Chirac ?

13102012

> LGV : qui entend Madame Chirac ? dans Actualité locale bamnagement

Apparemment confiante quant à la réalisation de la LGV Limoges-Poitiers, pour autant compromise par la situation économique, Bernadette Chirac a-t-elle un plan secret ? Compte-t-elle encore sur son aura ? Sur ses bonnes relations avec le nouveau président ? Pas sûr que son intervention annoncée ne fasse avancer les choses…

bernadette-chirac-claeys-rodet-209x300 dans Aménagement du territoireEn déplacement dans la Vienne dans le cadre de ses activités de présidente de la Fondation des hôpitaux de France, Bernadette Chirac a de nouveau affirmé au quotidien La Nouvelle République son soutien à la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges. Elle va écrire au président de la République. Un soutien de poids, davantage par le symbole de l’histoire, que par la pertinence des arguments, tant l’ancienne première dame semble en décalage avec les considérations actuelles du gouvernement. Mais au final, un engagement qui pourrait ne pas avoir tant d’impact que cela. Prévoyant son « étonnement » dans le cas d’un abandon du projet, Bernadette Chirac compte-t-elle sur le copinage, la solidarité limousine, pour enfin donner à la région « sa » ligne, trente ans après le lancement des premières discussions en la matière ?

Associé par nombre de ses détracteurs comme un déraisonnable dépensier, François Hollande va pour autant incarner la rigueur, d’une manière ou d’une autre, quand son prédécesseur à l’Elysée, plus enclin, c’est presque logique, à revendiquer l’austérité, par ailleurs réputé proche de Mme Chirac, pouvait il y a seulement un an encore se permettre de promouvoir et promettre le même TGV dans son discours d’Aubusson. La « faute » de cet apparent paradoxe à la triple sanctuarisation des budgets de la sécurité, de la justice et de l’éducation, promesses symboliques et capitales de campagne. Ces dernières imposent nécessairement des restrictions parfois drastiques là à la culture, ici aux transports, les ministres en charge de ces domaines l’ont récemment réaffirmé, non sans difficulté. Sans parler de l’argument plus facilement avouable de la pertinence socio-économique, ou quand le terme de « social » vient légitimer le polémique vocable « économique ». Là-dessus, il faut bien le dire, il y aurait sans doute beaucoup à dire, mais là n’est pas le but de mon propos, la commission en charge d’évaluer la cohérence territoriale de la ligne s’en chargera bien assez vite.

A l’heure où jamais de sa tortueuse histoire, le projet n’a paru tant remis en question, l’intervention de l’épouse de l’ancien chef de l’État, que l’on a dès 2006 présentée comme grand défenseur du barreau Limoges-Poitiers, raisonne un peu dans le vide. La voix de l’épouse d’un ancien président, en toute fin de carrière d’élue locale, a-t-elle encore une portée ? En ces temps de difficultés financières, que pèse l’entente cordiale entre les Chirac et l’ancien maire de Tulle, nouée à travers les rencontres à Bity et les séances du Conseil général ? On ne le saura que lors de la révélation des priorités du gouvernement en matière d’aménagement. Comprend qui veut. Car si Bernadette Chirac en appelle aux promesses de François Hollande, elle est certainement consciente que ce dernier n’a plus ni la liberté de ton, ni la capacité morale de l’engagement du président du Conseil général de la Corrèze…

Photo : Des clivages politiques transcendés dans le soutien à la LGV (Bernadette Chirac associée aux maires de Limoges, Alain Rodet, et de Poitiers, Alain Claeys, socialistes favorables à la ligne).




> La LGV Poitiers-Limoges menacée par la responsabilité budgétaire ?

12072012

> La LGV Poitiers-Limoges menacée par la responsabilité budgétaire ? dans Actualité locale bamnagement

LGV-projet-construction-300x294 dans Aménagement du territoireLes récents propos du ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac, sèment – une fois encore – le trouble parmi les défenseurs de la grande vitesse. Et redonnent – une fois encore – espoir à leurs opposants. Non-évènement ? Nouvel épisode d’un feuilleton qui s’essouffle ? Volonté de rassurer les chantres de la rigueur budgétaire ? Et de ménager tout le monde à l’aube de l’enquête publique ? Un peu de tout (et de n’importe quoi) dans un débat qui manque définitivement de clarté…

« Élaguer dans les projets qui ont été proposés ». L’annonce faite sur France 2 par le ministre du Budget Jérôme Cahuzac en dit long sur les incertitudes qui entourent les grands projets d’aménagement du territoire lancés sous les mandatures de la droite depuis 2002. Mais si le gouvernement veut suivre les préconisations de la Cour des Comptes, et par la même occasion, rassurer ceux qui estiment que la modération dans les dépenses doit être une ligne de conduite en ces temps difficiles, il va certainement falloir laisser dans les cartons certaines lignes à grande vitesse. Et la question qui nous intéresse : quid de Limoges-Poitiers ?

Déjà menacé par les positions de campagne du candidat Hollande (la réévaluation de la pertinence socio-économique de toutes les lignes à grande vitesse encore en projet*, dont Poitiers-Limoges), le projet de la LGV limousine semble avoir encore un peu plus pris du plomb dans l’aile… Le président de la CCI de Haute-Vienne, Jean-Pierre Limousin, s’est d’ores et déjà offusqué des déclarations du ministre, ce dernier estimant qu’il est sans doute raisonnable de reconsidérer des projets proposant un gain de temps « marginal ». Rappelons que le projet de LGV Poitiers-Limoges est censé réduire de près d’une heure le trajet entre Limoges et la capitale.

Certaines mauvaises langues auront peut-être à cœur de souligner l’implantation électorale de Jérôme Cahuzac, élu du Lot-et-Garonne, département qui devrait bénéficier à terme de la LGV Bordeaux-Toulouse, souvent vue en Limousin comme une concurrente directe de Limoges-Poitiers et de la ligne POLT, puisqu’elle favorisera le trajet Toulouse-Paris via Bordeaux et Tours… Si le maire de Toulouse, le socialiste Pierre Cohen, s’est lui aussi inquiété de tels propos, Alain Rodet s’est montré plus optimiste, assurant avoir reçu du ministre en personne l’assurance. Si tel était le cas, la colère des opposants au projet pourrait redoubler, et qui sait, peut-être se nourrir d’accusations de clientélisme et de privilège du fief de la part d’un président corrézien…

Du côté de ces mêmes détracteurs, pour l’instant au moins, on semble plus confiant que jamais quant à l’abandon hypothétique du chantier. Pas sûr que la LGV Bordeaux-Toulouse soit délaissée. Mais son abandon, alors même qu’elle passe par Agen et semble avoir une longueur d’avance sur Poitiers-Limoges, s’il devait être acté, pourrait encourager tous ceux qui pensent qu’un développement durable et un désenclavement cohérent des territoires peuvent ne pas forcément passer par la réalisation de ces lignes. Des infrastructures qui, par le faible nombre de gares TGV, profitent surtout aux extrémités, causant le fameux effet tunnel et participant à ce qu’on a pu cyniquement comparer à un « déménagement du territoire »… D’autant que M. Cahuzac préfèrerait voir la SNCF investir dans la modernisation du réseau existant – quand les promoteurs de la LGV voudraient les deux. L’opinion du ministre apparaît ainsi conforme aux positions de ces associatifs et élus qui depuis 2006 se battent contre un projet qu’ils continuent de juger inutile et disproportionné.

Mais qu’en dit le ministre des Transports ? Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’une commission serait spécialement convoquée, avec pour difficile mission de classer les projets selon leur urgence, et ainsi de juger leur « faisabilité financière »…

Il convient désormais d’attendre une décision claire pour nous prononcer davantage. Revirements, bataille de chiffres, vérités et contre-vérités ; il va sans dire que la clarté n’aura pas caractérisé la conduite de ce projet. Reste à savoir si, et le cas échéant, quand et comment, le Limousin parviendra-t-il à obtenir une solution effective de désenclavement par le transport ferroviaire. Cela fait 30 ans qu’on attend. Et ce n’est peut-être pas encore fini.

* Seuls 4 projets, déjà en cours de réalisation, voyant donc leur achèvement assuré : Rhin-Rhône, Bretagne-Pays de Loire, Tours-Bordeaux, contournement de Nîmes-Montpellier.




> Législatives en Limousin : bilan du 1er tour

13062012

> Législatives en Limousin : bilan du 1er tour dans Actualité locale belections

Le premier tour du scrutin législatif en Limousin en 9 points (cf. également les cartes après le texte. Pour les agrandir, cliquez droit sur les cartes, puis « afficher l’image »).

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1. PS : en attendant le carton plein ?
Ce premier tour a donc vu les électeurs qui s’étaient déplacés confirmer le choix formulé lors de l’élection présidentielle. Et en Limousin, cette décision, en faveur des socialistes, a été à la mesure de l’accession tant espérée de la gauche à l’Elysée. En effet, les candidats soutenus par le parti de la rose au poing ont enregistré de très bons scores, bien supérieurs à ceux de 2007, scrutin pourtant déjà favorable à la gauche (deux circonscriptions limousines basculant à gauche).

En Corrèze, Sophie Dessus assure avec brio la transition : proche de François Hollande, vice-présidente du conseil général, maire d’Uzerche, elle remporte le pari de convaincre les électeurs de la très grande 1e circonscription de Corrèze et passe dès le premier tour, ce que son prédécesseur n’avait jamais pu faire. Cette victoire parachève une ascension fulgurante, pour cette agricultrice qui s’est lancée en politique il y a onze ans. Quant à Philippe Nauche, il s’en sort bien dans une circonscription pourtant assez partagée… du moins jusqu’à présent. Son élection semble presque acquise, et il pourrait de cette manière entamer un troisième mandat. Il devra toutefois choisir entre ce siège et le fauteuil de maire de Brive.

En Creuse, Michel Vergnier est largement en tête sur ses terres d’élection de 2007, et signe même de très bons scores dans l’ex-circonscription de son rival Jean Auclair. Le maire de Guéret est plutôt favori pour le second tour, et son élection comme unique député du département assiérait encore sa prédominance sur la gauche creusoise, même si lui aussi devra trancher entre mairie et députation.

En Haute-Vienne, si la victoire dès le premier tour échappe à Alain Rodet et Daniel Boisserie, c’est sûrement en raison d’une mobilisation assez médiocre, de la concurrence de la gauche radicale et du redécoupage des circonscriptions (ainsi, celle d’Alain Rodet s’est vu augmentée de trois cantons urbains de Limoges, réputés relativement favorables à la droite). Catherine Beaubatie fait taire les rumeurs en sortant nettement en tête du scrutin disputé de la fameuse 3e circonscription, avec « en perspective » 26 % de voix de gauche supplémentaires. Avec 33 %, l’élue limougeaude écarte une hypothétique triangulaire de tous les dangers, et pourrait ainsi succéder à Marie-Françoise Pérol-Dumont, qui ne se représentait pas. Le grand chelem semble donc quasi-assuré pour les socialistes régionaux. Pour cette fois-ci encore, trente et un ans après la première élection à l’Assemblée d’Alain Rodet.

2. Monique Boulestin : pari perdu… à moins que ?
Privée de l’investiture officielle du PS en décembre dernier, au profit de Catherine Beaubatie, Monique Boulestin pouvait se targuer d’avoir obtenu le soutien du PRG et de Robert Savy. Mais sans dense tissu d’élus et de militants, la tâche s’annonçait difficile. Éliminée dès le premier tour, la tombeuse d’Alain Marsaud en 2007 est donc nettement distancée. Pourtant, à entendre la députée sortante de l’ancienne première circonscription, un tabou serait tombé, à savoir la pertinence d’une candidature sans soutien d’appareil. On peut en douter, au vu des 15,6 % obtenus. La dissidente n’est en tête qu’à Saint-Junien-des-Combes. Et dans quelques jours, elle ne détiendra plus aucun mandat politique.

Quoi qu’il en soit, celle qui était encore première adjointe au maire de Limoges il y a quelques mois, bien qu’assurant n’éprouver aucune rancœur envers la fédération haut-viennoise du PS, n’appellera pas à voter pour Mme Beaubatie, et laisse une fois de plus la porte ouverte à une ambition municipale en 2014. Un scrutin qui s’annonce passionnant, et dont les formes devraient commencer à s’esquisser rapidement. Car si Alain Rodet est réélu député, il devra tout comme MM. Nauche et Vergnier, se soumettre à l’interdiction du cumul des mandats. Feuilleton à suivre.

3. Stratégie perdante pour l’UMP ?
De la même manière que la victoire de François Hollande a dû doper les candidats socialistes, il va sans dire que l’UMP n’a pas su mobiliser et convaincre au mieux. La tâche était logiquement bien rude pour les candidats corréziens en Hollandie. Michel Paillassou, bien que bénéficiant d’une notoriété certaine, comme maire d’Egletons, ne rafle que 27 % des voix, moitié moins que Sophie Dessus, et n’aura même pas l’occasion de faire mieux à l’occasion d’un second tour. Pascal Coste, syndicaliste agricole élu à Beynat, soutenu par l’UMP dans la circonscription de Brive, maintient un niveau correct (30 %), mais cela ne devrait pas suffire pour pouvoir inquiéter le maire de la sous-préfecture corrézienne.

En Haute-Vienne, la droite obtient de très mauvais scores, dans la foulée de ses échecs des municipales de 2008, régionales de 2010 et cantonales de 2011. Si les candidats des 1e et 2e circonscriptions ont souhaité afficher leur satisfaction d’avoir poussé les favoris à attendre le second tour pour triompher, ils sont certainement conscients que ce ne sont pas directement leurs scores qui ont réduit la vague rose limousine. Frédérick Peyronnet finit loin derrière Daniel Boisserie avec 20,6 %, et loin derrière les scores de l’UMP Evelyne Guilhem en 2007. Avec 17 %, Florence Prévot-Sola ne devance que de 5 points le FN dans la 1e circonscription, et surtout, gagne 10 points de moins que Sarah Gentil en 2007 sur une circonscription dont le redécoupage laissait penser qu’elle serait plus favorable à la droite, avec notamment l’adjonction du canton de Limoges-Emailleurs. Mais la défaite annoncée de l’UMP à l’échelle nationale n’a ni les mêmes raisons, ni les mêmes résonances que l’échec de la droite locale. Ce dernier pose la question de la stratégie d’une UMP qui préfère lancer des novices en politique au nom de l’audace, mais qui de scrutin en scrutin voit depuis quelques années s’éloigner les perspectives de reconquête, sinon de maintien. Le maire de Couzeix (où il gagne 46 % des suffrages, mieux que les 42 % d’Alain Marsaud en 2007) Jean-Marc Gabouty s’en tire mieux, notamment aidé par la division de la gauche, et un positionnement sans doute plus modéré et des conceptions moins claniques. Se place-t-il pour la refondation attendue de la droite régionale ? Ou faut-il simplement laisser faire le jeu de l’alternance, qui verra la nouvelle majorité présidentielle perdre les élections locales à venir ? L’élu du parti radical n’en demeure pas moins outsider pour le second tour, et son ambition est sans doute davantage de faire le meilleur score de la droite haut-viennoise que de battre Catherine Beaubatie.

Il n’y a donc de léger suspense qu’en Creuse, où dans l’unique circonscription, une fois encore, Jean Auclair démontre son solide ancrage (notamment dans les communes de Combraille) et son statut de pilier de la droite limousine. Mais s’il ne se présentait pas sur le même territoire, avec à peine 34 % il perd néanmoins 13 points par rapport à 2007, d’autant que ses réserves de voix sont faibles. Rappelons qu’il avait déjà permis à la droite d’obtenir son meilleur score en Creuse lors des élections régionales de 2010, qui avait pourtant vu l’UMP signer une piètre performance. Ne peut-on pas supposer que, quel que soit son score dimanche prochain, Jean Auclair, dont l’acharnement à vouloir se différencier – voire se désolidariser – de l’appareil UMP parisien le sert parfois, pourrait lui aussi compter dans la réorientation des tactiques de la droite limousine ?

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4. Où est passé le MoDem ?
A l’instar de l’équation particulièrement ardue pour son leader dans les Pyrénées-Atlantiques, cette élection semble pousser encore un peu plus le mouvement centriste vers les tréfonds de la scène politique limousine, gêné par la bipolarisation et le choix de François Bayrou pour le second tour de la présidentielle. Assez bien placés en 2007 (plus de 10 % pour les candidats creusois), les représentants du Mouvement démocrate signent des scores anecdotiques, même si certaines communes de Creuse ont voté à plus de 10 % pour le représentant du Centre pour la France (Patrick Aïta est en tête à Saint-Georges-la-Pouge). Jean-Claude Deschamps (en Corrèze) ou Nadine Rivet (en Haute-Vienne), figures du MoDem, sont relégués sous la barre des 3 %. Les temps s’annoncent difficiles, tant nationalement que localement, dans la perspective d’élections locales qui s’annoncent très compliquées pour les quelques élus MoDem encore en place.

5. Coup d’arrêt pour l’expérience Terre de gauche ?
Dans une moindre mesure, le sort de Jean-Luc Mélenchon rencontre un écho similaire en Limousin, pourtant laboratoire de l’union de la gauche radicale depuis les régionales de 2010. Les candidats limousins finissent tous ou presque derrière le FN, en dépit de bons scores, mais rarement réalisés au-delà des terres rouges de la montagne limousine ou de l’ouest haut-viennois. Même Marie-José Dumasdelage (11,5 %) reste derrière Yannick Vidaud, certes de peu, elle qui s’engageait pourtant dans la 2e circonscription de Haute-Vienne, celle du maire ADS de Saint-Junien qui avait remporté 5 points de plus en 2007. Du rôle d’arbitre que M. Allard jouait il y a cinq ans entre Daniel Boisserie et Evelyne Guilhem, la candidate communiste endosse l’humble (mais capital) rôle d’apport de voix supplémentaire. Dans la 1e circonscription, Claude Toulet fait tout juste un peu plus que les scores PCF et NPA cumulés de 2007 (11 % contre 9 %), et Daniel Clérembaux (8 %) en dépit de scores au-delà de 15 % dans certains villages, manque largement son pari, celui de profiter de la querelle Boulestin/Beaubatie pour sortir en tête de la gauche dans la 3e circonscription. Ce score lui permet quand même d’être le meilleur candidat NPA de France.
Tous sauf un, donc. Il n’y a que dans la 1e circonscription de Corrèze où Christian Audouin arrive devant la candidate du Rassemblement bleu marine, profitant peut-être de son ancrage ancien en Haute-Corrèze, de son statut de leader de l’alliance au Conseil régional, et du parachutage de la représentante frontiste haut-viennoise d’origine, qui avait fait preuve de piètres qualités de débatteuse sur France 3 Limousin… Autre déception pour Eric Coquerel, arrivé d’Île-de-France dans la 2e circonscription de Corrèze, pourtant très proche du leader du Parti de gauche, parti dont il est un des principaux cadres, et Marie-Hélène Pouget-Chauvat, en Creuse, six points derrière le résultat du Front de gauche à la présidentielle.
Les candidats de Limousin Terre de gauche auront à cœur de ne pas se laisser gagner par la morosité ambiante du Front de gauche, en difficulté jusque dans ses fiefs franciliens, et devraient d’ores et déjà se reconcentrer en vue de scrutins sans doute plus favorables à leur formation : municipales et régionales. Si le contexte national ne leur est pas trop défavorable non plus !

6. Le FN loin derrière mais assez haut
Pour un scrutin où l’ancrage politique et la visibilité du candidat comptent, le FN, habitué à lancer des candidats fantômes ou mystérieux dans les régions où il n’a pas l’habitude d’obtenir des succès, aurait pu faire pire. Certes donc, il est loin des qualifications au second tour, alors que les commentaires il y a quelques semaines avaient placé deux des six circonscriptions limousines sur la liste des triangulaires envisageables. Mais il renaît : ainsi, en Haute-Vienne (1e), où le parti de Marine Le Pen progresse et prospère le plus, Nicole Serre multiplie par six le résultat de Magalie Servant. La jeune Catherine Laporte profite du terrain propice aux idées frontistes, en Basse Marche, qui avait déjà donné de bons résultats au FN aux cantonales et présidentielles. Elle approche par exemple 14 % à Bellac ou Bessines, mais surtout 27 % à Darnac, soit 5 fois plus qu’une certaine Nicole Daccord en 2007, partie cette année en Corrèze où elle a peu convaincu (moins de 7 %).

Assez nettement diminué en Creuse et dans la 1e circonscription de Corrèze, en dépit de résultats plus élevés qu’il y a cinq ans, le FN réalise aussi une petite percée dans le bassin de Brive (plus de 9 % pour Alain Balmisse). Il sera difficile de confirmer, à part si le parti fait le choix d’implanter localement et durablement ses représentants, dans la lignée de Marine Le Pen dans le Pas-de-Calais. Ce qu’il s’est largement refusé à faire depuis ses débuts, excepté dans le sud-est, en raison des fluctuations de ses scores. Le sort des qualifiés pour le second tour en France aura une grande influence sur l’avenir du parti, en France et en Limousin.

7. Les écologistes peinent mais font mieux qu’en 2007
Le contexte présidentiel a aidé les candidats écologistes à signer de meilleurs scores qu’en 2007, toutefois assez bas compte tenu de l’absence d’accord avec le PS en Limousin, et du désamour historique entre électeurs limousins et parti écologiste. Petit paradoxe de la région : de multiples problématiques abordées par les candidats EELV sont au cœur de l’actualité locale (agriculture biologique, protection de l’environnement et pollution, transports), cause de débats souvent passionnés.

Mode de scrutin défavorable ? Faible portée des arguments dans un contexte de crise davantage formulée comme sociale et économique qu’écologique ? Sans doute, mais l’hégémonie socialiste ne semble surtout pas laisser de place aux autres formations de gauche. Le score assez encourageant des écologistes à l’échelle nationale, au-dessus des 5 %, masque le véritable résultat : de multiples dissidences – certes pas en Limousin – et surtout une moyenne tirée vers le haut par les candidatures unitaires PS-EELV portées par ces derniers. La faible influence du parti dans notre région, absent du Conseil municipal de Limoges, balancé au Conseil régional entre son opposition à la LGV et sa participation pleine et entière à la majorité, n’a peut-être pas aidé non plus. Ya-t-il un avenir pérenne pour un mouvement que l’on dit « thématique » ? Il y a apparemment encore du chemin à faire, avant que chacun se persuade que l’écologie n’est pas un thème mais bien la transversalité même. Mais ce jour-là, s’il arrive, le parti écologiste perdra peut-être un peu de sa raison d’être.

8. Renouvellement : à suivre…
En passant de 9 à 6 députés, le Limousin voit réduites les marges de manœuvre en faveur d’un renouvellement politique et personnel. Ou les rend plus exigeantes ? Régulièrement réaffirmé, notamment en Haute-Vienne où Alain Rodet, déjà emballé par une réélection à la mairie (il va donc falloir choisir, on l’a déjà dit un peu plus haut et un peu plus tôt), devrait rempiler pour la 8e fois consécutive, ce changement générationnel s’opère en général presque à chaque scrutin (Marie-Françoise Pérol-Dumont en 1997, Monique Boulestin en 2007, Sophie Dessus en 2012). Mais changement de génération ne rime pas forcément avec changement de mouvement. Et 30 ans après son arrivée à l’Assemblée, Alain Rodet semble toujours dominer la vie politique régionale, sinon le socialisme limousin. Loin de moi l’idée de m’abandonner au jeunisme et de dénigrer la portée de l’expérience. Mais ce sujet devra bien être abordé un jour ou l’autre.

9. Même en Limousin, on a peu voté !
C’est enfin à la fois la déception et la surprise de ce scrutin. Si l’abstention est record à l’échelle nationale, la démobilisation a également touché le Limousin, et surtout la Haute-Vienne (37 à 38 %), pourtant habituellement bien mobilisée. Les électeurs corréziens se sont assez bien déplacés dans les bureaux de vote, avec environ 2/3 de participation. La faiblesse des enjeux dans le département haut-viennois, au moins dans les 1e et 2e circonscription, où la question était surtout pour beaucoup celle de la tenue d’un second tour ou non, a peut-être œuvré en faveur du désintérêt civique. Mais avec cela, c’est tout le scrutin, qui demeure pilier de notre démocratie semi-présidentielle certes, mais avant tout parlementaire, qui s’en trouve affaibli, voire légèrement décrédibilisé. Il serait bon de se poser les bonnes questions : le calendrier électoral ne favorise-t-il pas cette situation ?

Et maintenant, espérons que le triomphalisme, les psychodrames, les provocations absurdes et les débats stériles ne viendront pas nuire à cette courte campagne de second tour en Limousin. Votez et faites voter dimanche prochain !

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