> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges

1072013

> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges dans Actualité locale bamnagement

La semaine dernière, alors que tout le monde s’émouvait des conclusions imminentes de la commission Duron enterrant le projet de LGV Poitiers-Limoges, après plusieurs semaines d’incertitude, je participais à un des mini-débats organisés par la Ville de Limoges dans le cadre de l’exposition Limoges 2025*. La rencontre « Limoges ville-capitale », animée par Jean-Pierre Limousin, était l’occasion de revenir sur le sujet brûlant de la LGV et de requestionner la confiance aveugle dans la réalisation du projet polémique qui est celle des élus socialistes haut-viennois. Si mon sentiment vis-à-vis du projet demeure divers, j’estime en fait que la LGV ne peut fonctionner qu’à de très (trop ?) nombreuses conditions.

La rencontre à laquelle j’étais inscrit, animée par Jean-Pierre Limousin, président du CESER et de la CCI mais aussi de l’association de promotion du TGV Paris-Limoges-Brive, permettait d’aborder le thème de « ville capitale ». Autrement dit, savoir quelle place donner à Limoges dans le contexte national et international de mise en concurrence des territoires, de métropolisation (poids croissant des fonctions de commandement et d’organisation des villes métropoles nationales et régionales) et aussi en filigrane de déterritorialisation progressive des activités dans le cadre de la mondialisation, qui accorde de plus en plus d’importance à la présence numérique.

poitiers-limoges-brive-300x186 dans Aménagement du territoire

Poitiers, Limoges, Brive... ces trois villes veulent-elles réellement travailler ensemble ? (c) Association TGV PLB

Si la très faible participation citoyenne – deux citoyens lambda – à cette rencontre est déjà un problème en soi – Jean-Pierre Limousin confiait lui-même sa déception et ses interrogations concernant les moyens d’assurer une démocratie participative vivante –, on pouvait également se demander ce qui avait pu motiver la programmation de ces rencontres ô combien intéressantes en plein milieu de la journée en semaine… Passons. Le sujet a forcément dérivé sur le sujet de la ligne à grande vitesse. Pour M. Limousin, l’intérêt de la LGV est à trouver dans l’impératif de rééquilibrage du grand Sud-Ouest que Limoges soit d’incarner par rapport à Bordeaux et Toulouse, et plus largement assurer la survie et la relance d’un Limousin bien moins dynamique que ses voisins occidentaux. Impératif qui ne peut s’effectuer que dans l’association métropolitaine de Poitiers et Limoges, qui ensemble incarneraient un pôle urbain concurrent et compétitif d’environ 300 000 habitants. Tout cela s’appuyant sur la bonne intégration de Poitiers aux réseaux d’échanges existants, sur l’intérêt qu’elle aurait à ne pas suivre Orléans et Tours dans l’étouffement parisien, ainsi que sur la notoriété sous-estimée mais réelle des noms de « Limoges » et du « Limousin » à l’étranger, notamment en Asie. Ce nouveau binôme Poitiers-Limoges aurait ainsi la nouvelle capacité de peser dans les décisions d’aménagement et la captation des richesses et des flux de toutes sortes, ceux-ci étant ensuite réinvestis dans la dynamisation du territoire annexe. Présenté ainsi, on en serait presque convaincu, la LGV serait un atout pour la ville et la campagne. Restait tout de même à « régler » plusieurs sujets majeurs : convaincre les acteurs picto-charentais, élus et citoyens, de leur intérêt à s’associer avec le Limousin, prouver la pertinence économique du projet, assurer la réussite du passage du concept théorique à l’application territoriale, avec ses spécificités et ses limites, et enfin en convaincre les populations. Je vais y revenir.

L’extrême-confiance de Jean-Pierre Limousin, Alain Rodet ou Jean-Paul Denanot pourrait même passer pour suspecte, certains y voyant la trahison de quelques doutes dans leur relation de confiance avec l’exécutif suprême, d’autres une attitude bornée et déconnectée des réalités, voire électoraliste, de mauvaise augure dans la perspective d’une revalorisation de l’image de l’acteur politique, tant attendue. C’est encore un autre sujet.

Au-delà de l’aspect économique, la LGV est encore bien loin d’avoir prouvé sa pertinence en terme de projets partagés entre Limousin et Poitou-Charentes, alors que la synergie Limoges-Poitiers est jugée essentielle…

En définitive, pour moi, la LGV Poitiers-Limoges n’est pas un projet uniformément et forcément néfaste. Mais au-delà des polémiques liées à la façon dont les études préliminaires ont été menées depuis 2006, elle n’a de pertinence que si l’on « oublie » l’inoubliable. Autrement dit, des facteurs qui peuvent paraître annexes mais qui mettent en lumière les brèches de la conduite du projet et en sont tout bonnement la condition de succès. Pour l’instant, ces facteurs inoubliables demeurent occultés. Et ainsi, la LGV fonctionnera si l’on continue de les occulter :

  • La LGV fonctionnera si l’on oublie la situation des finances publiques – mais qui le peut ? – du côté de l’Etat mais aussi des collectivités, de plus en plus appelées à mettre la main au porte-monnaie mais en pleine incertitude à l’heure d’un nouvel acte de décentralisation bien confus. Mais on ne peut pas l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie aussi le fait que désormais, l’Etat ne peut hélas que difficilement se permettre de financer à lui seul les grands projets. C’est regrettable mais c’est un fait, et si l’on peut évidemment critiquer l’attitude de Ségolène Royal dans ce qu’elle tient de l’obstination, du caractère personnel et d’une mauvaise appréciation d’un territoire potentiellement partenaire mais sous-estimé – le Limousin –, voire d’une certaine condescendance, on se doit de comprendre sa réticence à engager le financement du projet. C’est regrettable mais on ne peut l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on parvient à dépasser les divergences de vue des habitants du Limousin et du Poitou-Charentes, et en particulier de leurs élus. Si l’on conditionne la réussite du projet à la synergie entre Poitiers et Limoges, comme l’avance Jean-Pierre Limousin, comment compter sur la concorde pour l’instant très partielle des élus des deux régions, puisqu’à ce jour, autant le Conseil régional de Poitou-Charentes que le Conseil général de la Vienne (sans oublier les réserves croissantes des élus corréziens) se montrent sceptiques vis-à-vis de cette future ligne. Je pense aussi à l’existence de projets collectivement portés, et à l’existence de structures formelles et institutionnelles de partages de projets, d’ambitions pour les deux régions.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie que la SNCF et l’Etat n’ont pas seulement rechigné à engager la modernisation de la ligne POLT avant la LGV pour des raisons d’adhésion pure à la grande vitesse, mais aussi compte-tenu des incertitudes portées par l’ouverture du rail français à la concurrencerendant périlleux le financement massif en faveur d’une adaptation des voies aux 220 km/h si ce n’est plus la SNCF qui demain à le monopole de la gestion des trains. En ces temps où rarement le modèle socio-économique n’aura été remis en cause, on ne peut l’oublier. 
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie également le fait que la défense de ce projet fait bien écho à l’aura nostalgisante du sigle TGV,  évocateur de promesses de développement des territoires, et que donc la défense de ce projet tient au moins en partie d’un fantasme compréhensible mais un peu vain des populations locales un peu frustrées de n’avoir pu bénéficier du formidable espoir de dynamisme apporté par les LGV Est européenne, Atlantique ou Méditerranée, et d’attendre une concrétisation d’un projet évoqué depuis trente ans. Il y a du fantasme dans cette quête de la grande vitesse, symbole de la puissance française du XXe siècle. D’aucuns y assimileront le Concorde…
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie enfin que la LGV n’est pas automatiquement un vecteur de développement intégral et lissé des territoires, étant donné l’effet tunnel indubitablement provoqué par de telles infrastructures, qui profitent avant tout aux terminus (Poitiers et surtout Limoges). En effet, les effets bénéfiques aux territoires environnants, s’ils sont possibles (il faut quand même le dire), ne sont garantis que si l’on associe l’arrivée de la grande vitesse à d’autres chantiers, pour autant de nouvelles conditions à la pertinence du chantier… 
La LGV ne peut et ne doit fonctionner que si elle est mise en complémentarité de la modernisation des axes ferroviaires et routiers annexes. Or, financièrement, peut-on se le permettre ?
st-sulpice-lauriere dans Corrèze
Gare de Saint-Sulpice-Laurière. Pourquoi « pro » et « anti » ne se retouvent-ils pas autour de la même ambition de supprimer le point de rebroussement et ainsi favoriser le désenclavement de la Creuse et le passage des TGV ? (c) Tuyra – Wikimedia Commons

En effet, outre l’impératif bien douteux d’occulter tous ces points, il conviendrait au promoteur de la LGV d’assurer la complémentarité des projets d’aménagement et de considérer les obstacles techniques après les éléments moraux et politiques. A l’infaisable moral, à ces oublis manifestes auxquels les défenseurs du projet souscrivent sans hésitation, ajoutons ce qui pour l’instant est malheureusement peu brandi dans les débats et arguments, ces idées qui font donc pour le moment figure d’infaisables techniques et financiers alors qu’elles ne le sont pas, qu’elles conditionnent le succès de la LGV et qu’elles paraissent bien plus utiles au développement territorial :

  • la modernisation des axes routiers majeurs, à la fois condition au développement des territoires, au désenclavement du centre de la France et à la sécurisation de secteurs dangereux : la RN 147 vers Poitiers, la RN 79 vers Mâcon, la RN 21 vers Périgueux ;
  • l’électrification de la ligne Limoges-Guéret, et le réaménagement de la gare de Saint-Sulpice-Laurière de sorte à ce que le demi-tour des trains n’y soit plus obligatoire (suppression du point de rebroussement), ce qui améliorerait l’intégration de la préfecture creusoise au réseau national, mais qui aurait pu faire profiter à la Creuse de l’effet grande vitesse et au-delà d’impulser de nouvelles liaisons « grandes lignes » entre l’est et l’ouest de la France. Ces deux points ont eux-mêmes été évoqués par Jean-Pierre Limousin, qui y voit l’occasion manquée des Creusois de soutenir la LGV.
  • Et évidemment la modernisation de la ligne POLT, au nom de l’équité des territoires prônée par le gouvernement Ayrault.

Beaucoup de conditions, donc. Si la LGV ne se fait pas, ces conditions n’en demeureront pas moins des outils de développement à étudier sérieusement, car elles ne sont pas conditionnées à la grande vitesse, elles. Si elle se fait, comme le soutient mordicus M. Limousin, alors au-delà d’un « fait du Prince » un peu déroutant, elle n’en demandera pas moins de toute urgence la réalisation des projets annexes et complémentaires que j’ai cités. Mais pourra-t-on – financièrement, techniquement, moralement – se le permettre ?

*Cet exercice de prospective sur les perspectives attendant notre ville dans les prochaines années, critiqué pour son tempo, à quelques mois des municipales, et son message, vu comme partisan, est encore accessible aux citoyens jusqu’à la fin de semaine, à la Bfm de Limoges.  




> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route !

27062013

> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route ! dans Actualité locale bamnagement

rn141-300x168 dans Aménagement du territoireOui, je vais vous parler de la Commission Mobilités 21, désormais connue pour son avis défavorable à la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges d’ici à 2020. Mais non, je ne vous parlerai pas (dans cet article) de train mais bien de liaisons routières. Car masquées par les bruyants lobbies concernant ces projets symboliques d’ampleur, qu’ils soient favorables ou défavorables, les préconisations en terme d’infrastructures routières ont toute leur importance dans ces conseils (rappelons que ce rapport n’est qu’indicatif). L’exemple de la RCEA, Route Centre Europe Atlantique, élément majeur de transport transversal dans un pays où les liaisons est-ouest sont peu aisées, favorisé quel que soit le scénario par la Commission, me semble parlant et capital.

Dans ce rapport, au-delà des médiatiques suggestions de repousser les projets de LGV au-delà de 2030, si l’on excepte la voie Bordeaux-Toulouse, la commission en question se devait de hiérarchiser l’ensemble des 70 projets du Schéma national des infrastructures de transport (SNIT), vus comme trop nombreux et très diversement pertinents. Parmi eux, donc, des liaisons ferroviaires (outre Poitiers-Limoges, des projets en Bretagne, en Normandie ou en Alsace), mais aussi fluviales et routières. La RCEA en fait partie : cet axe très emprunté relie la façade atlantique (Nantes au nord et Bordeaux au sud) aux frontières orientales de la France, et passe notamment par Bellac ou Limoges, La Souterraine, Montluçon.

Les écologistes, dont je me réclame plutôt, se sont d’ores et déjà attachés à déplorer le maintien d’efforts attribués aux projets routiers qui selon eux « n’ont rien à faire dans un projet de mobilité durable » qui se devrait d’accentuer les financements sur des liaisons déjà existantes. Personnellement, j’estime toutefois qu’assurer une modernisation de ces axes, et en l’occurrence de la RCEA, répond à une double exigence pleine de cohérence et de bon sens : sécurisation de liaisons très fréquentées et très accidentogènes, assurant de fait une optimisation des parcours, à toutes échalles, car la liaison RCEA a à la fois une utilité dans les parcours internationaux (à l’est vers la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, à l’ouest vers l’Espagne) et plus locaux (entre façade atlantique et couloir rhodanien, et de manière encore plus locale, entre départements). La route, si elle continue de fait de favoriser l’automobile, moyen de déplacement évidemment polluant quoique populaire, est encore la plus à même de favoriser les mobilités et donc le désenclavement des territoires. Et rappelons que la RCEA n’est pas un axe ex-nihilo. En outre, je pense que le combat contre l’automobile, s’il se doit d’être modérément mais réellement tenu, doit avant tout être mené en ville. Si ces travaux routiers ne font pas la part belle aux concessions, ce qui est le cas pour le maillon central de la RCEA entre la Creuse et la Saône-et-Loire, mais ce qui hélas se dessine pour l’axe nord-est de la RCEA, entre Bressuire et Limoges, et s’ils sont pris en charge par un Etat volontaire et des collectivités épaulées, je les soutiens totalement.

Image de prévisualisation YouTube

Ainsi, point plus localisé et plus personnel étant donné mes racines familiales en Charente limousine, je regarde d’un bon œil l’ouverture d’un nouveau maillon de la RN 141 doublée entre Etagnac et Chabanais, à une quarantaine à l’ouest de Limoges (cf. vidéo ci-contre), qui permettra enfin de désengorger et de sécuriser le chef-lieu de canton si durement marqué par le passage incessant et meurtrier des poids-lourds. Un grand défi s’offre désormais au village, celui de convertir cette tranquillité retrouvée en un outil d’embellissement et de réanimation de son tissu commercial et résidentiel.

Plus largement, cette mise en quatre voies des axes transversaux ne peut que servir l’intégration du territoire du Limousin aux régions environnantes, un enjeu capital à l’heure où la concurrence entre territoires n’a jamais porté autant de perspectives, négatives comme positives. Dans le même temps, les liaisons routières, quand elles demeurent axes nationaux gratuits avec échangeurs régulièrement disposés, assurent une desserte locale, précise des territoires ruraux et urbains, sans privatisation des réseaux forcément dommageable. Un bon compromis, moral et pragmatique.

Photo et vidéo : la RN 141 à Etagnac, (c) France 3 Poitou-Charentes. Dans la vidéo parlent successivement Michel Gealageas, maire de Chabanais, Michel Boutant, sénateur et président du CG de Charente, et le maire d’Exideuil, encore traversé par un RN 141 à deux voies.




> Municipales : brèves de campagne #3

23052013

> Municipales : brèves de campagne #3 dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

A dix mois des élections municipales, le sujet fait encore un peu plus parler de lui dans le microcosme limougeaud. Et les sujets abordés dans le corps de la dernière lettre d’info municipales comme dans les tribunes politiques sont révélateurs de ce changement progressif d’atmosphère, qui annonce un été riche en constitution de listes et de programmes.

dsc_9510-300x200 dans Aménagement du territoireLimoges 2025, expo citoyenne et/ou message politique ?

« Limoges 2025, imaginons notre avenir ». Non, ce n’est pas le slogan d’une liste pour la prochaine échéance électorale, mais c’est bien le titre de l’exposition organisée par la municipalité à la BFM, ouverte le 28 mai prochain ! A travers une déambulation en 6 étapes, on sera mis en face des méthodes de l’action publique, des tendances, des atouts, des acquis, des perspectives de notre ville. Le tout surmonté de quelques animations un peu plus spectaculaires et interactives (film de la ville par un drone, animation théâtrale de l’Académie régionale de l’Union, etc.) Autant de sujets à même de captiver tous les citoyens, quels que soient leur âge et leur « rôle » dans la Cité, et donc de sensibiliser à la chose publique, ce qui est primordiale à l’approche d’une campagne de proximité.

En soi, l’approche pédagogique du sujet est fort intéressante. Et évoquer ces questions semble pertinent, à l’heure où la ville de Limoges est, comme toutes les métropoles régionales françaises, confrontée à la mise en concurrence des territoires par les phénomènes de métropolisation et de mondialisation, avec ce que cela suppose en terme d’enjeux de transports, de dynamisme économique et touristique, de développement durable… Mais la tenue d’un tel événement à quelques mois du scrutin, et surtout pendant la phase d’enquête publique du projet de LGV Poitiers-Limoges, dont la réussite serait pour les promoteurs de la grande vitesse le point de non-retour vers la réalisation de ladite ligne, peut interpeller. La LGV est d’ailleurs largement – et logiquement – évoquée dans un encart du magazine municipal accolé à la présentation de l’exposition ! Sans parler d’entretien de confusion, les détracteurs du projet apprécieront ! Si avant même l’ouverture de l’exposition, il serait faire preuve d’un peu trop d’aventure que d’assimiler l’initiative à un message politique de la majorité sortante, il va sans dire que le fond comme la présentation des projets et des enjeux présentés feront parler ! De là à parler d’expo polémique… Attendons donc de découvrir le contenu de « Limoges 2025 ».

Jetons un œil aux tribunes des groupes politiques du Conseil municipal, et l’on y décèle quelques informations intéressantes, plus ou moins entre les lignes.

A gauche, les élus du groupe communiste, tiraillés entre l’autonomisation nationale (l’attitude hostile de Mélenchon vis-à-vis du gouvernement) et locale (les groupes indépendants Limousin Terre de gauche à la région et au CG de Haute-Vienne) du Front de gauche vis-à-vis des socialistes, et leur loyauté à Alain Rodet depuis l’élection de 2008 et même avant, ont ménagé leur deux « camps »… en dissociant contexte national et contexte local ! Une façon pour eux de garder la possibilité de repartir avec le PS à la prochaine municipale, et par conséquent de conserver des postes à responsabilité et une visibilité, tout en critiquant ouvertement les déboires et les fausses routes de l’équipe Hollande-Ayrault, dont il devient compliqué de cautionner les atermoiements. Les conseillers municipaux en appellent donc à une réorientation de la politique gouvernementale, seule condition pour redonner confiance et espoir à la population administrée localement… qui dès lors pourrait voter sans état d’âme pour une équipe de gauche rassemblée !

Une page plus loin, c’est par un encart que les élus UMP semblent une fois encore déplorer la scission du groupe d’opposition depuis le rapprochement des centristes Philippe Pauliat-Defaye et Marie-Pierre Berry et de la MoDem Nadine Rivet… alors que la forme des propos des deux groupes semble si proche ! Même critique de l’action et de la méthode de la majorité, et surtout même métaphore romaine, les uns et les autres voyant dans les projets de l’équipe Rodet des prémonitions de la chute d’un empire qui n’aurait su donner que des jeux sans prendre la peine d’apporter le pain de l’essor économique et médiatique. Si le centre a déjà fait part de quelques pistes d’action pour 2014, pour l’UMP, on repassera…

objectiflimoges-300x168 dans DécouverteObjectif Limoges, pour remettre le débat au centre ?

On n’en parle pas (encore) dans Vivre à Limoges, mais un nouveau collectif politique de dialogue vient d’être lancé à Limoges. Dans la foulée de la constitution du nouveau groupe centriste au Conseil municipal, un espace d’échanges et de débat, « Objectif Limoges », a été mis en place à l’instigation de Vincent Léonie, candidat radical aux cantonales en 2011 à Puy-las-Rodas et figure haut-viennoise de l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo. Officiellement, il s’agira d’un « espace démocratique d’écoute et d’échange, qui veut être le creuset de réflexions pour la création d’un projet, afin de réconcilier Limoges et son avenir. » Une belle ambition, mais on attend d’en voir davantage ! 

Photos :  (c) L. D., (c) compte twitter d’Objectif Limoges




> Urbanisme : et si la solution, c’était BIMBY ?

28012013

> Urbanisme : et si la solution, c'était BIMBY ? dans Actualité locale bamnagement

Vous connaissiez peut-être déjà le syndrome NIMBY, onirique acronyme attribué non sans dédain aux impactés des grands projets d’aménagement type LGV, qui combattraient corps et âme les expropriations et les nuisances sonores au nom de leur bien-être personnel. « Not In My Back Yard », pas dans mon arrière-cour. En somme, allez faire vos travaux là où ça n’embête personne. Autrement dit, votre projet est inutile. Mais BIMBY, c’est tout autre chose. Voire le contraire. Car c’est une nouvelle façon de concevoir collectivement la construction de logements et de répondre dans un souci de durabilité à cette demande.

bimby2-300x203 dans Aménagement du territoire

La galerie du CAUE de la Haute-Vienne présentait jusqu’à samedi dernier une exposition itinérante consacrée à BIMBY. « Build In My Back Yard », son interprétation anglophone, signifie « Construire dans mon arrière-cour ». Comme son nom explicité l’indique, c’est un nouveau concept d’urbanisme initié en 2009 par une dizaine de partenaires (collectivités, bureaux d’études et écoles d’architecture) en réponse à un appel à projets de l’Agence nationale de la recherche en faveur des « villes durables ». En d’autres termes, il s’agit de chercher à résoudre les problèmes écologiques, économiques et sociaux posés par la construction de résidences, et donc ce qui en découle, en terme de pression foncière, d’étalement urbain et d’isolement des résidents vis-à-vis des services et des transports publics. Au lieu de créer ex-nihilo de nouveaux lotissements uniformisés, consacrant l’enfermement des riverains et couronnant l’automobile, plus que jamais de façon anachronique, à l’heure de l’épuisement des hydrocarbures, on préfèrerait l’optimisation des terrains disponibles mais pas soupçonnés en zone urbaine. En cela, BIMBY est une démarche de développement durable.

En cherchant à déterminer des remèdes à la crise du logement, au grignotage des espaces dits naturels par la périurbanisation, les préconisations présentées au fil de l’exposition supposent de remplir deux contrats tacites. D’une part, en délaissant une partie de son terrain ainsi dévolu à une nouvelle construction, on peut procéder à des économies financières, voire des bénéfices, que l’on pourra transmettre en patrimoine, ou réinvestir dans une activité économique ou dans une opération de transition énergétique de ses installations domestiques, par exemple. D’autre part, de façon moins auto-centrée, on participe pleinement à l’objectif de durabilité en limitant l’impact environnemental du bâti et en favorisant un potentiel de cohésion sociale du quartier par l’accueil du ménage ainsi convié sur le nouveau terrain, et à travers la consultation conjointe des riverains, sollicitée pour le projet par les spécialistes de l’urbanisme appelés en médiateurs pédagogues.

bimby1-300x255 dans Découverten’est pas une initiative isolée et inédite. Derrière le terme de « densification urbaine », des dizaines de projets similaires ne portant pas ce vocable ont été menés et continuent d’être portés çà et là. Mais ce concept particulier séduit en ce qu’il demande de lui-même à être approprié par tous, partout où c’est possible, sans que cela ne devienne un label aux modalités et à la paternité contraignantes. En effet, le point fort de BIMBY, c’est sans doute celui de pouvoir être initié par les populations elles-mêmes, pour leur bénéfice propre, et donc d’inciter un nouvel urbanisme véritablement humain et pertinent à l’échelle locale. Et de relancer une nouvelle forme d’éco-citoyenneté. A la différence d’autres programmes urbains, même labellisés Haute qualité environnementale (ce n’est pas une garantie de « haute qualité de concertation »… ) Et pour la conduite concrète des aménagements, pas besoin de réforme constitutionnelle, de simples agencements des documents d’urbanisme (PLU, SCOT, PADD) sont requis. Évidemment, les projets se doivent de demeurer écologiquement cohérents et de ne pas nuire à la qualité de vie en sacrifiant des espaces de vie suffisamment spacieux au nom du gain économique à tout prix.

Ce qui est présupposé, c’est que l’émergence de ce type d’initiatives à une échelle quantitative satisfaisante ne saurait se passer d’une prise de conscience générale et collective des problématiques de la durabilité, et d’une assez bonne identification par la population des modalités de la transition écologique. Un éveil que les responsables politiques et associatifs se doivent de susciter, par l’encouragement à la participation démocratique des citoyens à la vie publique. Loin de toute euphorie écologisante et déconnectée de la réalité, ou de toute attitude démagogique, l’engagement des municipalités en faveur de cet enjeu de cohérence devrait être une règle morale de l’action politique.

Le site de Bimby : [ici]
Le site du CAUE 87 : [ici]

Images : (c) Projet Bimby




> LGV : Mea culpa, et caetera…

16102012

> LGV : Mea culpa, et caetera... dans Actualité locale bamnagement

hollande-train dans Aménagement du territoireLe président de la République rencontre les responsables socialistes limousins pour parler LGV. Je suis contredit. Volonté d’apaiser et de dialoguer ? Respect de la parole de Nicolas Sarkozy ? Convergence d’intérêts ? Nostalgie limousine ? Je ne sais pas, et peu importe. Que savons-nous sur le sujet ? Sans doute plus assez de choses pour que je consente à encore à me prononcer dessus. Dommage, car le désenclavement de la région mérite toute notre attention…

François Hollande a rencontré Alain Rodet, Philippe Nauche et Marie-Françoise Pérol-Dumont, lors d’un déjeuner – qui n’était même pas inscrit à son agenda officiel, pour discuter de la ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges. Une façon de réaffirmer son suivi personnel du dossier. Ou une manière de rassurer ses anciens voisins de fief électoral sur l’avancée d’un projet qui avait pris du plomb dans l’aile (beaucoup ?), avec les annonces des ministres Cahuzac et Cuvillier sur la responsabilité budgétaire. Le président de région affirme que les questions du POLT et des TER ont aussi été abordées. Soit !

Il y a quelques jours, suite aux propos presque curieusement confiants de Bernadette Chirac, je faisais part de mon scepticisme personnel – sans engager d’avis arrêté sur l’utilité de ladite ligne – quant à la réalisation prochaine du fameux barreau, estimant peut-être un peu décalée et (trop) optimiste son intervention. Bien mal m’en a pris. Ai-je mal soupçonné la portée de ses propos, glissés de façon a priori anodine et nonchalante à un journal régional ? Ai-je sous-estimé son poids dans les décisions politiques, son envergure dans les jeux de pouvoir, l’assurance des responsables politiques limousins, pourtant bien esseulés dans la conviction qu’ils ont des bienfaits de la LGV ? Suis-je tout simplement passé à côté de signes avant-coureurs, tels l’absence d’intervention publique et officielle du président sur la question des projets de lignes à grande vitesse, ou la réception récente (conciliante ?) de représentants d’opposants au projet par Bernard Combes, maire de Tulle et conseiller du président ? Je ne sais pas.

Quoi qu’il en soit, je préfère dorénavant, et jusqu’à nouvel ordre, ne plus m’exprimer sur ce sujet que de façon évasive. Je n’ai plus d’avis arrêté sur l’intérêt du projet en tant que tel. Et surtout, trop d’éléments nous échappent, trop de vérités et de contre-vérités indifféremment brandies en objectivités s’affrontent, et in fine, polluent nos représentations et instillent de coupables soupçons qui viennent ruiner nos efforts de réflexion. Batailles politiques, bataille des chiffres, arguments et contre-arguments de nature et de qualité variables bombardés chaque jour en arrivent à nous faire perdre nos repères, dans certains cas au détriment de la portée et des véritables enjeux d’un tel projet (le désenclavement d’une région, la desserte des territoires, la consultation populaire, etc. : des sujets aussi passionnants et complexes qu’ils demeurent dans mes centres d’intérêt).

Au final, les tortueuses procédures du débat public d’aménagement du territoire en France et la complexité du jeu politico-économique ont eu raison de mes certitudes (ce n’est pas grave), de mon courage (là non plus), mais aussi, un peu, de ma croyance en la transparence et en l’efficacité du débat public (ça l’est davantage). Suis-je le seul à le penser ?




> LGV : qui entend Madame Chirac ?

13102012

> LGV : qui entend Madame Chirac ? dans Actualité locale bamnagement

Apparemment confiante quant à la réalisation de la LGV Limoges-Poitiers, pour autant compromise par la situation économique, Bernadette Chirac a-t-elle un plan secret ? Compte-t-elle encore sur son aura ? Sur ses bonnes relations avec le nouveau président ? Pas sûr que son intervention annoncée ne fasse avancer les choses…

bernadette-chirac-claeys-rodet-209x300 dans Aménagement du territoireEn déplacement dans la Vienne dans le cadre de ses activités de présidente de la Fondation des hôpitaux de France, Bernadette Chirac a de nouveau affirmé au quotidien La Nouvelle République son soutien à la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges. Elle va écrire au président de la République. Un soutien de poids, davantage par le symbole de l’histoire, que par la pertinence des arguments, tant l’ancienne première dame semble en décalage avec les considérations actuelles du gouvernement. Mais au final, un engagement qui pourrait ne pas avoir tant d’impact que cela. Prévoyant son « étonnement » dans le cas d’un abandon du projet, Bernadette Chirac compte-t-elle sur le copinage, la solidarité limousine, pour enfin donner à la région « sa » ligne, trente ans après le lancement des premières discussions en la matière ?

Associé par nombre de ses détracteurs comme un déraisonnable dépensier, François Hollande va pour autant incarner la rigueur, d’une manière ou d’une autre, quand son prédécesseur à l’Elysée, plus enclin, c’est presque logique, à revendiquer l’austérité, par ailleurs réputé proche de Mme Chirac, pouvait il y a seulement un an encore se permettre de promouvoir et promettre le même TGV dans son discours d’Aubusson. La « faute » de cet apparent paradoxe à la triple sanctuarisation des budgets de la sécurité, de la justice et de l’éducation, promesses symboliques et capitales de campagne. Ces dernières imposent nécessairement des restrictions parfois drastiques là à la culture, ici aux transports, les ministres en charge de ces domaines l’ont récemment réaffirmé, non sans difficulté. Sans parler de l’argument plus facilement avouable de la pertinence socio-économique, ou quand le terme de « social » vient légitimer le polémique vocable « économique ». Là-dessus, il faut bien le dire, il y aurait sans doute beaucoup à dire, mais là n’est pas le but de mon propos, la commission en charge d’évaluer la cohérence territoriale de la ligne s’en chargera bien assez vite.

A l’heure où jamais de sa tortueuse histoire, le projet n’a paru tant remis en question, l’intervention de l’épouse de l’ancien chef de l’État, que l’on a dès 2006 présentée comme grand défenseur du barreau Limoges-Poitiers, raisonne un peu dans le vide. La voix de l’épouse d’un ancien président, en toute fin de carrière d’élue locale, a-t-elle encore une portée ? En ces temps de difficultés financières, que pèse l’entente cordiale entre les Chirac et l’ancien maire de Tulle, nouée à travers les rencontres à Bity et les séances du Conseil général ? On ne le saura que lors de la révélation des priorités du gouvernement en matière d’aménagement. Comprend qui veut. Car si Bernadette Chirac en appelle aux promesses de François Hollande, elle est certainement consciente que ce dernier n’a plus ni la liberté de ton, ni la capacité morale de l’engagement du président du Conseil général de la Corrèze…

Photo : Des clivages politiques transcendés dans le soutien à la LGV (Bernadette Chirac associée aux maires de Limoges, Alain Rodet, et de Poitiers, Alain Claeys, socialistes favorables à la ligne).







Mascara |
ARBIA |
hors-micro |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | joaniz
| FO Assurances 77
| Info33