> Si y’en a que ça les dé(m/r)ange…

24102010

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sarkozysaletetetgp.jpg« On n’a pas le droit de prendre en otage des gens qui n’y sont pour rien, dans leur vie quotidienne », disait Nicolas Sarkozy la semaine passée, lors d’un déplacement dans l’Eure-et-Loir. Cette thématique chère à la droite en temps de grève, qui joue sur l’exaspération de ces mêmes « pris en otage« , naufragés du RER ou des halls d’aéroport, soulève un problème. 

Tous les soirs, les journaux télévisés, de plus en plus stéréotypés, serinent par de récurrents (lassants ?) reportages de seconde qualité, véritables marronniers des jours de mobilisation, le ras-le-bol de ces franciliens pressés. Cela ne changera jamais, et c’est bien plus le traitement des sujets que leur contenu même qui peut poser problème. Mais la partialité des médias, c’est une autre histoire, et je ne cherche pas à parler de cela ici…

Nous n’en sommes plus, et ce depuis longtemps, à se lamenter de voir un Président de la République se replacer sans cesse en chef d’un parti, en défenseur d’une partie de la population et pourfendeur de l’autre. S’attarder davantage sur cette marque de fabrique du chef de l’Etat paraît de moins en moins utile, tant le bafouement des principes républicains est devenu une nouvelle valeur du régime. Mais pour couper court à tout soupçon de laxisme ou de laisser-aller, nous nous devons de pointer du doigt la vulgarité qui émane de tels propos.

Un otage, d’après le Larousse, c’est une « personne prise ou livrée comme garantie de l’exécution de certaines conventions militaires ou politiques« , ou encore une « personne dont on s’empare et qu’on utilise comme moyen de pression contre quelqu’un, un État, pour l’amener à céder à des exigences« . Le dictionnaire juge bon de préciser que « la loi punit la prise d’otage de la réclusion criminelle à temps ou à perpétuité« . Bien entendu, pas d’amalgame, il n’y a pas de crime dans les propos du président. Mais de tels propos venant d’un tel personnage paraissent bien marques d’irrespect et de faute dans la mesure. Est-il utile de rappeler que plusieurs français sont actuellement otages (et au vrai sens du terme cette fois !) en Afrique et en Afghanistan ?

Mais après tout, la sémantique sarkozienne, n’est-ce pas un peu ça, aussi ?

 




> Liberté de la presse : la France de moins en moins bien classée

3052010

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ockrent.jpg« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme ». Cette phrase lapidaire mais limpide est extraite de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. En cette journée internationale pour la liberté de la presse, force est de constater que partout et régulièrement, les atteintes à ce droit, et même ce devoir, sont toujours légion.

La France est le premier pays européen en terme de perquisitions dans les rédactions et d’arrestations de journalistes. Comme l’explique Henri Pigeat, ancien président de l’AFP, la France continue à préserver fortement le sens de la collectivité, ce qui explique que la liberté de la presse soit si surveillée, et que le journaliste soit soupçonné de partialité. En présence d’un journalisme dit « passif », il paraitrait donc logique que les libertés soient moindres ; une situation qui est différente dans les pays anglo-saxons, par exemple, où l’exigence critique est toute autre.

43e dans le classement 2009 des pays selon le respect de la liberté de la presse, la France se place ainsi au 22e rang des pays de l’Union Européenne (notons que 7 des 10 premières places du classement mondial sont occupées par des pays de l’UE). Loin, très loin derrière les pays nordiques, mais tlramasarkozyft.pngloin aussi derrière les Etats-Unis, le Ghana, la Jamaïque ou la Namibie, notre république côtoie désormais l’Espagne, 44e, minée par l’influence persistante de l’ETA, mais n’est plus très loin devant l’Italie berlusconnienne, par ailleurs rongée par la mafia, placée en 49e position.

Notons que la France se plaçait 35e de ce classement en 2006. Nicolas Sarkozy a été élu président de la République en mai 2007. Mais peut-on vraiment attribuer à l’élection de Nicolas Sarkozy et l’avènement de l’ère des liaisons dangereuses entre pouvoir politique et puissance médiatique, la mauvaise image de notre pays en terme de liberté de la presse ? Les différentes affaires qui ont émaillé l’actualité depuis plus de deux ans et écorné encore davantage l’image du chef de l’Etat, sont autant de preuves irréfutables. Ce reportage tourné par la TSR (Télévisions suisse-romande) en est un autre exemple, montrant ô combien les médias étrangers peuvent porter un regard éclairant sur notre propre système.

Certes, en France, il y a peu de chances qu’on découvre une journaliste s’étant clairement prononcée en défaveur du président en place se voir assassinée au sortir de chez elle, comme c’est le cas en Russie. Certes, en France, les dirigeants des grandes chaînes ou de grands groupes audiovisuels ne sont pas encore ministres ou autres, comme on peut le voir de l’autre côté des Alpes, lorsque Berlusconi à la mainmise sur trois chaines de télé. Certes.

rsf2008.jpgMais cela ne fait pas de notre pays un non exemple. Sûrement pas. La désignation programmée du président de France Télévisions par l’Elysée-même, les décisions prises par le chef de l’Etat lui-même avant une quelconque consultation des instances dirigeantes des chaînes (cf. la suppression de la pub que Patrick de Carolis a apprise par la télé), les menaces de restrictions en tout genre, les menaces de licenciements, … tout laisse à penser que la France sarkozyste est moins amie avec ses médias qu’avant.

Plus globalement, les autorités de la patrie des droits de l’homme se devraient plus que jamais de bien relire les lignes de notre Déclaration de 1789, modèle de libertés et d’égalité. Et d’en appliquer les valeurs.

Photos : campagne de RSF en 2003 ; une de Télérama n°3145 ; campagne de RSF en 2008.

 




> Pour le droit de vote des étrangers !

12012010

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droitdevoteetrangers.pngPrésentant ce matin ses voeux à la presse, Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, a annoncé que son parti entendait déposer une proposition de loi visant à autoriser le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Cette idée, qui fait partie des idéaux socialistes (et plus généralement de la gauche toute entière) depuis près de 30 ans et sa première évocation dans les 110 propositions de campagne de François Mitterrand, n’a encore jamais été validée. Finalement écartée par le président socialiste qui ne jugeait pas les Français prêts à accueillir cette mesure, ce véritable serpent de mer a depuis lors était l’objet de nombreuses tentatives de vote, qui ont toutes échoué, la dernière en date ayant été faite à l’occasion de la réforme constitutionnelle de 2008. Rappelons que les ressortissants de l’UE peuvent depuis le traité de Maastricht voter aux élections européennes et municipales françaises.

En 2006, 50 % des Français se déclaraient favorables à l’accord du droit de vote aux étrangers (sondage CSA), alors qu’ils n’étaient que 28 % en 1996. La preuve que les mentalités évoluent. Certains pays ont depuis longtemps accordé ce fameux droit, comme la Suède, dès 1975, ou la Belgique il ya 5 ans. Les craintes les plus grandes viennent d’une idée de vote communautaire. Cependant, diverses études ont montré que les étrangers votaient en majorité selon leur classe sociale, c’est-à-dire plutôt comme les citoyens français…

Fortement soutenue par l’extrême-gauche, les Verts et les socialistes, la proposition, depuis quelques années, est jugée favorablement par certaines personnalités de droite, dont le ministre et ancien socialiste Eric Besson, ou Nicolas Sarkozy lui-même, qui cependant n’a pas retenu l’idée dans sa campagne en 2007. Est-on droit de croire enfin au vote historique d’une telle proposition ? La droite, globalement symbole de division sociale, notamment avec le très critiqué débat sur l’identité nationale, et qui semble vouloir en cette période électorale, ramener sur le devant de la scène le douteux dossier « insécurité », peut-elle prouver qu’elle sait valider des propositions qui sauraient montrer que la France reste malgré tout un pays d’accueil, la terre des droits de l’homme ?

Photo : affiche de l’exposition photo « Parisiens d’ailleurs, citoyens d’ici » réalisée par M. Poussier et L. Geffroy en 2006




> Lipdub de l’UMP : ça ressemble a un gag… mais ça n’en est pas un…

11122009

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Quand j’ai appris hier soir dans Soir3, que les jeunes UMP avaient tourné ce petit bijou, j’ai d’abord cru à un gentil gag. Sauf qu’en plein décembre, et de la part d’une chaîne généraliste nationale, cela restait peu probable. Non, non, ce clip a bien été réalisé dans le cadre d’une campagne d’adhésion au mouvement de jeunesse du parti présidentiel. Un pur moment de bonheur. Affligeant. Et ce n’est même pas Luc Ferry, ancien ministre de l’Education de Raffarin, lui-même présent dans le clip, qui va dire le contraire. Invité du Talk Orange-Le Figaro, il a ainsi qualifié la vidéo de « dégoulinante de bêtise« , ajoutant « Que le show-bizz le plus médiocre et le plus bête s’introduise dans la politique comme ça, c’est désespérant. »

http://www.dailymotion.com/video/xbft4o

La mode est au lipdub, ces clips où des employés ou des personnalités chantent en playback sur une chanson plus ou moins raffinée. Quelques précédents plus ou moins réussis avaient fait parler d’ de manière aussi variable :

- le MEDEF, en 2007

http://www.dailymotion.com/video/x4b1ax

- le CHU de Limoges, en 2008 : [ici]

- l’ESSEC, en 2009

http://www.dailymotion.com/video/x9gspc

- Europe-Ecologie, en 2009 :

http://www.dailymotion.com/video/x99ehc




> Les plumes de Sarkozy en manque d’inspiration

29102009

Entre deux douches à 245 000 €, le président a peut-être eu du mal à retrouver le papier de son discours aux agriculteurs à Poligny, dans le Jura. Ou bien peut-être qu’il n’y en avait pas. Ce que Nicolas Sarkozy a annoncé à ses auditeurs, c’est tout bonnement la même chose mot pour mot que le discours prononcé le 19 février dernier.

Image de prévisualisation YouTube




> Quel avenir pour la culture sous Sarkozy ?

10072009

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urbaka2008.pngDès 2007, des inquiétudes se sont fortement faites ressentir dans le monde de la culture, et plus généralement chez tous les défenseurs de l’accès à la culture et de sa pratique. L’élection de Nicolas Sarkozy, qui en janvier 2006 « exprim[ait] [ses] doutes face à la nouveauté et à la création qui vident les salles« , laissait présager d’un avenir sombre.

Ceci s’est démontré ! Il faut savoir que les crédits alloués en 2007 au soutien à l’apprentissage et l’éveil culturel à l’école pour le ministère de la Culture n’ont représenté que 0,008 % du budget de l’Etat. Quel encouragement pour les collectivités locales qui restent tant bien que mal les premiers soutiens de la culture en France…

En Limousin, on sait que depuis deux ans, le festival des Francophonies ou Urbaka vivent dans l’incertitude. Ainsi, pour l’édition 2009 des « Francos », il faut signaler que le ministère des Affaires Etrangères, dont le ministre est un ancien responsable socialiste, retire totalement sa subvention de 135 000 €. Au sujet du festival de théâtre de la rue, proposant chaque année des spectacles de grande qualité, rappelons que l’Etat n’y apporte strictement rien, et que l’organisation doit compter sur le dynamisme de son équipe et la confiance des collectivités.La création d’un Conseil de la création artistique par le président reste un symbole des effets d’annonce chers au locataire de l’Elysée. Un simple « nouveau gadget » pour le PS, défenseur de la culture qu’il soit aux commandes de l’Etat comme à celles d’une municipalité (cf Limoges), qui n’y voit pas grand chose excepté un énième organisme sans influence et sans utilité. Rien de très étonnant de la part d’un chef d’Etat pour qui la richesse culturelle de la France serait incarnée par Jean-Marie Bigard et Mireille Mathieu…

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les subventions au spectacle vivant ont chuté de près de 30 % depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Le président ne s’est pas une seule fois attelé au dossier de la culture, préférant y déléguer une obscure ministre sans pouvoirs et sans projets. L’arrivée de Frédéric Mitterrand, ne paraît hélas pas un gage de sûreté pour les artistes et les citoyens.

Photo : Urbaka 2008 (c) Cristi Urbaka







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