> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges

1072013

> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges dans Actualité locale bamnagement

La semaine dernière, alors que tout le monde s’émouvait des conclusions imminentes de la commission Duron enterrant le projet de LGV Poitiers-Limoges, après plusieurs semaines d’incertitude, je participais à un des mini-débats organisés par la Ville de Limoges dans le cadre de l’exposition Limoges 2025*. La rencontre « Limoges ville-capitale », animée par Jean-Pierre Limousin, était l’occasion de revenir sur le sujet brûlant de la LGV et de requestionner la confiance aveugle dans la réalisation du projet polémique qui est celle des élus socialistes haut-viennois. Si mon sentiment vis-à-vis du projet demeure divers, j’estime en fait que la LGV ne peut fonctionner qu’à de très (trop ?) nombreuses conditions.

La rencontre à laquelle j’étais inscrit, animée par Jean-Pierre Limousin, président du CESER et de la CCI mais aussi de l’association de promotion du TGV Paris-Limoges-Brive, permettait d’aborder le thème de « ville capitale ». Autrement dit, savoir quelle place donner à Limoges dans le contexte national et international de mise en concurrence des territoires, de métropolisation (poids croissant des fonctions de commandement et d’organisation des villes métropoles nationales et régionales) et aussi en filigrane de déterritorialisation progressive des activités dans le cadre de la mondialisation, qui accorde de plus en plus d’importance à la présence numérique.

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Poitiers, Limoges, Brive... ces trois villes veulent-elles réellement travailler ensemble ? (c) Association TGV PLB

Si la très faible participation citoyenne – deux citoyens lambda – à cette rencontre est déjà un problème en soi – Jean-Pierre Limousin confiait lui-même sa déception et ses interrogations concernant les moyens d’assurer une démocratie participative vivante –, on pouvait également se demander ce qui avait pu motiver la programmation de ces rencontres ô combien intéressantes en plein milieu de la journée en semaine… Passons. Le sujet a forcément dérivé sur le sujet de la ligne à grande vitesse. Pour M. Limousin, l’intérêt de la LGV est à trouver dans l’impératif de rééquilibrage du grand Sud-Ouest que Limoges soit d’incarner par rapport à Bordeaux et Toulouse, et plus largement assurer la survie et la relance d’un Limousin bien moins dynamique que ses voisins occidentaux. Impératif qui ne peut s’effectuer que dans l’association métropolitaine de Poitiers et Limoges, qui ensemble incarneraient un pôle urbain concurrent et compétitif d’environ 300 000 habitants. Tout cela s’appuyant sur la bonne intégration de Poitiers aux réseaux d’échanges existants, sur l’intérêt qu’elle aurait à ne pas suivre Orléans et Tours dans l’étouffement parisien, ainsi que sur la notoriété sous-estimée mais réelle des noms de « Limoges » et du « Limousin » à l’étranger, notamment en Asie. Ce nouveau binôme Poitiers-Limoges aurait ainsi la nouvelle capacité de peser dans les décisions d’aménagement et la captation des richesses et des flux de toutes sortes, ceux-ci étant ensuite réinvestis dans la dynamisation du territoire annexe. Présenté ainsi, on en serait presque convaincu, la LGV serait un atout pour la ville et la campagne. Restait tout de même à « régler » plusieurs sujets majeurs : convaincre les acteurs picto-charentais, élus et citoyens, de leur intérêt à s’associer avec le Limousin, prouver la pertinence économique du projet, assurer la réussite du passage du concept théorique à l’application territoriale, avec ses spécificités et ses limites, et enfin en convaincre les populations. Je vais y revenir.

L’extrême-confiance de Jean-Pierre Limousin, Alain Rodet ou Jean-Paul Denanot pourrait même passer pour suspecte, certains y voyant la trahison de quelques doutes dans leur relation de confiance avec l’exécutif suprême, d’autres une attitude bornée et déconnectée des réalités, voire électoraliste, de mauvaise augure dans la perspective d’une revalorisation de l’image de l’acteur politique, tant attendue. C’est encore un autre sujet.

Au-delà de l’aspect économique, la LGV est encore bien loin d’avoir prouvé sa pertinence en terme de projets partagés entre Limousin et Poitou-Charentes, alors que la synergie Limoges-Poitiers est jugée essentielle…

En définitive, pour moi, la LGV Poitiers-Limoges n’est pas un projet uniformément et forcément néfaste. Mais au-delà des polémiques liées à la façon dont les études préliminaires ont été menées depuis 2006, elle n’a de pertinence que si l’on « oublie » l’inoubliable. Autrement dit, des facteurs qui peuvent paraître annexes mais qui mettent en lumière les brèches de la conduite du projet et en sont tout bonnement la condition de succès. Pour l’instant, ces facteurs inoubliables demeurent occultés. Et ainsi, la LGV fonctionnera si l’on continue de les occulter :

  • La LGV fonctionnera si l’on oublie la situation des finances publiques – mais qui le peut ? – du côté de l’Etat mais aussi des collectivités, de plus en plus appelées à mettre la main au porte-monnaie mais en pleine incertitude à l’heure d’un nouvel acte de décentralisation bien confus. Mais on ne peut pas l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie aussi le fait que désormais, l’Etat ne peut hélas que difficilement se permettre de financer à lui seul les grands projets. C’est regrettable mais c’est un fait, et si l’on peut évidemment critiquer l’attitude de Ségolène Royal dans ce qu’elle tient de l’obstination, du caractère personnel et d’une mauvaise appréciation d’un territoire potentiellement partenaire mais sous-estimé – le Limousin –, voire d’une certaine condescendance, on se doit de comprendre sa réticence à engager le financement du projet. C’est regrettable mais on ne peut l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on parvient à dépasser les divergences de vue des habitants du Limousin et du Poitou-Charentes, et en particulier de leurs élus. Si l’on conditionne la réussite du projet à la synergie entre Poitiers et Limoges, comme l’avance Jean-Pierre Limousin, comment compter sur la concorde pour l’instant très partielle des élus des deux régions, puisqu’à ce jour, autant le Conseil régional de Poitou-Charentes que le Conseil général de la Vienne (sans oublier les réserves croissantes des élus corréziens) se montrent sceptiques vis-à-vis de cette future ligne. Je pense aussi à l’existence de projets collectivement portés, et à l’existence de structures formelles et institutionnelles de partages de projets, d’ambitions pour les deux régions.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie que la SNCF et l’Etat n’ont pas seulement rechigné à engager la modernisation de la ligne POLT avant la LGV pour des raisons d’adhésion pure à la grande vitesse, mais aussi compte-tenu des incertitudes portées par l’ouverture du rail français à la concurrencerendant périlleux le financement massif en faveur d’une adaptation des voies aux 220 km/h si ce n’est plus la SNCF qui demain à le monopole de la gestion des trains. En ces temps où rarement le modèle socio-économique n’aura été remis en cause, on ne peut l’oublier. 
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie également le fait que la défense de ce projet fait bien écho à l’aura nostalgisante du sigle TGV,  évocateur de promesses de développement des territoires, et que donc la défense de ce projet tient au moins en partie d’un fantasme compréhensible mais un peu vain des populations locales un peu frustrées de n’avoir pu bénéficier du formidable espoir de dynamisme apporté par les LGV Est européenne, Atlantique ou Méditerranée, et d’attendre une concrétisation d’un projet évoqué depuis trente ans. Il y a du fantasme dans cette quête de la grande vitesse, symbole de la puissance française du XXe siècle. D’aucuns y assimileront le Concorde…
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie enfin que la LGV n’est pas automatiquement un vecteur de développement intégral et lissé des territoires, étant donné l’effet tunnel indubitablement provoqué par de telles infrastructures, qui profitent avant tout aux terminus (Poitiers et surtout Limoges). En effet, les effets bénéfiques aux territoires environnants, s’ils sont possibles (il faut quand même le dire), ne sont garantis que si l’on associe l’arrivée de la grande vitesse à d’autres chantiers, pour autant de nouvelles conditions à la pertinence du chantier… 
La LGV ne peut et ne doit fonctionner que si elle est mise en complémentarité de la modernisation des axes ferroviaires et routiers annexes. Or, financièrement, peut-on se le permettre ?
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Gare de Saint-Sulpice-Laurière. Pourquoi « pro » et « anti » ne se retouvent-ils pas autour de la même ambition de supprimer le point de rebroussement et ainsi favoriser le désenclavement de la Creuse et le passage des TGV ? (c) Tuyra – Wikimedia Commons

En effet, outre l’impératif bien douteux d’occulter tous ces points, il conviendrait au promoteur de la LGV d’assurer la complémentarité des projets d’aménagement et de considérer les obstacles techniques après les éléments moraux et politiques. A l’infaisable moral, à ces oublis manifestes auxquels les défenseurs du projet souscrivent sans hésitation, ajoutons ce qui pour l’instant est malheureusement peu brandi dans les débats et arguments, ces idées qui font donc pour le moment figure d’infaisables techniques et financiers alors qu’elles ne le sont pas, qu’elles conditionnent le succès de la LGV et qu’elles paraissent bien plus utiles au développement territorial :

  • la modernisation des axes routiers majeurs, à la fois condition au développement des territoires, au désenclavement du centre de la France et à la sécurisation de secteurs dangereux : la RN 147 vers Poitiers, la RN 79 vers Mâcon, la RN 21 vers Périgueux ;
  • l’électrification de la ligne Limoges-Guéret, et le réaménagement de la gare de Saint-Sulpice-Laurière de sorte à ce que le demi-tour des trains n’y soit plus obligatoire (suppression du point de rebroussement), ce qui améliorerait l’intégration de la préfecture creusoise au réseau national, mais qui aurait pu faire profiter à la Creuse de l’effet grande vitesse et au-delà d’impulser de nouvelles liaisons « grandes lignes » entre l’est et l’ouest de la France. Ces deux points ont eux-mêmes été évoqués par Jean-Pierre Limousin, qui y voit l’occasion manquée des Creusois de soutenir la LGV.
  • Et évidemment la modernisation de la ligne POLT, au nom de l’équité des territoires prônée par le gouvernement Ayrault.

Beaucoup de conditions, donc. Si la LGV ne se fait pas, ces conditions n’en demeureront pas moins des outils de développement à étudier sérieusement, car elles ne sont pas conditionnées à la grande vitesse, elles. Si elle se fait, comme le soutient mordicus M. Limousin, alors au-delà d’un « fait du Prince » un peu déroutant, elle n’en demandera pas moins de toute urgence la réalisation des projets annexes et complémentaires que j’ai cités. Mais pourra-t-on – financièrement, techniquement, moralement – se le permettre ?

*Cet exercice de prospective sur les perspectives attendant notre ville dans les prochaines années, critiqué pour son tempo, à quelques mois des municipales, et son message, vu comme partisan, est encore accessible aux citoyens jusqu’à la fin de semaine, à la Bfm de Limoges.  




> Ces trésors que Limoges ignore encore un peu trop…

27062013

> Ces trésors que Limoges ignore encore un peu trop... dans Actualité locale expressVous avez peut-être pu vous procurer le numéro de L’Express consacré aux « trésors cachés de Limoges », il y a deux semaines. Vous y avez peut-être découvert des lieux et édifices inconnus jusqu’alors. Et vous en avez peut-être déduit, à la lumière et à l’instar de ces révélations, que Limoges devait fourmiller de ces trésors méconnus mais pourtant prometteurs. Deux défis sont sous-entendus par ce supplément documentaire. Le premier, l’équilibre entre considération et valorisation du patrimoine et aménagement et développement urbain. Le second, c’est de bien comprendre qu’au-delà de ces richesses du patrimoine bâti et matériel, Limoges semble regorger de potentiels tout autant cachés mais réels, qu’elle se doit de valoriser, pour elle, ses habitants et sa relation avec l’extérieur.

Il y a quinze jours, donc, le magazine L’Express faisait paraître, dans son supplément local limougeaud, un encart spécialement consacré à la capitale régionale et ses « trésors cachés ». Une initiative intéressante, permettant de faire la lumière sur certains angles méconnus du patrimoine local, et donc, pourquoi pas, d’inciter à un regard plus insistant et plus original sur des éléments qui font l’originalité de la ville. Cette originalité s’incarne d’une part par la très grande diversité, voire disparité des richesses patrimoniales, tant en époques qu’en aspect. Beaucoup de voyageurs et observateurs le remarquent, et ce n’est pas forcément un mal que de voir se côtoyer architecture contemporaine et bâti séculaire quand la cohabitation est harmonieusement négociée. D’autre part, Limoges se distinguerait – et ce n’est pas toujours heureux – par le caractère méconnu et insoupçonné de ce patrimoine. Car si des efforts ont été récemment fournis dans la mise en valeur de certains éléments jusqu’alors minimisés ou mal connus, beaucoup reste à faire (on pense au patrimoine archéologique antique ou au patrimoine industriel).

Le patrimoine, un outil au service de la cohésion sociale

De ces idées jaillit le défi majeur de la gestion du patrimoine : savoir le définir, l’apprécier à sa juste valeur et déterminer les objectifs et intérêts finaux de son appropriation, trouver le bon équilibre entre valorisation et aménagements, avec ce que cela peut supposer en terme de développement touristique et économique, mais aussi en ce qui concerne de réelles promesses sur le bien-être social, la cohésion des populations au-delà de leurs différences. Parvenir à déceler l’intérêt d’une valorisation sur un site sans tomber dans les travers de la muséification, savoir négocier l’inclusion d’éléments patrimoniaux dans un quartier pour en faire un symbole sinon un repère spatial vecteur d’harmonie paysagère et évocateur d’appropriation populaire, ce sont des enjeux majeurs pour faire des quartiers et des villes des espaces où il fait bon vivre et exercer une activité, de façon collective.

fourmontjovis-300x192 dans Aménagement du territoireLe magazine a cru bon parler de certains monuments visitables mais connus (le souterrain de la Règle, la rue de la Boucherie) ou bien moins (le cimetière de Louyat, les thermes de la villa gallo-romaine de Brachaud), et parfois – ce qui est encore plus intéressant – bien moins accessibles, dont le sort est de ce fait délaissé voire ignoré. C’est le cas du campanile de la gare, fermé pour raisons de sécurité depuis 2007, de la crypte Saint-Martial, ouverte et fouillée mais peu avenante, ou des fours à porcelaine subsistants, qui exception faite de celui des Casseaux, dépérissent petit à petit alors qu’ils sont le symbole physique du passé industriel de Limoges. Cette visibilité momentanée doit pouvoir sensibiliser ne serait-ce qu’un peu le lecteur au devenir de pans entiers de notre histoire, de nos références partagées. Autant de supports de cohésion sociale et de dynamisme économique et culturel. Et de fierté, aussi, cela compte…

Un discours politique volontaire et positif et une mobilisation collective au service de l’émergence de fiertés et de secteurs porteurs et salutaires

Mais beaucoup de potentiels restent ignorés ou sous-exploités. Le patrimoine linguistique et artistique autour de la culture occitane écrite et orale en est un que je trouve parlant ! Mais on peut aussi penser aux sujets qui sont davantage des « patrimoines en devenir », des marques de fabrique à créer et à dynamiser, des niches d’excellence en puissance (excellence environnementale, transports en commun, lecture publique, etc.). Des opportunités ont su être saisies dans les domaines de l’eau, du luxe, du droit de l’environnement ou de la francophonie. Gardons-le en tête et soutenons les efforts dans le temps et dans les discours ! Evidemment, il convient d’agir en mobilisant les bons outils et les bons arguments, en écartant récupérations politiques, réécritures historiques et artificialisation des traditions. Limoges (et je parle ici de la ville et de ses populations, bien au-delà des seuls édiles), n’a pas encore bien pris la mesure de toutes ses richesses, et même si en plusieurs points elle est sur la bonne voie, les discours ambiants et les inerties parfois observés sont la preuve que les efforts ne sont jamais assez poursuivis et, surtout, jamais assez partagés ! Et ce partage par tous, il passe à la fois par la mise en place d’outils de démocratie de proximité et par la prise de conscience des riverains.

Photo aérienne : (c) Google : le four de l’avenue Montjovis.




> Réinstaurer une culture de débat : une exigence démocratique

30052013

> Réinstaurer une culture de débat : une exigence démocratique dans Actualité locale bsocit

dnte-300x223 dans Aménagement du territoireDans le cadre du Débat national sur la transition énergétique que le gouvernement a voulu mettre en place en 2013, la Région Limousin a décliné l’événement à son échelle et organisé le 24 mai 2013 une « Conférence régionale des énergies », à l’Hôtel de Région, à Limoges. L’occasion de mettre autour de la table les acteurs régionaux directement impliqués pour échanger des priorités et des enjeux qui s’imposent à notre territoire à l’heure où nécessité est faite de réorienter nos choix énergétiques, en qualité et en quantité. Un moyen également de saisir l’importance du débat citoyen.

Soucieux d’associer la jeunesse à ses enjeux qui concernent à plus d’un titre les jeunes générations, la Région avait sollicité le CRJ pour qu’il présente les Trophées du développement durable, exemple parlant et concret d’une application découlant des discussions des Assises de la transition écologique de l’économie et de l’emploi, organisées en 2011. Ces discussions furent l’occasion de créer des espaces de travail citoyen participatif inédits. Ce fut l’occasion de prouver combien les jeunes limousins se sentaient impliqués dans les débats qui animent actuellement notre société, à toutes échelles.

Représentants des chambres consulaires, des secteurs public et privé de l’énergie, des consommateurs, d’associations de protection de l’environnement, des salariés, élus mais aussi citoyens lambda simplement impliqués dans la vie locale: tous avaient été conviés pour échanger à travers 4 ateliers sur les énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétique, le financement de la transition énergétique et les scénarii pour atteindre le mix énergétique en 2025.Les conclusions de ces échanges seront communiquées au Ministère du Développement durable. Les débats, cordiaux mais parfois vifs compte-tenu des désaccords que les différentes pistes en matière d’énergies peuvent susciter, ont notamment porté sur l’intérêt d’intégrer au mieux l’ensemble de la population à ces discussions par de nouveaux modes de gouvernance, et de clarifier et simplifier les procédures visant à l’instauration de nouveaux modes de production et de gestion de l’énergie. Les propos ont aussi traité de l’importance définir le profil du mix énergétique à instaurer : un débat capital en Limousin, où l’exploitation historique de l’uranium comme les potentiels en énergies renouvelables (hydraulique et éolienne notamment) donnent matière à l’échange.

Ces rencontres avec des publics extérieurs répondent pleinement au souhait du CRJ d’ouverture et de décloisonnement des initiatives.

eoliennes_0-300x157 dans GouvernementLes intervenants, au premier rang desquels se trouvaient les représentants de l’institution régionale, tels le Président Jean-Paul Denanot et le Vice-Président Jean-Bernard Damiens, ont salué la présentation des Trophées du développement durable, dont la réussite avait été remarquée, et ont insisté sur la part que devaient prendre les jeunes aux débats actuels sur cette transition énergétique. Plusieurs des invités ont eu à cœur, dans les moments les plus informels de la conférence, de saluer la présentation de l’initiative portée par le CRJ, et de s’intéresser au fonctionnement de cette instance consultative et participative. Ces rencontres avec des publics extérieurs répondent pleinement au souhait du CRJ d’ouverture et de décloisonnement des initiatives.

J’ai pour ma part eu plaisir à échanger avec quelques-unes de ces personnalités convoquées pour l’occasion. Je repense à ce directeur de la Chambre des métiers de la Creuse, qui non content de me louer la qualité de vie et d’exercice de son activité en Limousin, s’est attaché à comprendre le fonctionnement de l’institution du CRJ. Je pense aussi à cette représentante de l’Ademe avec qui nous avons discuté de la réussite des Trophées comme des perspectives de notre Conseil. Je pense à ce représentant de l’UFC-Que choisir. Je pense aux compliments divers adressés à mon intervention et au-delà de ma personne à l’engagement de jeunes sur les problématiques de durabilité. Je pense enfin à cet échange chaleureux avec une conseillère régionale du Limousin, que j’ai connu dans un autre cadre, plus scolaire, et qui a eu à cœur de connaître mon ressenti de « jeune conseiller régional ». Je ne me gargarise pas de flatterie, mais je suis touché de ces marques d’intérêt qui doivent encourager à toujours davantage s’engager, quel que soit le domaine.

Prouver que l’échange citoyen doit être le fondement d’une véritable refonte démocratique de notre sociét

bandeau-fb-300x129 dans HollandeRépondant au même souhait de pleine intégration de la jeunesse à ces considérations énergétiques, j’ai récemment eu vent de l’organisation d’un débat sur le même sujet, par les Jeunes Ecologistes. Après-demain, le 1er juin, une grande réunion verra donc se réunir, à leur instigation, des jeunes engagés en politique de la gauche (Jeunes communistes, Jeunes radicaux, Jeunes du PG, MJS) mais aussi du centre et de la droite (Jeunes démocrates, Jeunes UDI et Jeunes Populaires). Attaché à l’existence d’espaces d’échanges formalisés, institutionnalisés pour qu’ils convainquent et fassent figure d’arguments d’autorité et d’encouragement à l’exemplarité citoyenne des représentants politiques, je ne peux que saluer une telle initiative. Non seulement, celle-ci doit permettre – je l’espère – de replacer les défis engendrés par un tel enjeu, mais aussi et surtout, en l’occurrence, au-delà des étiquettes, prouver que l’échange citoyen doit être le fondement d’une véritable refonte démocratique de notre société, à l’heure où nos institutions n’ont jamais paru si discutées. Si nous pouvons saluer François Hollande dans sa volonté de réorienter la forme de l’exercice de sa présidence, nous ne sommes que plus impatients d’attendre de lui une véritable réinvention de notre modèle démocratique, dont chaque jour nous percevons l’essoufflement. Pour ne pas dire l’obsolescence ! Ce serait un fort engagement en faveur de la durabilité la plus transversale.

Puissions-nous, ici aussi à Limoges, où la culture du débat ne demande qu’à être insufflée, prendre de la graine de cette louable initiative, du côté des jeunes engagés en politique, comme de leurs aînés siégeant actuellement dans les assemblées élues, qui doivent garder en tête qu’ils tiennent leurs sièges des suffrages des électeurs…

N.B. : une version plus courte de cet article a été publiée sur le blog du Conseil régional des jeunes du Limousin. La version publiée ici propose un point de vue plus personnel.

Photos : logo du DNTE ; éoliennes de Boussac (c) France 3 Limousin ; annonce du débat jeunesse sur la transition énergétique (c) Jeunes Ecologistes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




> Municipales : brèves de campagne #3

23052013

> Municipales : brèves de campagne #3 dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

A dix mois des élections municipales, le sujet fait encore un peu plus parler de lui dans le microcosme limougeaud. Et les sujets abordés dans le corps de la dernière lettre d’info municipales comme dans les tribunes politiques sont révélateurs de ce changement progressif d’atmosphère, qui annonce un été riche en constitution de listes et de programmes.

dsc_9510-300x200 dans Aménagement du territoireLimoges 2025, expo citoyenne et/ou message politique ?

« Limoges 2025, imaginons notre avenir ». Non, ce n’est pas le slogan d’une liste pour la prochaine échéance électorale, mais c’est bien le titre de l’exposition organisée par la municipalité à la BFM, ouverte le 28 mai prochain ! A travers une déambulation en 6 étapes, on sera mis en face des méthodes de l’action publique, des tendances, des atouts, des acquis, des perspectives de notre ville. Le tout surmonté de quelques animations un peu plus spectaculaires et interactives (film de la ville par un drone, animation théâtrale de l’Académie régionale de l’Union, etc.) Autant de sujets à même de captiver tous les citoyens, quels que soient leur âge et leur « rôle » dans la Cité, et donc de sensibiliser à la chose publique, ce qui est primordiale à l’approche d’une campagne de proximité.

En soi, l’approche pédagogique du sujet est fort intéressante. Et évoquer ces questions semble pertinent, à l’heure où la ville de Limoges est, comme toutes les métropoles régionales françaises, confrontée à la mise en concurrence des territoires par les phénomènes de métropolisation et de mondialisation, avec ce que cela suppose en terme d’enjeux de transports, de dynamisme économique et touristique, de développement durable… Mais la tenue d’un tel événement à quelques mois du scrutin, et surtout pendant la phase d’enquête publique du projet de LGV Poitiers-Limoges, dont la réussite serait pour les promoteurs de la grande vitesse le point de non-retour vers la réalisation de ladite ligne, peut interpeller. La LGV est d’ailleurs largement – et logiquement – évoquée dans un encart du magazine municipal accolé à la présentation de l’exposition ! Sans parler d’entretien de confusion, les détracteurs du projet apprécieront ! Si avant même l’ouverture de l’exposition, il serait faire preuve d’un peu trop d’aventure que d’assimiler l’initiative à un message politique de la majorité sortante, il va sans dire que le fond comme la présentation des projets et des enjeux présentés feront parler ! De là à parler d’expo polémique… Attendons donc de découvrir le contenu de « Limoges 2025 ».

Jetons un œil aux tribunes des groupes politiques du Conseil municipal, et l’on y décèle quelques informations intéressantes, plus ou moins entre les lignes.

A gauche, les élus du groupe communiste, tiraillés entre l’autonomisation nationale (l’attitude hostile de Mélenchon vis-à-vis du gouvernement) et locale (les groupes indépendants Limousin Terre de gauche à la région et au CG de Haute-Vienne) du Front de gauche vis-à-vis des socialistes, et leur loyauté à Alain Rodet depuis l’élection de 2008 et même avant, ont ménagé leur deux « camps »… en dissociant contexte national et contexte local ! Une façon pour eux de garder la possibilité de repartir avec le PS à la prochaine municipale, et par conséquent de conserver des postes à responsabilité et une visibilité, tout en critiquant ouvertement les déboires et les fausses routes de l’équipe Hollande-Ayrault, dont il devient compliqué de cautionner les atermoiements. Les conseillers municipaux en appellent donc à une réorientation de la politique gouvernementale, seule condition pour redonner confiance et espoir à la population administrée localement… qui dès lors pourrait voter sans état d’âme pour une équipe de gauche rassemblée !

Une page plus loin, c’est par un encart que les élus UMP semblent une fois encore déplorer la scission du groupe d’opposition depuis le rapprochement des centristes Philippe Pauliat-Defaye et Marie-Pierre Berry et de la MoDem Nadine Rivet… alors que la forme des propos des deux groupes semble si proche ! Même critique de l’action et de la méthode de la majorité, et surtout même métaphore romaine, les uns et les autres voyant dans les projets de l’équipe Rodet des prémonitions de la chute d’un empire qui n’aurait su donner que des jeux sans prendre la peine d’apporter le pain de l’essor économique et médiatique. Si le centre a déjà fait part de quelques pistes d’action pour 2014, pour l’UMP, on repassera…

objectiflimoges-300x168 dans DécouverteObjectif Limoges, pour remettre le débat au centre ?

On n’en parle pas (encore) dans Vivre à Limoges, mais un nouveau collectif politique de dialogue vient d’être lancé à Limoges. Dans la foulée de la constitution du nouveau groupe centriste au Conseil municipal, un espace d’échanges et de débat, « Objectif Limoges », a été mis en place à l’instigation de Vincent Léonie, candidat radical aux cantonales en 2011 à Puy-las-Rodas et figure haut-viennoise de l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo. Officiellement, il s’agira d’un « espace démocratique d’écoute et d’échange, qui veut être le creuset de réflexions pour la création d’un projet, afin de réconcilier Limoges et son avenir. » Une belle ambition, mais on attend d’en voir davantage ! 

Photos :  (c) L. D., (c) compte twitter d’Objectif Limoges




> Municipales : brèves de campagne #2

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> Municipales : brèves de campagne #2 dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

 

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La création de débats citoyens, les témoignages de Cyril Cognéras, les ambitions de Guillaume Guérin… c’est l’actualité de la campagne municipale à Limoges !

- Nous nous sommes retrouvés à cinq, place de la République. Modeste réunion, mais la motivation et l’envie de créer quelque chose étaient présentes. Déjà sensibilisés à la question politique, actuels ou anciens militants politiques, nous nous sentons d’ores et déjà concernés par les enjeux tus ou affirmés des prochaines élections municipales. Nous ne créerons pas de liste, certains étant déjà engagés. Mais notre objectif est  de créer les conditions d’un débat citoyen, au-delà des échéances prochaines mais profitant du contexte électoral, l’élection municipale étant l’élection concrète et locale par définition, par essence. Le but ultime, c’est que chacun se réapproprie son statut de citoyen et le fasse vivre en s’intéressant à la vie publique locale, en interpellant ses élus, et éventuellement en s’engageant par la suite, dans la politique, mais aussi et pourquoi pas avant tout dans le milieu associatif, ou par le dialogue, tout simplement. Bientôt, nous serons plus nombreux, car vous serez conviés à nos débats citoyens.

- Figure emblématique du conseil municipal de Limoges, tête de liste des Verts en 2008, unique élu de la liste, qui avait créé un groupe écolo-capitaliste avec les deux élus NPA en 2009, puis revenu à Europe-Ecologie Les Verts, Cyril Cognéras a décidé avec simplicité, parler vrai et sincérité de rendre compte de son expérience, de son vécu d’élu municipal sur son blog.

- Profitant de la venue de Laurent Wauquiez à Limoges, qu’il a lui-même invité avec son organisation Haute-Vienne Alternance, le jeune Guillaume Guérin a d’ores et déjà lancé sa carrière politique active. Certain d’être élu au conseil municipal sur la liste UMP dont on ne connaît pas encore avec certitude le meneur, le meilleur espoir de l’UMP depuis le retrait d’Alain Marsaud a réussi à réunir autour de sa personne et de son ambition une fédération départementale haut-viennoise totalement éclatée. Et nourrit de bons espoirs pour 2014 (Aixe-sur-Vienne, Bellac, Magnac-Laval sont les objectifs), et même 2015, puisqu’il devrait conduire la liste régionale !




> Comme un parfum de municipales… (Brèves de campagne #1)

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> Comme un parfum de municipales... (Brèves de campagne #1) dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

Articles de la presse régionale, premiers sondages nationaux, création d’un nouveau groupe au Conseil municipal, un blog et un groupe Facebook dédiés… A onze mois du premier tour des élections municipales, la campagne limougeaude semble plus que jamais imminente. Et le contexte politique national marqué par les rumeurs de remaniement et le spectre insistant d’une défaite de la gauche aux prochaines échéances n’y est sans doute pas pour rien. Si les premières listes et propositions. Retour sur ces quelques actualités qui ont tout juste fait bruisser le microcosme politique local ces dernières semaines :

limoges2014-bandeau-300x93 dans Aménagement du territoire- On l’avait signalé, les élus Nouveau Centre du groupe d’opposition au Conseil municipal de Limoges ont quitté leurs collègues de l’UMP pour créer un nouveau groupe centriste avec leur homologue du MoDem Nadine Rivet. Sans doute échauffés par les sorties verbales du conseiller Viroulaud, mais aussi motivés par la perspective de constituer une liste autonome, conforme aux voeux de l’UDI nationale, ces trois élus (Mme Rivet et Philippe Pauliat-Defaye et Marie-Pierre Berry) ont également concrétisé leur stratégie par la mise en place d’un compte Twitter et la publication sur leur site d’une déclaration de principes... en forme de pré-programme municipal ! Des grands axes qui interpellent également par le fait qu’ils diffèrent sensiblement des projets habituels de la droite limougeaude… Parmi ceux-ci : un « plan d’urbanisme cohérent, mêlant modernité et mise en valeur du patrimoine« , un souci accordé à « l’Université pour faire de Limoges un pôle d’excellence universitaire au rayonnement européen » ou le « renforcement de l’activité touristique de la ville autour du label « Ville d’Art et d’Histoire » mais également autour des traditions industrielles« .

- La presse régionale multiplie les articles spécialement consacrés. Après un premier jet qui révélait il y a quelques mois les choix des maires sortants de Haute-Vienne pour le prochain scrutin, Le Populaire a fait savoir l’apparent renoncement de Monique Boulestin, ex-première adjointe de Limoges, mais aussi confirmé la présence d’une liste FN, l’existence de discussions à l’UMP sur le nom de la tête de liste, les interrogations quant à la stratégie du PCF, tiraillé entre sa loyauté au bilan commun avec le PS et la tentation d’une liste Front de gauche avec les anticapitalistes…

- Lancé il y a tout juste un mois par un militant PRG, un groupe Facebook ouvert à tous et appelant au débat citoyen informel sur la campagne et ses enjeux a été ouvert. Pour l’instant riche d’une quarantaine de membres seulement, parmi lesquels Catherine Beaubatie, Monique Boulestin, Camille Geutier ou Marie-Françoise Pérol-Dumont, mais aussi quelques journalistes locaux, il ne demande qu’à accueillir de nouveaux citoyens avides d’échanges fructueux ! La campagne sera citoyenne ou ne sera pas.

- Figure reconnue du paysage artistique et littéraire limougeaud, Laurent Bourdelas a lancé il y a quelques jours un blog indirectement consacré à la prochaine élection. A travers ce nouvel espace, c’est une « vision plutôt historico-poético-littéraire » qui sera proposée, invitant davantage à la réflexion, à la prise de recul, qu’à l’engagement politique propre. Les premiers épisodes incitent à repenser Limoges par la géographie, la littérature, la déambulation et le paysage. Une ambition habilement complémentaire des débats politiciens et programmatiques !

- Enfin, les travaux préparatoires du secteur des Casseaux, plusieurs mois après l’ouverture polémique du nouveau McDonalds dans l’enceinte de l’ancienne usine Royal Limoges, devraient être lancés à la fin de l’année. Le grand chambardement fonctionnel et esthétique espéré est enfin en vue aux Casseaux. Un bénéfice pour les flux urbains, mais aussi pour l’image de la ville : 50.000 véhicules transitent quotidiennement par cet axe essentiel. C’est aussi un dossier majeur de la mandature qui va être définitivement ouvert… avec l’implication que cela peut avoir dans la campagne.







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