> Valentin Roche : « Les jeunes sont l’avenir et le présent du pays »

17042012

> Valentin Roche : « Les jeunes sont l'avenir et le présent du pays » dans Actualité locale b2012b

Pour cette seconde interview, c’est Valentin Roche, responsable du Mouvement des jeunes socialistes de la Haute-Vienne depuis janvier, qui accepte d’évoquer son engagement politique. Il est le plus jeune des quatre jeunes qui ont accepté de répondre à mes questions. L’occasion de bien cerner ce qui motive ses prises de position, entre défense des valeurs de gauche et envie d’échanger avec la jeunesse dont il souligne l’implication dans le programme qu’il défend pour cette élection présidentielle. Une « impression d’être utile » recherchée et suscitée par l’écoute, l’apprentissage, le débat.

Nom : Valentin Roche
Âge : 20 ans

Formation : DUT Gestion des entreprises et des administrations à l’IUT du Limousin (en cours)

Engagement : Mouvement des jeunes socialistes. Il a aussi tenu à évoquer sa pratique du théâtre, de la vidéo et son engagement associatif de quartier.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous engager dans un mouvement de jeunesse politique, et a fortiori, au MJS ? Avez-vous des modèles politiques, des inspirations qui vous y ont poussé ?
Mon engagement s’est fait en deux temps. Une première phase d’approche du mouvement, pendant laquelle j’ai observé le fonctionnement. C’est après cette étape que j’ai décidé de franchir le pas et de m’engager pleinement, pour défendre des valeurs de gauche, mes valeurs. Et puis c’était aussi l’envie d’agir, de débattre, de militer avec des jeunes de mon âge.

Qu’est-ce qui vous plaît dans l’engagement politique ?
Ce qui me plaît, c’est surtout de défendre les valeurs de la gauche, mais aussi d’avoir l’impression d’être utile pour nos concitoyens, d’agir dans leur vie au quotidien, car la politique règle les problèmes du quotidien et oriente l’action publique.

Avez-vous envisagé de poursuivre et amplifier cet engagement avec le temps (adhésion au PS si ce n’est pas déjà fait, engagement électoral, etc.) ?
Je suis également encarté au Parti Socialiste, ce qui me permet de participer aux réunions de ma section, d’échanger avec les nombreux militants de mon parti, mais aussi d’apprendre beaucoup auprès d’eux, car certains (adhérents depuis de très nombreuses années) sont là pour nous transmettre leur vécu et leur expérience militante, ce qui est tout à fait bénéfique pour nous les jeunes.

Pour le moment ma priorité est uniquement le MJS.

« [Mes proches] trouvent bien que l’on s’engage à mon âge »

Comment votre engagement est perçu par votre entourage (famille, amis, proches) ?
Bien entendu mes parents sont un peu inquiets pour mes études et pour la fatigue qu’engendre mon engagement, mais je fais tout pour les rassurer, en leur montrant que je peux mener les deux de front. Sinon les gens sont plutôt fiers de mon engagement, y compris mes proches qui ne sont pas socialistes. Tout le monde trouve bien que l’on s’engage à mon âge.

Le début de la campagne présidentielle a globalement été jugé tendu, voire agressif, ceci au détriment de l’expression des programmes. De manière générale, comment percevez-vous cette campagne électorale, tant sur la forme (atmosphère, échanges entre les candidats, …) que sur le fond (positionnements, propositions, …) ?
Je crois qu’on peut distinguer deux moments dans cette campagne. Il y a un avant 19 mars et un après 19 mars. Les drames horribles et inqualifiables de Montauban et Toulouse ont sans aucun doute marqué une rupture dans cette campagne.
Avant le 19 mars, en effet la campagne n’était pas des plus sympathiques à vivre. Petites phrases et coups bas étaient légion. Peu d’idées avancées par les candidats (hormis François Hollande qui a très vite proposé aux français ses 60 engagements pour le pays), bagarre pour obtenir les 500 parrainages… Et puis n’oublions pas que François Hollande a été seul à faire campagne pendant très longtemps. Désigné par le processus démocratique des Primaires citoyennes, notre candidat est parti depuis maintenant plus d’un an à la rencontre des français. La droite n’a rendu officiel son candidat que le 15 février… Candidat qui vient tout juste de présenter son programme aux français. C’est un peu mépriser l’électorat que de dévoiler ses idées à 15 jours du 1er tour du scrutin. Et quelles idées ? Rien que l’on ne connaisse déjà ou qui avait été promis dès 2007, mais toujours pas appliqué !
Et puis il y a la campagne de l’après 19 mars. Une campagne qui a repris ses droits le 22 mars exactement, au lendemain de l’hommage rendu aux soldats lâchement exécutés… Depuis cette date, la campagne semble comme éteinte. Certains candidats ne parlent plus que de sécurité et d’immigration (même chanson qu’en 2002 et 2007), alors que les français attendent qu’on leur parle d’économie, de pouvoir d’achat, d’accès à la santé, d’éducation… C’est ce à quoi se concentre François Hollande qui multiplie les déplacements et les réunions publiques tant en métropole que dans les territoires d’Outre-mer. Nous continuons, et nous ferons cela jusqu’à la fin de la campagne, d’avancer et de développer nos engagements pour la France, quand d’autres se contentent d’attaques injustifiées et fausses envers notre candidat. Nous sommes prêts à gouverner. François Hollande a présenté ce que seraient les premiers mois de son quinquennat s’il était élu. Nous avons un cap, un calendrier, nous attendons que les français valident.

« Nous somme là parfois pour bousculer nos aînés sur certaines thématiques. »

Ci-contre :L’équipe actuelle du MJS de la Haute-Vienne. Etudiants, lycéens ou salariés composent le bureau du mouvement départemental. © Le Populaire du Centre

Nouvelle-%C3%A9quipe-MJS-300x222 dans HollandeVous êtes engagé au MJS. Pouvez-vous sans détailler nous présenter rapidement le mouvement (emprise nationale, relation avec le PS, effectifs militants à l’échelle nationale et à l’échelle locale, …) ?
Le MJS est un mouvement autonome et donc indépendant du Parti Socialiste. Bien entendu les relations entre les deux sont fortes (et normales), mais le MJS tient à son autonomie qui lui a permis quelque fois par le passé de pousser la réflexion et même la proposition sur certains thèmes comme par exemple la légalisation du cannabis. Nous sommes là parfois pour un peu « bousculer » nos aînés sur certaines thématiques. Néanmoins nous travaillons bien entendu de concert avec le PS pour tous les scrutins et sur toutes les thématiques. Le MJS se veut souvent force de proposition et participe le plus souvent à la confection des programmes électoraux tant au niveau national que local.
C’est actuellement Thierry Marchal-Beck qui préside notre mouvement depuis le début de l’année ; il a pris la succession de Lauriane Deniaud qui aujourd’hui conseille François Hollande sur les questions relatives à la jeunesse dans la campagne présidentielle. Le MJS tant nationalement que localement est aux cotés de nos aînés du PS pour mener tous les combats. La force militante est en constante augmentation ces dernières années, avec de nombreux jeunes qui viennent s’engager.

De quelle manière votre mouvement et vous-même personnellement participez à la campagne présidentielle, en France et dans la région ? Le fait que le Limousin soit un important bastion socialiste doit faciliter votre tâche de militant…
Nous menons une campagne active, et nous sommes présents au maximum de nos possibilités. La campagne se fait bien entendu sur le terrain par des tractages (marchés, facs, lycées, quartiers populaires, usines…), des réunions publiques, mais également par une forte mobilisation de porte à porte. L’objectif au niveau national est d’atteindre 5 millions de portes frappées d’ici au 1
er tour. La Haute-Vienne contribuera fortement à cet objectif. Bien entendu nous participons comme il se doit aux grands rendez-vous nationaux (investiture, Le Bourget, Vincennes…). Nous menons également une campagne non moins active sur Internet et les réseaux sociaux, en relayant les engagements et actions de notre candidat. Je vous invite à visiter notre site !

Vous avez raison, le Limousin est une terre à forte dominante socialiste et ce serait formidable si c’était représentatif de l’ensemble du territoire national. Ce n’est pas le cas et malgré notre fort ancrage, nous ne relâchons rien ! Nous donnons notre maximum pour convaincre tous les électeurs que le projet présenté par François Hollande est le seul qui pourra remettre le pays dans le droit chemin. Si le Limousin est un important bastion socialiste, il y a aussi des abstentionnistes, des indécis et des primo-votants à aller convaincre.

Quel regard portez-vous sur la politique du gouvernement Fillon à l’égard de la jeunesse, depuis 2007 (forces, faiblesses, erreurs, réussites, promesses, jugement) ?
Sans surprise, je ne porte pas un bilan positif sur la politique jeunesse du gouvernement Fillon. Je serais même tenté de dire : quelle politique jeunesse ? La question de la jeunesse n’a pas été prise en considération comme il se devait au cours de ces 5 années de mandat. Un coup un ministère, un coup un haut commissaire, un coup un secrétariat d’état… comment voulez vous mettre en place une politique jeunesse digne de ce nom quand la question est trimbalée ainsi ?
La preuve en est, qu’aujourd’hui aucune action marquante envers la jeunesse ne peut être reprise par la droite dans son bilan. Rien n’a été fait pour les jeunes, ou si peu, ou si mal !
Ce n’est pas rendre service à la jeunesse de notre pays que de supprimer des milliers de postes dans l’Éducation nationale, de fermer des écoles, de faire de l’intérim et du CDD des contrats d’usage, d’exploiter les stagiaires… Le chômage des jeunes n’a cessé d’augmenter en 5 ans. Les jeunes n’ont plus confiance dans le politique, les jeunes ont été stigmatisés un peu partout sur le territoire, on a monté les jeunes contre leurs aînés… On a stigmatisé les jeunes issus des quartiers populaires, les jeunes issus de l’immigration… Aucune considération pour la jeunesse de notre pays !
Non, je ne vois vraiment rien qui ait été positif dans la « politique jeunesse » des différents gouvernements Fillon.

A partir de ce constat, quelles réponses défendez-vous et proposez-vous aux difficultés et enjeux posés par les jeunes de 2012, pour le mandat qui va s’ouvrir pour le président élu en mai prochain ?
François Hollande comme vous le savez a fait de la jeunesse son cheval de bataille dans cette présidentielle. Nombreuses sont ses propositions :
- mettre en place une allocation d’études et de formation sous conditions de ressources,
- garantir que zéro jeune de 16 à 18 ans ne soit sans solution,
- créer 60 000 postes dans l’éducation nationale en 5 ans,
- créer 150 000 emplois d’avenir, ciblés sur les quartiers populaires,
- mettre en œuvre un contrat de génération pour permettre l’embauche de jeunes en CDI,
- combattre les contrôles au faciès,
- autoriser le mariage et l’adoption pour tous les couples,
- et de nombreuses autres propositions en matière de santé, territoire, environnement, emploi…

Toutes ces propositions pour la jeunesse sont présentées et détaillées. L’objectif de François Hollande est de faire que les jeunes vivent mieux en 2017 qu’en 2012.

Les primaires citoyennes semblent avoir été le symbole et l’opportunité de la réconciliation au sein du Parti socialiste, après plusieurs années de querelles qui ont sans doute désintéressé les Français. Comment vivez-vous au MJS cette agitation semi-permanente des aînés de la rue de Solférino, et quels enseignements tirez-vous de cet événement sans précédent qui a vu la désignation du candidat à l’élection présidentielle ?
Les querelles que l’on a pu connaître par le passé sont aujourd’hui à ranger au rayon des archives. Les temps sont aujourd’hui au travail, à l’unité et au rassemblement avec un seul objectif en tête, la victoire de la gauche et de notre candidat François Hollande le 6 mai prochain. Tout le monde agit de concert, dans l’intérêt du Parti et des français. C’est de toute façon de notre devoir.
Les Primaires citoyennes ont été il est vrai une véritable réussite populaire. Plusieurs millions de français, de tous âges, de toutes conditions, de toutes professions… ont souhaité participer à cette aventure ô combien démocratique. Les résultats de la participation ont été inespérés. Ces Primaires ont permis au peuple de gauche, en toute transparence, de venir décider du choix du candidat du Parti Socialiste. La désignation incontestée de François Hollande lui donne une totale légitimité. De plus, ces Primaires ont permis une dynamique sans précédent dans le monde politique français. On nous a critiqué, on nous annonçait un flop, finalement les français en ont décidé autrement.

« L’important est de pérenniser la présence de l’université sur les territoires »

François Hollande a fait de l’éducation un pilier central de sa campagne. Il a notamment mis en cause les modalités de la réforme des universités. Son programme vise à « favoriser les coopérations et les mises en réseau, [afin] que ne se constituent pas de déserts universitaires ». Quel écho cela rencontre-t-il avec la situation de l’université de Limoges, dont la pérennité pourrait être remise en cause ?
François Hollande a dit qu’il ne supprimerait pas la loi LRU, mais qu’il reviendrait dessus pour garantir une réelle autonomie des universités, avec une gouvernance plus collégiale et démocratique.
Il souhaite améliorer le fonctionnement des universités. Actuellement compétence de l’État, mais avec de nombreuses interventions des régions, il voudrait éventuellement que la compétence soit transférée au niveau régional (avec l’accompagnement financier nécessaire). L’important aujourd’hui est de pérenniser la présence de l’université sur les territoires. Certes il faut de grandes universités pour qu’elles soient fortes et puissent jouer un rôle à l’échelle européenne, mais il ne faut pas non plus négliger les universités plus de proximité qui maillent l’ensemble du territoire. Il ne faut pas raisonner dans le sens où l’université doit faire du chiffre et soit rentable. L’université est là pour former des jeunes étudiants et futurs actifs. Il faut également accroître les crédits pour la recherche universitaire.
L’université de Limoges a eu quelques problèmes ces derniers temps, mais ils semblent aujourd’hui résolus ou en voie de l’être. Néanmoins il faut rester vigilant sur sa situation et ancrer cette université dans le paysage local.

Comment pourrait-on faire, selon vous ?
L’université de Limoges a présenté des comptes légèrement excédentaires cette année, une bonne nouvelle donc. Néanmoins restons vigilants sur la santé financière de notre université, mais elle devrait relever la tête très prochainement et bien être identifiée comme université de proximité. Elle possède de nombreuses filières qu’il faut renforcer, de nombreux chercheurs qu’il faut accompagner et elle doit être novatrice dans l’ouverture de nouvelles filières d’avenir partout sur le territoire régional. Je pense notamment à l’ouverture d’un diplôme tourné vers la domotique en Creuse.

Laurianne Deniaud, responsable nationale du MJS jusqu’à cette année avait demandé la fusion des universités et des grandes écoles, qui n’est pas reprise dans le programme. Pourquoi ?
Le MJS a beaucoup travaillé en amont de cette campagne présidentielle. Les fédérations départementales ont planché sur un certain nombre de sujets dans le cadre de travaux intitulés « Perspectives 2012 ». Ce travail a abouti à la présentation d’un certain nombre de propositions aux candidats aux Primaires. Par la suite, une douzaine de propositions ont finalement été retenues pour être inscrites dans le programme du Parti Socialiste. La fusion dont vous faites état est sans doute restée dans les propositions mises de coté, mais comme je le disais précédemment, le MJS est là pour « bousculer » les aînés, et à n’en pas douter, c’est une idée qui devrait encore faire son chemin dans les années à venir…

Ci-dessous : 60 ballons pour 60 000 postes. Opération lâcher de ballons « pour le changement », place de la République à Limoges. © MJS 87

Ballons-pour-le-changement-300x223 dans JeunesseAvancer la fameuse mais controversée proposition des 60 000 nouveaux postes dans l’Éducation nationale souligne une volonté de corréler moyens concrets et résultats tout autant concrets. François Hollande évoque le rétablissement d’une formation « digne de ce nom ». En d’autres termes ?
Le candidat de droite a tout simplement supprimé les IUFM ! Comme leur nom l’indique ces instituts servent à la formation des futurs enseignants. Aujourd’hui on ne forme plus les maîtres et maîtresses comme il se doit.
François Hollande propose donc le rétablissement des IUFM, avec la mise en place d’une véritable formation pour les futurs professeurs des écoles, avec plus de pratique et de stages qu’actuellement. Il n’est pas normal qu’aujourd’hui on puisse se retrouver face à une classe sans jamais avoir fait de stage et sans jamais avoir été accompagné par un enseignant déjà en exercice auparavant.

Que répondez-vous aux accusations d’irresponsabilité budgétaire ?
L’irresponsabilité n’est pas budgétaire ! L’irresponsabilité serait de laisser Sarkozy poursuivre sa casse du service public et de l’éducation. Ceux qui voudraient tout savoir et parler à notre place se trompent. François Hollande a fait des propositions chiffrées et raisonnées. Dire que la gauche entraînera la faillite de la France, que la France deviendrait la Grèce, c’est tout simplement de la malhonnêteté intellectuelle de la part des gens qui disent cela.

« [L'élection de François Hollande] pourra rapporter au Limousin une facilité dans les grands dossiers structurants »

Quelles différences voyez-vous entre la campagne malheureuse de Ségolène Royal et celle de François Hollande, qui seraient susceptibles cette fois, d’amener la victoire ? Pensez-vous que l’ancrage local du candidat socialiste puisse jouer en faveur du Limousin, si jamais il parvenait à être élu le 6 mai prochain ?
Je n’étais pas encore engagé en politique lors de la campagne de Ségolène Royal en 2007, donc je ne peux pas vraiment comparer. Néanmoins je la suivais un peu de loin, et je peux dire ce que l’on m’en a rapporté… Il semblerait que l’on n’assiste pas à la même campagne. En 2007, il y avait à priori plus de ferveur… Mais je trouve quand même que cette fois-ci les gens apprécient François Hollande et son style « normal ».
Bien entendu, si François Hollande est élu Président de la République le 6 mai prochain, cela ne sera que bénéfique pour le Limousin. Il sera certes le Président de tous les territoires de France, mais il a bien rappelé qu’il devait tout à la Corrèze, sa terre d’adoption, sa terre d’élection. Preuve en est, c’est en Corrèze qu’il sera le 6 mai à 20h lors de l’annonce des résultats. Ce que ça pourra rapporter au Limousin ? Une facilité dans les grands dossiers structurants ? Et rêvons un peu, pourquoi pas un ou plusieurs Ministres ? Nous avons à n’en pas douter les compétences…

Ci-contre : Drapeaux et ferveur de campagne. Les militants du MJS autour de Martine Aubry, de passage à Limoges dans le cadre de la campagne présidentielle. © MJS 87

MJS-Martine-Aubry-300x200 dans La phrase du jourFrançois Hollande a prévu de venir à Limoges entre les deux tours du scrutin. N’est-ce pas faire preuve d’un peu trop d’assurance ?
François Hollande est souvent venu à Limoges, plusieurs fois encore ces derniers mois. Vous parliez dans une question précédente d’une « facilité » pour nous à faire campagne sur une terre socialiste… Je vous dirai donc que François Hollande doit se concentrer avant le 1er tour sur des territoires qui nous sont moins favorables, et c’est bien normal. Mais les messages que François Hollande adresse un peu partout en France sont aussi bons pour nous limousins. Alors oui, il ne faut jamais se déclarer vainqueur d’avance, nous le savons, François le sait. Tant que le dernier bulletin n’est pas sorti de la dernière urne, tout est encore possible. Mais soyez certain que le meeting prévu dans l’entre deux tours à Limoges sera une belle fête et une belle réussite. C’est aussi un signe fort que nous adresse François Hollande à nous limousins, en nous réservant une des deux dates de ses grands rendez-vous de l’entre deux tours.

« L’engagement peut prendre du temps et les jeunes le comptent, justement, leur temps »

On tend à pointer du doigt un éventuel désintérêt de la jeunesse pour le débat public, parce qu’il est trop technique, trop éloigné de leurs préoccupations, trop contraint aux rivalités personnelles. Qu’en pensez-vous ? Comment y remédier ? Et comment voyez-vous personnellement l’engagement politique des jeunes à vos côtés et plus globalement en France ?
Toutes les enquêtes le montrent, les jeunes ont un désintérêt pour la politique. Une bonne partie d’entre eux souhaitent ne pas aller voter, dommage ! Ils ne se reconnaissent pas dans le clivage gauche-droite existant. Néanmoins ils placent François Hollande en première position dans leurs intentions de vote. En 2007, les jeunes avaient en majorité voté pour Ségolène Royal, ils feront la même chose avec François Hollande cette fois ci. Ce qui est plus inquiétant par contre, c’est que c’est la candidate du FN qui arrive en deuxième position dans leurs intentions de vote. Ils semblent plus s’intéresser à la forme qu’au fond. [Une enquête CSA publiée le 10 avril par le journal Le Monde nuance cet argument : Marine Le Pen y arrive en tête des intention de vote des 18-24 ans (26 %), juste devant le candidat du PS (25 %), Nicolas Sarkozy (17 %) et Jean-Luc Mélenchon (16 %). Toutefois, le professionnalisme de cette étude a été remis en cause par la commission des sondages, ndlr]
On ne peut pas forcer les jeunes à s’engager, à s’intéresser à la politique. Malgré tout la politique conditionne la vie au quotidien. Si les jeunes en ont marre aujourd’hui c’est qu’on ne s’intéresse pas à eux, donc pourquoi s’intéresseraient-ils au débat politique ? Les 5 ans de Sarkozy ont été une catastrophe pour la jeunesse, ils ne se sentent pas représentés, écoutés… Une nouvelle fois en mettant la jeunesse au centre de sa campagne, François Hollande veut remédier à tout cela.
L’engagement peut parfois prendre du temps et les jeunes le comptent, justement, leur temps, aujourd’hui… Ils voient bien les difficultés à trouver un emploi. C’est pourquoi ils veulent réussir leurs études, et donc ne consacrent que peu de temps à des activités autres et encore quand il leur en reste du temps. Car beaucoup travaillent en parallèle de leurs études pour les financer, ce qui n’est pas normal et souligne de fortes inégalités entre les étudiants. L’engagement des jeunes peut se matérialiser de diverses formes, il peut être politique bien entendu, mais aussi syndical, associatif ou sportif. Les jeunes aujourd’hui ont soif de prendre la parole et d’être entendus !

La gauche et plus précisément les socialistes occupent une position très majoritaire en Limousin. Quel regard portez-vous sur cette relative hégémonie, sur les relations entre les forces politiques régionales, sur les politiques menées et sur l’évolution de ces rapports locaux ? Pourquoi selon vous la droite ne parvient-elle pas à convaincre (et pourquoi la gauche réussit-elle) ?
Si le PS est fort aujourd’hui en Limousin c’est qu’il y fait du très bon travail. Ce sont les électrices et les électeurs qui décident de cela. Et si nos collectivités sont majoritairement de Gauche, c’est que les citoyens du Limousin estiment qu’ils sont bien représentés par leurs élus socialistes et du reste de la gauche parfois. Les électeurs nous font confiance et on le leur rend bien.
Depuis les régionales les rapports locaux à Gauche ont quelque peu divergé avec une poussée du Front de Gauche. Si le Limousin est une belle terre socialiste, le communisme est aussi bien présent et nous en avons bien conscience.
Quant aux difficultés de la droite sur notre territoire, ce n’est pas à moi à en juger, posez leur la question… même si j’ai bien une petite idée, mais que vous me permettrez de garder pour moi ! [Vous pourrez trouver leur avis dans l’interview de Matthieu Broussolle, homologue de Valentin Roche chez les Jeunes populaires, ndlr]

« La LGV doit assurer un bel avenir à notre région »

Quelles sont vos perspectives personnelles, ainsi que celles du mouvement, en ce qui concerne l’engagement dans les prochaines échéances électorales locales (législatives, municipales) ? Prenez-vous part aux discussions sur les sujets fondamentalement locaux ?
Les perspectives sont assez simples, remporter l’élection présidentielle le 6 mai prochain et transformer l’essai en juin avec les législatives. La Haute-Vienne perd une circonscription. Nous allons tout faire pour que les 3 circonscriptions que nous possédons restent socialistes et permettent à nos trois futurs député(e)s de réussir leur scrutin pour aller travailler aux cotés de François Hollande et du gouvernement qu’il mettra en place après son élection à l’Elysée. L’enjeu de ces législatives, même si on ne doit négliger aucune circonscription, sera à n’en pas douter sur la 3e circonscription (Limoges-Bellac). Sur cette circonscription, nous assistons à un passage de relais puisque la députée sortante Marie-Françoise Pérol-Dumont a fait sien le souhait de ne pas se représenter. Catherine Beaubatie a été désigné démocratiquement par les militants du PS en décembre dernier. Chaque passage de relais n’est pas sans risques, et nous allons tout mettre en œuvre pour qu’il se passe de la meilleure des façons [Mme Beaubatie aura notamment à affronter Jean-Marc Gabouty, maire radical de Couzeix, soutenu par l’UMP, ndlr]. Nous connaissons bien Catherine, qui est une femme de qualité et de travail et qui forme un beau tandem qui se complète parfaitement sur de nombreux points avec son suppléant Pascal Godrie le Maire de Mézières-sur-Issoire.
Viendront ensuite en 2014 des élections locales. Des résultats du 6 mai prochain dépendront ces élections, puisque si nous gagnons, nous reviendrons sur la réforme territoriale et supprimerons le conseiller territorial. Donc niveau élections cantonales et régionales c’est encore un peu flou.
Pour les élections municipales, là aussi les perspectives sont plutôt claires : conserver les mairies que nous possédons déjà ; conserver les mairies acquises aux dernières municipales (Bellac notamment) ; en gagner de nouvelles ; regagner celles perdues aux dernières municipales (Isle et Châteauponsac par exemple)…
Mais prenons chaque scrutin l’un après l’autre et pour le moment concentrons nous sur la présidentielle et les législatives.
Bien évidemment nous prenons part aux discussions sur les sujets fondamentaux locaux, je pense immédiatement à la LGV Poitiers-Limoges qui est le gros dossier du Limousin. Cette ligne doit voir le jour le plus rapidement possible, afin d’assurer un bel avenir à notre région sur de très nombreux plans (économie, tourisme, culture…).

Le MJS de la Haute-Vienne soutient donc officiellement le projet ? Cela ne nuit-il pas à vos relations avec vos camarades de la Creuse, qui se sont dits très sceptiques vis-à-vis de cette éventualité ? Par ailleurs, qu’est-ce que la jeunesse peut espérer tirer de l’arrivée de la grande vitesse en Limousin, selon vous ?
Bien entendu nous soutenons le projet, c’est bien normal, nous pensons à notre avenir, à l’avenir de notre région, mais aussi à bien plus long terme à celui de nos enfants et des générations qui nous succéderont.

Cela peut bien entendu créer du débat avec nos camarades creusois, mais tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faille l’arrivée de la grande vitesse en Limousin. Celle-ci serait bénéfique pour tous, jeunes et moins jeunes. Pour la question de la jeunesse, l’implantation de nouvelles entreprises serait génératrice d’emplois par exemple ; mais ce serait aussi sûrement plus de culture, plus de sport… Et ça mettrait Limoges à 2h de Paris et donc aux portes de toute l’Europe.

Quel message voudriez-vous faire passer à la jeunesse de 2012 ?
Le message que je souhaite faire passer à la jeunesse de 2012 en mon nom et en celui de tous les Jeunes Socialistes, c’est qu’il faut continuer à croire et à espérer. François Hollande est aujourd’hui le seul candidat capable de redresser la France, de redonner espoir aux français et à la jeunesse de France. N’oublions pas que toutes les grandes avancées sociales que la France ait connues ont eu lieu sous gouvernement socialiste (35 heures, CMU, PACS, abolition de la peine de mort, RMI…). François Hollande a fait le choix de mettre la jeunesse au cœur de son projet, ce n’est pas pour rien. Il a parfaitement conscience des maux et des souffrances de cette jeunesse. Les jeunes sont l’avenir du pays, mais ils en sont aussi le présent.

Une remarque finale ?
Je tenais particulièrement à vous remercier pour cette interview très complète, qui m’a permis de m’exprimer sur un certain nombre de sujets, de mettre en avant les idées de notre candidat François Hollande, d’évoquer notre ancrage politique local, de nous interroger sur l’engagement des jeunes…
Je sais la qualité de votre blog, je sais votre intérêt pour la politique, je sais votre passion pour notre région. Pour tout cela, merci et même si pour nous socialistes « le changement c’est maintenant », pour votre blog je vous encourage à poursuivre ainsi…

Liens :
Le site du MJS de la Haute-Vienne
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La page Facebook du mouvement
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> Défaite de Monique Boulestin : la dure loi de la politique ?

9122011

> Défaite de Monique Boulestin : la dure loi de la politique ? dans Actualité locale blim

boulestin-300x169 dans Législatives 2012« Comme si de rien n’était ». En dépit de la fracassante démission de Monique Boulestin, c’était apparemment le mot d’ordre pour la majorité d’Alain Rodet au Conseil municipal. Au contraire des élus de l’opposition, de droite comme de gauche (Geutier, Gaffet, Cognéras), qui ont tenu à rendre hommage à la première adjointe battue la semaine dernière par Catherine Beaubatie dans la course à la désignation pour les législatives de 2012 dans la nouvelle 3e circonscription de Haute-Vienne.

Démission. Un acte qui peut surprendre par la justification-même, invoquée par la députée sortante, qui s’estime désavouée. Si Monique Boulestin ne se trompe pas en reconnaissant qu’au terme d’un processus légal et légitime, elle a au moins partiellement perdu la confiance des militants (ou du moins que Mme Beaubatie la recueille davantage), si peu nombreux (483) soient-ils comparés aux 124 000 inscrits de la circonscription, deux questions peuvent nous venir en tête.

En estimant avoir perdu de la même façon la confiance des militants dans sa tâche de première adjointe au maire de Limoges, Monique Boulestin ne fait-elle pas erreur ? En effet, la troisième circonscription nouvellement créée ne comporte que cinq des seize cantons de la ville de Limoges (Corgnac, Puy-las-Rodas, Beaupuy, Couzeix*, Isle*, Landouge) soit 28 900 inscrits sur les 80 000 limougeauds inscrits sur les listes électorales en 2008 et 18 600 sur les 50 000 à avoir effectivement voté). Soit à peine un quart des inscrits de cette circonscription, sensiblement proche de celle que laisse Marie-Françoise Pérol-Dumont. Sans oublier que les compétences comme les contextes d’élection sont radicalement différents, entre le député et le conseiller municipal.

De plus, les électeurs limougeauds ont voté pour la liste Rodet, comprenant entre autres Alain Rodet, Catherine Beaubatie, Monique Boulestin en 2008, et pas seulement pour Madame Boulestin. Par ailleurs, ils ont largement plébiscité cette liste (56 % au premier tour face à cinq listes concurrentes dont trois de gauche). Il me semble qu’il n’y a donc pas lieu de se sentir désavouée sur le point de vue de la légitimité démocratique.

Enfin, Monique Boulestin a été présentée comme députée sortante, « titre » lui conférant selon certains et selon elle-même une légitimité accrue pour briguer le poste… qui n’appartient à personne, mais serait davantage celui de Marie-Françoise Pérol-Dumont, députée de la circonscription dont tous les cantons se retrouvent dans la nouvelle entité, que Catherine Beaubatie et Jean-Marc Gabouty, le plus crédible des représentants de l’opposition départementale, chercheront à gagner en juin prochain.

La vexation de perdre le combat contre une co-listière de 2008 avant même de l’avoir véritablement commencé contre les vrais adversaires de la droite est compréhensible. Monique Boulestin étant élue depuis 2007, avec la prime de la victoire sur une figure emblématique de la droite locale (Alain Marsaud), nous sommes en droit de penser que les règles politiques du PS, aussi démocratiques et légales soient-elles, sont dures, et Alain Rodet lui-même l’a reconnu. Oui, mais elles sont démocratiques et légales, et nous l’avons vu, Monique Boulestin n’était pas une candidate naturelle.

Enfin, je reconnais ne pas être forcément au courant des raisons qui ont poussé les militants à préférer Catherine Beaubatie, soit dit en passant, élue de qualité. Mais là n’est vraiment pas le problème. Nous sommes bien évidemment en démocratie, et désormais, il reste à espérer que le bon sens l’emportera.

Espérons que Mme Boulestin saura trouver une manière d’exprimer ses idées et de faire profiter de ses compétences et de ses convictions les limougeauds d’une manière ou d’une autre. Si elle a logiquement refusé d’aller plaider sa cause à la commission nationale d’investiture, espérons qu’elle ne cèdera pas à la tentation d’une candidature dissidente qui serait bien malheureuse pour la gauche en cette échéance historique et pour son image en Haute-Vienne. Au travail !

* partiellement compris sur la commune de Limoges. Les chiffres que j’avance sont ceux des inscrits dans les bureaux strictement limougeauds (source : résultats 2008 des élections municipales, Le Populaire du centre).




> Confusion autour du redécoupage électoral ?

12112011

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Perchoir pour Ségolène Royal, accord sur un « pack de circonscriptions » bien mal engagé entre écologistes et socialistes, parachutage de François Fillon « chez » Rachida Dati… il est clair que les élections législatives de juin prochain, qui devront valider la nouvelle majorité définie par les Français au scrutin présidentiel et à ce titre engager le pays dans des réformes sans doute historiques, prennent une place croissante dans les médias et l’actualité. La grande présidentialisation (et donc personnalisation) du pouvoir en France ne doit pas nous faire oublier en quoi notre régime démocratique repose aussi sur la représentation parlementaire.

A titre personnel, et je pense ne pas être le seul à le penser, il m’apparaît que la question des institutions et de leur modernisation, devra peser dans le débat de la campagne. Car rénover nos institutions me semble loin d’être contradictoire avec l’ambition de rénover le pays lui-même, et je me demande si la nouvelle majorité – que je souhaite de gauche, cela va sans dire -, aura le courage d’évoquer une rénovation du scrutin législatif, après avoir pris la peine d’aborder la question du cumul des mandats, dont il conviendra aussi de reparler.

De rénovation, Arnaud Montebourg, qui décidément ces derniers mois est bien au PS le porteur du drapeau des chamboulements, parle aussi. Sa toute dernière proposition de limiter à 67 ans l’âge des prétendants à la députation fait grand bruit. Et de voir s’enchaîner dans les reportages télévisés allusions aux dits députés, « dinosaures » Julia, Tibéri ou Lang. Et ceux-ci d’assurer l’absence de corrélation entre leur longévité politique et leur implication et attachement à leur fonction. Certes. Si supposer de leur part un acharnement à rester en place est sans doute légitime. il serait évidemment irrespectueux, et même mensonger d’établir un lien théorique entre âge et efficacité au travail d’élu. Ainsi, Arnaud Montebourg, que certains jugent jouer pour son image de « cheval blanc », ne s’attaquerait pas au bon aspect du problème, celui du cumul des mandats (que le PS s’est engagé à combattre mais qui est encore loin d’être une réalité) ?

La réforme de la carte électorale opérée par le gouvernement en 2010 a laissé des marques. Dans les discours, assez peu, il faut bien le dire. Ces modifications aux motivations légitimes mais aux concrétisations parfois bien discutables ont profondément refondé le paysage géographique politique français. Et Limousin. Car dans notre région, la réduction du nombre de circonscriptions (de 9 à 6) et avec elle d’autant de sièges [voir encadré ci-après], ne se fera pas sans encombre, une fois n’est pas coutume. Pour la droite, bien évidemment, qui battue dans les quatre circonscriptions de Haute-Vienne en 2007 n’était arrivée en tête au second tour dans aucun des cantons du département, et qui voit donc son ambition de briser le « grand chelem socialiste » encore bien amenuisée. Mais aussi pour la gauche, qui bien que presque assurée de garder les trois sièges de députés haut-viennois, aura avant tout du régler les questions de personnes…

En effet, le retrait presque inattendu de Marie-Françoise Pérol-Dumont, qui en janvier dernier assurait ne pas briguer un 4e mandat de députée de la 3e circonscription, semblait laisser place libre aux trois députés sortants, Monique Boulestin, élue depuis 2007 seulement, en tête. Le maire de Limoges, Alain Rodet, que l’on avait annoncé sans fondements partir pour le Sénat, était dès lors pressenti pour rempiler sur l’ex-quatrième circonscription, désormais élargie au centre de sa ville. Le discret Daniel Boisserie semblait être le candidat naturel pour la rurale deuxième circonscription du sud, tandis que Monique Boulestin, à moins d’un « échange » avec le député-maire Rodet, aurait pu hériter de l’ancien fief de la présidente du Conseil général. La perspective de voir une nouvelle figure politique adoubée par Marie-Françoise Pérol-Dumont pour prendre sa « succession » avait même laissé entendre que le doyen Rodet, qui en 2012 aura dépassé la fatidique limite d’Arnaud Montebourg, se concentrerait sur sa ville et sa métropole et laisserait donc presque logiquement son siège à sa première adjointe. Boulestin dans la première, Boisserie pour la seconde, une nouvelle tête dans la troisième (peut-être Andréa Soyer, maire de Bessines-sur-Gartempe et fille de Bernard Brouille, suppléant de « MFPD ») ; tout semblait réglé.

beaubatie.jpgOui mais voilà, en lieu et place d’Andréa Soyer, c’est désormais le nom de Catherine Beaubatie (voir ci-contre), 47 ans, par ailleurs vice-présidente du Conseil régional et adjointe au maire de Limoges en charge du développement économique, qui semble tenir la corde… pour l’ancienne circonscription de Mme Pérol-Dumont ! De quoi désespérer Monique Boulestin, égérie du « ressac rose » de 2007 avec sa glorieuse victoire face à Alain Marsaud (qui lui, prépare sa reconversion à l’étranger, nous en reparlerons sans doute…), qui s’est empressée de solliciter officiellement l’investiture socialiste pour la troisième circonscription, s’estimant « tout à fait légitime » pour cela, en espérant que la procédure se fasse conformément « aux modalités définies par le parti socialiste ». Il devrait donc y avoir, sauf accord ces derniers jours, une primaire pour départager les deux candidates… et peut-être un peu de rancœur, si Catherine Beaubatie venait à l’emporter…

Concernant l’éventuelle reconduction d’Alain Rodet pour briguer un huitième mandat consécutif, il va sans dire que le 7e député le plus cumulard de France (selon le classement établi par le journal Le Monde en 2009), sans doute le plus enraciné des parlementaires limousins (seul député de gauche à avoir résisté à la débâcle socialiste de 1993), se placerait contre les règles de non-cumul des mandats promises par la direction nationale du Parti socialiste depuis plusieurs mois. L’intéressé bottait en touche l’an dernier, quand invité de LCP, il assurait que le cumul de fonctions représentative et exécutive « [permettait …] de voir si les choses vraiment changent ou pas », et que l’application du non-cumul devait aller de pair avec une réduction du nombre total des parlementaires. Ce qui n’est pas dans les plans des prétendants à l’Elysée, le nombre de 577 députés étant même gravé dans la Constitution.

Il conviendra, une fois les désignations socialistes, de passer à la confrontation des idées et à l’évaluation des forces en présence : il sera intéressant de connaître les figures en qui la majorité présidentielle tentera de croire, notamment en cette période troublée entre centristes et UMP, Jean-Marc Gabouty apparaissant comme une des meilleures chances de la droite départementale. Quoi qu’on en dise, les sièges de ces toutes nouvelles circonscriptions feront – peut-être – l’Assemblée du post-sarkozysme.

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LE REDECOUPAGE : La première circonscription historique, très urbaine car essentiellement limougeaude, comprenant notamment les cantons de Limoges-Emailleurs (dont le conseiller général est Raymon Archer, leader de l’opposition de droite au Conseil régional) et Limoges-Couzeix (dont Jean-Marc Gabouty, maire radical de Couzeix est conseiller) était jusqu’à présent la plus instable des quatre, tenue par la droite de 1993 à 1997 et de 2002 à 2007 par Alain Marsaud. Son éclatement au profit de trois nouvelles circonscrptions très largement calquées sur les trois circonscriptions de Daniel Boisserie (élu à 61 % en 2007), Marie-Françoise Pérol-Dumont (62 %) et Alain Rodet (près de 66 %), hypothèque donc très fortement les chances de la droite haut-viennoise d’envoyer l’un des siens au Palais Bourbon.

Photos : Y. Dussuchaud pour C. Beaubatie – perso. pour l’infographie.




> Hollande et les Primaires vus par la presse internationale

17102011

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khalidcasablancapourcourrierinternational.jpgPour cette première journée pendant laquelle François Hollande a officiellement revêtu les habits officiels de candidat du PS pour l’élection présidentielle de 2012 (il était l’invité du 20h de TF1), j’ai choisi de sortir de la vapeur quelque peu étouffante du bouillonnement médiatique franco-français pour prendre du recul à l’étranger. Retour sur les publications de la presse internationale de ces derniers mois, jours et heures sur le processus des primaires et la désignation de François Hollande.

La crainte du retour de la « machine à perdre » ?

Il faut le dire, la presse internationale avait parfois manqué de tendresse et fait part d’un franc scepticisme à l’égard de l’organisation des Primaires socialistes. Du moins au début. Le quotidien italien Le Corriere della Serra (centre-gauche), comme l’hebdomadaire burkinabé L’Observateur paalga brandissaient en début d’année le spectre de la fameuse « machine à perdre », qui a ressurgi en mai avec l’affaire DSK. L’un prédisant par la douloureuse expression de « vocation au suicide » des primaires les déchirements, qui de l’autre côté des Alpes ont été entre autres facteurs de déliquescence de ce qu’il y reste de gauche. L’autre faisant allusion aux scalps des Indiens d’Amérique rivaux. Rien que ça. De façon moins sanglante, le quotidien belge francophone La Libre Belgique s’inquiétait en juin dernier que le processus se transforme en « sac de nœuds ». Le journaliste indépendant britannique Tim King, quant à lui, était allé jusqu’à imaginer ce qui se passerait « le jour où le PS [imploserait] » après son élimination par Nicolas Sarkozy en mai 2012. Tout un programme, dont nous nous passerions bien dans les faits. Gageons que la forte participation aux élections primaires et les appels au soutien sans équivoque et au rassemblement derrière le candidat démocratiquement désigné sauront éviter la catastrophe prédite pour la gauche de gouvernement, en mal de victoires présidentielles.

Aubry/Hollande, ou la victoire des vieux archaïques sur un jeune réaliste (Valls) ?

En ce qui concerne la teneur des débats et des propositions des prétendants à la fonction suprême, on se souvient notamment de l’analyse de The Economist. L’hebdomadaire britannique ne trouvait qu’en les arguments du libéral-socialiste Manuel Valls, « jeunot au pays des dinosaures », les réponses cohérentes à l’éprouvant contexte socio-économique, et rabrouait fermement le PS français, « l’un des plus archaïques d’Europe », raillant au passage et sur fond légèrement « francosceptique » l’interdiction des stock-options proposée par Ségolène Royal, ironiquement présentée caubrandeholly.jpgomme « modérée ». Arnaud Montebourg, chantre de l’hypothétique démondialisation proposée dans le cadre d’une « bucolique fête de village » [comprenez la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse] et vu d’un mauvais œil par la presse suisse en raison de ses positions sur la fiscalité, François Hollande et Martine Aubry et leurs propositions « figées dans le temps » en prenaient également pour leur grade, dans ce qui ressemblait à une opération de décrédibilisation d’un parti qui il est vrai n’a pas effectué la mue (pas forcément à tort, entendons-nous) qu’a suivi le Labour depuis l’ère Blair. On aimerait bien savoir ce que les journalistes de The Economist trouveront à dire pour commenter le ralliement du jeunot aux dinosaures. Toutefois, on n’en attendait pas davantage du titre de presse libéral.

Les primaires, un tremplin bien français contre la présidence bling-bling ?

Ces critiques à peine voilées ont été masquées par plusieurs voix discordantes. De plus en plus nombreuses, face sans aucun doute au réel engouement des citoyens français vis-à-vis de cette procédure jugée moderne par des politiciens de tous bords. Ainsi, la journaliste suisse Catherine Dubouloz, qui il y a dix jours dans Le Temps estimait que la procédure s’était « transformée en formidable tribune pour la gauche », ayant « tout pour se transformer en machine à gagner », mettait en évidence l’intérêt manifeste qu’y porte une partie de l’UMP, qui sera sans doute contrainte de recourir à ce système pour « départager la légion de [ses] candidats [annoncés] ». Sur un ton logiquement moins acerbe que The Economist, à travers un article énumérant avec sérieux et lucidité les différences des candidats socialistes, en juin dernier, The Guardian (catalogué au centre-gauche Outre-Manche), voulait croire non sans espoir « partisan » en la capacité de la « rose » à incarner l’avenir et donc en une renaissance de la gauche française, confortant ainsi notre nation dans « son rôle de pays à part » et mettant fin aux pratiques « donquichottesques » et « diviseuses » (!) de l’actuelle gouvernance. Pêle-mêle encore, Joëlle Meskens, correspondante du quotidien belge Le Soir assurait que la politique serait quoi qu’il en soit vainqueur des Primaires, mais que le PS devait se garder de sombrer dans l’euphorie démobilisatrice. La Tribune de Genève s’émerveillait du chiffre de la participation et voyait dans ce succès une « [ringardisation] » d’une UMP pseudo-moderne. The Guardian notait la bonne tenue et le calme des prétendants durant les débats, et estimait que le PS affaibli depuis la défaite de Lionel Jospin en 2002 s’en trouvait ragaillardi. El País (centre-gauche espagnol) a apprécié « l’échange constructif d’idées ». La palme revenant sans doute au bimestriel américain Foreign Policy, qui n’a pas manqué de moquer la filiation avec leur nation dont ont pu se réclamer certains représentants de la droite, candidat Sarkozy en tête, alors que ce sont bien les socialistes qui ont le mieux fait part de leur inspiration venue d’Outre-Atlantique par l’organisation de ces élections primaires.

Hollande, une « normalité rationnelle » ?

A l’aube du second tour, le quotidien québécois Le Devoir soulignait déjà de façon prémonitoire l’exploit que réaliserait en s’imposant le député de Corrèze avec ses airs de « collégien blagueur », après avoir joué de cette image d’élu de la France profonde soutenu par les quartiers populaires et opposé jusqu’au printemps au « jet setter » qu’est DSK puis à la défenseure du multiculturalisme et de l’ouverture aux autres partis de gauche qu’est Martine Aubry. En ce qui concerne le dénouement d’hier, si El Periódico de Catalunya (qui ne pariait sur une victoire d’Hollande, le « brillant sans éclat », qu’en cas de défection de DSK !) est sans doute surpris de la victoire finale de François Hollande, c’est sans doute moins le cas du Süddeutsche Zeitung qui en janvier dernier, tout en louant dans une comparaison faite entre la chancelière Merkel et Martine Aubry les efforts et qualités de cette dernière, se demandait comment, avec ses tendances à chercher l’alliance avec des « partis très à gauche », elle pourrait incarner avec efficacité l’aile française du couple moteur de l’UE. En Belgique francophone, l’agence de presse Belga avait recueilli la préférence des principaux leaders socialistes, qui sollicitaient particulièrement leur voisine Martine Aubry, Rudy Demotte, ministre-président de Wallonie, mettant en avant la collaboration étroite mise en place au sein de l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai. Mais leur « choix de raison » était davantage François Hollande.

Pas nécessairement euphorique, la grande majorité des titres étrangers s’accorde néanmoins à saluer si ce n’est féliciter la performance d’un candidat de l’ombre peu médiatisé et le score sans appel qu’a obtenu François Hollande. Un score qui ne lui sera pas inutile dans la perspective de mettre un terme à la présidence Sarkozy, globalement critiquée. The Guardian se demandait si la victoire d’un « Monsieur Normal » n’était pas « ce dont la France [avait] besoin » pour mettre fin à cinq années de « psychodrame », tandis qu’El País, parlant de « l’académique » M. Hollande, jugeait ce dernier comme étant un des plus contrastés face à « l’hyperactif et imprévisible Sarkozy ». The New York Times évoque un homme « spirituel » qui devra s’évertuer à faire oublier son inexpérience politique. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel reconnaissait en le vainqueur de la primaire un homme « amical, sociable, discret », en somme « peu complexe », mais semble s’interroger sur la capacité du socialiste à transcender les foules. Cette nouvelle campagne présidentielle devra prouver que l’ère de la surexcitation est révolue, et qu’il n’est nul besoin d’être excessif pour prouver sa détermination. Quoi qu’il en soit, l’importance capitale de cette échéance pour l’avenir même de la gauche française n’a pas échappé au New York Times, qui se demande si la gestion de la Corrèze est une assez bonne entrée en matière pour le postulant à l’Élysée, et qui comprend bien qu’une nouvelle défaite causerait une dramatique et considérable bagarre interne au PS.

En revanche, quelques nuances en ce qui concerne les qualifications de la personnalité même de l’ex-premier secrétaire du PS, « grand naïf au regard de chien fidèle », volontaire et « [parlant] bien » mais peut-être trop lisse pour le journal autrichien Der Standard comme pour le quotidien de gauche néerlandais De Volkskrant Quelques titres étrangers ont presque autant retenu l’humour corrézien du vieux lion Chirac sur sa volonté avérée ou non de voter Hollande en 2012, que les propositions de ce dernier, jugées « pas très claires » par The Guardian. La palme revient sans conteste au quotidien helvète 24 Heures, qui filant la métaphore rugbystique, compare « sales gosses » du XV de France et socialistes et leurs sympathisants ayant rendu « illogique » l’issue de la primaire. Et d’évoquer Chirac et Mitterrand et leurs nombreux échecs précédant une victoire tardive. Le tout sur fond patent de parisianisme (Hollande décrit comme un « politicien parti s’enterrer en Corrèze » opposé à la maire de Lille qui « se coltine les réalités d’une grande métropole »), comble pour une publication suisse. On préfèrera oublier. Et espérer que François Hollande n’aura besoin que d’une seule tentative pour déloger Nicolas Sarkozy de l’Elysée. Et garder les yeux et l’esprit, déterminés et résolus, vers une troisième mi-temps sérieuse et constructive, aboutissant à une victoire salutaire.

Sources : www.courrierinternational.com, www.nytimes.com, www.lalibre.be et www.letemps.ch
Lien : La présidentielle vue depuis Bruxelles

Dessins : Khalid, dessinateur marocain (pour Courrier International), Aubrande et Holly sur le blog de Jérôme Choain.




> En attendant le grand changement de 2012, je voterai Hollande !

5102011

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fh1.pngDans quatre jours désormais, les électeurs de gauche, les électeurs attachés au progrès, seront invités à se rendre massivement dans les bureaux de vote prévus pour les Primaires citoyennes, afin de désigner le candidat qui les représentera eux, leurs valeurs et leurs espoirs, lors de l’élection présidentielle du printemps 2012. 

Pour la première fois dans l’histoire de France, un candidat représentant le Parti socialiste aura préalablement été adoubé par de – très (on l’espère) – nombreux citoyens soucieux de connaître autre chose qu’un clan qui cinq années durant, aura opposé les Français les uns aux autres, appliqué une politique injuste et inefficace, gouverné pour certains contre nombre d’autres, déçu l’opinion publique et peu œuvré pour l’image de la démocratie française sur la scène internationale.

Il est temps d’en finir, et de proposer à toutes les générations un nouvel avenir, en particulier à une jeunesse volontaire et dynamique mais inquiète de savoir de quoi demain sera fait.
Il est temps de proposer un nouvel équilibre fiscal qui viendra soutenir la nouvelle politique gouvernementale, et de remettre les valeurs humaines au cœur de la société, et en particulier d’une économie relancée et moderne.
Il est temps de garantir l’égalité entre tous et pour tous, quelque soit leur âge, leur origine, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur lieu de résidence, leur activité professionnelle, leur condition, et de promouvoir la justice sociale et de proposer des politiques efficaces à même de remédier aux problèmes de logement, d’emploi, de santé, d’écologie, d’éducation. Il est temps de redonner à la France une voix forte et confiante, capable de compter au cœur de l’Europe et aux yeux du monde, de redonner à la fonction présidentielle la place et l’image irréprochable qu’elle a perdu ces cinq dernières années. Il est temps d’œuvrer pour le bien-être de la population et le redressement du pays.

Je ne crois pas en l’homme providentiel, mais je crois en la rencontre entre un peuple et une personnalité, une approche des problèmes, une conception de la politique, une incarnation d’un projet et d’idéaux. D’autant que la situation devient précaire. Les candidats à cette élection primaire ne sont pas rivaux. Quelle que soit la personnalité désignée au soir du 16 octobre pour concourir en 2012, je m’engagerai à lui apporter mon soutien plein et entier, car il s’engagera quoi qu’il en soit à mettre en œuvre un projet juste et cohérent.

J’estime toutefois à ce jour que François Hollande est le candidat qui incarne le mieux cette ambition.

On a pu railler son inexpérience gouvernementale. Mais François Hollande n’a-t-il pas présidé aux destinées du premier parti de gauche pendant onze années, y compris pendant la troisième cohabitation ? On a pu railler une hypothétique inaudibilité pendant les dures années que le Parti socialiste a eu à traverser. Mais ne s’est-il pas efforcé de maintenir le cap quand la droite se montrait toujours plus dure et démagogique ? On a pu railler son attachement à la « normalité ». Mais n’a-t-on pas trop subi une présidence anormale et sans honneur, à tous points de vue ?

François Hollande est un homme humble et serein mais cela ne minore en rien sa détermination. Il est allé à la rencontre des habitants partout en France, durant la campagne des primaires mais aussi en tant que premier secrétaire du Parti socialiste et élu local, conseiller général, conseiller régional, maire et député, pour faire connaître sa vision de la situation et de la politique à mettre en œuvre. Ces expériences du scrutin universel ne sont-elles pas des preuves d’expérience et d’engagement au service des Français et de leurs difficultés ? François Hollande, président de la République, s’évertuera à incarner une présidence exemplaire, respectant la séparation des pouvoirs, laissant le gouvernement dans ses prérogatives, respectant l’opposition et cherchant le dialogue permanent avec les acteurs du monde social, économique, associatif, culturel. Ancré mais fédérateur, François Hollande ne reniera en rien son « essence » socialiste, mais sera le président de tous les Français, parlant à tous, et en leur nom à tous, en travaillant avec le gouvernement de majorité qui sera directement responsable devant le Parlement représentant du peuple.

C’est ainsi lucide mais résolu et empli d’espoir que je le soutiens. Cet article n’est en rien une bête soumission aux intérêts partisans, mais simplement l’expression d’un engagement moral et politique au sens premier du terme, fondement de l’exercice plein et légitime de citoyen français.

Les 9 et 16 octobre, faites gagner la gauche en votant aux Primaires citoyennes, ouvertes à TOUS. Ce sera le premier pas vers le grand changement que nous attendons pour 2012. Les Primaires ne sont pas un événement socialiste adressé aux socialistes, mais un exercice citoyen adressé à tous les citoyens. J’ai envie, le 6 mai 2012 au soir, d’être fier d’être Français et surtout, confiant dans le nouvel avenir qui s’ouvrira à nous. Nous avons, admettons-le, envie que ces primaires, aussi modernes et exemplaires soient-elles, s’achèvent, si possible par un choix fort pour un candidat qui soyons-en certain, saura représenter le véritable enjeu de cette élection présidentielle : l’instauration d’une nouvelle gouvernance progressiste, efficace, respectueuse, objectif pour lequel oeuvrerons tous les socialistes rassemblés. La dure campagne va bientôt commencer, c’est à chacun de lui donner le souffle, l’impulsion qui convient et qui soit favorable à la Candidature du changement. en allant voter à ces Primaires. Quoi qu’il en soit, le temps de la campagne est aussi arrivé sur le blog, nous en reparlerons très vite !

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Pour connaître le bureau de vote le plus proche de chez vous, cliquez ici.




> Pour que vive la pluralité… mais ne meure pas l’unité !

9092011

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laurentaubryduflot.jpgDans le dense calendrier de la politique, les fins d’été riment bien souvent avec l’effervescence des aubes de campagnes électorales. L’élection présidentielle de 2012 est désormais droit devant, le scrutin sénatorial, si tant est qu’il ait un enjeu plus important cette année, ne saurait cacher la vue aux prétentions bien compréhensibles, soyons honnêtes, tant qu’elles ne ruinent en rien l’échange et la proposition. Les petites phrases et tractations relayées par les journalistes depuis Clermont-Ferrand, pour les écologistes, et bien entendu La Rochelle pour les socialistes, sont l’occasion de relancer une machine médiatique qui cette année n’a eu le temps de s’essouffler, actualité internationale oblige. Mais en Limousin aussi, la rentrée politique a sonné, et il n’est pas seulement question d’alliances, de préparation de scrutin primaire ou d’expatriation vers des cieux plus propices à unr carrière électorale battant de l’aile (je reparlerai de M. Marsaud ainsi nommé plus tard), dans une région où la gauche séduit davantage. La gauche. Les gauches. Confusion autour d’un enjeu vital. Retour en arrière.

Ceux qui étaient présents (j’y étais) au débat sur l’avenir de la gauche organisé par l’ADS (Alternative Démocratie Socialisme) pour son 20e anniversaire, au sein-même de l’Hôtel de région à Limoges, le 18 octobre 2008, s’en souviennent certainement. Au lieu de tout hommage au petit parti fondé dans les années 1980 par Marcel Rigout, l’auditoire avait vite cru que le mot d’ordre du jour était finalement devenu « faisons la fête au PS », qui, absent pour de malheureuses raisons d’agenda à la table, n’avait pu défendre ses positions et ses stratégies contre les acerbes réquisitoires lancés par certains intervenants. Ce jour-là, à l’hôtel de région, on avait cru se retrouver au théâtre, et l’expérience réussie de l’allemande alternative Die Linke* s’en était trouvée rabaissée par les ambitions personnelles qui sont loin d’être l’apanage des grands partis. Ces mêmes personnes avaient peut-être perçu en l’endroit la possibilité de se payer le luxe de critiquer la « gauche molle », cette insidieuse libérale. Et par la même occasion, de se tromper d’adversaire.

Car cette majorité régionale efficace, est certes emmenée par les socialistes, qui ont pu çà et là faire peur par quelque intention de se marier à un centre droitisant, mais aussi par des sensibilités, telles l’ADS elle-même, qui a pensé aux dernières élections cantonales que rallier les composantes de Limousin Terre de gauche serait préférable que de pérenniser l’alliance avec le PS avec qui elle participe pourtant à de nombreuses majorités dans les collectivités. Complexe et malheureux résultat dont la contradiction s’est déjà observée pour les camarades du PCF, qui siègent aux côtés des socialistes à la mairie de Limoges. Refermons-là ce sujet ô combien complexe (abscons ?).

Loin de moi l’idée de récuser toute utilité des travaux et position du groupe Limousin Terre de gauche. Sa présence inédite au sein du Conseil, certes d’origine bien malheureuse, ne trouve pas sa raison d’être dans des velléités personnelles. Elle aura au moins permis d’apporter une évidente pluralité dans les débats de l’assemblée régionale, et représente rappelons 19 % de l’électorat, ce qui n’est pas rien. Toutefois, les tergiversations autour de sujets aussi capitaux que l’arrivée de la grande vitesse en Limousin, ne sont pas forcément du goût de tout le monde, sachant que ledit sujet est la principale perspective de désenclavement de notre région. Mais au-delà des aspérités du débat local à gauche (ne vaut-il pas mieux que le vide du débat apporté par l’opposition, la « vraie », on ose encore le croire, celle de droite ?), choisissons plutôt de rendre compte de façon neutre, si ce n’est objective.

audouinmlanchon.jpgLe groupe Limousin Terre de gauche**, puisque c’est bien de lui dont je veux parler, a depuis 18 mois maintenant su imprimer une marque. La révélation politique régionale de l’année 2010 s’il en est, que l’on ne saurait (pourrait ?) limiter à ce que d’aucuns nommaient brutal mais contrariant coup d’éclat, a imposé sa voix sur les débats régionaux, parfois de façon tonitruante. Cela tant est si bien que le microcosme politique limousin, telle l’expérience de laboratoire concluante d’une émancipation de celle qui s’est auto-proclamée de façon un peu réductrice « gauche de la gauche », a su attirer les regards des Etats-majors de la gauche radicale nationale. Là-dessus, les invités de l’ADS en 2008 avaient peut-être fait preuve de prémonition. Là-dessus seulement ? Cette marque, parfois contestée et/ou contestable au moins dans sa forme d’expression, a quoi qu’il en soit affirmé plus que jamais une ligne engagée et assumée, au sein d’une majorité socialiste qui devra bien un jour ou l’autre être confrontée à un renouvellement générationnel, sans doute un de ses plus grands enjeux. Cela est clair.

Mais une marque qui, au-delà de tout jugement de valeur, a aussi apporté beaucoup de tension au coeur des débats publics et des séances du Conseil régional, et fait de la Région Limousin sans doute une des rares où les attentions des analystes se sont cristallisées autour d’un affrontement entre deux groupes dont des composantes sont encore alliées dans nombre de majorités de gauche à Limoges ou ailleurs en Haute-Vienne, je l’ai déjà évoqué. La contradiction, toujours, ou du moins, une certaine complexité dans la compréhension des enjeux et des perspectives de travail en commun. Le groupe Limousin Terre de gauche est bien officiellement dans l’opposition régionale. Difficulté. Ce n’est pas dans ce cas faire preuve de mauvaise foi que de dire que tout cela ne doit pas clarifier les réflexions de certains électeurs de gauche, et plus encore peut-être les propres réflexions des élus eux-mêmes, à l’aube d’échéances majeures : principalement législative et territoriale, mais aussi présidentielle.

Car n’est-ce pas là notre crainte ? Il serait bien dommageable, et le mot est faible, que la vraie gauche molle devienne celle qui rechignera à s’engager derrière le candidat de gauche le mieux placé au soir du 22 avril 2012. L’enjeu de la prochaine élection présidentielle est plus que capital, sans doute autant qu’en 1981. Si déception il doit y avoir, faisons en sorte qu’elle continue de venir de la droite. Et que l’atmosphère du 18 octobre 2008 ne revienne pas polluer les espoirs de celui qu’on nomme « peuple de gauche », mais qui selon moi est aussi un peuple de l’espoir.

« Quand la gauche court après sa droite, elle perd », disait Olivier Besancenot au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, en 2007. Je ne voudrais pas que l’on m’accuse d’être un représentant de la gauche qui fuit sa gauche. Espérons (j’y crois résolument) que le PS persiste à défendre comme il le fait les intérêts de tous et de chacun en accord avec les valeurs de progrès et d’humanisme. Espérons (et faisons en sorte, par pitié), que la gauche du PS ne s’égare pas à, non pas courir après sa gauche, mais courir toute seule, sous prétexte que celle qui n’incarne pas moins qu’elle (je n’ai même pas dit davantage !) l’alternative au véritable ennemi qu’est la droite dure et réactionnaire, c’est-à-dire la gauche socialiste et ses alliés proches, ne serait pas digne d’une alternative salutaire pour cette France exsangue. Une alternative où égalité et harmonie ont été bien mises à mal par la Droite, celle des Sarkozy et Fillon, depuis presque dix ans.

*Du nom du parti de gauche alternatif au SPD qui a réalisé de bons scores récemment (76 députés sur 621 au Bundestag).
**Les élus du groupe au Conseil régional organisent demain leur première université d’été à Nedde (87). Commune natale de Marie-Françoise Pérol-Dumont. Il n’est pas bon de voir les symboles partout, mais tout de même ! ;)

Photos : Pierre Laurent (PCF), Martine Aubry (PS), Cécile Duflot (EELV), réunis au soir du 1er tour des élections cantonales de mars 2011. Jean-Luc Mélenchon a décliné l’invitation, sous prétexte que le NPA n’y a pas été invité. Mais pour y être invité, n’aurait-il pas du davantage faire savoir quel était son adversaire n°1 ? (c) Christophe Petit-Tesson, MaxPPP / Paris Match | Rencontre entre Christian Audouin, chef de file du groupe Limousin Terre de gauche  au Conseil régional, et de Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche, en 2010.







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