> Municipales : brèves de campagne #3

23052013

> Municipales : brèves de campagne #3 dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

A dix mois des élections municipales, le sujet fait encore un peu plus parler de lui dans le microcosme limougeaud. Et les sujets abordés dans le corps de la dernière lettre d’info municipales comme dans les tribunes politiques sont révélateurs de ce changement progressif d’atmosphère, qui annonce un été riche en constitution de listes et de programmes.

dsc_9510-300x200 dans Aménagement du territoireLimoges 2025, expo citoyenne et/ou message politique ?

« Limoges 2025, imaginons notre avenir ». Non, ce n’est pas le slogan d’une liste pour la prochaine échéance électorale, mais c’est bien le titre de l’exposition organisée par la municipalité à la BFM, ouverte le 28 mai prochain ! A travers une déambulation en 6 étapes, on sera mis en face des méthodes de l’action publique, des tendances, des atouts, des acquis, des perspectives de notre ville. Le tout surmonté de quelques animations un peu plus spectaculaires et interactives (film de la ville par un drone, animation théâtrale de l’Académie régionale de l’Union, etc.) Autant de sujets à même de captiver tous les citoyens, quels que soient leur âge et leur « rôle » dans la Cité, et donc de sensibiliser à la chose publique, ce qui est primordiale à l’approche d’une campagne de proximité.

En soi, l’approche pédagogique du sujet est fort intéressante. Et évoquer ces questions semble pertinent, à l’heure où la ville de Limoges est, comme toutes les métropoles régionales françaises, confrontée à la mise en concurrence des territoires par les phénomènes de métropolisation et de mondialisation, avec ce que cela suppose en terme d’enjeux de transports, de dynamisme économique et touristique, de développement durable… Mais la tenue d’un tel événement à quelques mois du scrutin, et surtout pendant la phase d’enquête publique du projet de LGV Poitiers-Limoges, dont la réussite serait pour les promoteurs de la grande vitesse le point de non-retour vers la réalisation de ladite ligne, peut interpeller. La LGV est d’ailleurs largement – et logiquement – évoquée dans un encart du magazine municipal accolé à la présentation de l’exposition ! Sans parler d’entretien de confusion, les détracteurs du projet apprécieront ! Si avant même l’ouverture de l’exposition, il serait faire preuve d’un peu trop d’aventure que d’assimiler l’initiative à un message politique de la majorité sortante, il va sans dire que le fond comme la présentation des projets et des enjeux présentés feront parler ! De là à parler d’expo polémique… Attendons donc de découvrir le contenu de « Limoges 2025 ».

Jetons un œil aux tribunes des groupes politiques du Conseil municipal, et l’on y décèle quelques informations intéressantes, plus ou moins entre les lignes.

A gauche, les élus du groupe communiste, tiraillés entre l’autonomisation nationale (l’attitude hostile de Mélenchon vis-à-vis du gouvernement) et locale (les groupes indépendants Limousin Terre de gauche à la région et au CG de Haute-Vienne) du Front de gauche vis-à-vis des socialistes, et leur loyauté à Alain Rodet depuis l’élection de 2008 et même avant, ont ménagé leur deux « camps »… en dissociant contexte national et contexte local ! Une façon pour eux de garder la possibilité de repartir avec le PS à la prochaine municipale, et par conséquent de conserver des postes à responsabilité et une visibilité, tout en critiquant ouvertement les déboires et les fausses routes de l’équipe Hollande-Ayrault, dont il devient compliqué de cautionner les atermoiements. Les conseillers municipaux en appellent donc à une réorientation de la politique gouvernementale, seule condition pour redonner confiance et espoir à la population administrée localement… qui dès lors pourrait voter sans état d’âme pour une équipe de gauche rassemblée !

Une page plus loin, c’est par un encart que les élus UMP semblent une fois encore déplorer la scission du groupe d’opposition depuis le rapprochement des centristes Philippe Pauliat-Defaye et Marie-Pierre Berry et de la MoDem Nadine Rivet… alors que la forme des propos des deux groupes semble si proche ! Même critique de l’action et de la méthode de la majorité, et surtout même métaphore romaine, les uns et les autres voyant dans les projets de l’équipe Rodet des prémonitions de la chute d’un empire qui n’aurait su donner que des jeux sans prendre la peine d’apporter le pain de l’essor économique et médiatique. Si le centre a déjà fait part de quelques pistes d’action pour 2014, pour l’UMP, on repassera…

objectiflimoges-300x168 dans DécouverteObjectif Limoges, pour remettre le débat au centre ?

On n’en parle pas (encore) dans Vivre à Limoges, mais un nouveau collectif politique de dialogue vient d’être lancé à Limoges. Dans la foulée de la constitution du nouveau groupe centriste au Conseil municipal, un espace d’échanges et de débat, « Objectif Limoges », a été mis en place à l’instigation de Vincent Léonie, candidat radical aux cantonales en 2011 à Puy-las-Rodas et figure haut-viennoise de l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo. Officiellement, il s’agira d’un « espace démocratique d’écoute et d’échange, qui veut être le creuset de réflexions pour la création d’un projet, afin de réconcilier Limoges et son avenir. » Une belle ambition, mais on attend d’en voir davantage ! 

Photos :  (c) L. D., (c) compte twitter d’Objectif Limoges




> La fin du panachage : une exigence de transparence et d’efficacité

22012013

> La fin du panachage : une exigence de transparence et d'efficacité dans Actualité locale belections

Si, comme prévu, la loi de réforme des collectivités est bien votée avant 2014, et comprend bien un volet consacré à la modification du mode de scrutin pour les élections municipales, alors le seuil des 3 500 habitants, en dessous duquel les électeurs peuvent pratiquer le panachage des listes et le rayage des candidats, pourrait être abaissé. On parle notamment d’un nouveau seuil maximal de 1 000 habitants. Ce serait une bonne chose, tant est critiquable cette pratique du panachage.

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Une pratique, qui, sous couvert de davantage coller à la non-politisation répandue et avérée des élus des petites communes et d’être en adéquation avec la proximité des habitants en milieu rural, limite la représentativité des tendances minoritaires. Déjà, en 2008, une cinquantaine de députés pointait à raison le fait que le maintien d’un tel système nuisait à la transparence du débat et à l’intégration des néo-arrivants, au sens où les populations, en particulier les nouveaux résidents venus de la ville, se heurtaient bien souvent au moment de voter à l’absence de lisibilité des projets. Il est en effet compliqué de faire confiance à des candidats sur leur seul nom, quand ils ne composent aucune liste et qu’ils n’ont donc pas forcément réalisé de profession de foi… Dans un projet de loi présenté au Sénat en septembre dernier, Jean-Pierre Chevènement en appelait lui aussi à cette suppression du panachage, au nom d’une facilitation de la parité dans les conseils municipaux. En outre, les détracteurs du panachage cherchent à démontrer en quoi ce système ne facilite pas le remplacement des élus démissionnaires (étant donné qu’il n’y a pas de « suivant de liste »), ne contribue pas à la clarté des élections sénatoriales et limite l’importance de la cohérence des équipes et du travail de groupe en amont dans la conduite des projets. Autant d’arguments plus ou moins percutants, mais tous à considérer.

Ainsi, en Haute-Vienne, un abaissement à une population municipale de 1 000 habitants (recensement 2010, valable au 1er janvier 2013), ferait passer le nombre de communes votant au scrutin de liste de 15 à 66. 1 000 habitants semble également un juste milieu : une commune de cette taille requiert 15 conseillers municipaux. Réunir 15 candidats pour la constitution d’une liste semble faisable, ce qui aurait peut-être été plus compliqué pour des communes de 500 habitants. Les 66 communes haut-viennoises pré-citées rassemblent environ 83 % de la population départementale, contre 62 % en 2008. Autant de citoyens qui verraient davantage certifié l’aspect démocratique de leur conseil municipal. Espérons que la prochaine loi sera à la hauteur de cet impératif.




> Réforme du conseiller général et nouvelle carte cantonale : des inquiétudes légitimes !

15012013

> Réforme du conseiller général et nouvelle carte cantonale : des inquiétudes légitimes ! dans Actualité locale B-Gvt-300x33

La réforme de la carte cantonale prévue par le changement de mode d’élection des conseillers généraux part d’une bonne intention. Mais elle se doit de ne pas être précipitée et de garder toute cohérence géographique (et donc sociale, économique, etc.), au nom d’une lisibilité pour l’électeur et d’un bon fonctionnement des nouveaux binômes d’élus. Et donc, de la crédibilité de l’acteur politique local, dont on ne peut que reconnaître le caractère essentiel pour mener des politiques ciblées et pertinentes.

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Force est de constater que le canton est sans doute l’échelon administratif le moins bien identifié par le citoyen. Motivés par la création des justices de paix à la Révolution, ces dernières ont été supprimées en 1958. Dès lors, les cantons ont peu à peu perdu de leur visibilité (d’aucuns diront de leur utilité) avec l’affirmation du rôle de la Région et plus encore l’émergence des intercommunalités, dans les années 1990. Ces dernières, aux compétences de plus en plus transversales, sont de surcroît appelées par la future réforme des collectivités à gagner en légitimité démocratique (par un nouveau système de désignation des conseillers communautaires, faute de suffrage direct encore repoussé par le gouvernement) et en lisibilité géographique (par l’arrêt d’une carte intercommunale pour autant polémique). Pour autant, la place du canton devrait être réaffirmée par la prochaine réforme gouvernementale, à travers l’ambition de redonner un élan aux collectivités locales – donc aux conseils généraux – par une nouvelle décentralisation.

cantons-limousins-carte-263x300 dans Cantonales 2011La réforme, maillon de la grande refonte des modes de scrutin et des modes de fonctionnement des entités administratives françaises (municipalités, intercommunalités), induira un redécoupage de la carte des cantons, rendu obligatoire par les modifications du mode de scrutin départemental en 2015. Un changement annoncé qui fait déjà jaser. Et ceci, à peine trois ans après la première fronde de l’Assemblée des départements de France (ADF), qui s’était vivement opposée à la nouvelle carte proposée par le gouvernement Fillon dans la perspective de l’élection inédite du conseiller territorial, remplaçant mort-né des conseillers généraux et régionaux. Les projets de l’époque avaient pour beaucoup été menés dans le secret, et les départements avaient été placés devant le fait accompli.. et tant pis p.our l’incohérence et l’absence de représentativité équilibrée ! Ainsi donc, une nouvelle opposition pourrait se constituer face aux desseins de l’équipe Hollande. La crainte pourrait une fois de plus se cristalliser autour des risques récurrents du charcutage administratif, et de l’absence de neutralité et de cohérence géographique dans cette refonte territoriale.

Pourtant, les esquisses se veulent rassurantes. Premièrement, en promettant un nouveau redécoupage cantonal, le gouvernement entend réaffirmer l’objectif de parité qu’il s’est déjà fixé à travers les promesses de campagne du candidat Hollande, concrétisées notamment par la composition de ladite équipe gouvernementale. Ainsi, chaque nouveau canton élira deux conseillers départementaux, en binôme, homme et femme. Ce qui est intéressant, même si réel est le risque de perdre du temps à voir le « couple » élu se partager effectivement et efficacement la tâche confiée par les électeurs. C’est au cœur des problèmes posés par la recomposition géographique des entités, on va le voir. D’aucuns ont aussi brandi la menace de voir l’éluE stigmatisée de n’avoir pu se faire élire que « grâce » à un homme. Des craintes véritablement légitimes.

Par ailleurs, la réforme s’accompagnera aussi d’une redéfinition géographique de ces cantons, afin de coller davantage aux nouvelles réalités démographiques. On ne se contentera donc pas de fusionner les cantons actuels deux par deux. Reste à savoir quelles règles conduiront les travaux, et c’est là que le bât pourrait blesser. Redécouper des cantons suivant une règle mathématique, est la façon la plus implacable d’assurer une représentativité juste et équitable : quel que soit le territoire, rural ou urbain, tous les élus, représentent équitablement le même nombre de citoyens, plaçant ces derniers à égalité devant la loi et leur donnant la même légitimité démocratique. Mais une autre question, tout autant importante bien que plus matérielle, émane de ce sujet : quid de la « pratique » du terrain, au jour le jour, et de la réalité de l’espace ? Un vaste territoire rural rassemblant autant d’habitants qu’une petite commune urbaine ne se parcourt pas aussi facilement, et ses problématiques en sont nécessairement différentes (c’est une chose) et surtout plus complexes à traiter dans le même laps de temps et avec les mêmes moyens.

Deux hypothèses, donc. On aurait pu envisager une refonte de la carte à l’échelle nationale (afin de garantir pour chaque Français le même traitement par son conseil général). Si l’on divise la population nationale au 1er janvier 2010 par la moitié du nombre actuel de cantons (puisqu’on cherche au final à garder le même nombre d’élus), on obtient une moyenne d’environ 31 000 habitants par nouveau canton, ce qui laisse au Limousin 24 cantons (contre 106 actuellement), soit à peine plus de la moitié des cantons de la seule Haute-Vienne aujourd’hui. Tous les territoires, urbains et surtout ruraux, en seraient profondément bouleversés. En prenant l’exemple de la partie creusoise du plateau de Millevaches, il faudrait créer un canton d’une centaine de communes et de 2 000 km² pour atteindre le seuil des 31 000 habitants. Impensable, bien entendu, et le gouvernement en a conscience en promettant un redécoupage à l’échelle départementale, l’échelle du conseil général, même si c’est arbitraire.

conseillers-generaux-limousin-2011-265x300 dans GouvernementAinsi, si l’on prend l’exemple de la Haute-Vienne, les 42 cantons actuels sont refondus en 21 (chacun ayant deux élus, donnant toujours un total de 42). Lesdits cantons se partagent les 376 000 haut-viennois, rassemblant donc chacun 18 000 habitants. Ce qui ne pose pas de gros problème en milieu urbain, à Limoges notamment où les cantons sont les plus peuplés, et où le redécoupage sera le moins compliqué. Mais qui sera bien plus difficile en milieu rural, ou des cantons déjà fort étendus sont bien loin de ce seuil (260 km² et 3 700 habitants pour Mézières-sur-Issoire, 290 km² et 4 500 habitants pour Le Dorat, 360 km² et 5 900 habitants pour Eymoutiers). Le problème est le même en Creuse (un nouveau canton pour 9 000 habitants) et en Corrèze (1 pour 13 000). Voire parfois pire, quand on pense aux cantons tels ceux de Gentioux-Pigerolles ou La Courtine, qui ne réunissent même pas 2 000 habitants. Dans les espaces les plus ruraux de la montagne limousine ou de la Marche, il faudrait donc réunir au moins trois ou quatre cantons actuels pour atteindre le seuil de représentativité. Avec ce que cela implique en terme de cohérence géographique et de présence assurée des élus sur le territoire. Quand bien même ils seront deux ! Car si ce dédoublement de personnalité doit compenser l’augmentation de la taille des cantons, rien n’assure que le travail des élus se partagera géographiquement de façon efficace. Et est-ce réellement souhaitable, à ce titre ? On imagine déjà, en dépit de la bonne volonté et de la bonne entente des deux membres du binôme, les risques d’appropriation de tel ou tel élu par certains électeurs, voire la fracture de l’unité des cantons. Et si jamais le binôme ne fonctionne plus, on pense déjà aux dissidences politiques…

La prochaine réforme devra donc veiller à trouver le bon équilibre entre impératif de juste représentativité et cohérence spatiale pour le bon exercice des élus. En revanche, elle n’encadrera pas le personnel politique, ce qui est évidemment normal, mais n’est pas pour nous rassurer, d’autant si l’on repense aux protestations contre le non-cumul des mandats… Alors, oui à une réforme territoriale visant à la relance des politiques publiques à destination des territoires fragilisés, et non au conservatisme électoraliste ! Mais non également à la précipitation !

Illustrations : L. Destrem, 2013




> Pour une université de la cohérence

14012013

> Pour une université de la cohérence dans Gouvernement B-Gvt-300x33

.. ou pourquoi avoir envie de faire confiance aux projets du gouvernement

unilim dans HollandeEn dévoilant les grandes lignes de son projet de loi, Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, annonce enfin en quoi la politique du gouvernement en la matière est censée répondre aux très fortes attentes des acteurs de l’université et de la recherche, étudiants et employés. Des attentes forcées par des réformes pas toujours très bien comprises et bien menées, durant le quinquennat Sarkozy en particulier. Réforme de la démocratie interne, clarification des licences : des raisons d’espérer !

L’autonomie des universités, si dans l’idéal pourrait susciter l’enthousiasme en ce qu’elle favoriserait l’audace des établissements, se heurte bien souvent, à l’instar des marges de manœuvre des collectivités locales, aux écarts de moyens financiers, matériels et humains des établissements. Selon que l’on a affaire à une grosse université parisienne ou à un petit établissement comme celui de Limoges, les ambitions ne peuvent évidemment pas être les mêmes, et le regroupement des universités en Pôles de recherche et d’enseignement supérieur force au mieux la définition de stratégies plus solides, au pire la marginalisation d’universités vouées à l’annexion par une consoeur, voire à sa suppression (et donc une déliquescence de la qualité des formations pour des centaines d’étudiants provinciaux…). Le match Paris-Province – et même grandes villes contre villes moyennes – ne doit pas être relancé par la concurrence d’universités qui s’élèveraient, mode de scrutin et autonomisation obligent, en petites baronnies. En ce sens, la refonte du mode d’élection du président de l’université, avec la disparition de la prime à la liste en tête et l’arrivée du vote à deux tours, me semble être un très bon signal en faveur de plus de démocratie. Car l’université se doit d’être un espace démocratique, en tant qu’espace d’apprentissage et de formation à l’esprit d’initiative et d’ouverture au monde. Un lieu où l’alternance des équipes et des stratégies et la juste représentation de celles-ci serait garanti. Je pense en outre qu’il faudra demeurer vigilant quant à cette ambition affichée de favoriser des fusions et fédérations d’universités plus lisibles que les PRES. La cohérence scalaire des forces de l’université ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la mutualisation et du partage des compétences et des expériences, aussi attrayantes ces idées sont-elles.

La volonté de refondre l’offre de licences en la clarifiant part d’un bon sentiment. Sans doute faut-il y percevoir l’ambition d’atténuer le flou caractéristique de la fac, perçu chaque année par les bacheliers qui font le choix de la licence, et se heurtent à des intitulés aussi divers qu’abscons, et à la complexité de plateformes web peu harmonisées. Redorer le blason d’une université en perte de vitesse, à l’image plutôt altérée et au dynamisme aléatoirement vérifié, est vital. Mais n’y a-t-il pas des raisons plus tangibles à ce désamour pour les facultés ? Sans évidemment en appeler à une sélection sévère à l’entrée en première année de licence, j’espère que la redéfinition du mode de gouvernance des universités saura placer les étudiants, leurs projets, la cohérence de leur formation, au cœur de l’université. A ce sujet, aborder la place des fameuses classes préparatoires aux grandes écoles me semble intéressant. Car si ces établissements forment sans nul doute nombre d’élèves à l’acquisition de méthodes de travail, d’un volontarisme dans l’apprentissage et d’un socle de connaissances solide que les étudiants en fac n’ont pas toujours, ils ne contribuent pas nécessairement à former à l’ « esprit » de la recherche universitaire d’une part. D’autre part, sans aucunement tomber dans la facilité de l’argument démagogique, à apaiser les relations entre l’enseignement secondaire et le supérieur universitaire. Sans oublier qu’en dépit de réels efforts pour les démocratiser, ils demeurent bien souvent socialement sélectifs… Pour autant, abolir les fossés de réputation et les préjugés entre ces deux mondes reste un enjeu que des lois, aussi ambitieuses soient-elles, ne parviendront certainement pas à satisfaire aussi vite. L’espoir fait vivre, le dialogue animera cet espoir.




> Enfin en finir avec le cumul des mandats !

9112012

> Enfin en finir avec le cumul des mandats ! dans Gouvernement B-Gvt-300x33

Révolu, le temps où Louis Longequeue cumulait les postes de maire de Limoges, sénateur de Haute-Vienne et président du Conseil régional ? Oui ! Quoique… 5 des 6 députés limousins, tous socialistes, sont également maires, et quatre d’entre-eux sont de surcroît à la tête d’une intercommunalité. Et ne semblent pas pressés d’éclaircir leur CV, quitte pour certains à aller à l’encontre des règles du PS, et demain, peut-être, du projet de loi qui émanera des préconisations – encourageantes mais pas assez ambitieuses – de la commission Jospin ?

cumul-des-mandats-le-monde dans HollandeAlors, oui, il faut écouter tous les avis. Mais le moment est venu de trancher et de respecter la parole donnée, promesse de campagne de François Hollande. Loin de toute chasse aux sorcières – la tentation du « tous pourris » n’est hélas jamais loin, et nuit au débat sain –, de toute démagogie, le non-cumul des mandats doit s’appliquer, car il est un élément fondamental de la moralisation de la vie publique en France. Et se doit de prouver en quoi il ne nuit pas à l’efficacité du travail des élus, mais au contraire assure transparence, proximité et vitalité du personnel politique.

Avant toute chose, je demeure sceptique quant aux arguments de certains pourfendeurs du cumul, qui estiment que cumuler des mandats nuit à l’efficacité du responsable politique et le coupe des débats nationaux (des études ont pu démentir cette hypothèse, voire prouver le contraire). Autant que je l’étais d’imposer un âge limite aux candidatures, idée abandonnée, à l’instar du non-cumul dans le temps (et ça, c’est plus dommageable). Je suis en revanche bien plus convaincu de la nécessité de déverrouiller les postes politiques afin de les ouvrir davantage : mixité sociale, parité, diversité et peut-être surtout âge et ouverture à la société civile. Autant d’enjeux majeurs pour revivifier une classe politique qui se doit de ressembler aux populations qu’elle administre. Sans parler des questions de rémunération, sensibles car facilement instrumentalisées par les « bouffeurs d’élus », même si l’exemplarité, fut-elle symbolique, doit là aussi s’imposer.

Et non, un parlementaire qui n’est pas dans le même temps un élu local – puisqu’officiellement, rappelons que le député comme le sénateur, s’ils sont élus dans une circonscription, sont avant tout des élus de la nation qui siègent dans les chambres de la République – ne passe pas à côté des « vrais » sujets, il ne manque pas les vrais enjeux, il n’est pas déconnecté du terrain. Le temps dégagé par le mandat unique, la présence de collaborateurs et de conseillers, l’ancrage territorial « sentimental » et personnel, la possibilité de garder un siège de conseiller municipal, général ou régional, sont autant d’éléments qui étayent cette idée. Et qui de fait, devraient convaincre.

Et au final, rappelons que les deux tiers des Français réclament, au nom de la clarté et du lien distendu entre les gouvernants et eux-mêmes, d’en finir avec cette pratique. N’est-ce pas un argument d’autorité, quand on sait de qui les responsables tiennent leur mandat ? Exigeons un peu de courage et de cohérence à nos parlementaires, nous ne saurions que faire d’une pagaille supplémentaire.

Voir aussi : aidons les députés et sénateurs PS (s’il n’y avait qu’eux…) à ne plus cumuler les mandats – carte interactive de Rue89.




> LGV : Mea culpa, et caetera…

16102012

> LGV : Mea culpa, et caetera... dans Actualité locale bamnagement

hollande-train dans Aménagement du territoireLe président de la République rencontre les responsables socialistes limousins pour parler LGV. Je suis contredit. Volonté d’apaiser et de dialoguer ? Respect de la parole de Nicolas Sarkozy ? Convergence d’intérêts ? Nostalgie limousine ? Je ne sais pas, et peu importe. Que savons-nous sur le sujet ? Sans doute plus assez de choses pour que je consente à encore à me prononcer dessus. Dommage, car le désenclavement de la région mérite toute notre attention…

François Hollande a rencontré Alain Rodet, Philippe Nauche et Marie-Françoise Pérol-Dumont, lors d’un déjeuner – qui n’était même pas inscrit à son agenda officiel, pour discuter de la ligne à grande vitesse Poitiers-Limoges. Une façon de réaffirmer son suivi personnel du dossier. Ou une manière de rassurer ses anciens voisins de fief électoral sur l’avancée d’un projet qui avait pris du plomb dans l’aile (beaucoup ?), avec les annonces des ministres Cahuzac et Cuvillier sur la responsabilité budgétaire. Le président de région affirme que les questions du POLT et des TER ont aussi été abordées. Soit !

Il y a quelques jours, suite aux propos presque curieusement confiants de Bernadette Chirac, je faisais part de mon scepticisme personnel – sans engager d’avis arrêté sur l’utilité de ladite ligne – quant à la réalisation prochaine du fameux barreau, estimant peut-être un peu décalée et (trop) optimiste son intervention. Bien mal m’en a pris. Ai-je mal soupçonné la portée de ses propos, glissés de façon a priori anodine et nonchalante à un journal régional ? Ai-je sous-estimé son poids dans les décisions politiques, son envergure dans les jeux de pouvoir, l’assurance des responsables politiques limousins, pourtant bien esseulés dans la conviction qu’ils ont des bienfaits de la LGV ? Suis-je tout simplement passé à côté de signes avant-coureurs, tels l’absence d’intervention publique et officielle du président sur la question des projets de lignes à grande vitesse, ou la réception récente (conciliante ?) de représentants d’opposants au projet par Bernard Combes, maire de Tulle et conseiller du président ? Je ne sais pas.

Quoi qu’il en soit, je préfère dorénavant, et jusqu’à nouvel ordre, ne plus m’exprimer sur ce sujet que de façon évasive. Je n’ai plus d’avis arrêté sur l’intérêt du projet en tant que tel. Et surtout, trop d’éléments nous échappent, trop de vérités et de contre-vérités indifféremment brandies en objectivités s’affrontent, et in fine, polluent nos représentations et instillent de coupables soupçons qui viennent ruiner nos efforts de réflexion. Batailles politiques, bataille des chiffres, arguments et contre-arguments de nature et de qualité variables bombardés chaque jour en arrivent à nous faire perdre nos repères, dans certains cas au détriment de la portée et des véritables enjeux d’un tel projet (le désenclavement d’une région, la desserte des territoires, la consultation populaire, etc. : des sujets aussi passionnants et complexes qu’ils demeurent dans mes centres d’intérêt).

Au final, les tortueuses procédures du débat public d’aménagement du territoire en France et la complexité du jeu politico-économique ont eu raison de mes certitudes (ce n’est pas grave), de mon courage (là non plus), mais aussi, un peu, de ma croyance en la transparence et en l’efficacité du débat public (ça l’est davantage). Suis-je le seul à le penser ?







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