> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges

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> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges dans Actualité locale bamnagement

La semaine dernière, alors que tout le monde s’émouvait des conclusions imminentes de la commission Duron enterrant le projet de LGV Poitiers-Limoges, après plusieurs semaines d’incertitude, je participais à un des mini-débats organisés par la Ville de Limoges dans le cadre de l’exposition Limoges 2025*. La rencontre « Limoges ville-capitale », animée par Jean-Pierre Limousin, était l’occasion de revenir sur le sujet brûlant de la LGV et de requestionner la confiance aveugle dans la réalisation du projet polémique qui est celle des élus socialistes haut-viennois. Si mon sentiment vis-à-vis du projet demeure divers, j’estime en fait que la LGV ne peut fonctionner qu’à de très (trop ?) nombreuses conditions.

La rencontre à laquelle j’étais inscrit, animée par Jean-Pierre Limousin, président du CESER et de la CCI mais aussi de l’association de promotion du TGV Paris-Limoges-Brive, permettait d’aborder le thème de « ville capitale ». Autrement dit, savoir quelle place donner à Limoges dans le contexte national et international de mise en concurrence des territoires, de métropolisation (poids croissant des fonctions de commandement et d’organisation des villes métropoles nationales et régionales) et aussi en filigrane de déterritorialisation progressive des activités dans le cadre de la mondialisation, qui accorde de plus en plus d’importance à la présence numérique.

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Poitiers, Limoges, Brive... ces trois villes veulent-elles réellement travailler ensemble ? (c) Association TGV PLB

Si la très faible participation citoyenne – deux citoyens lambda – à cette rencontre est déjà un problème en soi – Jean-Pierre Limousin confiait lui-même sa déception et ses interrogations concernant les moyens d’assurer une démocratie participative vivante –, on pouvait également se demander ce qui avait pu motiver la programmation de ces rencontres ô combien intéressantes en plein milieu de la journée en semaine… Passons. Le sujet a forcément dérivé sur le sujet de la ligne à grande vitesse. Pour M. Limousin, l’intérêt de la LGV est à trouver dans l’impératif de rééquilibrage du grand Sud-Ouest que Limoges soit d’incarner par rapport à Bordeaux et Toulouse, et plus largement assurer la survie et la relance d’un Limousin bien moins dynamique que ses voisins occidentaux. Impératif qui ne peut s’effectuer que dans l’association métropolitaine de Poitiers et Limoges, qui ensemble incarneraient un pôle urbain concurrent et compétitif d’environ 300 000 habitants. Tout cela s’appuyant sur la bonne intégration de Poitiers aux réseaux d’échanges existants, sur l’intérêt qu’elle aurait à ne pas suivre Orléans et Tours dans l’étouffement parisien, ainsi que sur la notoriété sous-estimée mais réelle des noms de « Limoges » et du « Limousin » à l’étranger, notamment en Asie. Ce nouveau binôme Poitiers-Limoges aurait ainsi la nouvelle capacité de peser dans les décisions d’aménagement et la captation des richesses et des flux de toutes sortes, ceux-ci étant ensuite réinvestis dans la dynamisation du territoire annexe. Présenté ainsi, on en serait presque convaincu, la LGV serait un atout pour la ville et la campagne. Restait tout de même à « régler » plusieurs sujets majeurs : convaincre les acteurs picto-charentais, élus et citoyens, de leur intérêt à s’associer avec le Limousin, prouver la pertinence économique du projet, assurer la réussite du passage du concept théorique à l’application territoriale, avec ses spécificités et ses limites, et enfin en convaincre les populations. Je vais y revenir.

L’extrême-confiance de Jean-Pierre Limousin, Alain Rodet ou Jean-Paul Denanot pourrait même passer pour suspecte, certains y voyant la trahison de quelques doutes dans leur relation de confiance avec l’exécutif suprême, d’autres une attitude bornée et déconnectée des réalités, voire électoraliste, de mauvaise augure dans la perspective d’une revalorisation de l’image de l’acteur politique, tant attendue. C’est encore un autre sujet.

Au-delà de l’aspect économique, la LGV est encore bien loin d’avoir prouvé sa pertinence en terme de projets partagés entre Limousin et Poitou-Charentes, alors que la synergie Limoges-Poitiers est jugée essentielle…

En définitive, pour moi, la LGV Poitiers-Limoges n’est pas un projet uniformément et forcément néfaste. Mais au-delà des polémiques liées à la façon dont les études préliminaires ont été menées depuis 2006, elle n’a de pertinence que si l’on « oublie » l’inoubliable. Autrement dit, des facteurs qui peuvent paraître annexes mais qui mettent en lumière les brèches de la conduite du projet et en sont tout bonnement la condition de succès. Pour l’instant, ces facteurs inoubliables demeurent occultés. Et ainsi, la LGV fonctionnera si l’on continue de les occulter :

  • La LGV fonctionnera si l’on oublie la situation des finances publiques – mais qui le peut ? – du côté de l’Etat mais aussi des collectivités, de plus en plus appelées à mettre la main au porte-monnaie mais en pleine incertitude à l’heure d’un nouvel acte de décentralisation bien confus. Mais on ne peut pas l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie aussi le fait que désormais, l’Etat ne peut hélas que difficilement se permettre de financer à lui seul les grands projets. C’est regrettable mais c’est un fait, et si l’on peut évidemment critiquer l’attitude de Ségolène Royal dans ce qu’elle tient de l’obstination, du caractère personnel et d’une mauvaise appréciation d’un territoire potentiellement partenaire mais sous-estimé – le Limousin –, voire d’une certaine condescendance, on se doit de comprendre sa réticence à engager le financement du projet. C’est regrettable mais on ne peut l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on parvient à dépasser les divergences de vue des habitants du Limousin et du Poitou-Charentes, et en particulier de leurs élus. Si l’on conditionne la réussite du projet à la synergie entre Poitiers et Limoges, comme l’avance Jean-Pierre Limousin, comment compter sur la concorde pour l’instant très partielle des élus des deux régions, puisqu’à ce jour, autant le Conseil régional de Poitou-Charentes que le Conseil général de la Vienne (sans oublier les réserves croissantes des élus corréziens) se montrent sceptiques vis-à-vis de cette future ligne. Je pense aussi à l’existence de projets collectivement portés, et à l’existence de structures formelles et institutionnelles de partages de projets, d’ambitions pour les deux régions.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie que la SNCF et l’Etat n’ont pas seulement rechigné à engager la modernisation de la ligne POLT avant la LGV pour des raisons d’adhésion pure à la grande vitesse, mais aussi compte-tenu des incertitudes portées par l’ouverture du rail français à la concurrencerendant périlleux le financement massif en faveur d’une adaptation des voies aux 220 km/h si ce n’est plus la SNCF qui demain à le monopole de la gestion des trains. En ces temps où rarement le modèle socio-économique n’aura été remis en cause, on ne peut l’oublier. 
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie également le fait que la défense de ce projet fait bien écho à l’aura nostalgisante du sigle TGV,  évocateur de promesses de développement des territoires, et que donc la défense de ce projet tient au moins en partie d’un fantasme compréhensible mais un peu vain des populations locales un peu frustrées de n’avoir pu bénéficier du formidable espoir de dynamisme apporté par les LGV Est européenne, Atlantique ou Méditerranée, et d’attendre une concrétisation d’un projet évoqué depuis trente ans. Il y a du fantasme dans cette quête de la grande vitesse, symbole de la puissance française du XXe siècle. D’aucuns y assimileront le Concorde…
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie enfin que la LGV n’est pas automatiquement un vecteur de développement intégral et lissé des territoires, étant donné l’effet tunnel indubitablement provoqué par de telles infrastructures, qui profitent avant tout aux terminus (Poitiers et surtout Limoges). En effet, les effets bénéfiques aux territoires environnants, s’ils sont possibles (il faut quand même le dire), ne sont garantis que si l’on associe l’arrivée de la grande vitesse à d’autres chantiers, pour autant de nouvelles conditions à la pertinence du chantier… 
La LGV ne peut et ne doit fonctionner que si elle est mise en complémentarité de la modernisation des axes ferroviaires et routiers annexes. Or, financièrement, peut-on se le permettre ?
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Gare de Saint-Sulpice-Laurière. Pourquoi « pro » et « anti » ne se retouvent-ils pas autour de la même ambition de supprimer le point de rebroussement et ainsi favoriser le désenclavement de la Creuse et le passage des TGV ? (c) Tuyra – Wikimedia Commons

En effet, outre l’impératif bien douteux d’occulter tous ces points, il conviendrait au promoteur de la LGV d’assurer la complémentarité des projets d’aménagement et de considérer les obstacles techniques après les éléments moraux et politiques. A l’infaisable moral, à ces oublis manifestes auxquels les défenseurs du projet souscrivent sans hésitation, ajoutons ce qui pour l’instant est malheureusement peu brandi dans les débats et arguments, ces idées qui font donc pour le moment figure d’infaisables techniques et financiers alors qu’elles ne le sont pas, qu’elles conditionnent le succès de la LGV et qu’elles paraissent bien plus utiles au développement territorial :

  • la modernisation des axes routiers majeurs, à la fois condition au développement des territoires, au désenclavement du centre de la France et à la sécurisation de secteurs dangereux : la RN 147 vers Poitiers, la RN 79 vers Mâcon, la RN 21 vers Périgueux ;
  • l’électrification de la ligne Limoges-Guéret, et le réaménagement de la gare de Saint-Sulpice-Laurière de sorte à ce que le demi-tour des trains n’y soit plus obligatoire (suppression du point de rebroussement), ce qui améliorerait l’intégration de la préfecture creusoise au réseau national, mais qui aurait pu faire profiter à la Creuse de l’effet grande vitesse et au-delà d’impulser de nouvelles liaisons « grandes lignes » entre l’est et l’ouest de la France. Ces deux points ont eux-mêmes été évoqués par Jean-Pierre Limousin, qui y voit l’occasion manquée des Creusois de soutenir la LGV.
  • Et évidemment la modernisation de la ligne POLT, au nom de l’équité des territoires prônée par le gouvernement Ayrault.

Beaucoup de conditions, donc. Si la LGV ne se fait pas, ces conditions n’en demeureront pas moins des outils de développement à étudier sérieusement, car elles ne sont pas conditionnées à la grande vitesse, elles. Si elle se fait, comme le soutient mordicus M. Limousin, alors au-delà d’un « fait du Prince » un peu déroutant, elle n’en demandera pas moins de toute urgence la réalisation des projets annexes et complémentaires que j’ai cités. Mais pourra-t-on – financièrement, techniquement, moralement – se le permettre ?

*Cet exercice de prospective sur les perspectives attendant notre ville dans les prochaines années, critiqué pour son tempo, à quelques mois des municipales, et son message, vu comme partisan, est encore accessible aux citoyens jusqu’à la fin de semaine, à la Bfm de Limoges.  




> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route !

27062013

> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route ! dans Actualité locale bamnagement

rn141-300x168 dans Aménagement du territoireOui, je vais vous parler de la Commission Mobilités 21, désormais connue pour son avis défavorable à la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges d’ici à 2020. Mais non, je ne vous parlerai pas (dans cet article) de train mais bien de liaisons routières. Car masquées par les bruyants lobbies concernant ces projets symboliques d’ampleur, qu’ils soient favorables ou défavorables, les préconisations en terme d’infrastructures routières ont toute leur importance dans ces conseils (rappelons que ce rapport n’est qu’indicatif). L’exemple de la RCEA, Route Centre Europe Atlantique, élément majeur de transport transversal dans un pays où les liaisons est-ouest sont peu aisées, favorisé quel que soit le scénario par la Commission, me semble parlant et capital.

Dans ce rapport, au-delà des médiatiques suggestions de repousser les projets de LGV au-delà de 2030, si l’on excepte la voie Bordeaux-Toulouse, la commission en question se devait de hiérarchiser l’ensemble des 70 projets du Schéma national des infrastructures de transport (SNIT), vus comme trop nombreux et très diversement pertinents. Parmi eux, donc, des liaisons ferroviaires (outre Poitiers-Limoges, des projets en Bretagne, en Normandie ou en Alsace), mais aussi fluviales et routières. La RCEA en fait partie : cet axe très emprunté relie la façade atlantique (Nantes au nord et Bordeaux au sud) aux frontières orientales de la France, et passe notamment par Bellac ou Limoges, La Souterraine, Montluçon.

Les écologistes, dont je me réclame plutôt, se sont d’ores et déjà attachés à déplorer le maintien d’efforts attribués aux projets routiers qui selon eux « n’ont rien à faire dans un projet de mobilité durable » qui se devrait d’accentuer les financements sur des liaisons déjà existantes. Personnellement, j’estime toutefois qu’assurer une modernisation de ces axes, et en l’occurrence de la RCEA, répond à une double exigence pleine de cohérence et de bon sens : sécurisation de liaisons très fréquentées et très accidentogènes, assurant de fait une optimisation des parcours, à toutes échalles, car la liaison RCEA a à la fois une utilité dans les parcours internationaux (à l’est vers la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, à l’ouest vers l’Espagne) et plus locaux (entre façade atlantique et couloir rhodanien, et de manière encore plus locale, entre départements). La route, si elle continue de fait de favoriser l’automobile, moyen de déplacement évidemment polluant quoique populaire, est encore la plus à même de favoriser les mobilités et donc le désenclavement des territoires. Et rappelons que la RCEA n’est pas un axe ex-nihilo. En outre, je pense que le combat contre l’automobile, s’il se doit d’être modérément mais réellement tenu, doit avant tout être mené en ville. Si ces travaux routiers ne font pas la part belle aux concessions, ce qui est le cas pour le maillon central de la RCEA entre la Creuse et la Saône-et-Loire, mais ce qui hélas se dessine pour l’axe nord-est de la RCEA, entre Bressuire et Limoges, et s’ils sont pris en charge par un Etat volontaire et des collectivités épaulées, je les soutiens totalement.

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Ainsi, point plus localisé et plus personnel étant donné mes racines familiales en Charente limousine, je regarde d’un bon œil l’ouverture d’un nouveau maillon de la RN 141 doublée entre Etagnac et Chabanais, à une quarantaine à l’ouest de Limoges (cf. vidéo ci-contre), qui permettra enfin de désengorger et de sécuriser le chef-lieu de canton si durement marqué par le passage incessant et meurtrier des poids-lourds. Un grand défi s’offre désormais au village, celui de convertir cette tranquillité retrouvée en un outil d’embellissement et de réanimation de son tissu commercial et résidentiel.

Plus largement, cette mise en quatre voies des axes transversaux ne peut que servir l’intégration du territoire du Limousin aux régions environnantes, un enjeu capital à l’heure où la concurrence entre territoires n’a jamais porté autant de perspectives, négatives comme positives. Dans le même temps, les liaisons routières, quand elles demeurent axes nationaux gratuits avec échangeurs régulièrement disposés, assurent une desserte locale, précise des territoires ruraux et urbains, sans privatisation des réseaux forcément dommageable. Un bon compromis, moral et pragmatique.

Photo et vidéo : la RN 141 à Etagnac, (c) France 3 Poitou-Charentes. Dans la vidéo parlent successivement Michel Gealageas, maire de Chabanais, Michel Boutant, sénateur et président du CG de Charente, et le maire d’Exideuil, encore traversé par un RN 141 à deux voies.




> Ces trésors que Limoges ignore encore un peu trop…

27062013

> Ces trésors que Limoges ignore encore un peu trop... dans Actualité locale expressVous avez peut-être pu vous procurer le numéro de L’Express consacré aux « trésors cachés de Limoges », il y a deux semaines. Vous y avez peut-être découvert des lieux et édifices inconnus jusqu’alors. Et vous en avez peut-être déduit, à la lumière et à l’instar de ces révélations, que Limoges devait fourmiller de ces trésors méconnus mais pourtant prometteurs. Deux défis sont sous-entendus par ce supplément documentaire. Le premier, l’équilibre entre considération et valorisation du patrimoine et aménagement et développement urbain. Le second, c’est de bien comprendre qu’au-delà de ces richesses du patrimoine bâti et matériel, Limoges semble regorger de potentiels tout autant cachés mais réels, qu’elle se doit de valoriser, pour elle, ses habitants et sa relation avec l’extérieur.

Il y a quinze jours, donc, le magazine L’Express faisait paraître, dans son supplément local limougeaud, un encart spécialement consacré à la capitale régionale et ses « trésors cachés ». Une initiative intéressante, permettant de faire la lumière sur certains angles méconnus du patrimoine local, et donc, pourquoi pas, d’inciter à un regard plus insistant et plus original sur des éléments qui font l’originalité de la ville. Cette originalité s’incarne d’une part par la très grande diversité, voire disparité des richesses patrimoniales, tant en époques qu’en aspect. Beaucoup de voyageurs et observateurs le remarquent, et ce n’est pas forcément un mal que de voir se côtoyer architecture contemporaine et bâti séculaire quand la cohabitation est harmonieusement négociée. D’autre part, Limoges se distinguerait – et ce n’est pas toujours heureux – par le caractère méconnu et insoupçonné de ce patrimoine. Car si des efforts ont été récemment fournis dans la mise en valeur de certains éléments jusqu’alors minimisés ou mal connus, beaucoup reste à faire (on pense au patrimoine archéologique antique ou au patrimoine industriel).

Le patrimoine, un outil au service de la cohésion sociale

De ces idées jaillit le défi majeur de la gestion du patrimoine : savoir le définir, l’apprécier à sa juste valeur et déterminer les objectifs et intérêts finaux de son appropriation, trouver le bon équilibre entre valorisation et aménagements, avec ce que cela peut supposer en terme de développement touristique et économique, mais aussi en ce qui concerne de réelles promesses sur le bien-être social, la cohésion des populations au-delà de leurs différences. Parvenir à déceler l’intérêt d’une valorisation sur un site sans tomber dans les travers de la muséification, savoir négocier l’inclusion d’éléments patrimoniaux dans un quartier pour en faire un symbole sinon un repère spatial vecteur d’harmonie paysagère et évocateur d’appropriation populaire, ce sont des enjeux majeurs pour faire des quartiers et des villes des espaces où il fait bon vivre et exercer une activité, de façon collective.

fourmontjovis-300x192 dans Aménagement du territoireLe magazine a cru bon parler de certains monuments visitables mais connus (le souterrain de la Règle, la rue de la Boucherie) ou bien moins (le cimetière de Louyat, les thermes de la villa gallo-romaine de Brachaud), et parfois – ce qui est encore plus intéressant – bien moins accessibles, dont le sort est de ce fait délaissé voire ignoré. C’est le cas du campanile de la gare, fermé pour raisons de sécurité depuis 2007, de la crypte Saint-Martial, ouverte et fouillée mais peu avenante, ou des fours à porcelaine subsistants, qui exception faite de celui des Casseaux, dépérissent petit à petit alors qu’ils sont le symbole physique du passé industriel de Limoges. Cette visibilité momentanée doit pouvoir sensibiliser ne serait-ce qu’un peu le lecteur au devenir de pans entiers de notre histoire, de nos références partagées. Autant de supports de cohésion sociale et de dynamisme économique et culturel. Et de fierté, aussi, cela compte…

Un discours politique volontaire et positif et une mobilisation collective au service de l’émergence de fiertés et de secteurs porteurs et salutaires

Mais beaucoup de potentiels restent ignorés ou sous-exploités. Le patrimoine linguistique et artistique autour de la culture occitane écrite et orale en est un que je trouve parlant ! Mais on peut aussi penser aux sujets qui sont davantage des « patrimoines en devenir », des marques de fabrique à créer et à dynamiser, des niches d’excellence en puissance (excellence environnementale, transports en commun, lecture publique, etc.). Des opportunités ont su être saisies dans les domaines de l’eau, du luxe, du droit de l’environnement ou de la francophonie. Gardons-le en tête et soutenons les efforts dans le temps et dans les discours ! Evidemment, il convient d’agir en mobilisant les bons outils et les bons arguments, en écartant récupérations politiques, réécritures historiques et artificialisation des traditions. Limoges (et je parle ici de la ville et de ses populations, bien au-delà des seuls édiles), n’a pas encore bien pris la mesure de toutes ses richesses, et même si en plusieurs points elle est sur la bonne voie, les discours ambiants et les inerties parfois observés sont la preuve que les efforts ne sont jamais assez poursuivis et, surtout, jamais assez partagés ! Et ce partage par tous, il passe à la fois par la mise en place d’outils de démocratie de proximité et par la prise de conscience des riverains.

Photo aérienne : (c) Google : le four de l’avenue Montjovis.




> Réinstaurer une culture de débat : une exigence démocratique

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> Réinstaurer une culture de débat : une exigence démocratique dans Actualité locale bsocit

dnte-300x223 dans Aménagement du territoireDans le cadre du Débat national sur la transition énergétique que le gouvernement a voulu mettre en place en 2013, la Région Limousin a décliné l’événement à son échelle et organisé le 24 mai 2013 une « Conférence régionale des énergies », à l’Hôtel de Région, à Limoges. L’occasion de mettre autour de la table les acteurs régionaux directement impliqués pour échanger des priorités et des enjeux qui s’imposent à notre territoire à l’heure où nécessité est faite de réorienter nos choix énergétiques, en qualité et en quantité. Un moyen également de saisir l’importance du débat citoyen.

Soucieux d’associer la jeunesse à ses enjeux qui concernent à plus d’un titre les jeunes générations, la Région avait sollicité le CRJ pour qu’il présente les Trophées du développement durable, exemple parlant et concret d’une application découlant des discussions des Assises de la transition écologique de l’économie et de l’emploi, organisées en 2011. Ces discussions furent l’occasion de créer des espaces de travail citoyen participatif inédits. Ce fut l’occasion de prouver combien les jeunes limousins se sentaient impliqués dans les débats qui animent actuellement notre société, à toutes échelles.

Représentants des chambres consulaires, des secteurs public et privé de l’énergie, des consommateurs, d’associations de protection de l’environnement, des salariés, élus mais aussi citoyens lambda simplement impliqués dans la vie locale: tous avaient été conviés pour échanger à travers 4 ateliers sur les énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétique, le financement de la transition énergétique et les scénarii pour atteindre le mix énergétique en 2025.Les conclusions de ces échanges seront communiquées au Ministère du Développement durable. Les débats, cordiaux mais parfois vifs compte-tenu des désaccords que les différentes pistes en matière d’énergies peuvent susciter, ont notamment porté sur l’intérêt d’intégrer au mieux l’ensemble de la population à ces discussions par de nouveaux modes de gouvernance, et de clarifier et simplifier les procédures visant à l’instauration de nouveaux modes de production et de gestion de l’énergie. Les propos ont aussi traité de l’importance définir le profil du mix énergétique à instaurer : un débat capital en Limousin, où l’exploitation historique de l’uranium comme les potentiels en énergies renouvelables (hydraulique et éolienne notamment) donnent matière à l’échange.

Ces rencontres avec des publics extérieurs répondent pleinement au souhait du CRJ d’ouverture et de décloisonnement des initiatives.

eoliennes_0-300x157 dans GouvernementLes intervenants, au premier rang desquels se trouvaient les représentants de l’institution régionale, tels le Président Jean-Paul Denanot et le Vice-Président Jean-Bernard Damiens, ont salué la présentation des Trophées du développement durable, dont la réussite avait été remarquée, et ont insisté sur la part que devaient prendre les jeunes aux débats actuels sur cette transition énergétique. Plusieurs des invités ont eu à cœur, dans les moments les plus informels de la conférence, de saluer la présentation de l’initiative portée par le CRJ, et de s’intéresser au fonctionnement de cette instance consultative et participative. Ces rencontres avec des publics extérieurs répondent pleinement au souhait du CRJ d’ouverture et de décloisonnement des initiatives.

J’ai pour ma part eu plaisir à échanger avec quelques-unes de ces personnalités convoquées pour l’occasion. Je repense à ce directeur de la Chambre des métiers de la Creuse, qui non content de me louer la qualité de vie et d’exercice de son activité en Limousin, s’est attaché à comprendre le fonctionnement de l’institution du CRJ. Je pense aussi à cette représentante de l’Ademe avec qui nous avons discuté de la réussite des Trophées comme des perspectives de notre Conseil. Je pense à ce représentant de l’UFC-Que choisir. Je pense aux compliments divers adressés à mon intervention et au-delà de ma personne à l’engagement de jeunes sur les problématiques de durabilité. Je pense enfin à cet échange chaleureux avec une conseillère régionale du Limousin, que j’ai connu dans un autre cadre, plus scolaire, et qui a eu à cœur de connaître mon ressenti de « jeune conseiller régional ». Je ne me gargarise pas de flatterie, mais je suis touché de ces marques d’intérêt qui doivent encourager à toujours davantage s’engager, quel que soit le domaine.

Prouver que l’échange citoyen doit être le fondement d’une véritable refonte démocratique de notre sociét

bandeau-fb-300x129 dans HollandeRépondant au même souhait de pleine intégration de la jeunesse à ces considérations énergétiques, j’ai récemment eu vent de l’organisation d’un débat sur le même sujet, par les Jeunes Ecologistes. Après-demain, le 1er juin, une grande réunion verra donc se réunir, à leur instigation, des jeunes engagés en politique de la gauche (Jeunes communistes, Jeunes radicaux, Jeunes du PG, MJS) mais aussi du centre et de la droite (Jeunes démocrates, Jeunes UDI et Jeunes Populaires). Attaché à l’existence d’espaces d’échanges formalisés, institutionnalisés pour qu’ils convainquent et fassent figure d’arguments d’autorité et d’encouragement à l’exemplarité citoyenne des représentants politiques, je ne peux que saluer une telle initiative. Non seulement, celle-ci doit permettre – je l’espère – de replacer les défis engendrés par un tel enjeu, mais aussi et surtout, en l’occurrence, au-delà des étiquettes, prouver que l’échange citoyen doit être le fondement d’une véritable refonte démocratique de notre société, à l’heure où nos institutions n’ont jamais paru si discutées. Si nous pouvons saluer François Hollande dans sa volonté de réorienter la forme de l’exercice de sa présidence, nous ne sommes que plus impatients d’attendre de lui une véritable réinvention de notre modèle démocratique, dont chaque jour nous percevons l’essoufflement. Pour ne pas dire l’obsolescence ! Ce serait un fort engagement en faveur de la durabilité la plus transversale.

Puissions-nous, ici aussi à Limoges, où la culture du débat ne demande qu’à être insufflée, prendre de la graine de cette louable initiative, du côté des jeunes engagés en politique, comme de leurs aînés siégeant actuellement dans les assemblées élues, qui doivent garder en tête qu’ils tiennent leurs sièges des suffrages des électeurs…

N.B. : une version plus courte de cet article a été publiée sur le blog du Conseil régional des jeunes du Limousin. La version publiée ici propose un point de vue plus personnel.

Photos : logo du DNTE ; éoliennes de Boussac (c) France 3 Limousin ; annonce du débat jeunesse sur la transition énergétique (c) Jeunes Ecologistes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




> Municipales : brèves de campagne #3

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> Municipales : brèves de campagne #3 dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

A dix mois des élections municipales, le sujet fait encore un peu plus parler de lui dans le microcosme limougeaud. Et les sujets abordés dans le corps de la dernière lettre d’info municipales comme dans les tribunes politiques sont révélateurs de ce changement progressif d’atmosphère, qui annonce un été riche en constitution de listes et de programmes.

dsc_9510-300x200 dans Aménagement du territoireLimoges 2025, expo citoyenne et/ou message politique ?

« Limoges 2025, imaginons notre avenir ». Non, ce n’est pas le slogan d’une liste pour la prochaine échéance électorale, mais c’est bien le titre de l’exposition organisée par la municipalité à la BFM, ouverte le 28 mai prochain ! A travers une déambulation en 6 étapes, on sera mis en face des méthodes de l’action publique, des tendances, des atouts, des acquis, des perspectives de notre ville. Le tout surmonté de quelques animations un peu plus spectaculaires et interactives (film de la ville par un drone, animation théâtrale de l’Académie régionale de l’Union, etc.) Autant de sujets à même de captiver tous les citoyens, quels que soient leur âge et leur « rôle » dans la Cité, et donc de sensibiliser à la chose publique, ce qui est primordiale à l’approche d’une campagne de proximité.

En soi, l’approche pédagogique du sujet est fort intéressante. Et évoquer ces questions semble pertinent, à l’heure où la ville de Limoges est, comme toutes les métropoles régionales françaises, confrontée à la mise en concurrence des territoires par les phénomènes de métropolisation et de mondialisation, avec ce que cela suppose en terme d’enjeux de transports, de dynamisme économique et touristique, de développement durable… Mais la tenue d’un tel événement à quelques mois du scrutin, et surtout pendant la phase d’enquête publique du projet de LGV Poitiers-Limoges, dont la réussite serait pour les promoteurs de la grande vitesse le point de non-retour vers la réalisation de ladite ligne, peut interpeller. La LGV est d’ailleurs largement – et logiquement – évoquée dans un encart du magazine municipal accolé à la présentation de l’exposition ! Sans parler d’entretien de confusion, les détracteurs du projet apprécieront ! Si avant même l’ouverture de l’exposition, il serait faire preuve d’un peu trop d’aventure que d’assimiler l’initiative à un message politique de la majorité sortante, il va sans dire que le fond comme la présentation des projets et des enjeux présentés feront parler ! De là à parler d’expo polémique… Attendons donc de découvrir le contenu de « Limoges 2025 ».

Jetons un œil aux tribunes des groupes politiques du Conseil municipal, et l’on y décèle quelques informations intéressantes, plus ou moins entre les lignes.

A gauche, les élus du groupe communiste, tiraillés entre l’autonomisation nationale (l’attitude hostile de Mélenchon vis-à-vis du gouvernement) et locale (les groupes indépendants Limousin Terre de gauche à la région et au CG de Haute-Vienne) du Front de gauche vis-à-vis des socialistes, et leur loyauté à Alain Rodet depuis l’élection de 2008 et même avant, ont ménagé leur deux « camps »… en dissociant contexte national et contexte local ! Une façon pour eux de garder la possibilité de repartir avec le PS à la prochaine municipale, et par conséquent de conserver des postes à responsabilité et une visibilité, tout en critiquant ouvertement les déboires et les fausses routes de l’équipe Hollande-Ayrault, dont il devient compliqué de cautionner les atermoiements. Les conseillers municipaux en appellent donc à une réorientation de la politique gouvernementale, seule condition pour redonner confiance et espoir à la population administrée localement… qui dès lors pourrait voter sans état d’âme pour une équipe de gauche rassemblée !

Une page plus loin, c’est par un encart que les élus UMP semblent une fois encore déplorer la scission du groupe d’opposition depuis le rapprochement des centristes Philippe Pauliat-Defaye et Marie-Pierre Berry et de la MoDem Nadine Rivet… alors que la forme des propos des deux groupes semble si proche ! Même critique de l’action et de la méthode de la majorité, et surtout même métaphore romaine, les uns et les autres voyant dans les projets de l’équipe Rodet des prémonitions de la chute d’un empire qui n’aurait su donner que des jeux sans prendre la peine d’apporter le pain de l’essor économique et médiatique. Si le centre a déjà fait part de quelques pistes d’action pour 2014, pour l’UMP, on repassera…

objectiflimoges-300x168 dans DécouverteObjectif Limoges, pour remettre le débat au centre ?

On n’en parle pas (encore) dans Vivre à Limoges, mais un nouveau collectif politique de dialogue vient d’être lancé à Limoges. Dans la foulée de la constitution du nouveau groupe centriste au Conseil municipal, un espace d’échanges et de débat, « Objectif Limoges », a été mis en place à l’instigation de Vincent Léonie, candidat radical aux cantonales en 2011 à Puy-las-Rodas et figure haut-viennoise de l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo. Officiellement, il s’agira d’un « espace démocratique d’écoute et d’échange, qui veut être le creuset de réflexions pour la création d’un projet, afin de réconcilier Limoges et son avenir. » Une belle ambition, mais on attend d’en voir davantage ! 

Photos :  (c) L. D., (c) compte twitter d’Objectif Limoges




> Les Trophées du Développement durable : un appel collectif au courage et à l’engagement

12042013

> Les Trophées du Développement durable : un appel collectif au courage et à l'engagement dans Actualité locale binitiativelocale

Ce samedi 6 avril avait lieu de façon officielle la remise des prix des tout premiers Trophées du Développement Durable en Limousin, venant valoriser des initiatives innovantes en faveur du développement durable. Ouvert aux collectivités, entreprises, établissements d’enseignement et associations de la région entre novembre et février dernier, ce concours lancé par le Conseil régional des jeunes et organisé avec le soutien capital de la Région Limousin et de ses services, l’ADEME et la DREAL, a recueilli 49 dossiers souvent originaux et la plupart du temps pertinents. L’occasion de lancer collectivement un appel au courage, à la responsabilité et à l’engagement. Celui des jeunes – c’est primordial – mais pas seulement.

crj-trophee-dev-durable-560x285-1-dc775-300x152 dans Aménagement du territoireLes lauréats des quatre catégories d’acteurs ont été désignés par un jury réuni en mars. Ils ont été choisis parmi l’ensemble des dossiers provenant des trois départements, de communes aussi diverses que Cosnac, Gentioux-Pigerolles, Cognac-la-Forêt, Ussel ou Evaux-les-Bains, de tous types d’acteurs ont été enregistrées, preuves que la communication autour du projet s’est bien effectuée, et que l’écho est particulièrement favorable dans des zones vues à tort comme « reculées » mais en somme très concernées et sensibilisés

  • Pour la catégorie Collectivités, la mairie d’Ayen, en Corrèze, à travers son projet municipal de développement durable et notamment l’implication des jeunes de la commune dans cette démarche, par le biais des écoles dont le souci d’une approche intergénérationnelle a été salué, et dont la politique a été largement pilotée par un jeune en service civique par la suite embauché en CDD par la mairie ;
  • Pour la catégorie Établissement d’enseignement, le lycée Jean Favard de Guéret, en Creuse, qui a conduit des actions concrètes, participatives, pédagogiques et incitatives visant à la réduction des consommations énergétiques ;
  • Pour la catégorie Entreprises, la ferme des « Douceurs de la Xaintrie » à Goulles, en Corrèze, pour l’ensemble de ses méthodes de travail et finalités associant production responsable, éducation à l’environnement, et souci de transversalité sectorielle de l’approche avec la sollicitation de jeunes en BTS à Neuvic ;
  • Pour la catégorie Associations, l’association Nature Limousin de Chamberet, encore en Corrèze, et sa Rando Limousine VTT, manifestation sportive éco-responsable ;
  • Le trophée Coup de Coeur a été attribué au lycée agricole Pisani de Naves, près de Tulle, dont une classe emmenée par une enseignante en lettres volontaire a présenté ses plaidoiries en faveur de l’environnement, inspirées de célèbres discours historiques…

trophees-dd2-300x199 dans CorrèzePoint d’orgue du projet lancé en 2011 par la commission Environnement-Transport du Conseil régional des jeunes, cette journée spéciale venait clore la Semaine du développement durable en Limousin, dont elle était l’événement phare. La journée a également permis de mettre en relation des acteurs des trois départements et de tous milieux socio-professionnels, et de médiatiser un peu plus des sujets capitaux en ces temps de doutes sur notre modèle économique, écologique et social.

La bonne humeur était de mise, avec l’aimable participation de la compagnie « Du grenier au jardin », qui a agrémenté de façon pertinente et amusante ce moment grâce à des sketches appropriés à la thématique du développement durable. L’occasion de susciter des interrogations sur ce sujet dont on parle beaucoup mais dont on ne saisit pas forcément toujours la diversité des implications et des échelles d’application.

Il est toujours bon de rappeler que le développement durable demande une action transversale, et doit permettre de promouvoir un développement économique tout en assurant le bien-être des populations et le respect des équilibres naturels. Les différents intervenants en présence étaient là pour rappeler combien une transition globale de la société portée par tous les habitants, quels que soient leur âge, leur origine, leur activité, vers la durabilité, était essentielle. On aura pu saluer les mots très justes des deux élus régionaux présents, Jean-Bernard Damiens et Sylvie Vaugelade, respectivement sur les enjeux du développement durable et la justesse des actions du Conseil régional des jeunes, mais aussi les mots de soutien de l’ADEME et de la DREAL.

Au nom de toute la commission organisatrice du projet, j’ai estimé que nous pouvions d’ores et déjà nous féliciter d’avoir pu organiser un tel concours. Ainsi, à notre échelle, nous aurons – je l’espère – contribué à sensibiliser encore davantage les mentalités aux très nombreuses modalités, articulations et transpositions locales du développement durable. Mais nous espérons également que nous aurons contribué à faire prendre conscience des potentiels de notre région dans l’instauration de nouvelles méthodes de production, de nouvelles façons de vivre-ensemble. Et à montrer en quoi le Limousin était riche de secteurs porteurs et prometteurs, de concepteurs, de personnalités optimistes et déterminées à faire du développement durable non seulement un moyen de protéger la planète et ses occupants, mais aussi une fin : instaurer un nouveau modèle évocateur de progrès. Nous espérons que nous aurons aussi pu convaincre de l’engagement des jeunes sur ces questions. Nous croyons que rien ne se fera sans une jeunesse sensible et engagée sur ces enjeux, une jeunesse qui se sent concernée par le devenir collectif, et qui saura faire comprendre que les modalités de la durabilité ne sont ni une punition, ni une utopie.

trophees-dd1-300x199 dans CreuseJ’ai tenu à souligner que cette réussite des Trophées doit enjoindre chacun de nous à plus de courage. Car au-delà de l’inventivité, de la responsabilité, du sens du collectif dont nous devons tous avoir conscience, c’est bien encore le courage qui doit motiver le développement durable. Une société qui oublie son passé, qui renie son héritage, est une société vouée à l’échec. Mais une société qui rechigne à réinventer ses codes, ses façons d’agir, par simple peur de l’avenir, par complaisance dans l’inertie, par attachement forcené à des réussites révolues ou des idéaux obsolètes, n’a pas compris les enjeux qui s’imposent à elle. Les trop nombreux échecs des politiques environnementales internationales et des grands sommets accouchant de souris sont trop frustrants. A toutes les échelles, sur tous les territoires, ruraux comme urbains, et entre tous ces territoires, nous avons plus que jamais besoin de l’audace, du courage de tous les acteurs du monde politique, associatif, économique, culturel, et de tous les citoyens, quelles que soit leur éducation, leur origine, leur condition. Nous avons besoin que chacun aille susciter l’intérêt de l’autre pour le développement durable. Je crois qu’en Limousin, nous « sommes dans le coup » !

Fort de cette expérience collective, de ce riche enseignement, de la réussite de l’initiative et du soutien indispensable de nombreux partenaires, conforté par le prix coup de cœur que le Ministère  de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie a décerné à son initiative, le Conseil régional des jeunes nous semble d’ores et déjà motivé pour reconduire, l’an prochain, les Trophées. Même si chacun est conscient que c’est le jour où ce type de manifestations deviendra obsolète que l’on pourra se féliciter d’avoir enfin renouvelé nos conceptions et nos méthodes vis-à-vis du monde qui nous entoure et nous « héberge »…

Nous en avons appelé à ce que chacun, à sa mesure, dans son quotidien, dans son lieu de travail, dans son lieu de vacances, en famille, avec ses amis, ses collègues, prenne toute la mesure de l’impératif du développement durable, et transmette ce message à son entourage. Tous ensemble, si l’on perçoit combien le développement durable est déclinable à toutes les échelles, dans tous les secteurs, et à chaque moment, sans alarmisme inutile mais sans concession, nous pouvons faire en sorte que le monde de demain ne sera pas si noir qu’on veut bien nous le laisser penser.

N.B. : Cet article est en grande partie une copie de l’article publié sur le blog du Conseil régional des jeunes, rédigé par moi-même et corrigé par Chantal Piquet, animatrice du Conseil régional des jeunes. Y sont également intégrées des bribes de mon discours de remerciements. A nouveau, tous mes remerciements spécialement adressés à mes collègues du Conseil régional des jeunes, soutiens et co-constructeurs du projet, en particulier O. Luypaert, F. Astier, J. Bocabeille, aux représentants des services de la Région (Ch. Milcent, A. Durand, C. Le Normand, N. Dubernard-Nègre et en particulier Ch. Piquet), de l’ADEME (B. Brac et P. Delbancut) et de la DREAL (V. Lagrange et M.-J. Le Castrec).

Photos : Les élèves du lycée Edgar Pisani de Naves / Le maire et des jeunes d’Ayen venus en délégation recevoir leur trophée, (c) Région Limousin







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