Réforme territoriale : quels enjeux culturels pour le Limousin ?

18102014

Réforme territoriale : quels enjeux culturels pour le Limousin ? dans Actualité locale blim

Ces dernières semaines, sur fond de débat sur les enjeux posés par le rattachement du Limousin à l’Aquitaine et Poitou-Charentes, l’antenne locale de France 3 a choisi d’interroger plusieurs personnalités limousines sur leur ressenti quant à l’existence et la réalité concrète mais sensible d’une identité limousine. Cette série d’entretiens, qui donne la parole à un écrivain, un ancien président de région, une ethnologue ou encore un paysagiste, met en perspectives plusieurs aspects de la dimension culturelle de l’identité, et donne un nouvel éclairage sur le bien-fondé et les conséquences sociales de la réforme territoriale.

Ce sujet de l’identité, abordé par Maurice Robert dans son dernier ouvrage dans lequel il conceptualise une « limousinité », une qualité limousine, et plus tôt par un ouvrage collectif de Jean Tricard, Philippe Grandcoing et Robert Chanaud (Le Limousin, pays et identités), était déjà l’objet de l’étonnant livre rédigé en 1999 par Yannick Beaubatie. Dans Comment fait-on pour être limousin, dont le nom a été repris par France 3, cet auteur corrézien relevait, mi-amusé mi-indigné, un florilège d’allusions au Limousin et à ses habitants dans la presse, la littérature ou la politique, constitutifs de stéréotypes parfois (hélas) bien ancrés depuis le Pourceaugnac de Molière jusqu’aux raccourcis des rédactions parisiennes. J’avais également brièvement et peut-être maladroitement évoqué la relation entre Limousin humain et Limousin naturel en 2010.

J’ai visionné l’ensemble des propos des enquêtés et essayé de déterminer leur articulation aux perspectives posées par la réforme, qu’il s’agisse de considérations patrimoniales, politiques, écologiques ou plus personnelles.

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  • Robert Savy, ancien président du Conseil régional.
    Celui qui a présidé aux destinées de la Région pendant 18 ans, a déjà fait part de son vif scepticisme à l’égard de ladite réforme, déjà préfiguré dans son ouvrage fleuve sur son parcours politique, Emergence d’une région. Il réitère ses critiques, sur la crainte d’un éloignement préjudiciable entre services, élus et population. Son propos éminemment militant aborde la dimension culturelle et identitaire en filigrane : il estime que cet héritage vivant est un des vecteurs de l’adéquation territoriale entre Limousin culturel et Limousin politique. Mais surtout, que la réforme aura certainement des effets négatifs, non pas sur la cohésion culturelle, mais ainsi, sans doute, sur le quotidien vécu, qui lui-même façonne les traditions de demain.

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  • Jean-Guy Soumy, écrivain.
    Le pilier de la Nouvelle Ecole de Brive rappelle la fréquentation de notre région de « marge » par de nombreux écrivains, venus puiser dans les mêmes paysages, dans la même quiétude. Il serait plutôt intéressant de déterminer si la Région en tant qu’entité politique a pu favoriser la venue de ces artistes. Si c’est peut-être en partie le cas pour les tournages cinématographiques grâce à l’efficace Agence Cinéma, et pourquoi pas pour le maintien d’une quiétude et d’un environnement préservé et valorisé par les politiques régionales, rassurons Jean-Guy Soumy et tous les amateurs de la littérature teintée d’inspirations limousines – mais peut-être pas tout le monde –, le Limousin devrait bien rester une marge de la future région… Quoi qu’il en soit, ce patrimoine sensible ne devrait pas succomber à cet impérieux rattachement.

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  • Alain Freytet, paysagiste.
    Se référant au bel Atlas régional des paysages produit par la DREAL et l’Université de Limoges en 2005, A. Freytet assigne une identité paysagère du Limousin à la centralité du résineux et tourbeux plateau de Millevaches, château d’eau d’un vert territoire qui irrigue autant le semi-bocage de la campagne-parc que les plateaux forestiers. Réaffirmant de façon bienvenue la dimension construite du paysage, Alain Freytet parle non sans lyrisme de la communion entre paysage et communautés. Cette idée a le mérite de soulever la problématique bien actuelle de notre rapport à la naturalité et de l’équilibre à trouver entre les différents usages faits des espaces dits naturels dans une société urbaine. La réforme, en ce qu’elle semble consacrer l’hégémonie des grands pôles métropolitains, est porteuse de risques en la matière.

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  • Philippe Grandcoing, historien.
    Le professeur, auteur de nombreux ouvrages sur l’Histoire du Limousin, rappelle avec justesse le destin historique commun de l’ancienne Aquitaine et du Limousin, et le décentrage progressif des Limousins successifs vers l’est ou l’ouest au gré des siècles et des tutelles, nuançant ainsi l’idée d’un Limousin éternel et intemporel. Néanmoins, le Limousin reste un concept culturel relativement ancré, notamment par la succession d’événements historiques fondateurs par leur force et leur ampleur, et par la lecture contemporaine qui continue d’en être faite – l’exemple d’Oradour est parlant. Si l’Histoire ne doit pas être le gouvernail des temps présents, elle l’influence nécessairement, mais si le futur doit effacer ce rapport particulier au passé, ce ne sera sans doute pas différemment qu’en Aquitaine ou ailleurs.

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  • Pierre Maclouf, sociologue.
    Mon opinion est proche de la sienne. A très juste titre, d’emblée il souligne l’ambiguïté et la variabilité du concept d’ « identité », et semble ainsi faire écho aux abus de langage et à la référence un peu facile et bancale faite à la culture dans l’application de la réforme. Il reprend ensuite l’ensemble des éléments qui selon moi aussi sont les maillons de cet « esprit limousin » : le rapport à la ruralité, jamais distancié même quand on est urbain ; le poids de l’Histoire dans les discours et les références d’action ; l’enclavement parfois cultivé par un sentiment paradoxal d’affection/désamour si commun et source de plaisanteries, mais parfois tellement contre-productif parfois. Si cette réforme peut atténuer un peu cet auto-dénigrement patrimonial pour favoriser un élan salutaire de création, ce sera une bonne chose. Le peut-elle ? Le veut-elle ? Et… le voulons-nous ? L’évocation du rôle rassurant des territoires de proximité dans une mondialisation qui contribuerait à flouer les repères est intéressante ; elle renvoie à la triste tentation du repli identitaire, que les futures grandes régions devront prévenir en assurant une bonne répartition des services de proximité et une réelle incarnation des institutions politiques.

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  • Marie-France Houdart, ethnologue.
    Elle tient un discours qui recoupe les propos de l’historien et du sociologue. Elle insiste sur les solidarités, la pauvreté ou le rapport à la religion forgés par des faits sociaux partagés et la même dureté d’un territoire hostile. S’il convient de ne pas céder à la facilité du déterminisme – il n’existe pas d’ethnie limousine, quoi qu’en dise certains parisianistes –, ces idées étayent un parcours similaire des Limousins à travers certaines réalités de l’Histoire (la chrétienté, la guerre, l’exode rural et le voyage), qui ne sont pas pour rien dans certains parcours politiques (M.-F. Houdart a écrit sur la terre de présidents qu’est la Corrèze). Pas de déterminisme, mais pas de fatalité non plus : le futur est à construire, pourquoi pas en accueillant d’autres influences, car il en va de la pérennité non pas de l’espèce limousine, mais de la possibilité de continuer à y vivre.

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  • Chrisitian Moulinard, politologue.
    Figure des plateaux télévisés, le politologue le plus célèbre du Limousin rappelle de façon claire les liens entre culture et traditions politiques, rappelant le fort ancrage à gauche de la région. Son propos soulève la question de la représentativité future des citoyens limousins dans les instances coïncidant avec les nouvelles entités administratives. Combien d’élus limousins à Bordeaux ? Quelle représentation de cette culture politique régionale ? Et au-delà, quelle représentation des intérêts et attentes des limousins ? Un véritable enjeu démocratique.

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  • Laurent Mandon, promoteur de la marque CRIL.
    Si ces objets griffés doivent sans doute leur succès à ce sentiment d’appartenance au même destin d’oubliés du centre de la France et à quelques clins d’œil partagés dans l’imaginaire collectif (l’isolement, l’occitan, l’élevage, le rapport entre anciennes et nouvelles générations), ils sont aussi l’incarnation d’une re-création identitaire, très positivement symptomatique d’une aspiration à créer de la fierté et de l’appartenance par de la nouveauté. Une perspective encourageante pour le futur Limousin, et d’autant plus s’il est noyé, lui et les intérêts de ses territoires, dans une grande région un peu déshumanisée. En revanche, la crainte de « perte d’identité », comme évoqué dans le propos de Pierre Maclouf, doit être rassurée et prévenue.

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  • Jean-François Vignaud, occitaniste.
    Très vive en dépit de sa faible locution, la langue occitane entretient un rapport singulier avec le Limousin. Notamment parce que le terme de « limousin », preuve du rayonnement culturel du Limoges médiéval, a longtemps servi de définition pour parler de l’occitan au sens large, avant d’être supplanté par le provençal. L’aire de l’occitan limousin et le Limousin actuel ne coïncident cependant pas et dépassent nettement sur l’Aquitaine et Poitou-Charentes : à Confolens ou Périgueux, on parlait limousin, alors que ce n’est pas le cas à Gouzon, Bort-les-Orgues (auvergnat) ou Beaulieu-sur-Dordogne (languedocien). La grande région pourra-t-elle proposer des mesures visant à favoriser la visibilité de ce patrimoine commun ? Rappelons au passage que la culture limousine est largement produit de la créativité des élites occitanophones de l’Ancien régime. Ne pas le négliger à l’avenir serait un juste hommage.

Si j’avais moi-même estimé que la réforme telle que présentée ne garantissait que fort mal les perspectives de développement et de juste considération à l’égard du Limousin – comme Robert Savy l’avance à juste titre, j’avais aussi avancé que la dimension culturelle ne devait pas être un facteur absolument déterminant dans la constitution de nouveaux territoires, car les affinités, projets et échanges culturels – et donc les représentations et les attachements – vivent au-delà des limites administratives dans ce qu’on appelle les espaces vécus (ce que souligne Pierre Maclouf). Ainsi, le Limousin havre littéraire tel que décrit par Jean-Guy Soumy ne me semble pas remis en cause par la disparition administrative de l’entité régionale. Pas plus que l’attachement aux traditions politiques et sociales évoquées par Ph. Grandcoing – ou si cela advient, ce sera pour d’autres raisons !

Soyons néanmoins vigilants : si la « limousinité » ne semble pas directement dépendre du bon-vouloir de nos voisins aquitains, il conviendra d’assurer la conduite de politiques équitables, respectueuses des équilibres hérités et des mesures bénéfiques issues des élus limousins, des patrimoines et des pratiques locales, soucieuses d’œuvrer de façon adaptée et sans impérialisme sur l’ensemble des territoires, qui à Boussac, à Ussel ou à Rochechouart, autant qu’à Bordeaux, auront à cœur d’attendre une juste considération et un effectif élan de développement durable… et « aimable » !




> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route !

27062013

> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route ! dans Actualité locale bamnagement

rn141-300x168 dans Aménagement du territoireOui, je vais vous parler de la Commission Mobilités 21, désormais connue pour son avis défavorable à la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges d’ici à 2020. Mais non, je ne vous parlerai pas (dans cet article) de train mais bien de liaisons routières. Car masquées par les bruyants lobbies concernant ces projets symboliques d’ampleur, qu’ils soient favorables ou défavorables, les préconisations en terme d’infrastructures routières ont toute leur importance dans ces conseils (rappelons que ce rapport n’est qu’indicatif). L’exemple de la RCEA, Route Centre Europe Atlantique, élément majeur de transport transversal dans un pays où les liaisons est-ouest sont peu aisées, favorisé quel que soit le scénario par la Commission, me semble parlant et capital.

Dans ce rapport, au-delà des médiatiques suggestions de repousser les projets de LGV au-delà de 2030, si l’on excepte la voie Bordeaux-Toulouse, la commission en question se devait de hiérarchiser l’ensemble des 70 projets du Schéma national des infrastructures de transport (SNIT), vus comme trop nombreux et très diversement pertinents. Parmi eux, donc, des liaisons ferroviaires (outre Poitiers-Limoges, des projets en Bretagne, en Normandie ou en Alsace), mais aussi fluviales et routières. La RCEA en fait partie : cet axe très emprunté relie la façade atlantique (Nantes au nord et Bordeaux au sud) aux frontières orientales de la France, et passe notamment par Bellac ou Limoges, La Souterraine, Montluçon.

Les écologistes, dont je me réclame plutôt, se sont d’ores et déjà attachés à déplorer le maintien d’efforts attribués aux projets routiers qui selon eux « n’ont rien à faire dans un projet de mobilité durable » qui se devrait d’accentuer les financements sur des liaisons déjà existantes. Personnellement, j’estime toutefois qu’assurer une modernisation de ces axes, et en l’occurrence de la RCEA, répond à une double exigence pleine de cohérence et de bon sens : sécurisation de liaisons très fréquentées et très accidentogènes, assurant de fait une optimisation des parcours, à toutes échalles, car la liaison RCEA a à la fois une utilité dans les parcours internationaux (à l’est vers la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, à l’ouest vers l’Espagne) et plus locaux (entre façade atlantique et couloir rhodanien, et de manière encore plus locale, entre départements). La route, si elle continue de fait de favoriser l’automobile, moyen de déplacement évidemment polluant quoique populaire, est encore la plus à même de favoriser les mobilités et donc le désenclavement des territoires. Et rappelons que la RCEA n’est pas un axe ex-nihilo. En outre, je pense que le combat contre l’automobile, s’il se doit d’être modérément mais réellement tenu, doit avant tout être mené en ville. Si ces travaux routiers ne font pas la part belle aux concessions, ce qui est le cas pour le maillon central de la RCEA entre la Creuse et la Saône-et-Loire, mais ce qui hélas se dessine pour l’axe nord-est de la RCEA, entre Bressuire et Limoges, et s’ils sont pris en charge par un Etat volontaire et des collectivités épaulées, je les soutiens totalement.

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Ainsi, point plus localisé et plus personnel étant donné mes racines familiales en Charente limousine, je regarde d’un bon œil l’ouverture d’un nouveau maillon de la RN 141 doublée entre Etagnac et Chabanais, à une quarantaine à l’ouest de Limoges (cf. vidéo ci-contre), qui permettra enfin de désengorger et de sécuriser le chef-lieu de canton si durement marqué par le passage incessant et meurtrier des poids-lourds. Un grand défi s’offre désormais au village, celui de convertir cette tranquillité retrouvée en un outil d’embellissement et de réanimation de son tissu commercial et résidentiel.

Plus largement, cette mise en quatre voies des axes transversaux ne peut que servir l’intégration du territoire du Limousin aux régions environnantes, un enjeu capital à l’heure où la concurrence entre territoires n’a jamais porté autant de perspectives, négatives comme positives. Dans le même temps, les liaisons routières, quand elles demeurent axes nationaux gratuits avec échangeurs régulièrement disposés, assurent une desserte locale, précise des territoires ruraux et urbains, sans privatisation des réseaux forcément dommageable. Un bon compromis, moral et pragmatique.

Photo et vidéo : la RN 141 à Etagnac, (c) France 3 Poitou-Charentes. Dans la vidéo parlent successivement Michel Gealageas, maire de Chabanais, Michel Boutant, sénateur et président du CG de Charente, et le maire d’Exideuil, encore traversé par un RN 141 à deux voies.




> Bref, j’suis allé à Limoges !

26052012

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Pourquoi la vidéo « Bref, j’suis allé à Limoges », est-elle un succès ? Tout d’abord, parce qu’elle est brillamment conçue et interprétée, trois crans au-dessus des dizaines de parodies amateur que l’on trouve facilement sur le net. Ensuite, parce qu’elle s’inspire d’une série TV, Bref, qui fait elle-même un carton d’audience sur Canal + depuis l’été dernier, jusqu’à en rentrer dans le langage quotidien et la culture contemporaine. Mais aussi parce que réalisée par un Limougeaud pour des Limougeauds (mais pas que !), elle multiplie les clins d’œil accessibles aux autochtones, surfe donc sur des clichés relevés et interprétés de façon juste et drôle, jamais trop caustique pour en devenir de mauvais goût. Le tout, en restant accessible au « non-local ». Le buzz – 250 000 vues en tout juste deux semaines ! – est donc à la hauteur de la qualité du clip, interprété par Ryan Lafarge, qui nous avait déjà offert la fameuse Valse des madeleines Bijou (voir ci-dessous), et écrit et réalisé par Julien Pestel, co-artisan de La Méthode Américaine ou de OSS 187, Limoges ne répond plus et occasionnellement visible dans Very Bad Blagues. Des talents au service de la renommée limougeaude, rien que ça !

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> La présidentielle a inspiré les publicitaires !

18052012

> La présidentielle a inspiré les publicitaires ! dans Hollande bmedias

Une fois les élections législatives passées (et quel qu’en soit le résultat), les travaux de la mandature seront lancés, et avec eux, la page de renouvellement politique de 2012 sera fermée. De fait, la campagne électorale et ses symboles entreront dans l’histoire politique de la République. Ces moments extrêmement théâtralisés laissent pléthore d’occasions de commenter les affres de notre société. A ce titre, vous l’avez sans doute remarqué, les publicitaires s’en sont donnés à cœur joie, les publicités faisant de nombreuses allusions aux acteurs du scrutin, et reprenant de près ou de loin des bouts de slogans électoraux (ça avait déjà été le cas en 2008 après l’élection de Barack Obama, mais également avant et après la campagne de 2007, ou la présidence de Nicolas Sarkozy avec son épouse Carla Bruni). Retour en son et image sur certains spécimens (liste non-exhaustive).

Diaporama de publicités également disponible à tous sur la page Facebook du blog.

Leerdammer
Le goût du changement avec un fromage des Pays-Bas : l’allusion paraît évidente. Nombre d’internautes ont également raillé la chute du clip, parallèle à l’inconnue supposée du cap d’un nouveau gouvernement de gauche.
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Sixt3-300x169 dans InsoliteSixt (ci-contre)
La société de location met dos à dos les deux finalistes, après les avoir chacun apostrophé par un slogan à double sens.

Fédération des aveugles et handicapés visuels de France
Dans la mouvance des affiches sur le sida ou de l’ancienne campagne de RTL (Vivrensemble, avec les couples Villepin-Sarkozy et Royal-Hollande). DSK, Daniel Cohn-Bendit, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Cécile Duflot, Martine Aubry, Carla Bruni, François Hollande et Dominique de Villepin sont mis en scène.

Skoda
Skoda joue sur l’éternel mais efficace discours de défiance du politique.

Nouvelles frontières
Pas une attitude très citoyenne. Ah, si, il y a un lien pour connaître les modalités du vote par procuration !

Le slip français
Ici, même la chorégraphie du slogan officiel de François Hollande est réemployée ! Les affiches des principaux candidats ont également été détournées. Un bon coup de buzz pour cette modeste entreprise qui s’attache à produire en France. Tiens tiens !
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Aides
Petite provocation pour la lutte contre le Sida. Ca peut déranger, mais quand il s’agit d’interpeller les candidats sur un sujet important…

Spontex
Un détournement parmi tant d’autres de l’affiche de Nicolas Sarkozy, et sans doute un des plus indulgents !

Ikea
La simplicité du slogan de François Hollande a visiblement inspiré.

Ford-Fiesta2-247x300 dans InternetFord Fiesta (cf. ci-contre)
Ressemblances plus que troublantes de ces deux candidats fictifs avec MM Hollande et Sarkozy. La publication de cette campagne après les résultats a fait mouche.

Triumph
Publicité décriée (cela peut se comprendre), comme bien souvent quand le corps est bradé à des fins commerciales… et d’autant plus quand la chose publique y est associée !

Sensee
Claire allusion à la fameuse anaphore de François Hollande. L’entreprise a publié une série de publicités concernant les deux candidats du second tour jouant sur le double sens.

Recylum
De là à penser que les candidats étaient bon au recyclage…

Wijet
Le vol Brive-Paris le soir du 6 mai a laissé des traces !

Mutualité française
Récidive, après 2007, où la Mutualité française avait aligné des photos et les scores finaux des deux finalistes, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, avant de leur opposer son « audience ».




> Série spéciale Présidents et Limousin (3/5)

15042012

> Série spéciale Présidents et Limousin (3/5) dans Découverte b2012b

Pour le troisième volet de ma série spéciale Présidentielle, je vous propose de revenir tout simplement en image sur quelques meetings électoraux et visites de campagnes qui ont émaillé l’histoire des scrutins présidentiels en Limousin (cf. vidéos en cliquant sur les titres). L’occasion de les mettre en relation avec le contexte national et local, et peut-être de comparer ces situations avec la campagne actuelle, à une semaine du premier tour.

Jacques Chirac à Brive, Guéret et Limoges (1981)

Chirac-Brive-1981-300x268 dans Histoire« Il est ici chez lui en terrain conquis. » Des mots qui transposés trente ans plus tard, sonneraient de la même façon… mais pour un tout autre candidat ! Jacques Chirac choisit en 1981 de lancer sa campagne en province en allant à la rencontre des Limousins, tout d’abord à Brive, puis en Creuse et enfin à Limoges. La patte chiraquienne s’imprime, l’épopée est bien lancée, faite d’une alternance en province de rencontres d’agriculteurs sur le terrain, de simples citoyens sur les marchés et de sympathisants dans les salles. Une relation singulière que l’enfant du pays avait commencé à nouer en tant que ministre de l’Agriculture et du développement rural du gouvernement Messmer de 1972 à 1974. Et qui fera des émules : d’aucuns ont voulu dresser un parallèle avec les « techniques » de campagne de François Hollande, Ségolène Royal ou dans une moindre mesure de Nicolas Sarkozy, ou au contraire l’opposer à celles d’un Edouard Balladur ou d’un Lionel Jospin, plus urbains et moins chaleureux.

Un choix qui porte ses fruits au moins en Limousin : au premier tour, Jacques Chirac écrase ses concurrents en Corrèze (41 % contre 9 % seulement pour le président sortant), et les domine aussi en Creuse. Il n’est que 3e en Haute-Vienne, mais y améliore nettement le score de Jacques Chaban-Delmas, candidat gaulliste de 1974.

Jacques Chirac à Limoges (1988)

Nouvelle tentative pour Jacques Chirac, sept ans après son échec au premier tour contre Giscard-d’Estaing. En 1988, la candidature simultanée du premier ministre et du président sortants vient clore deux années d’acide cohabitation entre Jacques Chirac et François Mitterrand. Cet extrait du meeting du candidat du RPR à Limoges, retranscrit donc une attaque contre le socialiste, accusé d’imprécision et d’hésitation (tiens tiens !), se plaçant de fait en candidat de la conviction et du courage. Le tout en des terres qu’il connaît bien. L’allusion à la force physique peut surprendre, mais venant d’un homme qui a aussi fait de son corps, peut-être inconsciemment, une arme politique, un gage de sûreté et de détermination, ça l’est sans doute moins. N’en déplaise à Lionel Jospin qui quatorze ans plus tard, se mordra les doigts d’avoir traité son adversaire de « vieilli, usé et fatigué » !

Au détour d’une phrase de ce discours incisif, « nous, la France ». Le futur président s’assimilerait-il à son pays ? Sans doute pas, mais cette assurance ne suffira pas : Jacques Chirac enregistre au premier tour, en Limousin, un score légèrement inférieur à celui de 1981, et surtout, est nettement battu au second tour (54 % contre 46 %). La prochaine fois sera la bonne !

Lionel Jospin à Limoges (2002)

Un mois avant le terrible séisme politique que l’on connaît, le premier ministre est en visite au Palais des sports de Beaublanc. Entouré des principaux élus socialistes de la région, dont François Hollande, premier secrétaire du parti mais aussi élu de la Corrèze, Alain Rodet et Jean-Pierre Demerliat, sénateur et premier secrétaire fédéral, le candidat effectue un passage obligé en Limousin, qui bien qu’historiquement socialiste, reste aussi une chasse gardée de Jacques Chirac, qui y réalise de très bons scores (37 % en 1995, contre 24 % pour lui-même).

En mars encore, la confiance semblait régner (on se souvient d’ailleurs de ces images du candidat Jospin souriant quelques jours avant le premier tour, à l’hypothèse de son absence du second tour…). Les résultats plutôt bons du gouvernement de gauche plurielle semblent conforter la gauche dans sa capacité à offrir une alternative crédible au sommet de l’Etat. La suite sera tout autre, on le sait.

Excès de confiance ? Peut-être. Division de la gauche ? Certainement. Erreurs du candidat ? Possible également. La forme de sa parole et ses prestations publiques n’ont par ailleurs peut-être pas contribué à faire de lui un personnage chaleureux et galvaniseur. Des carences que nombre d’observateurs ont évoqué, et que l’intéressé lui-même a pu reconnaître. Dans ce meeting limougeaud, Lionel Jospin fait preuve de sérieux, mais les quelques images du reportage suffisent à le montrer parfois relativement distant du public, assez peu souriant, très concentré sur ses papiers. Une question de forme, mais cela compte. Il va toutefois sans dire que les causes de la défaite ne sont pas imputables qu’à lui !

Ségolène Royal à Limoges (2007)

Meeting-Royal-Limoges-300x200 dans HollandeEn cette fin mars, Ségolène Royal suivait de peu Michel Polnareff dans la toute nouvelle salle du Zénith. Au terme d’une journée de campagne en Limousin (foire des Hérolles dans le proche Poitou, visite à des salariés du textile, notamment), rendez-vous était donné à plus de 8.000 sympathisants, venus voir la candidate socialiste, désignée quelques mois plus tôt par 60 % des adhérents du PS. La ferveur de la foule présente n’arrivait toutefois pas à entacher la détermination des soutiens de la « voisine » poitevine, en ces terres de gauche, à proximité du fief de François Hollande. Les médias nationaux ne manquaient pas de relever la participation commune de ceux qui étaient alors encore deux conjoints, statut largement symbolisé par un fameux bisou que s’étaient échangé sur la scène la candidate et le premier secrétaire. Une image idyllique dans un cadre rassurant devant un public acquis. En d’autres termes, une séquence parfaite, alors même que Ségolène Royal était donnée battue dans tous les sondages depuis déjà deux mois… et que les mots des cadres officiels, bien qu’empreints de volonté, peinent parfois à masquer le scepticisme (et peut-être aussi, dirons certains, le manque d’application au soutien à la candidate).

En coulisses, les responsables et élus du PS local jouent donc de la méthode Coué, tout en ayant conscience de la relation particulière que Ségolène Royal a réussi à tisser avec les militants et les sympathisants. La figure maternelle et presque christique et martyre de Charléty (le fameux « aimez-vous les uns les autres » en veste blanche) en est une expression, et reste un des symboles de cette campagne présidentielle de 2007. Mais le changement n’a pas eu lieu.

Jean-Luc Mélenchon à Limoges (2012)

Le 4 avril dernier, le « républicain rouge », révélation artiste et scène de la campagne présidentielle de 2012, était en meeting au Zénith de Limoges. Une venue qui avait une saveur particulière, dans une région qui depuis 2010 sert de laboratoire à la stratégie d’union de la gauche du PS prônée par le Front de gauche, entamée avec l’expérience de Limousin Terre de gauche, alliance régionale poursuivie aux cantonales de 2011 du PCF, de l’ADS, du PG et du NPA.

Crédité de parfois 15 % des intentions de vote, l’ancien socialiste, outre des propos sur son programme éducatif, s’était notamment livré à une violente attaque contre le Front national, dont il cherche et parvient selon certaines enquêtes d’opinion, à dépasser la candidate. Ce réquisitoire, prononcé en allusion à l’agression d’un patron de bar de Limoges par un responsable départemental du FN en Haute-Vienne, a été repris quelques jours plus tard lors de l’émission politique de France 2 Des paroles et des actes, les journalistes cherchant à questionner la forme et l’évolution stylistique du discours de M. Mélenchon. Une verve et une théâtralité qui contribuent sans nul doute, au-delà du contenu programmatique, à séduire les électeurs, notamment les abstentionnistes. Comme à rebuter certains qui n’hésiteront pas à établir une comparaison avec le populisme assumé de Marine Le Pen. Rendez-vous le 22 avril.

A suivre : visites présidentielles en Limousin




> Quand les politiques poussent la chansonnette…

15112011

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laguiller.png« Si j’étais président de la République… », chantait et chante toujours Gérard Lenorman. La campagne s’annonçant impitoyable (et espérons-le, pas pitoyable), pourquoi ne pas profiter du calme avant la tempête pour revenir sur quelques-unes de ces perles audiovisuelles, qui mettent nos responsables politiques en scène (la vraie) et nous feraient presque oublier, le temps d’une chanson, d’un air, combien la politique est cruelle. C’est la minute poésie, et même si elle est ici un peu cacophonique, là un peu datée, elle est toujours appréciable, quel que soit le degré d’appréciation.

Valéry Giscard-d’Estaing / à l’accordéon !
Dans son fief de Chamalières, le futur président, qui n’est à cette époque que ministre des Finances, tente de disserter sur les variantes de l’accordéon… et s’emmêle un peu les pinceaux, préfigurant la bouillie qu’il offre à son auditrice. Celle-ci – speakerine de son état – et le plus célèbre des Auvergnats de Paris se donnent à un jeu d’un artifice rarement atteint, couronné par une mise en scène et des cadrages et « dialogues » plus que douteux. Un grand moment de télévision, digne du premier acte d’une pièce de théâtre du siècle dernier… (comprenez, XIXe, et encore…) Pour le second acte, rendez-vous en 1974 pour les remerciements en anglais. Et pour le dernier, évidemment, les adieux délirants de 1981.

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Arlette Laguiller / Mon p’tit loup (Pierre Perret)
Brocardée en révolutionnaire sectariste, radicale et virile par Les Guignols de l’Info, Arlette Laguiller, porte-parole et incarnation de Lutte Ouvrière de 1973 à 2007, détenant le record de participations à une élection présidentielle (6 candidatures), se livrait en 1993 à une prestation en direct, que certains jugeront poignante, d’autres décalée ou pathétique. Quoi qu’il en soit, qui nous dit que la militante d’extrême-gauche n’avait pas eu le sentiment d’avoir déclamé, par la chanson de Pierre Perret, un manifeste féministe plus délicat qu’une tonitruante tribune politique ? Mention spéciale.

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Noël Mamère / Les Enfants de par là (Noël Mamère)
Noël Mamère est un vrai touche-à-tout. Avant d’être une des figures de proue des Verts dans les années 2000, il a en effet présenté les journaux télévisés d’Antenne 2, de 1982 à 1987. Mais ce qu’on sait peut-être moins, c’est qu’il s’est à la même époque essayé à la… chanson. Cet unique titre se nomme Les Enfants de par là. Les paroles sont assez classiques… mais c’est bien le décor dans lequel Noël Mamère a été filmé à l’occasion de cette émission télévisée qui interpelle. Un bijou.

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Bernard Tapie / Vite un verre
Mais le touche-à-tout le plus célèbre de France, c’est sans nul doute Bernard Tapie. Avant d’entamer l’étonnante carrière qu’on lui connaît, dans les affaires, le sport, le cinéma, la politique (en tant que ministre de François Mitterrand, député des Bouches-du-Rhône et leader radical de gauche), Bernard Tapie avait tenté, dans les années 1960, de percer dans la chanson. Ah, pardon, Bernard Tapy, histoire de sonner plus anglo-saxon. L’histoire ? Un homme déçu et trompé. Qui va trouver le réconfort dans la boisson. Et nous faire rire, un peu. En 1998, il retentera, avec Doc Gynéco.

 

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Lionel Jospin / Les Feuilles mortes (Jacques Prévert)
Tout semble réuni pour livrer une prestation troublante. Voix tremblotante et légèrement fausse, mine austère et paroles lyriques et tragiques (et interprétation par Lionel Jospin, qui pour certains résume peut-être le tout). Il faut simplement oublier que l’émission est « Carnaval », présentée par le tonitruant et peu délicat Patrick Sébastien. Tout jugement qualitatif mis à part, pas sûr que ce soit avec cette séquence que le premier secrétaire du PS de l’époque (en 1984) ait réussi à briser son image de triste sire.

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Ségolène Royal / Capri, c’est fini (Hervé Vilard)
Invité de FOG fin 2007, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à l’investiture suprême, retravaille son style et se relance après son échec à la présidentielle. Elle croise sur le plateau Hervé Vilard, dont toute la carrière est souvent réduite à ce succès de l’été 1965, Capri c’est fini. Hervé Vilard participera d’ailleurs à la fête de la Fraternité, organisée par la présidente de Poitou-Charentes. Mauvais choix de tonalité, paroles hésitantes, Hervé Vilard surjouant un peu, scène forcée. Mais instant décalé, une fois encore ! Ségolène Royal ne voulait peut-être pas qu’on l’assimile trop aux paroles de la chanson…

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Eric Besson / Ceux que l’amour a blessés (Johnny Halliday)
C’est sur le plateau de LCI que l’actuel ministre de l’Industrie et ancien socialiste Eric Besson, avait en 2010, chantonné quelques phrases d’un tube obscur de « notre » Johnny national, Ceux que l’amour a blessés, daté de 1970. Le minsitre, qui ne chante pas trop mal, connaît son rôle. Et tient peut-être à faire oublier les piètres prestations des responsables nationaux de l’UMP, qui s’étaient bruyamment faits remarquer dans le fameux lipdub des Jeunes populaires, Tous ceux qui veulent changer le monde… J’en reparlerai sans doute. Pour la vidéo en question, c’est ici.

Pour terminer, je vous invite aussi à (re)voir à ce sujet mon article-florilège sur les politiciens s’efforçant de parler anglais.







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