> Limoges, ville étudiante : points forts et points faibles

13092012

> Limoges, ville étudiante : points forts et points faibles dans Internet bjeunesse2

A l’occasion de la publication par le magazine L’Etudiant de son classement annuel, général et thématique, des villes étudiantes de France, qui voit Limoges se hisser à la 36e place (mais 1e en ce qui concerne le logement), je vous joins une petite illustration récapitulant les places de la métropole limousine.

Cliquez sur l’image pour zoomer.

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> Grand chelem pour le PS limousin ?

1062012

> Grand chelem pour le PS limousin ? dans Actualité locale belections

Hollande-Dessus-300x150 dans HollandeQuels enjeux pour ces élections législatives en Limousin ? A priori, localement, il y en a peu. Le redécoupage opéré par la majorité sortante en 2009 laisse peu d’espoirs à la nouvelle opposition, de surcroît dans une région ancrée à gauche, où la droite est souvent divisée.

Ainsi, les quatre circonscriptions limousines les plus favorables à la droite jusqu’alors (la 2e de Creuse, les 2e et 3e de Corrèze, et la 1e de Haute-Vienne), ont été redécoupées (cf. carte ci-après), et avec elles, les chances de l’UMP.
→ en effet, en dépit de sa bonne implantation, Jean Auclair est menacé en Creuse (61 % pour François Hollande le 6 mai), qui ne comprend plus qu’une circonscription. Il devra faire jouer son image d’élu local plus que de membre de parti pour inquiéter Michel Vergnier, le député-maire PS de Guéret.
→ en Corrèze, la « Chiraquie » déjà remplacée par la « Hollandie » (d’aucuns diront que les deux se superposent géographiquement, et pas seulement…), l’enjeu sera de taille pour Michel Paillassou dans la 1e circonscription. Le maire UMP d’Egletons doit convaincre les électeurs d’une nouvelle entité allant d’Uzerche (dont Sophie Dessus, candidate socialiste, est maire) à Eygurande, en passant par Tulle et Argentat. Où seules 7 des 179 communes ont placé Nicolas Sarkozy en tête au second tour de la présidentielle. Pas sûr que la proximité du candidat suffise à faire pencher la balance dans le fief même du nouveau chef de l’Etat. La 2e circonscription, elle, s’est enrichie de deux cantons de l’ancienne circonscription de Jean-Pierre Dupont, mais surtout 3 cantons de celle de François Hollande. De plus, depuis 2007, Brive et le conseil général ont basculé à gauche. Ce sera donc compliqué pour Pascal Coste, face à Philippe Nauche.
→ enfin, en Haute-Vienne, la concentration des quartiers favorables à un vote conservateur dans une seule circonscription n’est plus : les cantons urbains de Limoges-Centre, Limoges-Couzeix et Limoges-Emailleurs, dont les conseillers généraux sont de droite, autrefois compris dans la circonscription gagnée par Monique Boulestin sur Alain Marsaud en 2007, ont été dispatchés entre les trois nouvelles circonscriptions. De fait, l’hypothèse d’une défaite de la gauche en semble bien amoindrie. Alain Rodet et Daniel Boisserie sont plus que jamais favoris.

Vergnier-Cressat-300x169 dans InternetSi victoire de la droite il y a, ce ne sera probablement pas par faiblesse de la gauche. Car si la victoire de François Hollande, certes assez étroite, à l’élection présidentielle, réduirait d’autant plus les espoirs de l’UMP et de ses alliés, il faudra observer la 3e circonscription de la Haute-Vienne. Elle voit s’affronter deux personnalités se réclamant de la majorité présidentielle, Catherine Beaubatie, officiellement investie par les militants PS, et Monique Boulestin, députée sortante de l’ancienne circonscription de Limoges, qui peut se targuer d’avoir obtenu le soutien de Robert Savy et du Pari radical de gauche, et qui brigue donc les suffrages des électeurs en dissidente. Le radical Jean-Marc Gabouty, leader de l’opposition au Conseil général de Haute-Vienne, qui a obtenu le soutien de l’UMP et qui bénéficie d’une image assez favorable, ne cachait pas sa satisfaction de voir la gauche se diviser dans une circonscription où la droite a pu obtenir des résultats moins mauvais qu’ailleurs en Limousin (le nord de la Haute-Vienne demeurant un « vivier » notoire de voix de droite). Les voix n’appartiennent cependant à personne, et surtout, à aucun parti, et il faudra également faire avec l’éventualité d’un maintien de la candidate du FN, Catherine Laporte. Rappelons que Verneuil-Moustiers, Jouac et Saint-Martin-le-Mault avaient placé Marine Le Pen en tête au soir du 22 avril dernier. Les candidats de Limousin Terre de gauche ont également bon espoir de faire des scores à deux chiffres, et pourquoi pas, d’approcher le candidat socialiste. Daniel Clérembaux, candidat NPA sur la 3e de Haute-Vienne, espère lui aussi profiter du psychodrame socialiste. Nous en reparlerons très bientôt.

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(pour visionner au mieux la carte, cliquez droit, puis « afficher l’image »)

Au petit jeu des pronostics, Le Monde fait fort. Le site du quotidien national propose depuis l’automne une « carte des circonscriptions qui pourraient basculer à gauche ou à droite ». Sans réelle surprise, les 6 circonscriptions limousines paraissent acquises à la gauche. Le Limousin donnera-t-il une majorité au changement* ? Réponse le 17 juin !

* cf. slogan de campagne du PS.

Photos : Sophie Dessus est largement favorite pour succéder à François Hollande (AFP PHOTO JEAN PIERRE MULLER) ; Michel Vergnier, sortant PS, affronte en Creuse Jean Auclair, sortant UMP et maire de Cressat (Mathieu Tijeras, Le Populaire du centre).




> Nous sommes tous des Creusois !

16052012

> Nous sommes tous des Creusois ! dans Actualité locale blim

Labouseoulavie2-300x201 dans CreuseNon, ce n’est pas faire preuve de chauvinisme acharné ou exprimer une fierté artificielle, que de s’offusquer de l’article traitant de la Creuse, de Guéret, et de la jeunesse qui tenterait d’y subsister, paru il y a quelques jours dans le magazine Technikart. Sujet pontentiellement intéressant mais traitement plus que douteux. D’autres ont relevé le défi du reportage en terre inconnue avec bien plus de succès, et ce ne sont pas forcément les plus provinciaux. De Ryan Lafarge (cf. article très bientôt) à Claude Miller, en passant par Michel Houellebecq et Nathalie Baye, on a pu prouver que la vie, sinon l’intérêt, était possible en Limousin, pays des tournages de cinéma, des centres d’art contemporain, des pôles de compétitivité, du webdesign, des présidents et de la céramique industrielle, et on s’étonne encore qu’en 2012, de telles conceptions, sans doute encore largement répandues dans les couloirs de métro et les open-spaces parisiens, puissent encore paraître dans une presse dite de qualité.

Ces gens-là, sous couvert d’amuser et d’offrir une enquête intelligente dans son traitement, foncent droit dans tous les poncifs du parisianisme. Désoeuvrés, consanguins, arriérés, has-been : les « bouseux » les plus heureux seraient-ils ceux qui ne s’en rendraient pas compte ?

Le ton désinvolte, faussement « djeun’s » et décontracté, contribue sans nul doute à véhiculer la condescendance. Opposer « branchés de la campagne » à ceux qui ne le seraient pas, ne parvient pas à supposer une quelconque concession de la part du journaliste. L’ambition recherchée, – on aura du mal à nous faire croire à la promotion d’un territoire –, n’est-ce pas la moquerie simple ?

Pourquoi n’avoir pas choisi de rendre compte avec justesse et justice des habitudes de la jeunesse rurale, des difficultés posées par l’enclavement d’une région, ou mieux, d’imaginer des solutions pour y remédier (quoi de mieux que de demander leur avis aux jeunes plutôt que de rire de leur survie apparente ?). Technikart n’est pas le premier journal à s’intéresser au Limousin, comme il n’est pas le premier à le moquer. Mais les exemples d’articles plus judicieux existent.

Interrogé par France Bleu Creuse sur la polémique, le rédacteur en chef de Technikart a reconnu que « l’anagonisme entre Paris et la province n’a jamais été aussi fort ». La faute à qui ? Il s’étonne que les Creusois s’indignent de propos tenus sur des réalités qu’ils ont eux-même formulées. Les Creusois sont bien en droit de formuler leur désespérance, s’ils la vivent. Mais en faire un article qui ne traite que de cela et semble presque s’en amuser, c’est loin d’être la même chose ! L’argument politique sur le clivage promu par le gouvernement sortant entre territoires et populations se défend, même si les réflexes partisans ont pu s’effacer quand il s’agissait d’impératifs de survie (le service de radiothérapie de Guéret défendu par la droite comme la gauche en est un exemple) mais ne vient pas forcément justifier une telle approche. Quant à l’argument de la non-compréhension du ton du magazine, n’est-il pas un aveu de faiblesse ? Soyons plus intelligents, nous mettrons ça sur le compte de la maladresse dans la quête d’un exotisme dont doivent furieusement manquer les élites de la capitale. Maladresse qui est évoquée par les responsables du magazine, d’ailleurs. Ce qui n’atténue pas la portée des propos.

Certains propos peuvent blesser. On peut s’amuser d’une situation, on peut tourner en dérision, avec talent et intelligence, et surtout cohérence, sans aller jusqu’à offrir un ramassis de clichés dans lequel l’ambition journalistique éventuellement louable et les points positifs et espoirs du territoire creusois se sont évaporés. Cet article n’est-il pas un révélateur du triste fossé qui semble exister entre les territoires, mais peut-être aussi (surtout?) de la vogue de certaines conceptions que les élites de la capitale ont de la province et de son développement ?

Ne nous trompons pas de combat. Quoi qu’il en soit, Technikart recevra un lien vers mon article, une manifestation de plus parmi les nombreux commentaires outrés laissés sur Facebook ou retransmis par la presse locale. En attendant un « manuel de survie contre les préjugés anti-provinciaux » ?

En prime, un petit florilège des « compliments » de Technikart :

- « Enterrée dans le Limousin, Guéret est une ville […] où [il y a] des ploucs, des viocs, des bovins en surnombre » (intro.)
- « la Creuse, ce centre névralgique de la diagonale du vide qui défigure l’Hexagone » (l. 1)
- « le tout couplé à une vie sociale un brin consanguine » (l.30)
- « deux rades se tirent la bourre pour le titre du bar le moins naze de Guéret » (l. 73)
- « les damnés, ceux qui n’ont d’autre choix que de moisir sur place ou de se tirer une balle » (l. 105)
- « des marques anachroniques comme Jules, Devred ou Brice ont la faveur, faute de choix, des autochtones mâles les mieux sapés » (l. 177)
- « Même à la cambrousse, conduire en état d’ivresse est interdit » (l. 189)

N.B : tentatives de rabibochages avec la mairie de Guéret et regrets en vue ?
Ce serait la moindre des choses. En espérant que Technikart saura trouver les bons mots et faire les bons gestes pour réparer en partie sa triste appréciation !

Photo : détournement de la photo et du titre de l’article de Technikart (groupe Facebook « Résitants creusois contre les bobos »), Lily La Fronde (tous droits réservés)

Ci-dessous, mon courriel au rédacteur en chef de Technikart.

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> Pour une écologie de la transversalité !

14032012

> Pour une écologie de la transversalité ! dans Actualité locale b2012b

Sch%C3%A9ma-D%C3%A9veloppement-durable-300x270 dans Aménagement du territoireDe passage dans la région en milieu de semaine dernière, la candidate à la présidentielle d’Europe Ecologie-Les Verts, à la peine dans les sondages en dépit d’un programme plutôt ambitieux, s’est livrée sans hésitation au Populaire du centre, dévoilant la vision qu’elle avait de la dimension écologique de la politique régionale.

Autrement dit, l’ancienne juge d’instruction s’est évertuée à critiquer, cela en pointant deux sujets brûlants de l’actualité régionale : l’un que d’aucuns assimilent à un point Godwin des discussions en Limousin, la LGV Poitiers-Limoges, tant la perspective de l’arrivée de la grande vitesse suscite les passions et les vifs échanges, alors que l’échéance de l’enquête publique se profile. A ce titre, Eva Joly, dans la lignée des détracteurs du projet, brandit le curieux et plus qu’approximatif argument des 15 minutes, quand RFF et les élus favorables n’ont de cesse de mettre en évidence le gain. Une contradiction qui rappelle la double interprétation du fameux sondage de RFF de janvier 2010… Le projet de LGV n’est certes pas parfait, mais il est une condition même de l’avenir du Limousin, qui doit pouvoir intégrer le territoire régional aux réseaux nationaux et européens, et qui nécessairement accompagné d’une politique régionale des transports cohérente, doit pouvoir tirer vers le haut l’ensemble des espaces de Haute-Vienne, de Creuse, de Corrèze, et de tout le Centre ouest. Il sera important de veiller à cela.

L’autre sujet évoqué concernait au contraire le véritable tabou régional – s’il en est – du devenir des mines d’uranium. Et cette fois, Eva Joly a évoqué ce grand enjeu environnemental et de santé publique, sur un ton certes dramatique, mais à la hauteur des non-dits et des approximations concernant ce dossier, en ciblant effectivement l’Etat, qui par le biais d’Areva devrait endosser la responsabilité d’une telle situation. Il va sans dire que lumière n’a pas été faite sur tous les aspects de la situation, et qui peut assurer avec certitude qu’aucun scandale ne pourrait éclater dans les années à venir ?

Eva Joly terminait en argumentant à nouveau sur les risques évidents du nucléaire. Rappelons que depuis les élections régionales de 2010, les élus écologistes, emmenés par Ghislaine Jeannot-Pagès font partie de la majorité au Conseil régional, aux côtés des socialistes, en dépit de plusieurs désaccords, au premier rang desquels se trouve l’épineuse question de la grande vitesse*. A l’image de l’instable équilibre national issu de l’accord entre EELV et le PS concernant les élections législatives. Pas sûr que les électeurs s’y retrouvent aisément.

Quoi qu’il en soit, si l’union de la gauche reste un impératif, et devra se construire entre les deux tours dans le respect des différences, il va de soi que l’écologie doit avoir toute sa place, plus que jamais transversale, souci encore mal compris par tous, dans les réflexions des futures majorités politiques locales, et dans les mesures menées par le prochain gouvernement français. À savoir, une écologie dont la motivation sera d’assurer la justice. Une écologie qui ne doit pas être perçue comme l’apanage d’un parti, qui ne doit pas être perçue comme une sorte de doctrine punitive, des riches urbains contre les pauvres ruraux, des élites contre les classes modestes. Mais comme une politique concertée, responsable, à même de concilier, assurer et promouvoir le développement et le bien-être social sans nuire au dynamisme économique des territoires, dont la transition écologique est une nécessité. Une politique de réflexion proprement territoriale, qui ne sera pas uniformément idéologique, qui n’opposera pas les territoires les uns aux autres. Une politique qui sensibilisera, et même concernera l’ensemble des populations. Une politique qui associera à ses réflexions non seulement les problématiques environnementales, sociales et économiques, mais aussi culturelles, éducatives, entre autres. Une politique qui ne sera plus réduite à une promotion politique, mais qui incitera un mode de vie, une évolution des conceptions, sans archaïsme ni sectarisme.

C’est dans ce sens que le Conseil régional des jeunes promeut des projets dont le fil rouge est l’association des populations de tous les territoires à ces réflexions et ces transitions mentales sur la problématique du développement durable. Nous, élus de ce Conseil, sommes conscients que la génération des jeunes de 2012, qui vivra pleinement le mandat présidentiel à venir et verra sa vie influencée par celui-ci, et au-delà de tous intérêts partisans, se doit de donner l’exemple. Il en va de l’avenir de la planète, nous le savons, mais également ni plus ni moins que du quotidien des populations, de leurs activités et de leur cadre de vie.

*Depuis le départ de Cyril Cognéras pour le mouvement des Alternatifs, EELV est absent du conseil municipal de Limoges, comme du conseil général de la Haute-Vienne.




> Alain Rodet : « 2014 ? Une échéance qui m’intéresse »

17012012

> Alain Rodet : « 2014 ? Une échéance qui m'intéresse » dans Actualité locale blim

Alain Rodet, interrogé par Le Populaire du centre, le 16 janvier 2012A trois mois du premier tour de la présidentielle, Alain Rodet s’exprimait sur la situation politique nationale, balayant notamment de supposées velléités ministérielles, mais revenait surtout largement sur le contexte local et sur sa programmée succession… à lui-même. La campagne de 2014 semble (déjà) lancée.

« Je pourrais difficilement résister à l’affectueuse pression de mes amis ». Dans l’entretien exclusivement accordé à et publié par Le Populaire du Centre ce matin, Alain Rodet, par son annonce, n’a pas voulu laisser retomber le soufflé politique limougeaud, quelques semaines après le fracassant psychodrame laissant Catherine Beaubatie ravir à Monique Boulestin les prétentions sur la troisième circonscription du département. Le député-maire en place depuis presque 22 ans maintenant, envisage donc de prolonger son bail place Léon Betoulle, pour 6 ans encore. Et à ceux, sûrement plus nombreux encore qu’en 2008, qui commenceraient à l’accuser de vouloir, tels Louis Longequeue (maire durant 34 années) ou même Léon Betoulle (38 années cumulées), s’enraciner sur un trône indéfectiblement préservé par la gauche depuis un siècle, il met en avant sa volonté de rajeunir constamment ses équipes. Suffisant ?

Quoi qu’il en soit, voilà une déclaration qui vient chambouler les pronostics. En effet, depuis l’an dernier, et plus encore depuis décembre, les spéculations allaient bon train dans l’attente des élections de juin, une réelection du maire de Limoges au Palais Bourbon devant supposer l’abandon d’un des deux mandats, cumul des mandats imposé par le PS (vis-à-vis duquel l’intéressé avait exprimé son scepticisme) oblige. Il a fallu prendre acte de la démission de Monique Boulestin, qu’Alain Rodet dit regretter mais comprendre. Son remplacement au poste de premier adjoint par Bernard Vareille, jusqu’alors 3e adjoint notamment en charge de l’urbanisme et du tourisme, par ailleurs président honoraire de l’Université, était attendu. Comme l’est presque autant l’accession de ce dernier à la mairie, son statut de dauphin officiel, petit secret de polichinelle, étant d’autant plus évident depuis le départ de Mme Boulestin. Un statut qui toutefois ne saurait donc trouver la concrétisation qu’en 2020, date de fin de l’hypothétique cinquième mandat d’Alain Rodet, qui, on peut le penser (il sera âgé de 76 ans), sera « forcé » de laisser l’hôtel de ville à cette génération dont il loue la formation « à la meilleure des écoles… celle du terrain ». Des propos qui en tout cas, rappellent bien les arguments de M. Rodet quant au même cumul des mandats (« un député hors sol passe à côté de tous les sujets »). Mais qui ne devraient pas faire taire les critiques.

Il va sans dire qu’une fois les échéances du printemps et l’effervescence présidentielle passées, devraient s’intensifier les discussions et tergiversations quant aux hypothétiques listes en présence en 2014, dans ce contexte particulier de reconfiguration des forces et alliances de la gauche locale, des doutes et flottements de la droite communale, et de cette « rupture dans la continuité » avancée par le candidat-maire. Plus tôt que ce qu’on pouvait imaginer, Alain Rodet a bien lancé la campagne.

A. Rodet revient aussi sur les dossiers municipaux ou communautaires (entrée de Couzeix dans l’agglo, activité commerciale en centre-ville, projet d’agrandissement du stade de Beaublanc, LGV, …) et nationaux (premier tour de la présidentielle, sondages, Grand Paris, AAA, …), dans cette interview dans le numéro d’aujourd’hui du journal.




> Hollande et les Primaires vus par la presse internationale

17102011

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khalidcasablancapourcourrierinternational.jpgPour cette première journée pendant laquelle François Hollande a officiellement revêtu les habits officiels de candidat du PS pour l’élection présidentielle de 2012 (il était l’invité du 20h de TF1), j’ai choisi de sortir de la vapeur quelque peu étouffante du bouillonnement médiatique franco-français pour prendre du recul à l’étranger. Retour sur les publications de la presse internationale de ces derniers mois, jours et heures sur le processus des primaires et la désignation de François Hollande.

La crainte du retour de la « machine à perdre » ?

Il faut le dire, la presse internationale avait parfois manqué de tendresse et fait part d’un franc scepticisme à l’égard de l’organisation des Primaires socialistes. Du moins au début. Le quotidien italien Le Corriere della Serra (centre-gauche), comme l’hebdomadaire burkinabé L’Observateur paalga brandissaient en début d’année le spectre de la fameuse « machine à perdre », qui a ressurgi en mai avec l’affaire DSK. L’un prédisant par la douloureuse expression de « vocation au suicide » des primaires les déchirements, qui de l’autre côté des Alpes ont été entre autres facteurs de déliquescence de ce qu’il y reste de gauche. L’autre faisant allusion aux scalps des Indiens d’Amérique rivaux. Rien que ça. De façon moins sanglante, le quotidien belge francophone La Libre Belgique s’inquiétait en juin dernier que le processus se transforme en « sac de nœuds ». Le journaliste indépendant britannique Tim King, quant à lui, était allé jusqu’à imaginer ce qui se passerait « le jour où le PS [imploserait] » après son élimination par Nicolas Sarkozy en mai 2012. Tout un programme, dont nous nous passerions bien dans les faits. Gageons que la forte participation aux élections primaires et les appels au soutien sans équivoque et au rassemblement derrière le candidat démocratiquement désigné sauront éviter la catastrophe prédite pour la gauche de gouvernement, en mal de victoires présidentielles.

Aubry/Hollande, ou la victoire des vieux archaïques sur un jeune réaliste (Valls) ?

En ce qui concerne la teneur des débats et des propositions des prétendants à la fonction suprême, on se souvient notamment de l’analyse de The Economist. L’hebdomadaire britannique ne trouvait qu’en les arguments du libéral-socialiste Manuel Valls, « jeunot au pays des dinosaures », les réponses cohérentes à l’éprouvant contexte socio-économique, et rabrouait fermement le PS français, « l’un des plus archaïques d’Europe », raillant au passage et sur fond légèrement « francosceptique » l’interdiction des stock-options proposée par Ségolène Royal, ironiquement présentée caubrandeholly.jpgomme « modérée ». Arnaud Montebourg, chantre de l’hypothétique démondialisation proposée dans le cadre d’une « bucolique fête de village » [comprenez la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse] et vu d’un mauvais œil par la presse suisse en raison de ses positions sur la fiscalité, François Hollande et Martine Aubry et leurs propositions « figées dans le temps » en prenaient également pour leur grade, dans ce qui ressemblait à une opération de décrédibilisation d’un parti qui il est vrai n’a pas effectué la mue (pas forcément à tort, entendons-nous) qu’a suivi le Labour depuis l’ère Blair. On aimerait bien savoir ce que les journalistes de The Economist trouveront à dire pour commenter le ralliement du jeunot aux dinosaures. Toutefois, on n’en attendait pas davantage du titre de presse libéral.

Les primaires, un tremplin bien français contre la présidence bling-bling ?

Ces critiques à peine voilées ont été masquées par plusieurs voix discordantes. De plus en plus nombreuses, face sans aucun doute au réel engouement des citoyens français vis-à-vis de cette procédure jugée moderne par des politiciens de tous bords. Ainsi, la journaliste suisse Catherine Dubouloz, qui il y a dix jours dans Le Temps estimait que la procédure s’était « transformée en formidable tribune pour la gauche », ayant « tout pour se transformer en machine à gagner », mettait en évidence l’intérêt manifeste qu’y porte une partie de l’UMP, qui sera sans doute contrainte de recourir à ce système pour « départager la légion de [ses] candidats [annoncés] ». Sur un ton logiquement moins acerbe que The Economist, à travers un article énumérant avec sérieux et lucidité les différences des candidats socialistes, en juin dernier, The Guardian (catalogué au centre-gauche Outre-Manche), voulait croire non sans espoir « partisan » en la capacité de la « rose » à incarner l’avenir et donc en une renaissance de la gauche française, confortant ainsi notre nation dans « son rôle de pays à part » et mettant fin aux pratiques « donquichottesques » et « diviseuses » (!) de l’actuelle gouvernance. Pêle-mêle encore, Joëlle Meskens, correspondante du quotidien belge Le Soir assurait que la politique serait quoi qu’il en soit vainqueur des Primaires, mais que le PS devait se garder de sombrer dans l’euphorie démobilisatrice. La Tribune de Genève s’émerveillait du chiffre de la participation et voyait dans ce succès une « [ringardisation] » d’une UMP pseudo-moderne. The Guardian notait la bonne tenue et le calme des prétendants durant les débats, et estimait que le PS affaibli depuis la défaite de Lionel Jospin en 2002 s’en trouvait ragaillardi. El País (centre-gauche espagnol) a apprécié « l’échange constructif d’idées ». La palme revenant sans doute au bimestriel américain Foreign Policy, qui n’a pas manqué de moquer la filiation avec leur nation dont ont pu se réclamer certains représentants de la droite, candidat Sarkozy en tête, alors que ce sont bien les socialistes qui ont le mieux fait part de leur inspiration venue d’Outre-Atlantique par l’organisation de ces élections primaires.

Hollande, une « normalité rationnelle » ?

A l’aube du second tour, le quotidien québécois Le Devoir soulignait déjà de façon prémonitoire l’exploit que réaliserait en s’imposant le député de Corrèze avec ses airs de « collégien blagueur », après avoir joué de cette image d’élu de la France profonde soutenu par les quartiers populaires et opposé jusqu’au printemps au « jet setter » qu’est DSK puis à la défenseure du multiculturalisme et de l’ouverture aux autres partis de gauche qu’est Martine Aubry. En ce qui concerne le dénouement d’hier, si El Periódico de Catalunya (qui ne pariait sur une victoire d’Hollande, le « brillant sans éclat », qu’en cas de défection de DSK !) est sans doute surpris de la victoire finale de François Hollande, c’est sans doute moins le cas du Süddeutsche Zeitung qui en janvier dernier, tout en louant dans une comparaison faite entre la chancelière Merkel et Martine Aubry les efforts et qualités de cette dernière, se demandait comment, avec ses tendances à chercher l’alliance avec des « partis très à gauche », elle pourrait incarner avec efficacité l’aile française du couple moteur de l’UE. En Belgique francophone, l’agence de presse Belga avait recueilli la préférence des principaux leaders socialistes, qui sollicitaient particulièrement leur voisine Martine Aubry, Rudy Demotte, ministre-président de Wallonie, mettant en avant la collaboration étroite mise en place au sein de l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai. Mais leur « choix de raison » était davantage François Hollande.

Pas nécessairement euphorique, la grande majorité des titres étrangers s’accorde néanmoins à saluer si ce n’est féliciter la performance d’un candidat de l’ombre peu médiatisé et le score sans appel qu’a obtenu François Hollande. Un score qui ne lui sera pas inutile dans la perspective de mettre un terme à la présidence Sarkozy, globalement critiquée. The Guardian se demandait si la victoire d’un « Monsieur Normal » n’était pas « ce dont la France [avait] besoin » pour mettre fin à cinq années de « psychodrame », tandis qu’El País, parlant de « l’académique » M. Hollande, jugeait ce dernier comme étant un des plus contrastés face à « l’hyperactif et imprévisible Sarkozy ». The New York Times évoque un homme « spirituel » qui devra s’évertuer à faire oublier son inexpérience politique. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel reconnaissait en le vainqueur de la primaire un homme « amical, sociable, discret », en somme « peu complexe », mais semble s’interroger sur la capacité du socialiste à transcender les foules. Cette nouvelle campagne présidentielle devra prouver que l’ère de la surexcitation est révolue, et qu’il n’est nul besoin d’être excessif pour prouver sa détermination. Quoi qu’il en soit, l’importance capitale de cette échéance pour l’avenir même de la gauche française n’a pas échappé au New York Times, qui se demande si la gestion de la Corrèze est une assez bonne entrée en matière pour le postulant à l’Élysée, et qui comprend bien qu’une nouvelle défaite causerait une dramatique et considérable bagarre interne au PS.

En revanche, quelques nuances en ce qui concerne les qualifications de la personnalité même de l’ex-premier secrétaire du PS, « grand naïf au regard de chien fidèle », volontaire et « [parlant] bien » mais peut-être trop lisse pour le journal autrichien Der Standard comme pour le quotidien de gauche néerlandais De Volkskrant Quelques titres étrangers ont presque autant retenu l’humour corrézien du vieux lion Chirac sur sa volonté avérée ou non de voter Hollande en 2012, que les propositions de ce dernier, jugées « pas très claires » par The Guardian. La palme revient sans conteste au quotidien helvète 24 Heures, qui filant la métaphore rugbystique, compare « sales gosses » du XV de France et socialistes et leurs sympathisants ayant rendu « illogique » l’issue de la primaire. Et d’évoquer Chirac et Mitterrand et leurs nombreux échecs précédant une victoire tardive. Le tout sur fond patent de parisianisme (Hollande décrit comme un « politicien parti s’enterrer en Corrèze » opposé à la maire de Lille qui « se coltine les réalités d’une grande métropole »), comble pour une publication suisse. On préfèrera oublier. Et espérer que François Hollande n’aura besoin que d’une seule tentative pour déloger Nicolas Sarkozy de l’Elysée. Et garder les yeux et l’esprit, déterminés et résolus, vers une troisième mi-temps sérieuse et constructive, aboutissant à une victoire salutaire.

Sources : www.courrierinternational.com, www.nytimes.com, www.lalibre.be et www.letemps.ch
Lien : La présidentielle vue depuis Bruxelles

Dessins : Khalid, dessinateur marocain (pour Courrier International), Aubrande et Holly sur le blog de Jérôme Choain.







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