> Mobilisation à la faculté des lettres et des sciences humaines de Limoges

22042013

> Mobilisation à la faculté des lettres et des sciences humaines de Limoges dans Actualité locale blim

Les étudiants de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Limoges (FLSH) sont remontés. La cause ? Une volonté annoncée par l’administration de l’Université de fermer d’ici peu les bibliothèques de section de la faculté, ces petites unités qui proposent aux étudiants et enseignants, au sein des bâtiments où sont dispensés les cours la documentation et les conditions nécessaires à la recherche. Si les défenseurs de cette idée estiment que l’intégration de ces fonds à la bibliothèque universitaire optimisera les démarches de travail, nombre d’étudiants et personnels s’insurgent contre une décision qu’ils jugent inutile et symptomatique d’une Université qui se trompe de combat dans la quête de l’efficience et de l’économie… J’ai souhaité donner la parole à des étudiants qui ont fait leur ce combat contre une tentation aux « logiques financières » d’un enseignement supérieur pourtant tellement indispensable.

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Riche de plusieurs de ces petites bibliothèques, l’Université de Limoges et en l’occurrence la FLSH a entamé il y a plusieurs années un transfert progressif des fonds documentaires des différentes filières vers la bibliothèque universitaire (BU), au nom du confort et du professionnalisme de ses personnels, quand seuls des étudiants tuteurs et des enseignants fréquentent les bibliothèques de section. Dans sa réponse aux inquiétudes des étudiants, la direction de la faculté insiste en effet sur « la mission de service public » que les employés accomplissent « avec beaucoup de compétence et de conscience professionnelle ». De ça, les étudiants ne doutent pas, mais estiment que ce n’est pas l’intérêt du débat et de leur mobilisation. Très concernés, ils disposent d’un argumentaire assez précis. Marie Toulisse, étudiante en L3 Lettres classiques, sait de quoi elle parle : les ouvrages en question sont essentiels pour « produire mémoires et thèses », et leur relégation « dans les profondeurs des archives de la BU » revient pour elle à une disparition inavouée. Le collectif de défense des bibliothèques explique : « le projet, censé transformer nos bibliothèques en  »espaces de travail », ce qu’ils sont déjà, va en réalité déplacer nos livres dans la BU, où ils seront l’objet de désherbage. Le désherbage, en bibliothèque, signifie le redéploiement des collections: autrement dit, nos livres seront placés en magasin, placés sur les étagères de la BU, mais pour beaucoup, ils seront bradés ou jetés à la poubelle. » Faisant allusion à des livres « rares et précieux », de fait encombrants quand l’on cherche la rapidité du reclassement, les étudiants prévoient avec agacement que « la BU n’a ni le temps ni les moyens de conserver, étiqueter et informatiser les milliers d’ouvrages que nous possédons. Beaucoup vont disparaître du circuit et les étudiants n’y auront plus accès. » Et n’hésitent pas à parler de « massacre » annoncé.

La colère a commencé à gronder il y a quelques semaines déjà, mais ne s’est réellement matérialisée qu’en avril, en dépassant le cadre des départements, individuellement, pour s’afficher en compte twitter, page Facebook, pétitions (434 signatures sur la pétition en ligne), échanges de courriels et même un article dans Le Populaire du centre. Les étudiants engagés dans une lutte corps et âmes pour sauver les bibliothèques de recherche ont en effet investi tous les champs possibles de la communication pour présenter le plus clairement possible leurs revendications. Ils se sont constitués en collectif, une structure qui se donne pour objectif de répondre au mieux aux arguments de l’administration, qui face à cette mobilisation peut-être inattendue, a tenu au droit de réponse et à réaffirmer son souhait du dialogue constructif et de l’apaisement. La période actuelle de vacances semble forcer une pause dans le débat – il serait peut-être exagéré de parler d’affrontement, la dimension locale de l’enjeu forçant sans doute la mesure. Pour autant, la détermination demeure. Au courriel envoyé par la direction de la faculté, le collectif, qui entend y répondre point par point, avance ses vérités (« Malgré toute sa bonne volonté, la BU n’est pas extensible à l’infini »), craint pour le devenir d’une partie des fonds et déplore l’absence totale de concertation sur le sujet. Au-delà, il déplore même une tentation de la désinformation : non, des ouvrages ont déjà été rendus inaccessibles, et quoi qu’il en soit, c’est bien de cadres idoines de travail dont on privera les étudiants, étant donné notamment que les personnels de la BU, en dépit de leur bonne volonté, ne sont pas spécialisés sur les ouvrages dont ils auront alors la charge.

Dans les arguments des uns et des autres, on sent parfois poindre une certaine lassitude vis-à-vis de certaines pratiques propres aux secrétariats. Mais plus que d’un agaçant mais commun imbroglio administratif, que l’on retrouve partout, c’est bien aux valeurs véhiculées par ce type de considérations que les étudiants veulent s’en prendre. Le sujet semble de ce fait plus ou moins politique. Le transfert des fonds dans le Service commun de documentation (le réseau des BU de l’Université, ndla) répond à une injonction ministérielle de 2011… A ce titre, il semble bien révélateur d’une certaine conception de l’Université, et en ce sens il dépasse le devenir des bibliothèques de section. C’est en tout cas ce qu’estiment les étudiants que j’ai pu interroger, qui pensent certainement que ce n’est pas la fermeture simple de ces bibliothèques qui condamnera l’enseignement supérieur, mais bien tout un ensemble de décisions néfastes dont celle-ci n’est qu’une petite facette, mais non moins emblématique. Marie fait allusion à d’autres menaces qui pèsent sur l’Université : « des filières sont menacées de fermeture car on trouve trop peu d’inscrits sur les listes », preuve que la malaise est plus large et les préoccupations intégrées à des enjeux plus globaux sur l’ambition que l’on voudra bien avoir sur l’Université du XXIe siècle. Catégorique, le collectif déclare donc qu’avec une telle ambition, « l’Université met un prix sur la culture et le savoir ». Et de dire non sans amertume :« l‘Université, depuis quelques années, dicte sa conduite selon un chiffrage méticuleux. Or, l’éducation ne se chiffre pas. Les investissements dans des bibliothèques ne se chiffrent pas. Ce sont des investissements sur l’avenir, et la valeur intellectuelle, humaine et culturelle n’est pas une valeur que l’on mesure en euros. […] Le fait que l’on parle de la  »performance » des universités est extrêmement révélateur à ce sujet. » Ainsi, si réunir les fonds dans une seule unité ne condamnera pas la recherche, c’est toute l’image de l’Université qu’ils désirent qui s’en trouvera atteinte. Attachés à ce qu’ils estiment être une richesse dans un établissement qui se doit de « promouvoir l’égalité des chances et l’égalité des étudiants à l’accès à la culture » et « promouvoir le savoir, la curiosité intellectuelle, la pensée critique », les étudiants pensent que c’est bien également à ses « valeurs » que la fermeture portera « un coup violent ». Et loin d’eux l’idée de vouer aux gémonies leur université de proximité, dont ils louent et ont conscience des « grands atouts », à savoir le « suivi personnalisé des étudiants, des équipes pédagogiques impliquées, une atmosphère chaleureuse ». On semble comprendre que les étudiants ne sont pas là pour défendre leur intérêt personnel, mais qu’ils voient aussi plus loin, prenant en considération autant leur devenir que celui des générations suivantes qui auront à cœur de bénéficier d’un enseignement de proximité, dans un établissement à taille humaine, parfaitement adapté à leurs attentes, leur ouvrant de nouveaux horizons et permettant une bonne transition entre l’enseignement secondaire et le monde professionnel…

bs-br-faceook-300x200 dans Haute-VienneCe débat semble susciter des vocations à l’engagement citoyen, et c’est tout à l’honneur de la faculté ! Marie, qui ose encore « espérer que [l'Université] a conscience que son but ultime dépasse l’intérêt purement économique », s’est surprise à prendre parti. Cette question « [lui a] permis de [se] sentir plus impliquée dans la vie étudiante et plus citoyenne également ». A l’heure où le destin à moyen terme de l’enseignement supérieur à Limoges, en particulier celui des lettres et sciences humaines dont les effectifs sont à la baisse, est plutôt flou, celle qui se destine à l’enseignement « [a] l’impression de ne pas agir seulement pour [elle] mais aussi pour les étudiants qui viendront après [elle] ». Et de rajouter, déterminée, convaincue mais peut-être un peu désabusée : « c’est la conception de l’éducation qui est en jeu dans ce débat ». Cela rejoint les propos de ces étudiants embauchés en tuteurs dans les bibliothèques de section, qui éludent leurs préoccupations financières personnelles que leur engagement aurait pu motiver, en parlant de ces espaces « pour [lesquels ils ont] effectué de nombreuses heures en-deçà de nos heures payées » par « amour des livres » et de leur cadre d’études. Cette affirmation n’est-elle pas trop appréciable, à l’heure où l’on a de cesse de pointer du doigt le désintérêt des jeunes générations pour la culture, et quand l’éducation semble avoir été érigée en grande cause du mandat présidentiel ?

Si tous sont d’accord pour saluer la bonne volonté de la plupart des acteurs en présence, et réclamer une discussion plus qu’un affrontement, ils semblent aussi partager le même avis sur les fausses bonnes idées et les faux combats sur lesquels s’engagent les équipes dirigeantes, qui pour eux n’ont pas perçu la richesse que constituent les BS dans la dimension socialisante de la recherche. Les tuteurs insistent d’ailleurs sur ce point, parachevant la démonstration de la multifonctionnalité de ces lieux en péril : « Les enseignants savent que la bibliothèque est un point de rencontre et de liaison avec les étudiants, et nous servons d’intermédiaires, les enseignants nous transmettant des exercices que nous faisons faire aux étudiants en difficulté afin de les aider à reprendre pied. Nous sommes aussi des interfaces entre les étudiants et les enseignants vers qui ils n’osent pas toujours se retourner, notamment les premières années de licence. » Dans leur discours, et à partir de ces propos, transparaît l’effarement, voire l’évidence que l’administration ne peut pas défendre un tel projet sans état d’âme. L’incompréhension réciproque s’est-elle à ce point installée ? Une concertation s’impose. Des enseignants ont déjà fait part de leur soutien aux étudiants mobilisés. Selon une expression décidément à la mode, les étudiants qui m’ont répondu semblent déterminés à ne rien lâcher. Marie avance que « le débat doit porter sur la façon de maintenir les bibliothèques à moindres frais et non pas sur une possible fermeture de celles-ci ». Le collectif conclue : « nous espérons et appelons de nos vœux l’annulation de cette décision nocive ».




> Les Trophées du Développement durable : un appel collectif au courage et à l’engagement

12042013

> Les Trophées du Développement durable : un appel collectif au courage et à l'engagement dans Actualité locale binitiativelocale

Ce samedi 6 avril avait lieu de façon officielle la remise des prix des tout premiers Trophées du Développement Durable en Limousin, venant valoriser des initiatives innovantes en faveur du développement durable. Ouvert aux collectivités, entreprises, établissements d’enseignement et associations de la région entre novembre et février dernier, ce concours lancé par le Conseil régional des jeunes et organisé avec le soutien capital de la Région Limousin et de ses services, l’ADEME et la DREAL, a recueilli 49 dossiers souvent originaux et la plupart du temps pertinents. L’occasion de lancer collectivement un appel au courage, à la responsabilité et à l’engagement. Celui des jeunes – c’est primordial – mais pas seulement.

crj-trophee-dev-durable-560x285-1-dc775-300x152 dans Aménagement du territoireLes lauréats des quatre catégories d’acteurs ont été désignés par un jury réuni en mars. Ils ont été choisis parmi l’ensemble des dossiers provenant des trois départements, de communes aussi diverses que Cosnac, Gentioux-Pigerolles, Cognac-la-Forêt, Ussel ou Evaux-les-Bains, de tous types d’acteurs ont été enregistrées, preuves que la communication autour du projet s’est bien effectuée, et que l’écho est particulièrement favorable dans des zones vues à tort comme « reculées » mais en somme très concernées et sensibilisés

  • Pour la catégorie Collectivités, la mairie d’Ayen, en Corrèze, à travers son projet municipal de développement durable et notamment l’implication des jeunes de la commune dans cette démarche, par le biais des écoles dont le souci d’une approche intergénérationnelle a été salué, et dont la politique a été largement pilotée par un jeune en service civique par la suite embauché en CDD par la mairie ;
  • Pour la catégorie Établissement d’enseignement, le lycée Jean Favard de Guéret, en Creuse, qui a conduit des actions concrètes, participatives, pédagogiques et incitatives visant à la réduction des consommations énergétiques ;
  • Pour la catégorie Entreprises, la ferme des « Douceurs de la Xaintrie » à Goulles, en Corrèze, pour l’ensemble de ses méthodes de travail et finalités associant production responsable, éducation à l’environnement, et souci de transversalité sectorielle de l’approche avec la sollicitation de jeunes en BTS à Neuvic ;
  • Pour la catégorie Associations, l’association Nature Limousin de Chamberet, encore en Corrèze, et sa Rando Limousine VTT, manifestation sportive éco-responsable ;
  • Le trophée Coup de Coeur a été attribué au lycée agricole Pisani de Naves, près de Tulle, dont une classe emmenée par une enseignante en lettres volontaire a présenté ses plaidoiries en faveur de l’environnement, inspirées de célèbres discours historiques…

trophees-dd2-300x199 dans CorrèzePoint d’orgue du projet lancé en 2011 par la commission Environnement-Transport du Conseil régional des jeunes, cette journée spéciale venait clore la Semaine du développement durable en Limousin, dont elle était l’événement phare. La journée a également permis de mettre en relation des acteurs des trois départements et de tous milieux socio-professionnels, et de médiatiser un peu plus des sujets capitaux en ces temps de doutes sur notre modèle économique, écologique et social.

La bonne humeur était de mise, avec l’aimable participation de la compagnie « Du grenier au jardin », qui a agrémenté de façon pertinente et amusante ce moment grâce à des sketches appropriés à la thématique du développement durable. L’occasion de susciter des interrogations sur ce sujet dont on parle beaucoup mais dont on ne saisit pas forcément toujours la diversité des implications et des échelles d’application.

Il est toujours bon de rappeler que le développement durable demande une action transversale, et doit permettre de promouvoir un développement économique tout en assurant le bien-être des populations et le respect des équilibres naturels. Les différents intervenants en présence étaient là pour rappeler combien une transition globale de la société portée par tous les habitants, quels que soient leur âge, leur origine, leur activité, vers la durabilité, était essentielle. On aura pu saluer les mots très justes des deux élus régionaux présents, Jean-Bernard Damiens et Sylvie Vaugelade, respectivement sur les enjeux du développement durable et la justesse des actions du Conseil régional des jeunes, mais aussi les mots de soutien de l’ADEME et de la DREAL.

Au nom de toute la commission organisatrice du projet, j’ai estimé que nous pouvions d’ores et déjà nous féliciter d’avoir pu organiser un tel concours. Ainsi, à notre échelle, nous aurons – je l’espère – contribué à sensibiliser encore davantage les mentalités aux très nombreuses modalités, articulations et transpositions locales du développement durable. Mais nous espérons également que nous aurons contribué à faire prendre conscience des potentiels de notre région dans l’instauration de nouvelles méthodes de production, de nouvelles façons de vivre-ensemble. Et à montrer en quoi le Limousin était riche de secteurs porteurs et prometteurs, de concepteurs, de personnalités optimistes et déterminées à faire du développement durable non seulement un moyen de protéger la planète et ses occupants, mais aussi une fin : instaurer un nouveau modèle évocateur de progrès. Nous espérons que nous aurons aussi pu convaincre de l’engagement des jeunes sur ces questions. Nous croyons que rien ne se fera sans une jeunesse sensible et engagée sur ces enjeux, une jeunesse qui se sent concernée par le devenir collectif, et qui saura faire comprendre que les modalités de la durabilité ne sont ni une punition, ni une utopie.

trophees-dd1-300x199 dans CreuseJ’ai tenu à souligner que cette réussite des Trophées doit enjoindre chacun de nous à plus de courage. Car au-delà de l’inventivité, de la responsabilité, du sens du collectif dont nous devons tous avoir conscience, c’est bien encore le courage qui doit motiver le développement durable. Une société qui oublie son passé, qui renie son héritage, est une société vouée à l’échec. Mais une société qui rechigne à réinventer ses codes, ses façons d’agir, par simple peur de l’avenir, par complaisance dans l’inertie, par attachement forcené à des réussites révolues ou des idéaux obsolètes, n’a pas compris les enjeux qui s’imposent à elle. Les trop nombreux échecs des politiques environnementales internationales et des grands sommets accouchant de souris sont trop frustrants. A toutes les échelles, sur tous les territoires, ruraux comme urbains, et entre tous ces territoires, nous avons plus que jamais besoin de l’audace, du courage de tous les acteurs du monde politique, associatif, économique, culturel, et de tous les citoyens, quelles que soit leur éducation, leur origine, leur condition. Nous avons besoin que chacun aille susciter l’intérêt de l’autre pour le développement durable. Je crois qu’en Limousin, nous « sommes dans le coup » !

Fort de cette expérience collective, de ce riche enseignement, de la réussite de l’initiative et du soutien indispensable de nombreux partenaires, conforté par le prix coup de cœur que le Ministère  de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie a décerné à son initiative, le Conseil régional des jeunes nous semble d’ores et déjà motivé pour reconduire, l’an prochain, les Trophées. Même si chacun est conscient que c’est le jour où ce type de manifestations deviendra obsolète que l’on pourra se féliciter d’avoir enfin renouvelé nos conceptions et nos méthodes vis-à-vis du monde qui nous entoure et nous « héberge »…

Nous en avons appelé à ce que chacun, à sa mesure, dans son quotidien, dans son lieu de travail, dans son lieu de vacances, en famille, avec ses amis, ses collègues, prenne toute la mesure de l’impératif du développement durable, et transmette ce message à son entourage. Tous ensemble, si l’on perçoit combien le développement durable est déclinable à toutes les échelles, dans tous les secteurs, et à chaque moment, sans alarmisme inutile mais sans concession, nous pouvons faire en sorte que le monde de demain ne sera pas si noir qu’on veut bien nous le laisser penser.

N.B. : Cet article est en grande partie une copie de l’article publié sur le blog du Conseil régional des jeunes, rédigé par moi-même et corrigé par Chantal Piquet, animatrice du Conseil régional des jeunes. Y sont également intégrées des bribes de mon discours de remerciements. A nouveau, tous mes remerciements spécialement adressés à mes collègues du Conseil régional des jeunes, soutiens et co-constructeurs du projet, en particulier O. Luypaert, F. Astier, J. Bocabeille, aux représentants des services de la Région (Ch. Milcent, A. Durand, C. Le Normand, N. Dubernard-Nègre et en particulier Ch. Piquet), de l’ADEME (B. Brac et P. Delbancut) et de la DREAL (V. Lagrange et M.-J. Le Castrec).

Photos : Les élèves du lycée Edgar Pisani de Naves / Le maire et des jeunes d’Ayen venus en délégation recevoir leur trophée, (c) Région Limousin




> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges

7042013

> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges dans Actualité locale blim

L’Office de tourisme de Limoges et le service Ville d’art et d’histoire ont rendu public il y a quelques jours le tout nouveau programme de visites et animations pour la saison printemps-été 2012. Après un hiver marqué par l’arrivée – entre autres – d’une promenade consacrée à l’héritage industriel du quartier de la place Carnot, et de nouvelles activités pour le jeune public, c’est toujours le souci de diversifier l’offre sans en altérer la qualité qui a motivé ce renouvellement. La programmation est enrichie de nouvelles propositions deux fois par an. L’objectif est sans doute double : capter la fréquentation touristique en transit vers des régions voisines plus attrayantes (le Périgord, l’Auvergne, mais aussi le plateau de Millevaches ou le sud de la Corrèze), mais aussi inciter la population résidente à redécouvrir son patrimoine et la sensibiliser à son unicité et sa protection.

dsc_8374-300x200 dans CultureAppliquée à proposer aux classes et aux familles des produits touristiques adaptés à leurs attentes, mais allant également aux devants de celles-ci, l’équipe en charge du programme a donc étayé la liste de nouvelles idées : un nouveau jeu de piste familial, une balade théâtrale avec la participation des jeunes comédiens de l’Académie du théâtre de l’Union, une redécouverte de l’austère mais passionnante place de la République… Autant de raisons de rester à Limoges pendant ces vacances. Soucieux d’étendre son action aux territoires périurbains, l’Office proposera aussi deux randonnées pédestres commentées sur le secteur de Landouge, autour de la thématique du peintre Corot (une visite dont j’ai pris part à l’élaboration, soit dit en passant…)

En parallèle, on assiste aussi à une redéfinition des intitulés sur les visites phares. Ainsi, à la suite des Souterrains de la Règle, succès inconditionnel des visites estivales (une visite par jour en juillet et août !), les visites de la Cité et du quartier du Château ont été dupliquées en une nouvelle visite générale, « Limoges 2000 ans d’histoire », qui doit donner aux touristes l’envie de revenir et profiter de promenades plus pointues, plus thématiques. Une recomposition intelligente qui se doit de donner plusieurs niveaux de lecture du patrimoine urbain, de diversifier une approche peut-être auparavant trop peu lisible pour le néophyte.

L’enjeu tacite est capital : en s’attachant à proposer une offre conséquente hors période estivale, notamment en fin de journée ou à la pause de midi, l’Office de tourisme et Ville d’art et d’histoire font tout pour que les riverains, les voisins, Limougeauds et Haut-Viennois, prennent la mesure du patrimoine qui l’entoure. Un patrimoine qu’il convient de rendre ou maintenir vivant pour qu’il séduise, c’est vrai, mais aussi que toute son importance en terme de dynamisme économique et  potentiel soit révélé et approprié par les habitants, ambassadeurs de leur ville, et notamment les jeunes, encore trop peu atteints. En cela, l’existence d’ateliers pratiques, de rencontres avec des acteurs de la ville (émailleurs, comédiens, musiciens, etc.) sont des pistes extrêmement intéressantes. Pour faire de chacun un citoyen éclairé, mobilisé, qui aura compris que la culture est un moyen particulièrement pertinent pour favoriser l’implication dans les processus démocratiques, mais aussi pour redresser un pays, une région en mal d’image ou de dynamisme.

Le programme est disponible notamment à l’Office de tourisme de Limoges, boulevard de Fleurus.

Photo : L. Destrem




> Encore quelques jours pour participer aux Trophées du Développement durable…

5022013

> Encore quelques jours pour participer aux Trophées du Développement durable... dans Actualité locale binitiativelocale

Les Trophées du Développement durable en Limousin sollicitent les candidatures des associations, entreprises, collectivités et établissements d’enseignement de la région jusqu’au 10 février (sans doute prolongés de quinze jours). Porté par le Conseil régional des jeunes, la Région Limousin, appuyés par l’Ademe et la Dreal, ce concours émane de la volonté de jeunes citoyens conscients de l’impératif d’une transition écologique globale. Pour autant, motivés par la nécessité de décloisonner les initiatives, les Trophées s’adressent à tous les publics et veulent mettre en évidence la pertinence de proposer des solutions locales mais transversales à un défi qui l’est tout autant.

crj-trophee-dev-durable-560x285-1-dc775-300x152 dans Aménagement du territoire

Calqués sur des initiatives similaires organisées dans d’autres régions, depuis plusieurs années, avec succès, ces Trophées veulent mettre en valeur cette prise de conscience en faveur de la durabilité, à travers les piliers essentiels et fondamentaux (la cohésion sociale, la protection de l’environnement, la stimulation économique). Mais pas seulement. Favoriser la réinvention de l’exercice de notre citoyenneté au quotidien en y intégrant pleinement la responsabilité environnementale, ou promouvoir une nouvelle démocratie de proximité garantissant une bonne association de tous les publics dans les prises de décision, sont d’autres motivations. Le fameux rapport Brundtland, pierre angulaire du développement durable, présenté en 1987, l’affirmait déjà. Loin d’être annexes, ces ambitions devraient guider tous les comportements, au quotidien, des élus, des administrés, des associations, des entreprises, etc.

Ainsi, si vous portez, ou si vous connaissez dans votre entourage familial, amical ou professionnel, des personnes ou organismes ayant porté ou portant actuellement ce type d’initiatives, je vous engage vivement à le faire savoir et à (faire) participer à ces Trophées. Ces projets, en cours ou achevés, peuvent être très divers (création d’Agenda 21 scolaires, projets pédagogiques de sensibilisation à l’environnement, chartes de respect des milieux dans le cadre d’activités sportives, reconversion écologique des techniques de production d’une entreprise, etc.) Si la motivation financière, somme toute modeste, ne décide pas les candidats potentiels, il est utile de rappeler que c’est avant tout la médiatisation de l’idée, et par extension la mise en contact des porteurs d’innovation en Limousin, et la valorisation du dynamisme de notre territoire qui doivent primer, et convaincre ! Pour prouver le potentiel de la région et de ses acteurs, aussi divers soient-ils. Et participer de cette manière à la dynamisation socio-économique d’un territoire tout en assurant sa pérennité.

Pour se donner des idées, les lauréats des Trophées Bretons 2012 : [ici]
Informations et bulletin d’inscription aux Trophées du développement durable en Limousin 2013 : [ici]




> Pour une université de la cohérence

14012013

> Pour une université de la cohérence dans Gouvernement B-Gvt-300x33

.. ou pourquoi avoir envie de faire confiance aux projets du gouvernement

unilim dans HollandeEn dévoilant les grandes lignes de son projet de loi, Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, annonce enfin en quoi la politique du gouvernement en la matière est censée répondre aux très fortes attentes des acteurs de l’université et de la recherche, étudiants et employés. Des attentes forcées par des réformes pas toujours très bien comprises et bien menées, durant le quinquennat Sarkozy en particulier. Réforme de la démocratie interne, clarification des licences : des raisons d’espérer !

L’autonomie des universités, si dans l’idéal pourrait susciter l’enthousiasme en ce qu’elle favoriserait l’audace des établissements, se heurte bien souvent, à l’instar des marges de manœuvre des collectivités locales, aux écarts de moyens financiers, matériels et humains des établissements. Selon que l’on a affaire à une grosse université parisienne ou à un petit établissement comme celui de Limoges, les ambitions ne peuvent évidemment pas être les mêmes, et le regroupement des universités en Pôles de recherche et d’enseignement supérieur force au mieux la définition de stratégies plus solides, au pire la marginalisation d’universités vouées à l’annexion par une consoeur, voire à sa suppression (et donc une déliquescence de la qualité des formations pour des centaines d’étudiants provinciaux…). Le match Paris-Province – et même grandes villes contre villes moyennes – ne doit pas être relancé par la concurrence d’universités qui s’élèveraient, mode de scrutin et autonomisation obligent, en petites baronnies. En ce sens, la refonte du mode d’élection du président de l’université, avec la disparition de la prime à la liste en tête et l’arrivée du vote à deux tours, me semble être un très bon signal en faveur de plus de démocratie. Car l’université se doit d’être un espace démocratique, en tant qu’espace d’apprentissage et de formation à l’esprit d’initiative et d’ouverture au monde. Un lieu où l’alternance des équipes et des stratégies et la juste représentation de celles-ci serait garanti. Je pense en outre qu’il faudra demeurer vigilant quant à cette ambition affichée de favoriser des fusions et fédérations d’universités plus lisibles que les PRES. La cohérence scalaire des forces de l’université ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la mutualisation et du partage des compétences et des expériences, aussi attrayantes ces idées sont-elles.

La volonté de refondre l’offre de licences en la clarifiant part d’un bon sentiment. Sans doute faut-il y percevoir l’ambition d’atténuer le flou caractéristique de la fac, perçu chaque année par les bacheliers qui font le choix de la licence, et se heurtent à des intitulés aussi divers qu’abscons, et à la complexité de plateformes web peu harmonisées. Redorer le blason d’une université en perte de vitesse, à l’image plutôt altérée et au dynamisme aléatoirement vérifié, est vital. Mais n’y a-t-il pas des raisons plus tangibles à ce désamour pour les facultés ? Sans évidemment en appeler à une sélection sévère à l’entrée en première année de licence, j’espère que la redéfinition du mode de gouvernance des universités saura placer les étudiants, leurs projets, la cohérence de leur formation, au cœur de l’université. A ce sujet, aborder la place des fameuses classes préparatoires aux grandes écoles me semble intéressant. Car si ces établissements forment sans nul doute nombre d’élèves à l’acquisition de méthodes de travail, d’un volontarisme dans l’apprentissage et d’un socle de connaissances solide que les étudiants en fac n’ont pas toujours, ils ne contribuent pas nécessairement à former à l’ « esprit » de la recherche universitaire d’une part. D’autre part, sans aucunement tomber dans la facilité de l’argument démagogique, à apaiser les relations entre l’enseignement secondaire et le supérieur universitaire. Sans oublier qu’en dépit de réels efforts pour les démocratiser, ils demeurent bien souvent socialement sélectifs… Pour autant, abolir les fossés de réputation et les préjugés entre ces deux mondes reste un enjeu que des lois, aussi ambitieuses soient-elles, ne parviendront certainement pas à satisfaire aussi vite. L’espoir fait vivre, le dialogue animera cet espoir.




> Les jeunes parlent aux jeunes… de patrimoine

14112012

> Les jeunes parlent aux jeunes... de patrimoine dans Aménagement du territoire blim

logo-mh-300x198 dans CultureLe Conseil régional des jeunes du Limousin donne l’opportunité aux jeunes limousins de valoriser le patrimoine régional à travers un concours de création artistique. Autrement dit, la réalisation d’une plaquette touristique à travers laquelle il s’agira de mettre en évidence les richesses matérielles ou immatérielles des trois départements. Un bon moyen de sensibiliser les jeunes à cette question centrale, quand on sait combien la valeur du patrimoine, en ce qu’il recouvre de très larges acceptions, et permet de comprendre d’où l’on vient et où on vit, est un impératif à saisir. Et d’autant plus quand les jeunes cherchent à parler aux jeunes !

Ce concours est-il un énième exemple d’ « animation loisir » à destination des jeunes ? Certainement pas. Inciter à la valorisation de sa région, c’est promouvoir une nouvelle approche du cadre de vie, et sensibiliser à ses spécificités et la nécessité de le regarder avec un œil nouveau, plus conscient, plus réfléchi. Une initiative d’autant plus pertinente qu’elle est fruit des réflexions de mes collègues jeunes élus du Conseil régional des jeunes, qui ont sans doute assez bien saisi l’enjeu, et qu’elle est à destination des jeunes.

Trop souvent, on remarque combien les moyens mis en place par les générations plus âgées, quand ils existent, pour proposer une approche du patrimoine aux jeunes générations, peinent à intéresser ces mêmes jeunes, en dépit de plusieurs initiatives très pertinentes. Celles-ci sont confidentielles ou plus connues, incarnées par les animations annuelles du service pédagogique de Limoges Ville d’art et d’histoire, les projets de la Fondation du Patrimoine, ou le dynamisme de la filière universitaire de Valorisation du patrimoine – développement territorial. La pédagogie nécessaire, l’implication de l’acteur politique, la continuité de cette approche tout au long de la vie, à l’école peut-être, mais plus largement au quotidien, ne sont pas forcément au rendez-vous. Par manque de temps mais aussi parfois par manque de conscience même de cette valeur par les générations actives. Ce concours est à toute petite échelle (mais c’est non moins primordial!) un moyen d’œuvrer à la prise de conscience !

jm-mon-limousin dans InternetCar le patrimoine, c’est loin d’être uniquement le patrimoine bâti monumental ou emblématique, celui des églises, des châteaux ou de la porcelaine. Le patrimoine, c’est un bien commun, un héritage commun, que chacun se doit se s’approprier pour mieux le défendre, mieux le faire vivre en le faisant découvrir et en le reliant à nos références actuelles et quotidiennes. Arbres, sites industriels, plaques de signalisation Michelin, récits, savoirs, musique traditionnelle, langue occitane et art « ordinaire » sont du patrimoine. A nous de le comprendre, sans chauvinisme ni repli identitaire. Car s’il est de notre devoir de protéger le « patrimoine hérité » en ce qu’il est repère, utile à la compréhension du monde, le patrimoine, c’est également et presque par définition, une réinvention permanente, un concept vivant, mouvant. Comme chacun. « Vivant », « mouvant » : des qualificatifs à garantir par la sensibilisation auprès du public.

Concours « J’♥ mon Limousin », jusqu’au 18 décembre 2012 : formulaire de participation et règlement disponibles sur Belim.fr







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