> Municipales : brèves de campagne #3

23052013

> Municipales : brèves de campagne #3 dans Actualité locale b-limoges2014-300x25

A dix mois des élections municipales, le sujet fait encore un peu plus parler de lui dans le microcosme limougeaud. Et les sujets abordés dans le corps de la dernière lettre d’info municipales comme dans les tribunes politiques sont révélateurs de ce changement progressif d’atmosphère, qui annonce un été riche en constitution de listes et de programmes.

dsc_9510-300x200 dans Aménagement du territoireLimoges 2025, expo citoyenne et/ou message politique ?

« Limoges 2025, imaginons notre avenir ». Non, ce n’est pas le slogan d’une liste pour la prochaine échéance électorale, mais c’est bien le titre de l’exposition organisée par la municipalité à la BFM, ouverte le 28 mai prochain ! A travers une déambulation en 6 étapes, on sera mis en face des méthodes de l’action publique, des tendances, des atouts, des acquis, des perspectives de notre ville. Le tout surmonté de quelques animations un peu plus spectaculaires et interactives (film de la ville par un drone, animation théâtrale de l’Académie régionale de l’Union, etc.) Autant de sujets à même de captiver tous les citoyens, quels que soient leur âge et leur « rôle » dans la Cité, et donc de sensibiliser à la chose publique, ce qui est primordiale à l’approche d’une campagne de proximité.

En soi, l’approche pédagogique du sujet est fort intéressante. Et évoquer ces questions semble pertinent, à l’heure où la ville de Limoges est, comme toutes les métropoles régionales françaises, confrontée à la mise en concurrence des territoires par les phénomènes de métropolisation et de mondialisation, avec ce que cela suppose en terme d’enjeux de transports, de dynamisme économique et touristique, de développement durable… Mais la tenue d’un tel événement à quelques mois du scrutin, et surtout pendant la phase d’enquête publique du projet de LGV Poitiers-Limoges, dont la réussite serait pour les promoteurs de la grande vitesse le point de non-retour vers la réalisation de ladite ligne, peut interpeller. La LGV est d’ailleurs largement – et logiquement – évoquée dans un encart du magazine municipal accolé à la présentation de l’exposition ! Sans parler d’entretien de confusion, les détracteurs du projet apprécieront ! Si avant même l’ouverture de l’exposition, il serait faire preuve d’un peu trop d’aventure que d’assimiler l’initiative à un message politique de la majorité sortante, il va sans dire que le fond comme la présentation des projets et des enjeux présentés feront parler ! De là à parler d’expo polémique… Attendons donc de découvrir le contenu de « Limoges 2025 ».

Jetons un œil aux tribunes des groupes politiques du Conseil municipal, et l’on y décèle quelques informations intéressantes, plus ou moins entre les lignes.

A gauche, les élus du groupe communiste, tiraillés entre l’autonomisation nationale (l’attitude hostile de Mélenchon vis-à-vis du gouvernement) et locale (les groupes indépendants Limousin Terre de gauche à la région et au CG de Haute-Vienne) du Front de gauche vis-à-vis des socialistes, et leur loyauté à Alain Rodet depuis l’élection de 2008 et même avant, ont ménagé leur deux « camps »… en dissociant contexte national et contexte local ! Une façon pour eux de garder la possibilité de repartir avec le PS à la prochaine municipale, et par conséquent de conserver des postes à responsabilité et une visibilité, tout en critiquant ouvertement les déboires et les fausses routes de l’équipe Hollande-Ayrault, dont il devient compliqué de cautionner les atermoiements. Les conseillers municipaux en appellent donc à une réorientation de la politique gouvernementale, seule condition pour redonner confiance et espoir à la population administrée localement… qui dès lors pourrait voter sans état d’âme pour une équipe de gauche rassemblée !

Une page plus loin, c’est par un encart que les élus UMP semblent une fois encore déplorer la scission du groupe d’opposition depuis le rapprochement des centristes Philippe Pauliat-Defaye et Marie-Pierre Berry et de la MoDem Nadine Rivet… alors que la forme des propos des deux groupes semble si proche ! Même critique de l’action et de la méthode de la majorité, et surtout même métaphore romaine, les uns et les autres voyant dans les projets de l’équipe Rodet des prémonitions de la chute d’un empire qui n’aurait su donner que des jeux sans prendre la peine d’apporter le pain de l’essor économique et médiatique. Si le centre a déjà fait part de quelques pistes d’action pour 2014, pour l’UMP, on repassera…

objectiflimoges-300x168 dans DécouverteObjectif Limoges, pour remettre le débat au centre ?

On n’en parle pas (encore) dans Vivre à Limoges, mais un nouveau collectif politique de dialogue vient d’être lancé à Limoges. Dans la foulée de la constitution du nouveau groupe centriste au Conseil municipal, un espace d’échanges et de débat, « Objectif Limoges », a été mis en place à l’instigation de Vincent Léonie, candidat radical aux cantonales en 2011 à Puy-las-Rodas et figure haut-viennoise de l’UDI, le parti de Jean-Louis Borloo. Officiellement, il s’agira d’un « espace démocratique d’écoute et d’échange, qui veut être le creuset de réflexions pour la création d’un projet, afin de réconcilier Limoges et son avenir. » Une belle ambition, mais on attend d’en voir davantage ! 

Photos :  (c) L. D., (c) compte twitter d’Objectif Limoges




> Les Trophées du Développement durable : un appel collectif au courage et à l’engagement

12042013

> Les Trophées du Développement durable : un appel collectif au courage et à l'engagement dans Actualité locale binitiativelocale

Ce samedi 6 avril avait lieu de façon officielle la remise des prix des tout premiers Trophées du Développement Durable en Limousin, venant valoriser des initiatives innovantes en faveur du développement durable. Ouvert aux collectivités, entreprises, établissements d’enseignement et associations de la région entre novembre et février dernier, ce concours lancé par le Conseil régional des jeunes et organisé avec le soutien capital de la Région Limousin et de ses services, l’ADEME et la DREAL, a recueilli 49 dossiers souvent originaux et la plupart du temps pertinents. L’occasion de lancer collectivement un appel au courage, à la responsabilité et à l’engagement. Celui des jeunes – c’est primordial – mais pas seulement.

crj-trophee-dev-durable-560x285-1-dc775-300x152 dans Aménagement du territoireLes lauréats des quatre catégories d’acteurs ont été désignés par un jury réuni en mars. Ils ont été choisis parmi l’ensemble des dossiers provenant des trois départements, de communes aussi diverses que Cosnac, Gentioux-Pigerolles, Cognac-la-Forêt, Ussel ou Evaux-les-Bains, de tous types d’acteurs ont été enregistrées, preuves que la communication autour du projet s’est bien effectuée, et que l’écho est particulièrement favorable dans des zones vues à tort comme « reculées » mais en somme très concernées et sensibilisés

  • Pour la catégorie Collectivités, la mairie d’Ayen, en Corrèze, à travers son projet municipal de développement durable et notamment l’implication des jeunes de la commune dans cette démarche, par le biais des écoles dont le souci d’une approche intergénérationnelle a été salué, et dont la politique a été largement pilotée par un jeune en service civique par la suite embauché en CDD par la mairie ;
  • Pour la catégorie Établissement d’enseignement, le lycée Jean Favard de Guéret, en Creuse, qui a conduit des actions concrètes, participatives, pédagogiques et incitatives visant à la réduction des consommations énergétiques ;
  • Pour la catégorie Entreprises, la ferme des « Douceurs de la Xaintrie » à Goulles, en Corrèze, pour l’ensemble de ses méthodes de travail et finalités associant production responsable, éducation à l’environnement, et souci de transversalité sectorielle de l’approche avec la sollicitation de jeunes en BTS à Neuvic ;
  • Pour la catégorie Associations, l’association Nature Limousin de Chamberet, encore en Corrèze, et sa Rando Limousine VTT, manifestation sportive éco-responsable ;
  • Le trophée Coup de Coeur a été attribué au lycée agricole Pisani de Naves, près de Tulle, dont une classe emmenée par une enseignante en lettres volontaire a présenté ses plaidoiries en faveur de l’environnement, inspirées de célèbres discours historiques…

trophees-dd2-300x199 dans CorrèzePoint d’orgue du projet lancé en 2011 par la commission Environnement-Transport du Conseil régional des jeunes, cette journée spéciale venait clore la Semaine du développement durable en Limousin, dont elle était l’événement phare. La journée a également permis de mettre en relation des acteurs des trois départements et de tous milieux socio-professionnels, et de médiatiser un peu plus des sujets capitaux en ces temps de doutes sur notre modèle économique, écologique et social.

La bonne humeur était de mise, avec l’aimable participation de la compagnie « Du grenier au jardin », qui a agrémenté de façon pertinente et amusante ce moment grâce à des sketches appropriés à la thématique du développement durable. L’occasion de susciter des interrogations sur ce sujet dont on parle beaucoup mais dont on ne saisit pas forcément toujours la diversité des implications et des échelles d’application.

Il est toujours bon de rappeler que le développement durable demande une action transversale, et doit permettre de promouvoir un développement économique tout en assurant le bien-être des populations et le respect des équilibres naturels. Les différents intervenants en présence étaient là pour rappeler combien une transition globale de la société portée par tous les habitants, quels que soient leur âge, leur origine, leur activité, vers la durabilité, était essentielle. On aura pu saluer les mots très justes des deux élus régionaux présents, Jean-Bernard Damiens et Sylvie Vaugelade, respectivement sur les enjeux du développement durable et la justesse des actions du Conseil régional des jeunes, mais aussi les mots de soutien de l’ADEME et de la DREAL.

Au nom de toute la commission organisatrice du projet, j’ai estimé que nous pouvions d’ores et déjà nous féliciter d’avoir pu organiser un tel concours. Ainsi, à notre échelle, nous aurons – je l’espère – contribué à sensibiliser encore davantage les mentalités aux très nombreuses modalités, articulations et transpositions locales du développement durable. Mais nous espérons également que nous aurons contribué à faire prendre conscience des potentiels de notre région dans l’instauration de nouvelles méthodes de production, de nouvelles façons de vivre-ensemble. Et à montrer en quoi le Limousin était riche de secteurs porteurs et prometteurs, de concepteurs, de personnalités optimistes et déterminées à faire du développement durable non seulement un moyen de protéger la planète et ses occupants, mais aussi une fin : instaurer un nouveau modèle évocateur de progrès. Nous espérons que nous aurons aussi pu convaincre de l’engagement des jeunes sur ces questions. Nous croyons que rien ne se fera sans une jeunesse sensible et engagée sur ces enjeux, une jeunesse qui se sent concernée par le devenir collectif, et qui saura faire comprendre que les modalités de la durabilité ne sont ni une punition, ni une utopie.

trophees-dd1-300x199 dans CreuseJ’ai tenu à souligner que cette réussite des Trophées doit enjoindre chacun de nous à plus de courage. Car au-delà de l’inventivité, de la responsabilité, du sens du collectif dont nous devons tous avoir conscience, c’est bien encore le courage qui doit motiver le développement durable. Une société qui oublie son passé, qui renie son héritage, est une société vouée à l’échec. Mais une société qui rechigne à réinventer ses codes, ses façons d’agir, par simple peur de l’avenir, par complaisance dans l’inertie, par attachement forcené à des réussites révolues ou des idéaux obsolètes, n’a pas compris les enjeux qui s’imposent à elle. Les trop nombreux échecs des politiques environnementales internationales et des grands sommets accouchant de souris sont trop frustrants. A toutes les échelles, sur tous les territoires, ruraux comme urbains, et entre tous ces territoires, nous avons plus que jamais besoin de l’audace, du courage de tous les acteurs du monde politique, associatif, économique, culturel, et de tous les citoyens, quelles que soit leur éducation, leur origine, leur condition. Nous avons besoin que chacun aille susciter l’intérêt de l’autre pour le développement durable. Je crois qu’en Limousin, nous « sommes dans le coup » !

Fort de cette expérience collective, de ce riche enseignement, de la réussite de l’initiative et du soutien indispensable de nombreux partenaires, conforté par le prix coup de cœur que le Ministère  de l’Écologie, du Développement durable et de l’Energie a décerné à son initiative, le Conseil régional des jeunes nous semble d’ores et déjà motivé pour reconduire, l’an prochain, les Trophées. Même si chacun est conscient que c’est le jour où ce type de manifestations deviendra obsolète que l’on pourra se féliciter d’avoir enfin renouvelé nos conceptions et nos méthodes vis-à-vis du monde qui nous entoure et nous « héberge »…

Nous en avons appelé à ce que chacun, à sa mesure, dans son quotidien, dans son lieu de travail, dans son lieu de vacances, en famille, avec ses amis, ses collègues, prenne toute la mesure de l’impératif du développement durable, et transmette ce message à son entourage. Tous ensemble, si l’on perçoit combien le développement durable est déclinable à toutes les échelles, dans tous les secteurs, et à chaque moment, sans alarmisme inutile mais sans concession, nous pouvons faire en sorte que le monde de demain ne sera pas si noir qu’on veut bien nous le laisser penser.

N.B. : Cet article est en grande partie une copie de l’article publié sur le blog du Conseil régional des jeunes, rédigé par moi-même et corrigé par Chantal Piquet, animatrice du Conseil régional des jeunes. Y sont également intégrées des bribes de mon discours de remerciements. A nouveau, tous mes remerciements spécialement adressés à mes collègues du Conseil régional des jeunes, soutiens et co-constructeurs du projet, en particulier O. Luypaert, F. Astier, J. Bocabeille, aux représentants des services de la Région (Ch. Milcent, A. Durand, C. Le Normand, N. Dubernard-Nègre et en particulier Ch. Piquet), de l’ADEME (B. Brac et P. Delbancut) et de la DREAL (V. Lagrange et M.-J. Le Castrec).

Photos : Les élèves du lycée Edgar Pisani de Naves / Le maire et des jeunes d’Ayen venus en délégation recevoir leur trophée, (c) Région Limousin




> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges

7042013

> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges dans Actualité locale blim

L’Office de tourisme de Limoges et le service Ville d’art et d’histoire ont rendu public il y a quelques jours le tout nouveau programme de visites et animations pour la saison printemps-été 2012. Après un hiver marqué par l’arrivée – entre autres – d’une promenade consacrée à l’héritage industriel du quartier de la place Carnot, et de nouvelles activités pour le jeune public, c’est toujours le souci de diversifier l’offre sans en altérer la qualité qui a motivé ce renouvellement. La programmation est enrichie de nouvelles propositions deux fois par an. L’objectif est sans doute double : capter la fréquentation touristique en transit vers des régions voisines plus attrayantes (le Périgord, l’Auvergne, mais aussi le plateau de Millevaches ou le sud de la Corrèze), mais aussi inciter la population résidente à redécouvrir son patrimoine et la sensibiliser à son unicité et sa protection.

dsc_8374-300x200 dans CultureAppliquée à proposer aux classes et aux familles des produits touristiques adaptés à leurs attentes, mais allant également aux devants de celles-ci, l’équipe en charge du programme a donc étayé la liste de nouvelles idées : un nouveau jeu de piste familial, une balade théâtrale avec la participation des jeunes comédiens de l’Académie du théâtre de l’Union, une redécouverte de l’austère mais passionnante place de la République… Autant de raisons de rester à Limoges pendant ces vacances. Soucieux d’étendre son action aux territoires périurbains, l’Office proposera aussi deux randonnées pédestres commentées sur le secteur de Landouge, autour de la thématique du peintre Corot (une visite dont j’ai pris part à l’élaboration, soit dit en passant…)

En parallèle, on assiste aussi à une redéfinition des intitulés sur les visites phares. Ainsi, à la suite des Souterrains de la Règle, succès inconditionnel des visites estivales (une visite par jour en juillet et août !), les visites de la Cité et du quartier du Château ont été dupliquées en une nouvelle visite générale, « Limoges 2000 ans d’histoire », qui doit donner aux touristes l’envie de revenir et profiter de promenades plus pointues, plus thématiques. Une recomposition intelligente qui se doit de donner plusieurs niveaux de lecture du patrimoine urbain, de diversifier une approche peut-être auparavant trop peu lisible pour le néophyte.

L’enjeu tacite est capital : en s’attachant à proposer une offre conséquente hors période estivale, notamment en fin de journée ou à la pause de midi, l’Office de tourisme et Ville d’art et d’histoire font tout pour que les riverains, les voisins, Limougeauds et Haut-Viennois, prennent la mesure du patrimoine qui l’entoure. Un patrimoine qu’il convient de rendre ou maintenir vivant pour qu’il séduise, c’est vrai, mais aussi que toute son importance en terme de dynamisme économique et  potentiel soit révélé et approprié par les habitants, ambassadeurs de leur ville, et notamment les jeunes, encore trop peu atteints. En cela, l’existence d’ateliers pratiques, de rencontres avec des acteurs de la ville (émailleurs, comédiens, musiciens, etc.) sont des pistes extrêmement intéressantes. Pour faire de chacun un citoyen éclairé, mobilisé, qui aura compris que la culture est un moyen particulièrement pertinent pour favoriser l’implication dans les processus démocratiques, mais aussi pour redresser un pays, une région en mal d’image ou de dynamisme.

Le programme est disponible notamment à l’Office de tourisme de Limoges, boulevard de Fleurus.

Photo : L. Destrem




> À Brive, deux projets de développement durable urbain

30032013

> À Brive, deux projets de développement durable urbain dans Actualité locale binitiativelocale

La sous-préfecture de Corrèze voit deux projets de développement durable se finaliser. L’un ,piloté par la municipalité de Philippe Nauche, consiste en une opération de reconversion urbaine d’un ancien garage en centre d’art contemporain ; l’autre, fruit d’un partenariat séduisant entre divers acteurs, en la réalisation d’un jardin-potager vertical, premier du genre en France. Deux bons exemples qui associés dans une politique urbaine innovante où les piliers de la durabilité seraient pleinement associés dans la transversalité, pourraient donner des idées pour les villes de demain, quelle que soit leur taille.

garage-mac-300x115 dans Aménagement du territoire

Le Garage MAC (pour « Moteur d’Art Contemporain »), se partagera entre un espace d’exposition et d’autres espaces voués à la rencontre entre public et artistes, et sera constitué au cœur d’un ensemble partiellement labellisé « Patrimoine XXe Siècle », racheté il y a cinq ans par la Ville de Brive. L’initiative est d’autant plus intéressante qu’elle émane d’une volonté politique. Or, on a conscience plus que jamais de l’importance de l’appropriation par l’acteur public local des opérations de renouvellement urbain, au-delà des programmes « habituels » de logement. L’intervention d’une municipalité sur ces questions est un bon signal en faveur d’une reconquête de l’espace public au service des populations, par le biais de la dynamisation culturelle et de la valorisation patrimoniale. La gratuité du site et sa localisation entre le centre-ville et la gare devraient jouer pour lui. Les enfants ont été associés à travers l’enfouissement d’une capsule temporelle qui ne sera ouverte que dans cinquante ans. Le Limousin, déjà en pointe en ce qui concerne la création artistique contemporaine, avec les sites et manifestations du réseau Cinq/25, bien répartis sur le territoire régional, verra donc dès la fin de l’année 2013 la naissance d’une nouvelle structure, cette fois-ci urbaine.

potager-vertical-brive-300x206 dans CorrèzeDans le quartier de Tujac, à l’ouest de Brive, c’est un potager vertical qui a été mis en place cette semaine. Organisé sur une surface de huit mètres sur douze, cet espace vient compléter une offre déjà importante en matière de jardins durables : jardins pédagogiques, jardin d’insertion, jardins familiaux, déjà présents dans la ville. La pérennité du jardin, les semis, les récoltes, tout cela sera assuré par l’entretien des riverains, et ce travail poursuivi doit aussi servir les échanges intergénérationnels autant que les repas préparés à partir des légumes ainsi plantés.

A l’instar du projet du Garage MAC qui a vu un concessionnaire s’engager comme mécène du projet, le potager vertical a été permis par l’association d’acteurs différents mais rassemblés dans la même optique : l’office de Brive Habitat, le centre socio-culturel Jacques Cartier et la scène conventionnée des Treize Arches ont conjointement porté cette idée, œuvre du paysagiste Michel Boulcourt, artisan des jardins de Chaumont-sur-Loire, et des services municipaux. Une œuvre participative, également, puisque les riverains de la ZUP de Tujac étaient volontairement conviés à la mise en place pratique de l’ensemble. La participation citoyenne vise à faire prendre conscience aux habitants de leur « utilité » au service du collectif, et même avant tout à leur redonner leur statut de citoyen, trop souvent dévoyé par l’inadaptation des politiques urbaines concernant la démocratie locale. Une prise de conscience qui peut aboutir autant sur un engagement fort des populations au service de la cité et de leur mise à contribution dans l’élaboration de politiques adaptées à leurs attentes et aux territoires.

Photo : Brivemag.fr / Les Treize Arches




> Urbanisme : et si la solution, c’était BIMBY ?

28012013

> Urbanisme : et si la solution, c'était BIMBY ? dans Actualité locale bamnagement

Vous connaissiez peut-être déjà le syndrome NIMBY, onirique acronyme attribué non sans dédain aux impactés des grands projets d’aménagement type LGV, qui combattraient corps et âme les expropriations et les nuisances sonores au nom de leur bien-être personnel. « Not In My Back Yard », pas dans mon arrière-cour. En somme, allez faire vos travaux là où ça n’embête personne. Autrement dit, votre projet est inutile. Mais BIMBY, c’est tout autre chose. Voire le contraire. Car c’est une nouvelle façon de concevoir collectivement la construction de logements et de répondre dans un souci de durabilité à cette demande.

bimby2-300x203 dans Aménagement du territoire

La galerie du CAUE de la Haute-Vienne présentait jusqu’à samedi dernier une exposition itinérante consacrée à BIMBY. « Build In My Back Yard », son interprétation anglophone, signifie « Construire dans mon arrière-cour ». Comme son nom explicité l’indique, c’est un nouveau concept d’urbanisme initié en 2009 par une dizaine de partenaires (collectivités, bureaux d’études et écoles d’architecture) en réponse à un appel à projets de l’Agence nationale de la recherche en faveur des « villes durables ». En d’autres termes, il s’agit de chercher à résoudre les problèmes écologiques, économiques et sociaux posés par la construction de résidences, et donc ce qui en découle, en terme de pression foncière, d’étalement urbain et d’isolement des résidents vis-à-vis des services et des transports publics. Au lieu de créer ex-nihilo de nouveaux lotissements uniformisés, consacrant l’enfermement des riverains et couronnant l’automobile, plus que jamais de façon anachronique, à l’heure de l’épuisement des hydrocarbures, on préfèrerait l’optimisation des terrains disponibles mais pas soupçonnés en zone urbaine. En cela, BIMBY est une démarche de développement durable.

En cherchant à déterminer des remèdes à la crise du logement, au grignotage des espaces dits naturels par la périurbanisation, les préconisations présentées au fil de l’exposition supposent de remplir deux contrats tacites. D’une part, en délaissant une partie de son terrain ainsi dévolu à une nouvelle construction, on peut procéder à des économies financières, voire des bénéfices, que l’on pourra transmettre en patrimoine, ou réinvestir dans une activité économique ou dans une opération de transition énergétique de ses installations domestiques, par exemple. D’autre part, de façon moins auto-centrée, on participe pleinement à l’objectif de durabilité en limitant l’impact environnemental du bâti et en favorisant un potentiel de cohésion sociale du quartier par l’accueil du ménage ainsi convié sur le nouveau terrain, et à travers la consultation conjointe des riverains, sollicitée pour le projet par les spécialistes de l’urbanisme appelés en médiateurs pédagogues.

bimby1-300x255 dans Découverten’est pas une initiative isolée et inédite. Derrière le terme de « densification urbaine », des dizaines de projets similaires ne portant pas ce vocable ont été menés et continuent d’être portés çà et là. Mais ce concept particulier séduit en ce qu’il demande de lui-même à être approprié par tous, partout où c’est possible, sans que cela ne devienne un label aux modalités et à la paternité contraignantes. En effet, le point fort de BIMBY, c’est sans doute celui de pouvoir être initié par les populations elles-mêmes, pour leur bénéfice propre, et donc d’inciter un nouvel urbanisme véritablement humain et pertinent à l’échelle locale. Et de relancer une nouvelle forme d’éco-citoyenneté. A la différence d’autres programmes urbains, même labellisés Haute qualité environnementale (ce n’est pas une garantie de « haute qualité de concertation »… ) Et pour la conduite concrète des aménagements, pas besoin de réforme constitutionnelle, de simples agencements des documents d’urbanisme (PLU, SCOT, PADD) sont requis. Évidemment, les projets se doivent de demeurer écologiquement cohérents et de ne pas nuire à la qualité de vie en sacrifiant des espaces de vie suffisamment spacieux au nom du gain économique à tout prix.

Ce qui est présupposé, c’est que l’émergence de ce type d’initiatives à une échelle quantitative satisfaisante ne saurait se passer d’une prise de conscience générale et collective des problématiques de la durabilité, et d’une assez bonne identification par la population des modalités de la transition écologique. Un éveil que les responsables politiques et associatifs se doivent de susciter, par l’encouragement à la participation démocratique des citoyens à la vie publique. Loin de toute euphorie écologisante et déconnectée de la réalité, ou de toute attitude démagogique, l’engagement des municipalités en faveur de cet enjeu de cohérence devrait être une règle morale de l’action politique.

Le site de Bimby : [ici]
Le site du CAUE 87 : [ici]

Images : (c) Projet Bimby




> Protégeons notre patrimoine industriel !

17012013

> Protégeons notre patrimoine industriel ! dans Actualité locale blim

La perspective de la destruction du logement patronal de l’ancienne distillerie Lacaux, près du Champ-de-Juillet, par un programme immobilier, suscite des désaccords bien légitimes. Six mois après l’épisode marquant de la nécropole de la rue de la Courtine, cette initiative, qui a reçu un avis défavorable de la part de l’architecte des Bâtiments de France, viendrait porter un rude coup à un symbole du passé industriel limougeaud, peu mis en valeur. Un nouveau projet qui fait s’interroger sur la façon dont cet patrimoine est conçu et géré, dans une commune détentrice du prestigieux et exigeant label Ville d’art et d’histoire.

distillerielacaux-300x190 dans Aménagement du territoireSoyons clairs et coupons court aux accusations:défendre l’intégrité de ce site ne revient pas à faire avec nostalgie de la patrimonialisation à outrance et muséifier une ville en stérilisant les terrains. D’une part parce que rien n’empêche (ni la loi ni la morale) pour construire des logements, de supprimer des bâtiments de cette même époque, s’il est reconnu qu’ils n’ont pas une valeur historique et architecturale particulièrement remarquable – et cela peut être le cas ! Ensuite, parce que l’édifice en question est, sans même bénéficier d’un classement spécifique, un élément patrimonial dont la valeur ne devrait plus faire l’objet de débat… Les fiches explicatives du ministère de la Culture rappellent que l’établissement Lacaux, avant de devenir une imprimerie, a constitué l’une des plus grandes distilleries de Limoges à l’aube de 1900. Rappelons que la distillerie et la brasserie ont constitué la principale activité économique agroalimentaire de Limoges, un des principaux secteurs d’emploi industriel avec la porcelaine et le travail textile. Les constructions héritées de cette activité ont, aux côtés des ateliers porcelainiers et des fabriques de chaussures, marqué le paysage du quartier de la place Carnot. Les plus proches de Lacaux se localisaient tout près de ce rond-point : rue de Belfort pour la distillerie du Centre, rue Hoche pour la distillerie Lescuras. A deux pas de là, deux célèbres ateliers de conception de chaussures qui ont exercé leur activité : Monteux, au bout de la rue de Châteauroux, dans le bâtiment accueillant aujourd’hui les archives médicales de l’Armée, et Heyraud, au XXe siècle, sur le site de l’actuel centre Saint-Martial. En outre, les fameux ateliers Haviland ou Bernardaud ne sont pas loin. Un quartier résolument productif, donc.

fourhaviland-300x300 dans DécouverteHélas, la prise en compte des éléments du passé industriel de Limoges, construits entre le XIXe siècle et l’entre-deux-guerres, autrement dit à une période-clé pour la ville, celle de son essor économique et de l’achèvement de sa mutation d’une modeste ville provinciale à un grand centre productif, pose parfois question. En dépit de la réalisation d’un inventaire assez riche en 2003, et d’un classement de la zone en Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), ce patrimoine se dégrade. L’absence de réelle mise en valeur scénographique et fonctionnelle des bâtiments hérités de cette époque, exception faite du site de Royal Limoges (le four des Casseaux et… le McDonald’s), l’état de délabrement avancé des autres fours à porcelaine subsistant (cf. photo ci-contre, le four Haviland), ou la faible mise en valeur de ce patrimoine, bâti et vécu, dans la muséographie communale interpellent. C’est pourquoi j’en appelle à une prise de conscience et une nouvelle politique de considération de tout cet héritage, ô combien essentiel dans la compréhension de la ville aujourd’hui encore, et la transmission des témoignages du passé, ferments de développement touristique et de cohésion sociale.

Ci-dessous, une carte non-exhaustive mais la plus détaillée possible, localisant les ateliers de production de porcelaine, de textile, de chaussures, distilleries des quartiers des deux gares à Limoges.

quartier_industriel_de_la_gare_limoges dans Histoire

Illustrations : Google Street / Google Maps ; L. Destrem et Open Street Map pour la carte.







Mascara |
ARBIA |
hors-micro |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | joaniz
| FO Assurances 77
| Info33