> Plaidoyer pour l’audace des transports publics limougeauds

22012013

> Plaidoyer pour l'audace des transports publics limougeauds dans Actualité locale blim

trolley-articule-300x224 dans Aménagement du territoire

L‘arrivée tant attendue des trolleybus articulés sur le réseau des transports en commun urbains de Limoges est un bon signal. Avec le remplacement très prochain, sur la ligne 6, des ultimes valeureux mais archaïques ER 100.2 H en service depuis 1989, la STCL aura parachevé le remplacement intégral de ses véhicules. Une opération entamée en 2006, qui a été accompagnée d’une légère hausse de la fréquentation, et qui aura notamment permis de faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite, et conforté le choix politique de la ville pour un mode de transport en commun écologique, très répandu en Suisse ou en Italie, mais assez original en France (seuls Lyon, Nancy et Saint-Etienne possèdent encore des trolleys). Mais à choix politique de conservation d’un transport pertinent, appelons-en désormais à la volonté politique de le dynamiser et de l’étendre.

trams-trolleys-limoges-171x300 dans LimogesForce est de constater qu’au-delà de l’entretien du réseau existant et du renouvellement du parc, la carte des lignes de trolleybus n’a qu’assez peu évolué depuis que la municipalité de Léon Betoulle a, en 1951, après avoir visité Liège, choisi de remplacer les trams par ces véhicules silencieux et plus pratiques. La carte des lignes du trolley ressemble beaucoup à la carte des lignes de tram du début du siècle dernier. Partant de ce constat, on est en droit de penser que l’emprise du réseau adapté à une ville ouvrière et dense de 90 000 habitants, ne l’est pas à une agglomération de 190 000 habitants… Et depuis le prolongement de la ligne 6 dans les deux sens en 1996, et l’extension de la ligne 4 sur trois stations jusqu’à la clinique Chénieux en 2009, aucun autre projet ambitieux d’agrandissement de ce réseau pourtant prometteur n’a été évoqué publiquement. La multiplication des lignes de bus dans la deuxième moitié du XXe siècle a certes en partie compensé cette croissance urbaine, mais quoi de mieux que des lignes de trolleybus pour structurer un réseau prometteur en ce qu’il serait électrique et porteur en terme d’image ?

Je reste convaincu que le réseau de la STCL, trop peu fréquenté en comparaison de réseaux d’agglomérations de taille similaire, mériterait de voir ses lignes fortes étendues et électrifiées. Il pourrait potentiellement transporter bien plus d’usagers, si étaient prises des mesures audacieuses et cohérentes visant l’optimisation de la circulation des véhicules. Les retards récurrents, favorisés par l’absence en de nombreux endroits de lignes en site propre, autrement dit de couloirs de bus, la trop longue attente entre deux passages (souvent au-delà de 10 minutes, durée dissuasive) et l’absence de bus à haut niveau de service sont des facteurs limitant, nuisibles à la conviction du réseau. Voici quelques pistes pour relancer durablement l’utilisation des transports en commun à Limoges :

étendre les lignes de trolleybus vers les quartiers et communes périphériques, pour faire bénéficier les populations concernées d’une desserte rapide et moderne, et assurer la cohérence géographique du réseau en l’adaptant à la croissance de la zone bâtie de Limoges et de son agglomération. Ainsi, dans un premier temps, la ligne 2 pourrait être prolongée vers Isle et le terminus La Cornue de la ligne 5. La ligne 4 pourrait être prolongée d’un arrêt jusqu’à Beaublanc, avec terminus en site propre, connecté à une future ligne circulaire à haut niveau de service (cf. plus bas). Dans un second temps, après études nécessaires, la ligne 1 pourrait être prolongée de six arrêts jusqu’au centre de Panazol, voire vers le nord dans le cas d’une intégration effective de Couzeix à Limoges Métropole, et la ligne 2 pourrait être rallongée vers la zone industrielle Nord ou Beaubreuil.

électrifier tout ou partie des lignes 8 et 10, parmi les plus fréquentées du réseau. Ce serait un beau symbole, preuve de la motivation qu’aurait la ville de Limoges à présenter le trolley comme alternative au bus, et non seulement comme moyen concurrent. Le passage de ces deux lignes en alimentation bifilaire (autrement dit, une exploitation par trolleybus) pourrait dans un premier temps se limiter aux portions centrales, entre le lycée Dautry et la fac des sciences pour la ligne 8, entre ESTER et le CHU pour la ligne 10, par exemple. Signalons que le coût investi dans la construction des lignes électriques semble pouvoir s’amortir avec le coût moindre à l’exploitation de ces véhicules, sans oublier leurs avantages écologiques et sonores. La pollution visuelle que certains voient en l’obstruction du ciel par les fils semble tout à fait négligeable.

bhns-limoges-300x268 dans Municipales 2014 créer une ligne circulaire au niveau des boulevards extérieurs. A l’instar des plans du Grand Paris, il est prouvé que les relations de centre à périphérie des lignes de bus, typiques du décalcage des mouvements pendulaires automobiles, ne sont pas exclusifs. Or, dans la plupart des plans de réseau de transports urbains, Limoges compris, peu de lignes permettent à ce jour la circulation de périphérie à périphérie. Ces liaisons se font nécessairement via le centre, ce qui nuit en qualité de transport et en sur-fréquentation des véhicules en centre-ville. Renforcer la ligne 14, qui emprunte une bonne partie des boulevards susnommés, et l’étendre à l’est de la ville, pourrait être la meilleure solution. Cette nouvelle ligne viendrait délester les autres lignes du centre-ville et, par son passage sur les quais de Vienne, sous-exploités, elle permettrait de créer une alternative à la traversée de Limoges. En outre, en reliant l’ensemble des sites universitaires de Limoges, elle viserait à dynamiser ce pôle d’enseignement qu’est la capitale régionale. Il s’agirait aussi d’atténuer l’isolement des cités-dortoirs. On pourrait aussi imaginer cette réalisation à travers deux branches circulaires, aux mêmes terminus. La première (branche Est 1) demeurerait rive droite, reliant le CHU à La Bastide via la gare SNCF. La seconde (branche Est 2) passerait sur la rive gauche et emprunterait l’A20 pour relier les secteurs d’ESTER-Technopole et de la gare, à la zone industrielle sud. Plus éloignée du centre, elle se doit d’être très convaincante en temps de parcours pour qu’elle puisse être attractive (de longues portions en site propre à envisager), et nécessiterait donc des réflexions plus approfondies.

créer des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS ou Busway). Ces lignes de bus améliorées sont entièrement repensées de façon à faciliter les correspondances, optimiser la vitesse des véhicules tout en assurant la sécurité des usagers de la route par la création de voies réservées (site propre réel). Les fréquences de passage sont proches de 5 minutes aux heures de pointe (contre 9 minutes prévues au minimum pour les lignes limougeaudes). Des avantages à concrétiser, de façon à convaincre le maximum de gens de préférer les transports en commun à la voiture individuelle. Par ailleurs, à terme, on pourrait lancer une étude quant à l’installation de guichets automatiques de vente de titres de transport, afin de gagner encore du temps. Dans un premier temps, la ligne 10 – la plus fréquentée du réseau – pourrait être réaménagée en ligne de BHNS (en complément ou remplacement d’une électrification partielle, par exemple), outre les projets de lignes circulaires.

A ces objectifs s’en ajoutent d’autres, qui plus largement pourraient être les grands axes d’une nouvelle politique des mobilités urbaines (nouveaux services de transport en centre-ville, nouvelles réflexions sur  la place du vélo, intégration du réseau STCL au programme intermodal régional Passéo, repenser l’implantation des parcs-relais, etc.). Et pourraient faire de Limoges une ville exemplaire.

Garder et relancer le trolleybus, en prouvant qu’il s’agit de la solution idoine, du juste milieu entre les bus, essentiels mais insuffisants, et le tramway, séduisant mais trop ambitieux et peu adapté, c’est aussi une manière de conserver une part de l’histoire limougeaude, un pan de l’identité de la ville, tout en modernisant. A l’heure où son engagement pour la durabilité est mis en avant, Limoges se doit plus que jamais de faire le pari de l’audace en matière de transports publics. Un enjeu pour 2014.

Illustrations : Limoges-Métropole ; L. Destrem, 2013




> Protégeons notre patrimoine industriel !

17012013

> Protégeons notre patrimoine industriel ! dans Actualité locale blim

La perspective de la destruction du logement patronal de l’ancienne distillerie Lacaux, près du Champ-de-Juillet, par un programme immobilier, suscite des désaccords bien légitimes. Six mois après l’épisode marquant de la nécropole de la rue de la Courtine, cette initiative, qui a reçu un avis défavorable de la part de l’architecte des Bâtiments de France, viendrait porter un rude coup à un symbole du passé industriel limougeaud, peu mis en valeur. Un nouveau projet qui fait s’interroger sur la façon dont cet patrimoine est conçu et géré, dans une commune détentrice du prestigieux et exigeant label Ville d’art et d’histoire.

distillerielacaux-300x190 dans Aménagement du territoireSoyons clairs et coupons court aux accusations:défendre l’intégrité de ce site ne revient pas à faire avec nostalgie de la patrimonialisation à outrance et muséifier une ville en stérilisant les terrains. D’une part parce que rien n’empêche (ni la loi ni la morale) pour construire des logements, de supprimer des bâtiments de cette même époque, s’il est reconnu qu’ils n’ont pas une valeur historique et architecturale particulièrement remarquable – et cela peut être le cas ! Ensuite, parce que l’édifice en question est, sans même bénéficier d’un classement spécifique, un élément patrimonial dont la valeur ne devrait plus faire l’objet de débat… Les fiches explicatives du ministère de la Culture rappellent que l’établissement Lacaux, avant de devenir une imprimerie, a constitué l’une des plus grandes distilleries de Limoges à l’aube de 1900. Rappelons que la distillerie et la brasserie ont constitué la principale activité économique agroalimentaire de Limoges, un des principaux secteurs d’emploi industriel avec la porcelaine et le travail textile. Les constructions héritées de cette activité ont, aux côtés des ateliers porcelainiers et des fabriques de chaussures, marqué le paysage du quartier de la place Carnot. Les plus proches de Lacaux se localisaient tout près de ce rond-point : rue de Belfort pour la distillerie du Centre, rue Hoche pour la distillerie Lescuras. A deux pas de là, deux célèbres ateliers de conception de chaussures qui ont exercé leur activité : Monteux, au bout de la rue de Châteauroux, dans le bâtiment accueillant aujourd’hui les archives médicales de l’Armée, et Heyraud, au XXe siècle, sur le site de l’actuel centre Saint-Martial. En outre, les fameux ateliers Haviland ou Bernardaud ne sont pas loin. Un quartier résolument productif, donc.

fourhaviland-300x300 dans DécouverteHélas, la prise en compte des éléments du passé industriel de Limoges, construits entre le XIXe siècle et l’entre-deux-guerres, autrement dit à une période-clé pour la ville, celle de son essor économique et de l’achèvement de sa mutation d’une modeste ville provinciale à un grand centre productif, pose parfois question. En dépit de la réalisation d’un inventaire assez riche en 2003, et d’un classement de la zone en Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), ce patrimoine se dégrade. L’absence de réelle mise en valeur scénographique et fonctionnelle des bâtiments hérités de cette époque, exception faite du site de Royal Limoges (le four des Casseaux et… le McDonald’s), l’état de délabrement avancé des autres fours à porcelaine subsistant (cf. photo ci-contre, le four Haviland), ou la faible mise en valeur de ce patrimoine, bâti et vécu, dans la muséographie communale interpellent. C’est pourquoi j’en appelle à une prise de conscience et une nouvelle politique de considération de tout cet héritage, ô combien essentiel dans la compréhension de la ville aujourd’hui encore, et la transmission des témoignages du passé, ferments de développement touristique et de cohésion sociale.

Ci-dessous, une carte non-exhaustive mais la plus détaillée possible, localisant les ateliers de production de porcelaine, de textile, de chaussures, distilleries des quartiers des deux gares à Limoges.

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Illustrations : Google Street / Google Maps ; L. Destrem et Open Street Map pour la carte.




> En Limousin, on n’a pas que des pommes…

4102012

> En Limousin, on n'a pas que des pommes... dans Actualité locale binitiativelocale

Le point commun entre le pays Ouest Creuse, l’association La Pommerie – Appelboom et l’association des rencontres musicales de Nedde ? Trois initiatives intéressantes, respectivement l’Université rurale du paysage, les Ateliers de géographie populaire et les rencontres musicales de Nedde, fruits de l’envie, du travail d’équipes motivées, souvent audacieuses, impliquées dans l’espace rural si souvent déprécié. L’occasion de valoriser les potentiels du Limousin, dynamiser un territoire et tisser des liens, avec, à travers et pour la région et ses habitants. Cette approche ô combien nécessaire est didactique, parfois ludique, et quoi qu’il en soit, fondée sur la transmission de savoirs, la découverte, la confiance et le partage. De bons exemples d’optimisme et de volontarisme, qui pourraient montrer que la campagne a de l’avenir.

URP-300x225 dans Aménagement du territoireCes initiatives ne sont pas isolées. Mais le fait que j’ai pu y participer (une conférence du jardinier paysagiste Gilles Clément à la Souterraine, en Creuse ; une séance de cartographie à Saint-Setiers, en Corrèze ; un pied dans l’organisation des rencontres musicales), m’a permis de voir en quoi non seulement elles se déroulaient dans ce qu’on nomme vaguement l’espace rural (pas uniforme, sachons-le !), mais aussi et surtout – ce qui est intéressant et le sens de mon propos – avec lui, grâce à lui et dans l’idéal (ce n’est pas une démarche aisée) pour lui et ses populations.

Avec lui ? Outre le soutien des institutionnels, ces initiatives cherchent et doivent obtenir le soutien des populations. Il faut pour cela viser la stimulation de l’envie collective de tirer tous ces espaces vers le haut, en appeler à une véritable prise de conscience du sentiment collectif et à un abandon des vaines querelles. Non pas pour tomber dans l’idéalisme béat, le chauvinisme abscons, ou le communautarisme intellectuel. Pas plus que pour invoquer de grandes et belles idées, ou encore altérer le charme et les potentialités des territoires. Mais pour résolument « faire vivre » ces territoires, sans artifices ni perfusions, avec ceux qui y vivent d’une manière ou d’une autre, et participer à l’échelle locale à la promotion d’un mieux-vivre ensemble réaliste, concret et moderne. Et par la même occasion, tordre le cou aux idées reçues !

visite-Mas-Maury-300x203 dans CorrèzeGrâce à lui ? Ce sont bien ses spécificités, ses caractères, ses richesses et même ses limites qui sont exploités. Lors de sa conférence, Gilles Clément s’est évertué à rappeler, comme il le fait à longueur d’interventions, combien le Limousin avait servi ses concepts, d’aucuns ayant même été théorisés à partir d’éléments et d’observations sur le terrain régional*, et comment d’une certaine manière, ce même Limousin s’exporte et nourrit actuellement ses réflexions dans ses projets, ici avec des lycéens, là-bas pour un jardin public, ou encore une reconversion de site… Et l’ensemble de la très pertinente programmation de l’Université rurale du paysage s’attache à concilier découverte théorique et approche géographique sur le terrain. Les rencontres musicales de Nedde, en associant derrière le vivant terme de « traditions », vécues et réinventées (au contraire du folklore qui est avant tout reproduit), musiques d’ici et d’ailleurs de sa programmation, fait du pays de Vassivière un espace d’échange de savoirs et d’expériences. L’objectif des séances de cartographie et plus largement des Ateliers de cartographie populaire, organisées par La Pommerie – Apelboom, de Saint-Setiers, en association avec l’association Quartier rouge de Felletin (toutes deux membres du réseau régional d’art contemporain 5/25) et l’association Pivoine de Faux-la-Montagne, qui se sont tenus fin septembre entre ces trois localités, était lui aussi conduit par la volonté du développement local (territorial et humain) par l’art, une filière prometteuse. Lesdits ateliers conviaient les volontaires à venir représenter, sur des cartes collectives ou personnelles, politiques, naturelles ou sociologiques, de façon réaliste ou poétique, sage ou déjantée, quelle était leur perception, leur représentation, leur utilisation, leur idéal du plateau de Millevaches. Une façon de mieux comprendre le monde qui nous entoure en transcrivant nos représentations de façon originale. En outre, une question intéressante naissait dans mon esprit géographico-compatible, à partir de ce projet : qu’est-ce que le plateau de Millevaches ? Que veut dire « être du plateau » ?

légende-carte-AGP-St-Setiers-227x300 dans CreusePour lui ? Loin de vouloir proposer des animations spécifiquement dédiées aux ruraux ! Ces initiatives s’attachent plus précisément à tisser des liens entre tous les acteurs de ces territoires et ceux qui sont appelés à la devenir dans l’avenir, qu’ils y résident, se contentent d’y travailler ou d’y transiter, ou tout à la fois. Tous ses « acteurs ». Et de montrer en quoi ils sont vecteurs de possibles multiples, et incarnations-mêmes de la richesse de notre territoire.

Pour autant, la situation de ces espaces de la relégation demeure précaire. En soutien à l’optimisme et à la détermination, qui doivent demeurer sans faille, et à l’attachement à toujours garder en tête l’impératif de ne pas céder à la facilité de la construction « hors-sol » (sur le territoire mais ni pour lui, ni avec, ni pour ses acteurs), de nouvelles politiques territoriales pertinentes seront louables !

* Citons le Tiers-paysage, pour parler d’un des plus connus.

Photos Logo de l’URP (c) Pays Ouest Creuse, (c) L. Destrem :  visite des jardins du Mas-Maury à Rempnat dans le cadre des rencontres de Nedde, détail de carte réalisée à Saint-Setiers dans le cadre d’une séance de cartographie.




> Une nouvelle histoire pour le manège Montrouge

3072012

> Une nouvelle histoire pour le manège Montrouge dans Actualité locale blim

Travaux-Man%C3%A8ge-Montrouge-300x197 dans Aménagement du territoireEn attendant les T2 et T3 insérés avec soin derrière la façade historique et reliés par balcons et coursives, les travaux du manège Montrouge, près de la place Carnot, révèlent d’humbles mais émouvants décors…

Les riverains du quartier Carnot-Marceau suivent depuis quelques semaines avec intérêt l’avancée du chantier de réhabilitation de l’ancien manège de Montrouge, situé à l’angle des rues de Belfort, Armand Barbès et Gouffier de Lastours. Cet imposant bâtiment a été cédé à l’hiver 2010 à la municipalité pour l’euro symbolique, dans le cadre du départ de l’armée de la ville. Le manège, construit à la fin des années 1870 par les militaires, a donc accueilli initialement des troupes de cavalerie.

Man%C3%A8ge-Montrouge-nouveau-300x150 dans HistoireCes dernières années, il servait d’entrepôt de stockage pour la caserne Marceau toute proche. Le sort des régiments limougeauds scellé après la réforme de la carte judiciaire, le futur devenait incertain. Le devenir de l’édifice a rapidement été trouvé : l’OPHLM ayant pu obtenir de la mairie le droit d’aménager le site, on y installerait 37 logements, tout en conservant l’enveloppe, la façade originelle. Autrement dit, c’était dans la boîte ! Et c’est à vocation écologique. L’ensemble sera certifié Bâtiment basse consommation (BBC), seulement le second du genre à Limoges. Une innovation qui tâchera de faire oublier les ratés du lotissement HQE du quartier du Roussillon, prévu en 2008 et jamais réalisé, crise de l’immobilier oblige… Le quartier Carnot-Marceau servira-t-il d’exemple ? La perspective du réaménagement de l’espace occupé par les bâtiments de l’ancienne caserne laisse autant qu’elle pose des enjeux importants pour le dynamisme de ce quartier urbain, comme de toute la ville.

Graffiti-Man%C3%A8ge-Montrouge-1-198x300 dans LimogesPans de murs, pans d’histoire…
Mais les travaux ont également révélé des pans entiers de patrimoine « ordinaire », des graffitis colorés, sans doute œuvre de générations de soldats. S’il est évident qu’ils ne seront pas conservés et disparaîtront bien vite sous les nouveaux enduits, et s’ils ne sont pas de la valeur des sépultures du IVe siècle retrouvées rue de la Courtine, il est assez intéressant, pour ne pas dire émouvant, d’apprécier ces humbles œuvres d’art qui sont un témoignage très humain du passé.

Les autres photos : ici.




> L’image de Limoges ? On y travaille !

1072012

> L'image de Limoges ? On y travaille ! dans Actualité locale blim

Mairie-site-Limoges-300x115 dans Aménagement du territoireA l’heure de la réouverture du musée Adrien-Dubouché, les travaux du conseil municipal évoquent aussi une certaine envie de moderniser l’image de la ville. Tant mieux !

Lundi soir, en la salle du conseil de l’hôtel de ville de Limoges, se réunissait le conseil municipal. La riche actualité politique a largement inspiré les commentaires des traditionnels « animateurs » de séance, comme Philippe Reilhac (PS) à gauche, et Camille Geutier (UMP) à droite (le « vous regretterez le temps béni de la droite ! » a évidemment déclenché de grands éclats de rire…). L’élection d’un nouveau président de la République et d’une députée, Catherine Beaubatie, déjà élue limougeaude, et les visites successives à Limoges de plusieurs ministres en l’espace de quelques jours, suffisaient ainsi à assurer le minimum de spectacle.

De gesticulations et d’apostrophes, il en a donc été parfois question, mais les élus avaient aussi (surtout !) plusieurs dizaines de dossiers à discuter et/ou voter, souvent d’importance capitale. Si l’on a parlé des difficultés consécutives aux modifications de carte scolaire, si Cyril Cognéras (Alternatifs) et Nadine Rivet (MoDem) se sont pour une fois retrouvés sur le sujet effectivement problématique de la subvention à une église évangélique, alors que la question de la laïcité a déjà échauffé la salle d’assemblée de l’hôtel de région, si l’on a acté la démolition et la reconstruction du foyer des Coutures, si l’on a parlé de comptes municipaux, de marché dominical de Landouge et de culture occitane, on a aussi évoqué des sujets assez pratiques, qui touchent directement à l’image de Limoges, et dont l’aboutissement est particulièrement attendu.

En effet, la réaffectation et le réaménagement du site de l’ancienne caserne Marceau et de l’entrée de ville des Casseaux, puisque c’est de ça dont il s’agit, posent de grands enjeux. En terme d’image donc, puisqu’ils sont directement visibles aujourd’hui en venant de l’A20 et demain, peut-être, en venant de TGV, mais aussi, et en partie par extension, des enjeux en terme de dynamisation socio-économique et de cohérence urbanistique de la ville. Non contents de garantir une modernisation souhaitée et qu’il faut optimale, les travaux sur ces deux espaces doivent permettre de revivifier des quartiers stratégiques mais sous-utilisés, délaissés ou mal organisés.

La classification en ZAC du secteur Marceau pourrait profiter au réaménagement du quartier
Presque logiquement, ces épineux sujets sont des points de discorde parmi d’autres entre majorité et opposition, sur la forme comme sur le fond. En rendant compte de leurs observations et de leurs aspirations sur l’avenir de la caserne Marceau, Daniel Clérembaux (NPA), à partir du questionnaire envoyé aux riverains et des aspirations sociales qui en découlaient, et Camille Geutier, rappelant le projet à vocation économique, ambitieux mais controversé que le groupe d’opposition a présenté, rendaient compte – certes bien différemment – de leur impatience à voir la majorité du conseil proposer un véritable débat. Comprendre un débat qui puisse associer tous les élus et la population. Le leader de la droite au conseil regrettant que la majorité socialiste se contente de suivre les recommandations du cabinet Sémaphore. Le député-maire Alain Rodet a souligné que l’heure de l’échange viendrait, et qu’une éventuelle classification du secteur en ZAC (ndlr : Zone d’Aménagement Concerté, quelle autre meilleure appellation pour un espace voué au débat public ?) le rendrait d’autant plus nécessaire. En effet, une ZAC pose des enjeux d’aménagements et de structures, mais aussi de voirie. Une compétence de la communauté d’agglomération.

En attendant une nouvelle ambition en matière de transports publics…
Cette requête de clarification s’est une nouvelle fois vue formulée autour des perspectives de l’entrée de ville des Casseaux, véritable verrue de l’est de la ville, peu pratique, nouveau centre d’intérêt de la ville après la Bastide, et dont la reconfiguration s’est pour le moment limitée à l’arrivée de McDonalds dans une aile de l’ancienne usine Royal Limoges. Daniel Clérembaux a regretté qu’une meilleure information des conseillers ne soit pas effectuée, et Philippe Pauliat-Defaye (NC) de s’interroger sur la délégation de la maîtrise d’ouvrage à l’agglomération alors qu’il s’agit d’une entrée de ville. Ce à quoi Alain Rodet a rétorqué qu’une véritable procédure transversale de consultation et de concertation avait été menée il y a deux ans, et que l’enquête publique à la fin de l’année 2012 devrait recontextualiser les enjeux et réaffirmer l’actualité et l’urgence du projet. Si des documents ont en effet été communiqués en 2010, et que l’information du grand public sur ce site a, au moins à ce moment-là, été réalisée et incitée, la médiatisation a été moins importante ces derniers mois, contribuant peut-être au flou et à l’oubli par les limougeauds des impératifs formulés. Il est par ailleurs à regretter qu’une profonde réflexion sur la place des transports en commun le long de l’axe fluvial de la Vienne n’ait pas été menée, même si on peut raisonnablement penser que le résultat sera forcément plus appréciable que la situation actuelle.

Quoi qu’il en soit, et quelles que soient l’échéance et le résultat des réalisations, ces questions influenceront sans nul doute les programmes en vue des élections municipales de 2014. Une échéance qui s’annonce passionnante.

panneau-Limoges-2000-ans-dhistoire-300x117 dans GouvernementDe nouveaux panneaux sur l’A20
Sujet moins polémique et moins complexe, sans pour autant être simplement cosmétique, celui de la signalisation touristique de la ville a été abordé. Les fameux panneaux marronnasses qui annoncent depuis de nombreuses années quelques-uns des symboles de notre ville (2000 ans d’histoire, arts du feu, etc.) vont, résultats d’un accord trouvé entre l’Etat qui gère l’A20 et la mairie, par-delà la complexe réglementation, enfin être changés, et avec eux montrer (au) mieux, on l’espère, les atouts de Limoges. En espérant qu’ils arrêtent les touristes !

Quant à moi, c’est pour la première fois que je me rendais à la séance publique (sachez-le !) du conseil municipal, qui ne s’était plus réuni depuis février dernier. Et je m’engage à m’y rendre le plus souvent possible, tant, en dépit de discussions parfois un peu lassantes et de sujets peu attractifs, il s’agit de la manifestation la plus évidente et parmi les plus concrètes de l’exercice de la démocratie locale. Celle dont les acteurs, directement élus par les citoyens, parlent école, culture, aménagement, sport, comptes publics, où se trament, se font et se défont les ententes politiques qui déterminent les modes de gestion de la cité, et où colères et différends peuvent parfois devenir caricaturaux. Mais où, envers et contre tout, tant bien que mal, au final, se dessine et s’organise continuellement notre cadre de vie. S’intéresser à la vie de la cité, c’est déjà y participer. Se sentir concerné, s’efforcer de s’informer, c’est le premier et le plus important des engagements citoyens.




> Le nouveau musée Adrien-Dubouché est arrivé !

29062012

> Le nouveau musée Adrien-Dubouché est arrivé ! dans Actualité locale bculture

Trois ans après le début des travaux, la réouverture du musée national parachève la mue nécessaire et réussie des musées limougeauds

Filippetti-Mus%C3%A9e-AD dans Aménagement du territoireTout ce que Limoges compte de personnalités et d’amateurs d’art, mais aussi de curieux un peu plus néophytes, était présent hier en fin de journée pour la « réinauguration » par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, du tout nouveau musée national de la porcelaine et de la céramique Adrien Dubouché, dix-huit mois après la réouverture du musée des Beaux-Arts.

Pour l’occasion, le vieux musée du XIXe siècle a vu son statut administratif modifié, puisqu’il devient établissement public associé à la manufacture et au musée de Sèvres, avec lesquels il constitue désormais la Cité de la Céramique Sèvres-Limoges. S’il apparaît que Limoges aurait pu perdre en visibilité et surtout en fierté, à voir son nom et son identité dilués dans cette nouvelle appellation (on dit même que l’apparition du mot « Limoges » n’était pas garantie, alors que dans les faits, « Musée Adrien-Dubouché » restera affiché), il va sans dire que la ville et ses activités ne pourront que profiter de ce nouveau cadre. En effet, la tenue dans la bien-nommée capitale des arts du feu d’expositions d’envergure internationale sera facilitée, et avec elle, une collaboration sans doute fructueuse qui saura dynamiser la ville et les secteurs de la création artistique et de l’innovation porcelainière. En témoignent les tendances actuelles de la signalétique en porcelaine, dont plusieurs exemples (prototypes de mobilier urbain en céramique exposés il y a peu à Limoges, et nouvelle signalétique du musée) sont parlants.

L’effervescence médiatique, présence de la ministre de la Culture et la communication oblige, était évidente. Mais à la hauteur de la réussite de l’intégration de nouvelles collections sorties des réserves ou fruits d’acquisitions, des extensions du musée, œuvre de l’autrichien Boris Podrecca, avec de sobres mais superbes alliances de verre, pierre et métal, et de la nouvelle muséographie de Zette Cazalas plus claire, plus esthétique, plus cohérente. Des espoirs de toute nature peuvent être esquissés pour tout Limoges. Et en outre, comme voulait sans doute le faire remarquer Aurélie Filippetti, dans un discours simple mais touchant, sincère et limpide, dans lequel elle a souhaité évoquer ses « terres » lorraines et italiennes, riches de traditions artistiques similaires, apparaît avec ce nouvel outil d’autant plus nécessaire un impératif. Celui d’intégrer au mieux les structures telles le musée Adrien Dubouché à leur territoire et d’en faire plus que jamais des instruments d’éducation et de sensibilisation à la culture et à l’art.

N. B : jusqu’à lundi inclus, le musée est gratuit.







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