> Nouvelle occasion manquée pour la reconnaissance des langues régionales

25032013

> Nouvelle occasion manquée pour la reconnaissance des langues régionales dans Aménagement du territoire bculture

La France ne ratifiera pas la Charte des langues régionales et minoritaires. Jugée non-conforme à la Constitution, qui stipule explicitement que la seule langue reconnue comme officielle demeure le français, la promesse n°56 de François Hollande passe à la trappe, même si le Président assure de sa détermination à compenser d’une manière ou d’une autre cette désillusion*. Alors, certes, au-delà de l’évident reniement qui nous est présenté, il ne s’agissait sans doute pas du plus marquant des engagements présidentiels. Et certainement pas celui qui viendrait le plus efficacement compenser les effets de la crise… quoique ! Quand on a conscience de ce qu’une telle reconnaissance aurait en matière de dynamisation touristique ou de cohésion sociale, on comprend d’autant plus les réactions amères et la motivation des défenseurs du patrimoine linguistique vivant national.

engagement56-hollande-300x217 dans HollandeMais qu’est-ce donc que cet obscur document dont on parle peu dans les médias ? C’est en 1992, sur proposition de la Conférence permanente du congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, que le texte a été adopté par ce dernier et proposé à l’adoption des Etats-membres du Conseil de l’Europe. Rappelons que le Conseil de l’Europe, qui vise à promouvoir la paix, les droits de l’homme et la démocratie, est indépendant de l’UE. Ses objectifs de concorde et de respect de l’altérité en disent long sur les motivations de la présentation d’un tel document, qui ne peut que chercher à favoriser la compréhension et les relations des peuples entre-eux par la reconnaissance officielle de leurs spécificités culturelles et linguistiques.

En France, où plusieurs dizaines de langues et dialectes seraient potentiellement concernés par la Charte (citons le breton, le basque, l’occitan, le catalan, le corse, l’alsacien, mais aussi le romani, les langues kanak ou encore le créole martiniquais), l’adoption d’un tel texte fait peur à certains, car elle serait vue comme une occasion de desceller la langue française d’un statut qui lui permet d’être la seule langue reconnue dans l’administration. Donner un statut légal aux autres langues pourrait ainsi être perçu comme une volonté de céder devant des revendications autonomistes ou communautaristes venant mettre à mal l’intégrité territoriale et l’autorité de l’Etat. Ce qui est un faux argument, étant donné que seules les langues ayant été parlées sur le territoire depuis suffisamment longtemps pour être considérées comme traditionnelles et maillons du patrimoine national seraient concernées. Autrement dit, des langues qui ont prouvé que loin de diviser, au contraire, elles servaient la vitalité culturelle et l’enrichissement mutuel. Et ne viendraient nullement remplacer la primauté juridique du français, mais simplement proposer d’autres horizons culturels et accorder une visibilité à des réalités sociales. Car des millions de citoyens français pratiquent ces langues… ou aspireraient à le faire ! Est-il encore besoin de démontrer l’utilité de la pratique d’autres langues que la langue maternelle, dans tous les domaines et à toutes fins ? Je citerai le Conseil de l’Europe qui signale que « l’approche retenue par la Charte respecte les principes de souveraineté nationale et d’intégrité territoriale. De ce fait, elle ne conçoit pas les relations entre les langues officielles et les langues régionales ou minoritaires en termes de concurrence ou d’antagonisme, le développement de ces dernières ne devant pas entraver la connaissance et la promotion des premières. Elle adopte volontairement une approche interculturelle et plurilingue dans laquelle chaque catégorie de langue a la place qui lui revient. Il s’agit, dans chaque État, de prendre en compte une réalité culturelle et sociale. » La France peine donc encore à le comprendre.

dsc_6014-300x199 dans LimousinMais à quels engagements concrets la ratification de la Charte inciterait-elle ? Le Conseil de l’Europe mentionne 8 principes fondamentaux. Parmi eux, on trouve la nécessité d’une action résolue de promotion, la facilitation de l’usage oral comme écrit dans la vie publique mais aussi dans la vie privée, ou la promotion par les Etats de la compréhension mutuelle entre tous les groupes linguistiques du pays. Difficile d’être plus rassurant quant à la perspective des revendications sectaires… En conséquence, l’enseignement des langues régionales, la place accordée à celles-ci dans la signalisation routière, les émissions de télévision ou de radio, leur présence dans les procédures administratives sont autant d’enjeux. Ce qui est normal, ils sont au cœur de notre vie quotidienne, et le(s) reconnaître, c’est bien là l’ambition !

« Sauvegarder et promouvoir la richesse et la diversité du patrimoine culturel de l’Europe sont devenus des objectifs fondamentaux du Conseil de l’Europe. » Pourtant, sur les 47 Etats du Conseil de l’Europe, seuls 25 ont signé et ratifié la Charte, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse ou encore la Pologne. Huit autre pays ont, comme la France, signé sans ratifier (l’Islande ou la Russie par exemple). Enfin, treize Etats n’ont fait ni l’un ni l’autre, et c’est le cas de la Belgique, la Grèce ou le Portugal notamment. En dépit d’une nouvelle demande du Conseil économique et social des Nations Unies en 2008, et des pressions de nombreuses personnalités et de partis politiques, les gouvernements successifs depuis 2002 se sont toujours refusés à accéder à cette requête, en dépit d’un léger progrès avec l’inscription dans la Constitution sous le gouvernement Fillon d’une mention de l’appartenance des langues régionales au patrimoine de la France. Pour le pays à tradition jacobine séculaire comme le nôtre, c’était déjà un grand pas. La promesse 56 du programme du candidat Hollande laissait enfin croire qu’une juste reconnaissance des langues régionales et minoritaires françaises serait faite. Encore raté, et cela fait bien une soixantaine de fois que les portes du Palais Bourbon demeureront fermées à une telle proposition depuis le début de la Ve République.

Au-delà de toutes les réflexions qu’il serait peut-être bon d’avoir sur le poids et la pertinence démocratique des grandes instances comme le Conseil Constitutionnel ou le Conseil d’Etat, cet échec révèle combien la centralisation outrancière et l’absence de remise en question, à l’échelle nationale ici (même si on l’a déjà dit, ratification ou non, les collectivités locales doivent aussi se saisir de cette question, à Limoges, on attend toujours les panneaux bilingues !), est un fléau. Ce qui fonctionne pour les comportements éco-responsables fonctionne aussi pour la reconnaissance culturelle : camper sur ses positions quand c’est par peur, méconnaissance ou nostalgie, n’est que rarement une vraie bonne idée.

* Le Président avancerait également ne pas être assuré d’obtenir les 3/5e du Parlement requis pour une éventuelle révision constitutionnelle. De faux arguments pour beaucoup, qui estiment que c’est une volonté politique qui fait défaut à la majorité parlementaire…

Photo : Panneaux bilingues occitan/français à Nice, (c) L. Destrem

 




> Protégeons notre patrimoine industriel !

17012013

> Protégeons notre patrimoine industriel ! dans Actualité locale blim

La perspective de la destruction du logement patronal de l’ancienne distillerie Lacaux, près du Champ-de-Juillet, par un programme immobilier, suscite des désaccords bien légitimes. Six mois après l’épisode marquant de la nécropole de la rue de la Courtine, cette initiative, qui a reçu un avis défavorable de la part de l’architecte des Bâtiments de France, viendrait porter un rude coup à un symbole du passé industriel limougeaud, peu mis en valeur. Un nouveau projet qui fait s’interroger sur la façon dont cet patrimoine est conçu et géré, dans une commune détentrice du prestigieux et exigeant label Ville d’art et d’histoire.

distillerielacaux-300x190 dans Aménagement du territoireSoyons clairs et coupons court aux accusations:défendre l’intégrité de ce site ne revient pas à faire avec nostalgie de la patrimonialisation à outrance et muséifier une ville en stérilisant les terrains. D’une part parce que rien n’empêche (ni la loi ni la morale) pour construire des logements, de supprimer des bâtiments de cette même époque, s’il est reconnu qu’ils n’ont pas une valeur historique et architecturale particulièrement remarquable – et cela peut être le cas ! Ensuite, parce que l’édifice en question est, sans même bénéficier d’un classement spécifique, un élément patrimonial dont la valeur ne devrait plus faire l’objet de débat… Les fiches explicatives du ministère de la Culture rappellent que l’établissement Lacaux, avant de devenir une imprimerie, a constitué l’une des plus grandes distilleries de Limoges à l’aube de 1900. Rappelons que la distillerie et la brasserie ont constitué la principale activité économique agroalimentaire de Limoges, un des principaux secteurs d’emploi industriel avec la porcelaine et le travail textile. Les constructions héritées de cette activité ont, aux côtés des ateliers porcelainiers et des fabriques de chaussures, marqué le paysage du quartier de la place Carnot. Les plus proches de Lacaux se localisaient tout près de ce rond-point : rue de Belfort pour la distillerie du Centre, rue Hoche pour la distillerie Lescuras. A deux pas de là, deux célèbres ateliers de conception de chaussures qui ont exercé leur activité : Monteux, au bout de la rue de Châteauroux, dans le bâtiment accueillant aujourd’hui les archives médicales de l’Armée, et Heyraud, au XXe siècle, sur le site de l’actuel centre Saint-Martial. En outre, les fameux ateliers Haviland ou Bernardaud ne sont pas loin. Un quartier résolument productif, donc.

fourhaviland-300x300 dans DécouverteHélas, la prise en compte des éléments du passé industriel de Limoges, construits entre le XIXe siècle et l’entre-deux-guerres, autrement dit à une période-clé pour la ville, celle de son essor économique et de l’achèvement de sa mutation d’une modeste ville provinciale à un grand centre productif, pose parfois question. En dépit de la réalisation d’un inventaire assez riche en 2003, et d’un classement de la zone en Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), ce patrimoine se dégrade. L’absence de réelle mise en valeur scénographique et fonctionnelle des bâtiments hérités de cette époque, exception faite du site de Royal Limoges (le four des Casseaux et… le McDonald’s), l’état de délabrement avancé des autres fours à porcelaine subsistant (cf. photo ci-contre, le four Haviland), ou la faible mise en valeur de ce patrimoine, bâti et vécu, dans la muséographie communale interpellent. C’est pourquoi j’en appelle à une prise de conscience et une nouvelle politique de considération de tout cet héritage, ô combien essentiel dans la compréhension de la ville aujourd’hui encore, et la transmission des témoignages du passé, ferments de développement touristique et de cohésion sociale.

Ci-dessous, une carte non-exhaustive mais la plus détaillée possible, localisant les ateliers de production de porcelaine, de textile, de chaussures, distilleries des quartiers des deux gares à Limoges.

quartier_industriel_de_la_gare_limoges dans Histoire

Illustrations : Google Street / Google Maps ; L. Destrem et Open Street Map pour la carte.




> Les jeunes parlent aux jeunes… de patrimoine

14112012

> Les jeunes parlent aux jeunes... de patrimoine dans Aménagement du territoire blim

logo-mh-300x198 dans CultureLe Conseil régional des jeunes du Limousin donne l’opportunité aux jeunes limousins de valoriser le patrimoine régional à travers un concours de création artistique. Autrement dit, la réalisation d’une plaquette touristique à travers laquelle il s’agira de mettre en évidence les richesses matérielles ou immatérielles des trois départements. Un bon moyen de sensibiliser les jeunes à cette question centrale, quand on sait combien la valeur du patrimoine, en ce qu’il recouvre de très larges acceptions, et permet de comprendre d’où l’on vient et où on vit, est un impératif à saisir. Et d’autant plus quand les jeunes cherchent à parler aux jeunes !

Ce concours est-il un énième exemple d’ « animation loisir » à destination des jeunes ? Certainement pas. Inciter à la valorisation de sa région, c’est promouvoir une nouvelle approche du cadre de vie, et sensibiliser à ses spécificités et la nécessité de le regarder avec un œil nouveau, plus conscient, plus réfléchi. Une initiative d’autant plus pertinente qu’elle est fruit des réflexions de mes collègues jeunes élus du Conseil régional des jeunes, qui ont sans doute assez bien saisi l’enjeu, et qu’elle est à destination des jeunes.

Trop souvent, on remarque combien les moyens mis en place par les générations plus âgées, quand ils existent, pour proposer une approche du patrimoine aux jeunes générations, peinent à intéresser ces mêmes jeunes, en dépit de plusieurs initiatives très pertinentes. Celles-ci sont confidentielles ou plus connues, incarnées par les animations annuelles du service pédagogique de Limoges Ville d’art et d’histoire, les projets de la Fondation du Patrimoine, ou le dynamisme de la filière universitaire de Valorisation du patrimoine – développement territorial. La pédagogie nécessaire, l’implication de l’acteur politique, la continuité de cette approche tout au long de la vie, à l’école peut-être, mais plus largement au quotidien, ne sont pas forcément au rendez-vous. Par manque de temps mais aussi parfois par manque de conscience même de cette valeur par les générations actives. Ce concours est à toute petite échelle (mais c’est non moins primordial!) un moyen d’œuvrer à la prise de conscience !

jm-mon-limousin dans InternetCar le patrimoine, c’est loin d’être uniquement le patrimoine bâti monumental ou emblématique, celui des églises, des châteaux ou de la porcelaine. Le patrimoine, c’est un bien commun, un héritage commun, que chacun se doit se s’approprier pour mieux le défendre, mieux le faire vivre en le faisant découvrir et en le reliant à nos références actuelles et quotidiennes. Arbres, sites industriels, plaques de signalisation Michelin, récits, savoirs, musique traditionnelle, langue occitane et art « ordinaire » sont du patrimoine. A nous de le comprendre, sans chauvinisme ni repli identitaire. Car s’il est de notre devoir de protéger le « patrimoine hérité » en ce qu’il est repère, utile à la compréhension du monde, le patrimoine, c’est également et presque par définition, une réinvention permanente, un concept vivant, mouvant. Comme chacun. « Vivant », « mouvant » : des qualificatifs à garantir par la sensibilisation auprès du public.

Concours « J’♥ mon Limousin », jusqu’au 18 décembre 2012 : formulaire de participation et règlement disponibles sur Belim.fr




> En Limousin, on n’a pas que des pommes…

4102012

> En Limousin, on n'a pas que des pommes... dans Actualité locale binitiativelocale

Le point commun entre le pays Ouest Creuse, l’association La Pommerie – Appelboom et l’association des rencontres musicales de Nedde ? Trois initiatives intéressantes, respectivement l’Université rurale du paysage, les Ateliers de géographie populaire et les rencontres musicales de Nedde, fruits de l’envie, du travail d’équipes motivées, souvent audacieuses, impliquées dans l’espace rural si souvent déprécié. L’occasion de valoriser les potentiels du Limousin, dynamiser un territoire et tisser des liens, avec, à travers et pour la région et ses habitants. Cette approche ô combien nécessaire est didactique, parfois ludique, et quoi qu’il en soit, fondée sur la transmission de savoirs, la découverte, la confiance et le partage. De bons exemples d’optimisme et de volontarisme, qui pourraient montrer que la campagne a de l’avenir.

URP-300x225 dans Aménagement du territoireCes initiatives ne sont pas isolées. Mais le fait que j’ai pu y participer (une conférence du jardinier paysagiste Gilles Clément à la Souterraine, en Creuse ; une séance de cartographie à Saint-Setiers, en Corrèze ; un pied dans l’organisation des rencontres musicales), m’a permis de voir en quoi non seulement elles se déroulaient dans ce qu’on nomme vaguement l’espace rural (pas uniforme, sachons-le !), mais aussi et surtout – ce qui est intéressant et le sens de mon propos – avec lui, grâce à lui et dans l’idéal (ce n’est pas une démarche aisée) pour lui et ses populations.

Avec lui ? Outre le soutien des institutionnels, ces initiatives cherchent et doivent obtenir le soutien des populations. Il faut pour cela viser la stimulation de l’envie collective de tirer tous ces espaces vers le haut, en appeler à une véritable prise de conscience du sentiment collectif et à un abandon des vaines querelles. Non pas pour tomber dans l’idéalisme béat, le chauvinisme abscons, ou le communautarisme intellectuel. Pas plus que pour invoquer de grandes et belles idées, ou encore altérer le charme et les potentialités des territoires. Mais pour résolument « faire vivre » ces territoires, sans artifices ni perfusions, avec ceux qui y vivent d’une manière ou d’une autre, et participer à l’échelle locale à la promotion d’un mieux-vivre ensemble réaliste, concret et moderne. Et par la même occasion, tordre le cou aux idées reçues !

visite-Mas-Maury-300x203 dans CorrèzeGrâce à lui ? Ce sont bien ses spécificités, ses caractères, ses richesses et même ses limites qui sont exploités. Lors de sa conférence, Gilles Clément s’est évertué à rappeler, comme il le fait à longueur d’interventions, combien le Limousin avait servi ses concepts, d’aucuns ayant même été théorisés à partir d’éléments et d’observations sur le terrain régional*, et comment d’une certaine manière, ce même Limousin s’exporte et nourrit actuellement ses réflexions dans ses projets, ici avec des lycéens, là-bas pour un jardin public, ou encore une reconversion de site… Et l’ensemble de la très pertinente programmation de l’Université rurale du paysage s’attache à concilier découverte théorique et approche géographique sur le terrain. Les rencontres musicales de Nedde, en associant derrière le vivant terme de « traditions », vécues et réinventées (au contraire du folklore qui est avant tout reproduit), musiques d’ici et d’ailleurs de sa programmation, fait du pays de Vassivière un espace d’échange de savoirs et d’expériences. L’objectif des séances de cartographie et plus largement des Ateliers de cartographie populaire, organisées par La Pommerie – Apelboom, de Saint-Setiers, en association avec l’association Quartier rouge de Felletin (toutes deux membres du réseau régional d’art contemporain 5/25) et l’association Pivoine de Faux-la-Montagne, qui se sont tenus fin septembre entre ces trois localités, était lui aussi conduit par la volonté du développement local (territorial et humain) par l’art, une filière prometteuse. Lesdits ateliers conviaient les volontaires à venir représenter, sur des cartes collectives ou personnelles, politiques, naturelles ou sociologiques, de façon réaliste ou poétique, sage ou déjantée, quelle était leur perception, leur représentation, leur utilisation, leur idéal du plateau de Millevaches. Une façon de mieux comprendre le monde qui nous entoure en transcrivant nos représentations de façon originale. En outre, une question intéressante naissait dans mon esprit géographico-compatible, à partir de ce projet : qu’est-ce que le plateau de Millevaches ? Que veut dire « être du plateau » ?

légende-carte-AGP-St-Setiers-227x300 dans CreusePour lui ? Loin de vouloir proposer des animations spécifiquement dédiées aux ruraux ! Ces initiatives s’attachent plus précisément à tisser des liens entre tous les acteurs de ces territoires et ceux qui sont appelés à la devenir dans l’avenir, qu’ils y résident, se contentent d’y travailler ou d’y transiter, ou tout à la fois. Tous ses « acteurs ». Et de montrer en quoi ils sont vecteurs de possibles multiples, et incarnations-mêmes de la richesse de notre territoire.

Pour autant, la situation de ces espaces de la relégation demeure précaire. En soutien à l’optimisme et à la détermination, qui doivent demeurer sans faille, et à l’attachement à toujours garder en tête l’impératif de ne pas céder à la facilité de la construction « hors-sol » (sur le territoire mais ni pour lui, ni avec, ni pour ses acteurs), de nouvelles politiques territoriales pertinentes seront louables !

* Citons le Tiers-paysage, pour parler d’un des plus connus.

Photos Logo de l’URP (c) Pays Ouest Creuse, (c) L. Destrem :  visite des jardins du Mas-Maury à Rempnat dans le cadre des rencontres de Nedde, détail de carte réalisée à Saint-Setiers dans le cadre d’une séance de cartographie.




> C’est l’été, le moment de se laisser conter Limoges…

10072012

> C'est l'été, le moment de se laisser conter Limoges... dans Découverte btourisme

Images-OT-201x300 dans HistoireSe faire plaisir en canoë ou en gastronomie, regarder la ville autrement, faire le touriste tout en restant intelligent, se passionner pour des histoires plus ou moins ordinaires au son de l’accordéon, de la vielle ou de la voix, soutenir le dynamisme de la ville… Participer cet été à une visite de l’Office de tourisme, c’est tout ça. Qu’on ait 8, 38 ou 88 ans !

Vous restez à Limoges tout l’été ? Ou seulement quelques jours, le temps de souffler et dé/refaire les valises ? Vous avez peur de vous ennuyer sur la plage et de ne pas avoir la force de traîner vos gamins à Saint-Pardoux ? Autant d’occasions pour (re)découvrir le lieu qu’on habite et que souvent, l’on connaît bien mal ! Le programme estival de l’office de tourisme de Limoges gagnerait à être connu, car il vous propose des dizaines de visites guidées et animations diverses à destination de tous, à des prix très modestes.

Ainsi, ces deux mois d’été 2012 seront peut-être pour vous l’occasion de partir en compagnie des guides-conférenciers de l’Office de tourisme, pousser enfin la porte de monuments devant lesquels vous passez tous les jours, mais aussi de connaître l’histoire de sites dont vous ne soupçonniez même pas l’existence ou la richesse, ou encore de partir à l’aventure de manière originale, en délaissant vos traditionnelles chaussures de ville…

Outre les monuments et quartiers emblématiques de la Cité, de la Cathédrale ou de la gare des Bénédictins, de très nombreuses idées de visites, ateliers, animations et parcours multiples et variés vous sont proposés.

Pour l’esprit, le ventre, les yeux, les pieds, les grands et les petits.

Une petite faim ? La promenade des Petits ventres est faite pour vous ! Vous pourrez ainsi allier l’utile (l’histoire de la corporation des bouchers limougeauds et de « leur » chapelle Saint-Aurélien) à l’agréable (des dégustations, oui !). La porcelaine vous casse les pieds ? C’est que vous ne l’avez pas encore approchée accompagné des guides, à travers l’exposition Jeux de porcelaines, à l’hôtel de ville, ou à travers les délicates décorations funéraires du cimetière de Louyat. Les enfants vous fatiguent ? Avant de partir admirer les merveilles des vases Fauré à la galerie des Hospices, inscrivez-les aux ateliers spécialement prévus pour eux par le service pédagogique, et ils partiront dessiner leur blason, faire des fouilles ou créer des gargouilles.

La nuit tombée, c’est une opportunité pour apprécier Limoges illuminée à travers les « parcours de lumière ». Les fameux souterrains limougeauds s’offrent à vous sous un nouveau… jour, et qui sait, peut-être profiterez-vous d’une douce soirée en vous baladant le long de la Vienne, sous la Cathédrale, entre les ponts, au son de l’accordéon d’Inouk Crespin, des installations sonores de Jean-Michel Ponty et du talentueux groupe limousin traditionnel Roule… et ferme derrière. La Vienne que vous aurez pris soin de descendre en canoë pour une approche inédite de l’histoire et du paysage urbains.

Et si vous êtes de surcroît amateur de marche à pied, n’hésitez plus à goûter le patrimoine sportivement, en vous joignant aux randonnées urbaines de la Carmauzette (de la place des Carmes à l’Auzette) ou, avec votre vélo, de la Thermotech (des thermes de la villa gallo-romaine de Brachaud à ESTER Technopole), où vous apprendrez que les quartiers les plus reculés et les moins connus de la ville recèlent d’histoire et de surprises. Tout un programme !

Pas plus tard que dimanche prochain, tombez sous le charme de Limoges la bucolique en vous rendant au jardin de l’Evêché assister à la riche programmation d’un Dimanche aux jardins. Mais si vraiment la ville vous barbe, une « randonnée patrimoine » en milieu rural vous est proposée le 19 août, à la découverte du patrimoine de la commune périurbaine d’Aureil.

Visiter Limoges ? Pour votre bien. Et pour le sien.

Sachez enfin que ce programme n’est pas qu’estival, et que l’Office propose des visites tout au long de l’année, en semaine comme en week-end, en fin de journée, l’après-midi, à la pause de midi, pour vous faire découvrir, redécouvrir, apprécier la ville, et, qui sait, faire de vous des ambassadeurs de Limoges… Car n’est-ce pas ainsi que l’on commence à changer son regard sur la ville ? La meilleure des choses pour améliorer l’image d’une cité, quelle que soit sa réalité et son fondement, et d’en effacer les clichés réducteurs, n’est-ce pas d’apprendre à mieux la connaître (et donc la comprendre, elle et son évolution) ? Et d’entrer ainsi dans une démarche positive en soutenant les actions qui méritent de l’être, susceptibles de contribuer à son dynamisme ? L’implication toute l’année de l’Office de tourisme et à ses côtés, du service Ville d’art et d’histoire, dont Limoges bénéficie du label depuis 2008, est pour moi un exemple évident et à soutenir, si l’on veut faire de Limoges une ville où résolument, il fait bon vivre.

Le programme complet :  [ici] (également disponible à l’Office de tourisme, 12 boulevard de Fleurus)
Le site de l’Office de tourisme : [ici]




> L’image de Limoges ? On y travaille !

1072012

> L'image de Limoges ? On y travaille ! dans Actualité locale blim

Mairie-site-Limoges-300x115 dans Aménagement du territoireA l’heure de la réouverture du musée Adrien-Dubouché, les travaux du conseil municipal évoquent aussi une certaine envie de moderniser l’image de la ville. Tant mieux !

Lundi soir, en la salle du conseil de l’hôtel de ville de Limoges, se réunissait le conseil municipal. La riche actualité politique a largement inspiré les commentaires des traditionnels « animateurs » de séance, comme Philippe Reilhac (PS) à gauche, et Camille Geutier (UMP) à droite (le « vous regretterez le temps béni de la droite ! » a évidemment déclenché de grands éclats de rire…). L’élection d’un nouveau président de la République et d’une députée, Catherine Beaubatie, déjà élue limougeaude, et les visites successives à Limoges de plusieurs ministres en l’espace de quelques jours, suffisaient ainsi à assurer le minimum de spectacle.

De gesticulations et d’apostrophes, il en a donc été parfois question, mais les élus avaient aussi (surtout !) plusieurs dizaines de dossiers à discuter et/ou voter, souvent d’importance capitale. Si l’on a parlé des difficultés consécutives aux modifications de carte scolaire, si Cyril Cognéras (Alternatifs) et Nadine Rivet (MoDem) se sont pour une fois retrouvés sur le sujet effectivement problématique de la subvention à une église évangélique, alors que la question de la laïcité a déjà échauffé la salle d’assemblée de l’hôtel de région, si l’on a acté la démolition et la reconstruction du foyer des Coutures, si l’on a parlé de comptes municipaux, de marché dominical de Landouge et de culture occitane, on a aussi évoqué des sujets assez pratiques, qui touchent directement à l’image de Limoges, et dont l’aboutissement est particulièrement attendu.

En effet, la réaffectation et le réaménagement du site de l’ancienne caserne Marceau et de l’entrée de ville des Casseaux, puisque c’est de ça dont il s’agit, posent de grands enjeux. En terme d’image donc, puisqu’ils sont directement visibles aujourd’hui en venant de l’A20 et demain, peut-être, en venant de TGV, mais aussi, et en partie par extension, des enjeux en terme de dynamisation socio-économique et de cohérence urbanistique de la ville. Non contents de garantir une modernisation souhaitée et qu’il faut optimale, les travaux sur ces deux espaces doivent permettre de revivifier des quartiers stratégiques mais sous-utilisés, délaissés ou mal organisés.

La classification en ZAC du secteur Marceau pourrait profiter au réaménagement du quartier
Presque logiquement, ces épineux sujets sont des points de discorde parmi d’autres entre majorité et opposition, sur la forme comme sur le fond. En rendant compte de leurs observations et de leurs aspirations sur l’avenir de la caserne Marceau, Daniel Clérembaux (NPA), à partir du questionnaire envoyé aux riverains et des aspirations sociales qui en découlaient, et Camille Geutier, rappelant le projet à vocation économique, ambitieux mais controversé que le groupe d’opposition a présenté, rendaient compte – certes bien différemment – de leur impatience à voir la majorité du conseil proposer un véritable débat. Comprendre un débat qui puisse associer tous les élus et la population. Le leader de la droite au conseil regrettant que la majorité socialiste se contente de suivre les recommandations du cabinet Sémaphore. Le député-maire Alain Rodet a souligné que l’heure de l’échange viendrait, et qu’une éventuelle classification du secteur en ZAC (ndlr : Zone d’Aménagement Concerté, quelle autre meilleure appellation pour un espace voué au débat public ?) le rendrait d’autant plus nécessaire. En effet, une ZAC pose des enjeux d’aménagements et de structures, mais aussi de voirie. Une compétence de la communauté d’agglomération.

En attendant une nouvelle ambition en matière de transports publics…
Cette requête de clarification s’est une nouvelle fois vue formulée autour des perspectives de l’entrée de ville des Casseaux, véritable verrue de l’est de la ville, peu pratique, nouveau centre d’intérêt de la ville après la Bastide, et dont la reconfiguration s’est pour le moment limitée à l’arrivée de McDonalds dans une aile de l’ancienne usine Royal Limoges. Daniel Clérembaux a regretté qu’une meilleure information des conseillers ne soit pas effectuée, et Philippe Pauliat-Defaye (NC) de s’interroger sur la délégation de la maîtrise d’ouvrage à l’agglomération alors qu’il s’agit d’une entrée de ville. Ce à quoi Alain Rodet a rétorqué qu’une véritable procédure transversale de consultation et de concertation avait été menée il y a deux ans, et que l’enquête publique à la fin de l’année 2012 devrait recontextualiser les enjeux et réaffirmer l’actualité et l’urgence du projet. Si des documents ont en effet été communiqués en 2010, et que l’information du grand public sur ce site a, au moins à ce moment-là, été réalisée et incitée, la médiatisation a été moins importante ces derniers mois, contribuant peut-être au flou et à l’oubli par les limougeauds des impératifs formulés. Il est par ailleurs à regretter qu’une profonde réflexion sur la place des transports en commun le long de l’axe fluvial de la Vienne n’ait pas été menée, même si on peut raisonnablement penser que le résultat sera forcément plus appréciable que la situation actuelle.

Quoi qu’il en soit, et quelles que soient l’échéance et le résultat des réalisations, ces questions influenceront sans nul doute les programmes en vue des élections municipales de 2014. Une échéance qui s’annonce passionnante.

panneau-Limoges-2000-ans-dhistoire-300x117 dans GouvernementDe nouveaux panneaux sur l’A20
Sujet moins polémique et moins complexe, sans pour autant être simplement cosmétique, celui de la signalisation touristique de la ville a été abordé. Les fameux panneaux marronnasses qui annoncent depuis de nombreuses années quelques-uns des symboles de notre ville (2000 ans d’histoire, arts du feu, etc.) vont, résultats d’un accord trouvé entre l’Etat qui gère l’A20 et la mairie, par-delà la complexe réglementation, enfin être changés, et avec eux montrer (au) mieux, on l’espère, les atouts de Limoges. En espérant qu’ils arrêtent les touristes !

Quant à moi, c’est pour la première fois que je me rendais à la séance publique (sachez-le !) du conseil municipal, qui ne s’était plus réuni depuis février dernier. Et je m’engage à m’y rendre le plus souvent possible, tant, en dépit de discussions parfois un peu lassantes et de sujets peu attractifs, il s’agit de la manifestation la plus évidente et parmi les plus concrètes de l’exercice de la démocratie locale. Celle dont les acteurs, directement élus par les citoyens, parlent école, culture, aménagement, sport, comptes publics, où se trament, se font et se défont les ententes politiques qui déterminent les modes de gestion de la cité, et où colères et différends peuvent parfois devenir caricaturaux. Mais où, envers et contre tout, tant bien que mal, au final, se dessine et s’organise continuellement notre cadre de vie. S’intéresser à la vie de la cité, c’est déjà y participer. Se sentir concerné, s’efforcer de s’informer, c’est le premier et le plus important des engagements citoyens.







Mascara |
ARBIA |
hors-micro |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | joaniz
| FO Assurances 77
| Info33