> Revue littéraire : Oradour après Oradour, de D. Danthieux et Ph. Grandcoing

23122015

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C’est d’un ouvrage historique et local dont je souhaitais vous parler pour cette troisième « revue littéraire ». Paru en tout début d’année 2015 dans la jolie collection « Approches » des éditions Culture & patrimoine en Limousin, l’Oradour après Oradour de Dominique Danthieux et Philippe Grandcoing s’attèle à un monument de notre paysage mémoriel et patrimonial régional. Les auteurs en conviennent d’emblée et sans peine, tant on a déjà écrit sur Oradour : il serait sans doute vain, au pire cela relèverait-il de l’indécence, que de proposer un énième ouvrage racontant le déroulement du massacre. C’est donc avec beaucoup d’attention qu’il convient de s’intéresser à ce nouveau travail qui entend traiter de l’« après », les décennies de la mémoire qui ont suivi 1944 jusqu’à aujourd’hui.

La présentation s’articule autour de trois verbes qui matérialisent chacun un aspect de la gestion technico-politique de cet « après » et de l’intellectualisation post-traumatique : « conserver », « reconstruire », « commémorer ».

Trois principaux éléments de valeur ajoutée me semblent transparaître à la lecture du livre :

  1. Une histoire inédite de l’après-10 juin, ou comment rendre justice à l’Oradour des survivants.

Atout principal de cet ouvrage, on apprend beaucoup de choses sur ces décennies de l’après, jusqu’ici assez largement occultées par l’historiographie et qui sont pourtant autant que le jour du massacre des éléments constitutifs de l’événement, en ce sens qu’ils donnent à voir sa réception, et permettent d’en comprendre l’assimilation collective, qu’elle soit politique ou sociale. Redonner une visibilité à cette période, c’est aussi rendre justice à ceux qui l’ont subie, comme ceux qui ont permis sa construction : habitants et techniciens.

On apprend notamment que le programme de conservation des ruines, décidé dans la précipitation et l’émotion que le contexte très particulier de la Reconstruction exigeait, a été confié à un fils d’érudit local et qu’il a fait l’objet d’une véritable mise en scène des décombres, à la hauteur du drame, devant ancrer durablement la douleur et le recueillement dans le paysage local (ainsi, la fameuse voiture du Dr Desourteaux n’est pas la sienne, mais une voiture tirée des décombres…).

C’est une course contre-la-montre qui a été lancée dans les premiers mois après le massacre, pour prévenir l’effondrement de pans de murs qui n’étaient évidemment pas conçus pour résister aux aléas du temps dans l’état de délabrement qu’était le leur après l’incendie. Certains murs menaçant de s’effondrer ont dès le début été remontés en pierres saines. Le village-martyr fera l’objet de véritables mesures d’exception. Ainsi, le classement du bourg au titre des Sites (loi de 1930) sera vite remplacé par un classement de l’ensemble du bourg aux Monuments historiques, gage de meilleurs moyens pour assurer la préservation des vestiges, et c’est bien par un acte législatif des députés et non un acte administratif comme c’est de rigueur que le classement sera promulgué.

L’ouvrage évoque explicitement la difficulté de vivre à Oradour après, pour ceux qui n’ont pas connu le drame et qui de fait n’appartiennent pas à cette communauté de deuil. « Oradour se mue en un lieu hors du temps, sans autre référent mémoriel que le 10 juin 1944 » (p. 66) ; les rues ne portent initialement pas de nom, exception faite de l’avenue centrale « du 10 juin 1944 », et il faut attendre les années 1990 pour que véritablement la vie reprenne de façon plus légère, ordinaire en somme. Mais en rappelant d’emblée que les maisons du nouveau bourg ont servi d’entraînement à des jeunes architectes qui ensuite ont rebâti Royan, les auteurs, en plus de redonner une visibilité à ce temps particulier de l’événement et d’inscrire Oradour dans le paysage national de la Reconstruction, contribuent à désacraliser quelque peu et de façon je le crois bénéfique cette période : la vie ne s’est pas arrêtée à Oradour.

  1. Village-martyr, village-symbole

L’ouvrage me semble également d’un intérêt majeur dans son traitement d’Oradour comme d’un objet politique, dimension déjà traitée notamment dans l’évocation des suites du procès de Bordeaux et de la polémique concernant l’amnistie des Malgré-nous alsaciens, mais qui ici s’approfondit par l’évocation de l’architecture et de l’aménagement comme relevant d’un projet politique. On comprend combien le village-martyr puis le nouveau village sont érigés en symboles de la reconstruction politique de la nation et de la réaffirmation de l’identité nationale bafouée par les années d’Occupation. On apprend par exemple que le débat sur la conservation des ruines est ancien et complexe, et que les différents programmes successifs de préservation des vestiges, y compris les plus récents, sont très largement motivés par le souci de la Nation de ménager les sensibilités et de contribuer à la sauvegarde d’un dispositif de matérialisation d’une mémoire collective. On apprend également qu’Oradour fut très largement présenté, notamment par le général de Gaulle, comme un symbole du martyre d’une France unanimement résistante, mythe sur lequel l’historiographie est depuis revenue.

Par l’évocation de quelques polémiques moins médiatisées – notamment celle qui a entouré la statue « Aux martyrs d’Oradour » d’Apel les Fenosa, très critiquée par les locaux à sa réalisation puis cachée dans les réserves de musée avant de revenir au village –, en rappelant combien le Centre de la mémoire s’est vu assigner le rôle de relais entre devoir de mémoire injonctif et « devoir d’Histoire » plus pédagogique, ou en s’interrogeant sur la capacité à vivre le souvenir autrement que par le prisme des témoins de première main, les auteurs soulignent combien le processus de symbolisation de l’événement ne se fait pas sans heurts et doit faire l’objet d’une réflexion permanente et transgénérationnelle, dans un délicat équilibre entre distance et compassion.

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  1. Oradour comme objet territorial : la spatialité comme ressource

Enfin, cela en découle, l’ouvrage propose – sans véritablement le nommer ainsi – un traitement de la spatialité et du rôle de l’emprise spatiale du village dans son rôle territorial à une échelle plus vaste et dans ses effets symboliques. Autrement dit, comment le village, dans sa réalité physique (ses murs, ses ruines, ses chemins, sa silhouette, ses lieux de recueillement), est présenté en « ressource territoriale », c’est-à-dire en outil favorisant l’énonciation et la réalisation d’un projet dans l’espace. Oradour-martyr « sert » un dessein. Les auteurs le montrent de deux manières.

D’une part en évoquant la dimension géographique de « l’après », ou comment les opérations d’urbanisme contribuent à la fabrication idéelle et matérielle de l’objet « Oradour » tel que nous le connaissons aujourd’hui, prouvant que tout acte politique s’inscrit dans une matérialité spatiale. À savoir que l’aménagement post-événement est un moteur du façonnement d’Oradour tel que nous en avons conscience aujourd’hui : Oradour sans la fixation des ruines, sans sa signalétique, sans son agencement paysager, sans son mémorial rouillé, ne serait pas cet Oradour.

D’autre part en évoquant quoique très timidement le rôle de l’espace comme de ce qui pourrait relever du « dispositif » au sens foucaldien, c’est-à-dire exprimer combien Oradour (l’idée comme l’objet) est réapproprié depuis 70 ans dans l’action et les discours politiques locaux par différents moyens d’agencement spatial et à différentes fins d’organisation sociale et politique. Parlons par exemple de la sanctuarisation, de l’expropriation et de l’extra-territorialisation du site par sa « nationalisation » et sa « décommunalisation » devant façonner un statut de mémorial inviolable. Parlons aussi de la régionalisation du corps des architectes dans une optique de régionalisation de l’esthétique de ce projet national, ou de la conception du nouvel espace public dans la détermination des lieux de sociabilité. Citons aussi l’utilisation de la nouvelle église et de son esthétique contemporaine dans la perspective d’une rechristianisation sociale d’un territoire limousin peu connu pour sa piété. Evoquons enfin la construction d’une haute lanterne des morts par l’Association des familles des victimes pour s’opposer au martyrium souterrain de l’Etat. La mobilisation d’Oradour est un phénomène récurrent, permanent.

Avant de parcourir cet ouvrage richement documenté, j’espérais vivement pouvoir déceler une lecture politique voire critique – au sens « neutre » du terme – du processus de patrimonialisation et de symbolisation d’Oradour, tel qu’il est formalisé et déployé en Limousin de nos jours par les médias comme les élus, et que l’on peut notamment assimiler à quelques phénomènes médiatiques percutants, tels la marotte électorale de la terre de résistance (on se souvient que la liste Front de gauche à Limoges en 2014 avait osé présenter une de ses candidates sous l’expression « témoin du massacre d’Oradour »). À ce sujet, je reste un peu sur ma faim, il est vrai. J’avais toutefois bien conscience qu’avancer des réflexions de ce type peut s’avérer glissant à peine soixante-dix ans après la Libération, et ce alors que prolonger ces débats peut et doit s’avérer essentiel dans la bonne traduction du principe de devoir de mémoire. Une fois la lecture de l’ouvrage terminée, je dois bien avouer regretter qu’aucun géographe n’ait encore développé à ma connaissance un véritable travail de réflexion sur la territorialité d’Oradour, et sur la façon dont les acteurs locaux comme nationaux, quoique bien intentionnés, usent parfois maladroitement d’Oradour comme d’une ressource d’action et de discours. Il reste beaucoup à dire sur l’aménagement paysager d’Oradour, sur son utilisation dans la publicité, la communication institutionnelle, la signalisation routière, la cartographie…

Peut-être n’était-ce pas l’objet de cet ouvrage, qui demeure toutefois extrêmement intéressant et a le très grand mérite de nous apprendre encore des choses sur Oradour. Mais il reste donc encore beaucoup à dire sur les effets et les enjeux d’Oradour. Puissent des générations de chercheurs en sciences sociales y parvenir, et ainsi oeuvrer dans le plus grand respect des souvenirs et la plus grande justesse à l’égard des vivants, à l’objectivation des outils d’un devoir de mémoire cohérent et efficace.

Photo : Oradour, le nouveau village. (c) L.D., 2011.

> Oradour après Oradour, de Dominique Danthieux et Philippe Grandcoing, Culture et patrimoine en Limousin, 132 pages (24 €)
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> Quelques suggestions pour les Journées du patrimoine

18092015

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JEP 2015Ce week-end auront lieu les 32e Journées européennes du patrimoine. Un rendez-vous incontournable d’éducation populaire et de sensibilisation à la richesse de nos territoires.

« Patrimoine du XXIe siècle, une histoire d’avenir » : très juste mais a priori incongrue est la thématique choisie cette année. En effet, notre tout jeune siècle a-t-il eu le temps de produire des patrimoines ? Assurément, si l’on considère bien le patrimoine de façon proactive – et c’est ce qu’induit l’intitulé de cette année : salles de spectacles, musées, infrastructures de transports et industries, centre-ville réhabilités, mais aussi découvertes scientifiques, productions culturelles ou innovations techniques ; tout ce que nous avons déjà produit depuis quinze ans est le fruit de nos héritages, de nos relations, de nos aspirations, et à ce titre le produit de notre culture. Il en est déjà le témoignage et le sera encore davantage pour les générations en devenir. Penser la valorisation et la préservation de ces productions, c’est donc faire preuve d’humilité et d’un sens de la durabilité qui plus que jamais doit nous habiter. Toute période enfante son patrimoine : halte aux relectures hasardeuses qui sous couvert de modes esthétiques, d’impératifs économiques et/ou politiques voudraient que l’on valorise telle époque ou tel style au détriment d’autres. Le patrimoine – comme le paysage d’ailleurs –, ce n’est pas (que) le culte du beau, du grandiose, du dispendieux, du lucratif. C’est aussi et avant tout le reflet de notre société, dans sa simplicité, dans sa banalité, dans son utilitarisme aussi. Comme l’ont été les grands monuments que nous glorifions aujourd’hui. À ce tire, le patrimoine industriel ou résidentiel, le patrimoine immatériel (notamment linguistique), les paysages « ordinaires », doivent faire l’objet de toute notre attention. Puissions-nous en entretenir la conscience, en cela relayés et soutenus par les acteurs stratégiques que sont l’école et les médias.

À la lecture du programme annuel des JEP en Limousin – du moins sur Limoges –, un peu de déception tout de même. En effet, trop peu d’éléments de notre histoire très récente seront accessibles au grand public. Sans doute sommes-nous encore écrasés par la solennité du « vieux » et traditionnel (mais indispensable) patrimoine des châteaux et des églises, dont la sauvegarde est un combat permanent et sans fin. Sans doute aussi les sites de ce « patrimoine du temps présent » sont encore trop fonctionnels, englués dans une barbante quotidienneté et des règles de sécurité un peu trop strictes, pour qu’on les appréhende comme des lieux de visite le week-end.

On pourra regretter que davantage d’usines ne se joignent pas au mouvement, qu’Urêka, le musée de la mine d’uranium de Bessines, ne propose pas des interventions sur l’après-mine et la dimension sociale de l’exploitation controversée de ce minerai aux effets ambivalents, que le Limousine Park, centre de découverte de la viande bovine ouvert cet été au pôle de Lanaud, ne surfe pas sur l’occasion pour faire parler de lui, que les projets de réaménagement de Limoges ne soient pas davantage intégrés à une réflexion sur le devenir du patrimoine à l’époque contemporaine, que le patrimoine universitaire – bâtiments et projets de recherche – ne soit pas davantage mis en avant (on salue quand même l’ouverture du Centre européen de la céramique), que la STCL et la SNCF n’aient pas ouvert leurs entrepôts, et que l’aspect démocratique du patrimoine ne soit pas plus souligné… On pourra enfin verser une larme sur l’absence des jardins sonores de la Borie, mais c’est une autre histoire…

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Mais venons-y, tout de même de belles opportunités. Citons :

  • la découverte du périmètre de l’Aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine (AVAP) qu’Eymoutiers met en place actuellement autour de son centre ancien. Une bonne opportunité pour découvrir et comprendre les mécanismes de la protection du patrimoine à l’heure où l’on nous parle de durabilité et de transversalité des approches (samedi, 15h – tel. 05.55.69.57.60).
  • la belle alliance des contrastes de la Médiathèque Giraudoux de Bellac, entre classicisme et contemporain (samedi, 10h-16h, 05.55.68.12.79).
  • la visite de l’usine textile Broussaud des Cars, un bon moyen de soutenir le Made in Limousin (samedi : visites à 10h30 et 14h30, 05.55.36.90.90).
  • une exposition et des visites pour comprendre l’opération en cours de réaménagement de la place du 8 mai à Cieux (samedi a-m, 05.55.68.12.79).
  • comme les années précédentes, la grande mosquée de Limoges ouvre ses portes aux visiteurs (samedi et dimanche, 10h-13h, 15h-19h).
  • … tout comme France 3 Limousin, un incontournable des JEP qu’il faut avoir visité ne serait-ce qu’une fois, histoire d’approcher ses idoles du JT régional et de présenter une météo presque vraie devant l’écran vert (samedi, 10h-17h, sur inscription : il y a du monde en général)…
  • … et les Distilleries du centre, toujours à Limoges, parmi les dernières du genre dans une ville connue pour ses nombreuses anciennes brasseries, où il est possible de comprendre les processus de fabrication des alcools artisanaux… et même de les déguster (samedi 9h-12h, 14h-18h, 05.55.77.23.57).
  • En attendant son déménagement prometteur rue Charles-Michels, le FRAC Limousin vous attend encore dans les anciens chais de la coopérative de l’Union de Limoges pour une visite commentée de l’exposition « Fantômes dans la machine », demain et dimanche à 16h.
  • À Panazol, la médiathèque municipale propose samedi une journée thématique consacrée au « mail art », ou « art postal », avec au programme une expo (aux horaires d’ouverture), une conférence par Rémy Pénard à 14h30 et un atelier à 15h30 (05.19.99.40.41)
  • plus loin et côté nature, il est encore possible de découvrir la surprenante île de Chaillac, plus grande des îles sur la Vienne, entre Saint-Junien et Saillat-sur-Vienne, où cohabitent une faune et une flore riches, une potière et des agriculteurs, dans un cadre exceptionnel agrémenté d’un parcours d’interprétation.
  • Riche programme également au centre d’art contemporain de Vassivière, avec entre autres un atelier artistique pour enfants dans la structure gonflable de Hans Walter Muller (sur inscription, dimanche 14h45), et une rencontre avec l’équipe en résidence au château, composée des architectes de « Bureau mécanique » et des graphistes de « J’aime beaucoup ce que vous faites », avant une dégustation de vin (samedi, 17h). (05.55.69.27.27).
  • Enfin, ce samedi a lieu en parallèle le festival Rêves en place autour de la place de la Cathédrale à Limoges : au programme, jeux, concerts, bal, animations diverses… L’objectif : remettre l’espace public au cœur d’une conception festive, onirique (de fait), conviviale et solidaire.

Chez nos voisins limousins, il y aussi de quoi faire, avec en Corrèze :

  • à Brive, une balade à vélo commentée sur les transformations récentes de la cité gaillarde, dimanche à 10h30, avec le CAUE, Brive Ville Cyclable et les archives municipales (belle collaboration !).
  • exposition, performances (ce soir 19h et demain 14h) et visites du lieu de création artistique Le Garage, également à Brive (05.55.88.80.81).
  • toujours à Brive, le Studio Musiques actuelles de la rue Cassan accueillera les visiteurs et leur proposera notamment des répétitions et des démonstrations d’enregistrement (samedi 10h-12h, 14h-19h et dimanche 14h-18h).
  • le pôle accordéon, à Tulle, ouvre ses portes sur réservation demain et dimanche après-midi (14h-18h, 05.55.20.28.28), pour présenter cet instrument indissociable de la ville sous des jours contemporains…
  • la cité administrative Montalat, dite le « gratte-ciel de Tulle », qui marque singulièrement la skyline de la préfecture corrézienne, est ouverte à la visite commentée (demain à 14h, 15h, 16h, 17h, réservez avant cet après-midi 16h, 05.55.20.55.02).
  • dimanche à 15h, dans le cadre de la programmation du Pays d’art et d’histoire Ventadour Hautes terres corréziennes, une conférence-visite se tiendra à Neuvic sur le patrimoine XXIe et le rôle de notre regard sur le patrimoine dans sa compréhension, en plein dans la thématique de l’année (05.87.31.00.57).
  • le toujours riche et épatant programme du Pays d’art et d’histoire Vézère-Ardoise, avec notamment la visite d’un chantier de maison en paille à Saint-Bonnet-l’Enfantier (samedi et dimanche 14h-17h). Également dans ce cadre, à Vigeois, le spécialiste de la toponymie occitane Yves Lavalade tiendra une conférence sur ce sujet inépuisable et essentiel pour comprendre l’histoire de nos communes (ce soir, 20h30, Centre culturel) (05.55.84.95.66).
  • et aussi le viaduc des Rochers noirs, à Soursac, sur la Luzège, mis en lumière par Des racines et des ailes, chef d’oeuvre oublié de l’ingénierie ferroviaire, accessible librement de 9h à 19h tout le week-end.

Enfin, en Creuse :

  • grâce à l’Office de tourisme de la vallée des Peintres, il sera possible de s’introduire dans la cartonnerie désaffectée de la Celle-Dunoise, où la vie s’est arrêtée au 27 avril 1999 (sur réservation, demain 10h, 11h, 14h, 15h, 05.55.89.24.61).
  • demain à 10h30, il sera possible de comprendre la construction urbaine de Guéret, de ses origines à nos jours (sur inscription, 05.55.52.14.29).
  • Jean-Louis Paties ouvre son atelier de taille de pierre à Saint-Léger-le-Guérétois, tout près des anciennes grandes carrières du Maupuy (05.55.52.56.44).
  • le CAUE 23 propose un circuit décalé des églises du Plateau autour de Felletin, en covoiturage et pique-nique dans le sac à dos, au départ de l’Office de tourisme à 10h, et jusqu’à 17h (05.55.64.54.60).
  • le domaine agricole de Banizette, à La Nouaille, toujours en activité depuis le XVe siècle, propose des visites guidées demain et dimanche à 15h, 16h15 et 17h30.
  • à Toulx-Sainte-Croix, le chantier de restauration du lavoir d’hiver initié par l’association Pierres en marches sera accessible (samedi 10h-17h, dimanche 11h-17h). Il sera même possible de participer dimanche (9h30-17h, 15 €) à un stage de construction d’un mur en pierres sèches, et ainsi de se confronter concrètement aux enjeux du patrimoine vivant !

Espérons finalement que l’an prochain, d’autres patrimoines du XXIe siècle soient mis à l’honneur plus nombreux, et que pour les éditions suivantes, il ne soit plus besoin de justifier que notre petit siècle est déjà un producteur incessant de patrimoines !

Toutes les coordonnées et tous les renseignements utiles sont disponibles dans le programme complet sur le site de la DRAC Limousin.




La fausse bonne idée d’un nouveau dossier Porcelaine de Limoges à l’UNESCO

6102014

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lombertieIl y a quelques jours, on apprenait que la mairie de Limoges, par la voix d’Emile-Roger Lombertie, ambitionnait de proposer à nouveau la porcelaine de Limoges à une candidature française à la labellisation « Patrimoine culturel immatériel de l’humanité ». Et ce conformément aux promesses de campagne du candidat élu. Derrière cette preuve de détermination et cette audace, se cache néanmoins un combat perdu d’avance et à mon sens décalé des vrais enjeux, qu’il s’agisse du défi de la protection du patrimoine immatériel d’une part, ou d’autre part de celui du soutien à un secteur économique concurrencé.

N’est pas immatériel qui veut !

Car le label du patrimoine culturel immatériel, comme son nom l’indique deux fois, doit préserver et valoriser les savoir-faire (« immatériel ») davantage que les productions à grande échelle, fussent-elle d’excellence, et donc ménager la dimension sociale et sociétale (« culturel ») des pratiques. Bien davantage que la production qui peut émaner de ces traditions, parfois en dissociation totale de la pratique traditionnelle vécue. Ainsi, le label octroyé aux Ostensions vient remarquer les pratiques sociales liées aux commémorations, aux processions, au rapport à la croyance et à la place de ces événements dans la vie quotidienne et l’identité locale et collective. A Marrakech, on a labellisé « l’espace culturel de la place Jemaa el-Fna » (les sociabilités, les pratiques collectives, et donc l’ambiance qui en découle) et non les murs, façades et sols de l’espace, qui eux pourraient faire l’objet d’une labellisation plus classique comme en sont bénéficiaires le Vieux-Lyon, le Mont Saint-Michel ou les chemins de Saint-Jacques. Autre cas : la labellisation de l’art du tracé dans la charpenterie française ne vient pas soutenir financièrement les entreprises de charpenterie française par rapport aux autres. C’est dans cette nuance que résident, hélas, les instrumentalisations du label.

Le péril de la Porcelaine est bien plus économique que culturel

LOGO  unesco patrimoine immateriel coulDans son interview récente à France 3 Limousin, le maire entretient à ce titre la confusion : « Il est important que nous recommencions le travail pour la reconnaissance de la porcelaine au patrimoine mondial de l’UNESCO, et deuxième chose, que nous défendions la Ville et la porcelaine de Limoges comme des marques déposées partout sur la planète ». On peut saluer le volontarisme et l’ambition du maire, mais on fera remarquer que les délais d’instruction des dossiers, et la concurrence croissante des dossiers venus d’Afrique, d’Asie ou d’Océanie – c’est bien normal compte-tenu de leur sous-représentation – amenuisent fortement les chances des dossiers français. Surtout, on s’interroge sur la dimension incantatoire et la portée légèrement mercantile de cette déclaration. On remarquera que M. Lombertie, en vérité, mélange deux défis : celui du soutien à des produits, donc une filière économique d’exception et porteuse de renommée d’une part, qu’il a dû saisir dans son voyage récent en Chine, et celui d’une protection des savoir-faire et donc d’un patrimoine immatériel. Si ces missions sont complémentaires et indissociables, ce n’est pas par les mêmes remèdes que l’on en garantira la réussite. Et cette confusion entre savoir-faire et production est une erreur couramment commise dans l’animation et la défense des labels UNESCO. C’est par exemple le cas du repas gastronomique des Français, labellisé en 2010 et auquel l’UNESCO menace de retirer le titre si l’Etat continue de préférer la valorisation commerciale à la dimension culturelle – but initial.

UNESCO : un label plutôt pour l’émail ?

Monsieur Lombertie, dans sa déclaration télévisuelle, s’en moque – et c’est dommageable, mais souvenons-nous qu’en 2011, les autorités limougeaudes alors en place, autour d’un dossier largement piloté par Bernardaud, avaient subi une déconvenue quand l’Etat, sur suggestion de l’UNESCO, avait abandonné la candidature de la porcelaine au prestigieux label. Était reproché au document un souci trop fort accordé au devenir commercial par rapport aux enjeux artisanaux et culturels. Pressés il faut le dire par une concurrence déloyale – sur fond de délocalisations hasardeuses et de soupçons de dumping –, les acteurs locaux, on peut le comprendre, avaient mis toutes leurs forces et leurs espoirs dans la bataille pour la reconnaissance internationale des défis de l’industrie porcelainière par le biais d’un label culturel, peu adapté à ces enjeux il faut le dire avant tout économiques. Car si la porcelaine de Limoges est un patrimoine, elle est aujourd’hui bien moins ancrée dans la tradition vécue et sociale que ne peut l’être l’émail de Limoges, qui lui vit encore grâce aux petits artisans qui s’évertuent à transmettre leurs savoirs (cf. la maison de l’Email, et la renaissance bienvenue de la Biennale), et qui bien plus que la porcelaine mériterait un label venant valoriser les savoirs et la transmission d’un héritage. Or, la condition sine qua non d’une labellisation, c’est bien « l’importance subjective qu’a telle ou telle pratique pour la communauté qui la maintient en vie » selon Cécile Duvelle, responsable du label. L’importance est là, mais quelle communauté la maintient en vie ? Celle des industriels ne suffit pas.

Une IGP pour la porcelaine : un vrai combat !

Il n’est bien entendu pas question de nier la dimension patrimoniale et culturelle de la porcelaine – l’existence du conservatoire des arts et techniques Lachaniette ou la mise en place des Routes de la porcelaine peut le rappeler. Mais cette vocation patrimoniale est aujourd’hui surtout le fait des murs (les fours ou les usines) et des représentations (retourner son assiette chez un hôte). En somme, le défi pour ce fleuron de notre industrie et ce symbole de notre rayonnement international et pluriséculaire réside davantage, à mon sens, dans la défense de son rang, de sa qualité intrinsèque et de ses conditions de production sur un marché mondial qui n’a rien à voir avec le contexte de son âge d’or. Comme semble l’avoir compris M. Lombertie ! Mais il va sans dire que la Ville aurait dans ce cas tout intérêt à soutenir les perspectives de soutien politique aux acteurs locaux et à la production régionale, notamment par le biais du projet d’extension des IGP aux produits manufacturés. Une appellation géographiquement ancrée qui elle aurait de véritables conséquences en termes juridiques, quand un label UNESCO privilégie la notoriété ou le risque de disparition comme moteurs de sauvegarde.

Une porcelaine protégée par une IGP, un émail valorisé par un label Unesco. Engageons-nous derrière ces deux chantiers en en comprenant bien la divergence d’objectifs, c’est la meilleure façon d’honorer ces deux réussites locales !




> L’art en ville : un supplément d’urbanité et de fierté

29082014

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Comparaison Solitude et tilleul du Mas BilierLa municipalité est sans doute en train d’échafauder ses projets culturels pour Limoges. Le patrimoine, le spectacle vivant, la création plastique, mais aussi et avant tout l’éducation populaire sont autant de corollaires à cet enjeu culturel, ô combien essentiel dans un projet de cohésion sociale et de développement soutenable. D’autres défis majeurs se présentent : redonner aux Limousins la fierté d’habiter leur territoire ; réaffirmer la possibilité de présenter une image positive et optimiste de notre région ; créer les conditions optimales d’une stimulation salutaire du tissu culturel et artistique.

Pourquoi ne pas imaginer un projet qui place l’art au cœur de la cité ? Bien entendu, sans céder aux sirènes du monumentalisme, et, à l’opposé, sans casser toute initiative audacieuse et se rallier trop facilement au conformisme et à l’uniformité de projets culturels trop souvent sérigraphiés et dé-territorialisés. La détermination d’un projet réaliste qui sache concilier écriture de l’urbanité (prouver Limoges comme ville en tant que telle!), adhésion populaire et stimulation économique est un défi ! « Ecrire » la ville, en valoriser les richesses, tout en pensant au futur : le tourisme est un dénominateur commun que les parcours d’interprétation thématiques, sur l’histoire, la culture, le patrimoine paysager peuvent ménager et dynamiser !

ceretPlusieurs villes ont déjà souscrit à cette idée (cf. Céret ci-contre). A la clé, une dynamisation touristique, une valorisation des atouts culturels, donc d’un héritage commun, et un supplément d’urbanité – créer les conditions d’une fierté de vivre en ville ou de s’y rendre sans que cela passe nécessairement par les avatars du consumérisme. Car c’est bien cela aussi l’objectif : redonner aux habitants les clés de la valorisation de leur ville en en faisant des ambassadeurs, conscients de l’importance de se réapproprier ce que l’Histoire a construit et d’en faire un patrimoine vivant et généreux.

La tenue à la Bfm jusqu’au 6 septembre d’une exposition valorisant Géoculture, site qui géolocalise l’ensemble des œuvres réalisées en rapport au territoire régional, peut servir de tremplin à un tel projet politique. Cette manifestation estivale rend hommage à ce travail, inédit en France, de collectage et de mise en valeur des richesses de tout un territoire qui a su inspirer les artistes, célèbres ou non, qu’ils soient peintres, plasticiens, poètes ou écrivains. Ce projet a permis de mettre en lumière les liens entre territoire et art, et de ce fait de faire prendre conscience de l’atout potentiel de la création culturelle dans la dynamisation de territoires souvent dépréciés, urbains et ruraux. Imaginez des parcours d’interprétation dans Limoges, qui sur le modèle de Géoculture, mais cette-fois ci in situ, localiseraient les œuvres picturales, littéraires, cinématographiques, qui se sont inspirées de Limoges. Une séquence de Chéreau devant la gare, une toile de Maurice Denis rue de la Boucherie, une étude de Corot à Landouge, un extrait de Clancier dans le quartier des Émailleurs… Des supports pédagogiques et ergonomiques pourraient contribuer à démocratiser l’accès à la culture. Une occasion de prouver aux touristes et aux Limougeauds que leur ville vaut bien un détour et leur amour.

L’art se doit aussi d’être vivant. Le lancement de concours visant à remettre la création au cœur de la ville, par des œuvres iconoclastes, autant de nouveaux repères urbains, est également une idée à creuser, pour que les générations futures elles-aussi – développement durable oblige –, aient les opportunités de magnifier notre cité.

Photos : Le tilleul peint par Corot dans Solitude, souvenir du Vigen (1866) et son inspiration au Mas-Bilier de Landouge (c) L.D., 2012.
(c) J.M.Kiener, 2009 : Panneaux à Céret, ville célèbre pour les séjours de nombreux peintes au début du XXe siècle.




> La gare de Limoges chez Stéphane Bern : les enjeux du patrimoine à la télé

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Capture d’écran 2014-07-05 à 10.05.14Il y a quelques jours, il m’a été donné la chance de participer à un tournage télévisuel, à la gare de Limoges-Bénédictins, pour le compte de l’émission « Le monument préféré des Français », qui sera présentée à la rentrée par Stéphane Bern sur France 2.

Sollicité par l’intermédiaire de mon blog, j’ai apparemment intéressé l’équipe de tournage pour le rôle de « fil rouge » que j’allais devoir endosser pour cette expérience. Autrement dit, celui du visiteur privilégié, à qui l’on octroierait le droit très privé de découvrir ces lieux méconnus de la gare, ceux qui ne sont jamais ouverts au public. Grâce à Christine Payen (SNCF), l’historien Pascal Plas, le responsable du « Buffet de Limoges » Alain Guillout, ou encore Eric Boutaud de l’office de tourisme, j’ai pu découvrir la gare sous un autre angle, et j’ai ainsi pu monter dans le campanile au-dessus des horloges, découvrir les travaux de restauration du dôme après sa destruction par le feu en 1998, ou encore arpenter le fameux souterrain autrefois réservé à la Wehrmacht. Des privilèges dont la valeur était pour moi encore plus élevée compte-tenu de mon vif attachement à ce monument et à sa protection.

Le principe de l’émission se calque sur celui du Village préféré des Français, dont la 3e édition a été diffusée tout dernièrement sur France 2. Dans chaque région métropolitaine, 6 monuments sont pré-sélectionnés, et seront présentés dans des émissions quotidiennes en fin d’après-midi. Les internautes peuvent voter pour celui qu’ils préfèrent (un par région) ; celui qui dans chacune des 22 régions aura recueilli le plus de votes obtiendra le droit de « participer » à la dernière émission en prime-time, qui décomptera les monuments ainsi plébiscités et pourra proclamer lequel d’entre-eux est le « préféré des Français ».

DSC_0453Si les votes sont hélas déjà clos – soyez certains que je vous aurais sinon vivement engagé à aller faire votre choix -, je n’en espère pas moins que les Limougeauds et visiteurs auront su reconnaître en la gare de Limoges le plus bel ambassadeur de notre région. Car au-delà de ce goût actuel pour les classements que d’aucuns ont peine à comprendre, je pense que le véritable enjeu de ces programmes – et c’est tout à leur honneur – est bien de replacer au cœur de nos débats l’enjeu de la protection et de la valorisation du patrimoine, une responsabilité collective. La culture n’est pas un enjeu « secondaire » que la crise et les exigences financières devraient reléguer au rang de distraction, ou même de privilège des classes aisées. La culture n’est pas une « thématique », elle n’est pas un dossier isolé et obscur que seuls les spécialistes ou les artistes pourraient défendre. Non, la culture, et avec elle, la défense du patrimoine et la valorisation touristique de ces atouts peuvent entraîner derrière elles l’ensemble de la société dans un élan productif, tant sur le plan économique, que social. Elle est un pilier transversal du vivre-ensemble et du développement durable des territoires, qui participe de l’exercice des relations sociales, de l’apaisement des tensions et de la relance de notre économie. Puissent ces programmes participer de l’affirmation de ces principes ! Car non, les voir comme un dispositif sensationnaliste et de fait réducteur est une facilité : par leur popularité, leur esthétisme, ces programmes participent de la construction d’un paysage mental duquel naissent les sentiments d’appartenance et les attachements ; cette géographie des « belles images » a des atouts dans la conscientisation collective des richesses variées de nos territoires et des enjeux de sa défense.

DSC_0387Parions ainsi que cette émission favorisera d’autant plus la réappropriation par chacun de ce patrimoine monumental, et que par extension elle accélèrera la réouverture au public d’un campanile sécurisé, qui offre sans doute la plus belle vue qui soit sur Limoges. Parions aussi que cette prise de conscience servira d’embrayeur à la protection du « petit patrimoine » qui jalonne nos rues et nos quartiers, et qui autant que les grands bâtiments, est l’expression d’une histoire et d’une culture partagées.

De mon côté, cette participation n’a fait que renforcer mon affection pour Limoges et mon envie d’en défendre et valoriser la diversité patrimoniale. Rendez-vous à la rentrée pour la diffusion !

 

Un grand merci à l’équipe de tournage, et à tous les participants qui m’ont permis de passer deux journées exaltantes.




> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges

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> Des nouveautés dans le programme des visites touristiques à Limoges dans Actualité locale blim

L’Office de tourisme de Limoges et le service Ville d’art et d’histoire ont rendu public il y a quelques jours le tout nouveau programme de visites et animations pour la saison printemps-été 2012. Après un hiver marqué par l’arrivée – entre autres – d’une promenade consacrée à l’héritage industriel du quartier de la place Carnot, et de nouvelles activités pour le jeune public, c’est toujours le souci de diversifier l’offre sans en altérer la qualité qui a motivé ce renouvellement. La programmation est enrichie de nouvelles propositions deux fois par an. L’objectif est sans doute double : capter la fréquentation touristique en transit vers des régions voisines plus attrayantes (le Périgord, l’Auvergne, mais aussi le plateau de Millevaches ou le sud de la Corrèze), mais aussi inciter la population résidente à redécouvrir son patrimoine et la sensibiliser à son unicité et sa protection.

dsc_8374-300x200 dans CultureAppliquée à proposer aux classes et aux familles des produits touristiques adaptés à leurs attentes, mais allant également aux devants de celles-ci, l’équipe en charge du programme a donc étayé la liste de nouvelles idées : un nouveau jeu de piste familial, une balade théâtrale avec la participation des jeunes comédiens de l’Académie du théâtre de l’Union, une redécouverte de l’austère mais passionnante place de la République… Autant de raisons de rester à Limoges pendant ces vacances. Soucieux d’étendre son action aux territoires périurbains, l’Office proposera aussi deux randonnées pédestres commentées sur le secteur de Landouge, autour de la thématique du peintre Corot (une visite dont j’ai pris part à l’élaboration, soit dit en passant…)

En parallèle, on assiste aussi à une redéfinition des intitulés sur les visites phares. Ainsi, à la suite des Souterrains de la Règle, succès inconditionnel des visites estivales (une visite par jour en juillet et août !), les visites de la Cité et du quartier du Château ont été dupliquées en une nouvelle visite générale, « Limoges 2000 ans d’histoire », qui doit donner aux touristes l’envie de revenir et profiter de promenades plus pointues, plus thématiques. Une recomposition intelligente qui se doit de donner plusieurs niveaux de lecture du patrimoine urbain, de diversifier une approche peut-être auparavant trop peu lisible pour le néophyte.

L’enjeu tacite est capital : en s’attachant à proposer une offre conséquente hors période estivale, notamment en fin de journée ou à la pause de midi, l’Office de tourisme et Ville d’art et d’histoire font tout pour que les riverains, les voisins, Limougeauds et Haut-Viennois, prennent la mesure du patrimoine qui l’entoure. Un patrimoine qu’il convient de rendre ou maintenir vivant pour qu’il séduise, c’est vrai, mais aussi que toute son importance en terme de dynamisme économique et  potentiel soit révélé et approprié par les habitants, ambassadeurs de leur ville, et notamment les jeunes, encore trop peu atteints. En cela, l’existence d’ateliers pratiques, de rencontres avec des acteurs de la ville (émailleurs, comédiens, musiciens, etc.) sont des pistes extrêmement intéressantes. Pour faire de chacun un citoyen éclairé, mobilisé, qui aura compris que la culture est un moyen particulièrement pertinent pour favoriser l’implication dans les processus démocratiques, mais aussi pour redresser un pays, une région en mal d’image ou de dynamisme.

Le programme est disponible notamment à l’Office de tourisme de Limoges, boulevard de Fleurus.

Photo : L. Destrem







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