> La mémoire vivante, une nécessité

20 05 2013

> La mémoire vivante, une nécessité dans Actualité locale binitiativelocale

C’est dans une ambiance à la fois chaleureuse et émouvante qu’acteurs et relayeurs de l’Histoire se sont réunis sous la houlette du Conseil régional des jeunes. Témoin du massacre d’Oradour-sur-Glane, résistant, professeurs, historiens et élus, jeunes ou « adultes » : dans la foulée de la cérémonie de commémoration du 8 mai 1945 au jardin d’Orsay, à Limoges, tous ont eu à cœur d’échanger sur les enjeux de la transmission de la mémoire aux jeunes générations. Et à travers ce sujet, rendre compte de l’importance des échanges entre citoyens de tous âges et de la solidarité intergénérationnelle.

dsc_9255-300x200 dans Histoire

Portée par quelques jeunes du CRJ, cette initiative, – les « Rencontres de la mémoire » – entendait pallier la désaffection des jeunes dans les cérémonies de recueillement et leur supposé désintérêt vis-à-vis de cette période de l’Histoire dont chacun connaît les principaux événements mais dont on parle peu au-delà de quelques dates symboliques. Et pourtant, nombre des réalités qui régissent notre société en 2013 sont des héritages directs ou indirects de la Seconde guerre mondiale (l’Etat-providence, nombre de lois, de références morales, d’équilibres politiques, de bâtiments architecturaux, la morphologie urbaine, ou de façon plus triviale, nos jours fériés).

Si ce constat de l’absence des jeunes est propre à tous les territoires, on s’est mis d’accord pour dire que le Limousin, riche d’une histoire récente particulière, n’était sans doute pas la région où les jeunes sont le moins au fait de ce passé et de ses implications contemporaines. Les stigmates des massacres de Tulle ou d’Oradour permettent bon gré mal gré une certaine sensibilisation du public à cette thématique, mais on se demande parfois si le caractère extrêmement singulier de ces drames n’oriente pas un peu la mémoire vers un hommage parfois un peu factice quand il tient du réflexe.

Quoi qu’il en soit, les participants, dont les élus Jean Daniel (pour le Conseil régional) et Cyril Cognéras (conseiller municipal à Limoges) dont on a pu saluer la présence, ont eu à cœur de souligner l’importance de leurs racines familiales dans cette sensibilisation au devoir de mémoire. C’est parce qu’on a pu vivre au plus près de certains sites martyrs, qu’on a côtoyé des grands-parents ou arrière-grands-parents témoins directs de cette Histoire, et que l’on s’engage, d’une manière ou d’une autre, dans la vie publique, que l’on peut parler au mieux des enjeux liés à la mémoire. Elus du CRJ, déjà engagés d’une certaine manière dans la vie citoyenne active, ont perçu les messages de sympathie et d’encouragement des aînés comme un soutien à l’effort permanent en faveur d’un dialogue et d’un échange de compétences entre jeunes et moins jeunes. Mais il faudrait veiller à ne pas animer ces recueillements autour de la seule passion, du seul sentiment affectif, car en dépit de sa sincérité et de sa force, ce sentiment n’est-il pas voué à l’altération, quand témoins ou relais de première main auront disparu ? Ou pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de vivre au plus près d’un résistant, d’un ancien combattant, d’un contemporain de ces pages douloureuses et fondatrices ? N’a-t-on pas déjà la preuve des limites de la transmission quand elle s’articule uniquement autour du partage en famille ? Cela ne suffira pas. Il convient donc de trouver d’autres remèdes. Et il ne s’agit ni de passer pour rétrograde, ni au contraire de tendre au révisionnisme !

Passer par le biais des établissements d’enseignement et des professeurs pour inciter plus fortement les élèves à se rendre aux cérémonies, préalable à leur sensibilisation au devoir de mémoire ? Ce pourrait être une solution, même si l’on hésite toujours à faire de ces moments des contraintes. C’est sans doute à travers un dispositif plus ou moins global et plus ou moins formel, mêlant refonte des programmes scolaires, valorisation de la mémoire dans les discours politiques, et attachement à rendre cette transmission vivante et ancrée dans un contexte contemporain que l’on pourra assurer une réelle vitalité à notre mémoire collective : en connaissant au mieux notre passé, nous pourrons d’autant plus repousser les tentations à la réécriture de l’histoire ou au retour de certains démons, mais également nous aurons les clés pour construire et assurer un monde dont les schémas demeureront inspirés par des idéaux qui ont permis, un jour, le redressement de l’Humanité.

Photo : (c) L.D., 8 mai 2013, Limoges


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