> À Brive, deux projets de développement durable urbain

30032013

> À Brive, deux projets de développement durable urbain dans Actualité locale binitiativelocale

La sous-préfecture de Corrèze voit deux projets de développement durable se finaliser. L’un ,piloté par la municipalité de Philippe Nauche, consiste en une opération de reconversion urbaine d’un ancien garage en centre d’art contemporain ; l’autre, fruit d’un partenariat séduisant entre divers acteurs, en la réalisation d’un jardin-potager vertical, premier du genre en France. Deux bons exemples qui associés dans une politique urbaine innovante où les piliers de la durabilité seraient pleinement associés dans la transversalité, pourraient donner des idées pour les villes de demain, quelle que soit leur taille.

garage-mac-300x115 dans Aménagement du territoire

Le Garage MAC (pour « Moteur d’Art Contemporain »), se partagera entre un espace d’exposition et d’autres espaces voués à la rencontre entre public et artistes, et sera constitué au cœur d’un ensemble partiellement labellisé « Patrimoine XXe Siècle », racheté il y a cinq ans par la Ville de Brive. L’initiative est d’autant plus intéressante qu’elle émane d’une volonté politique. Or, on a conscience plus que jamais de l’importance de l’appropriation par l’acteur public local des opérations de renouvellement urbain, au-delà des programmes « habituels » de logement. L’intervention d’une municipalité sur ces questions est un bon signal en faveur d’une reconquête de l’espace public au service des populations, par le biais de la dynamisation culturelle et de la valorisation patrimoniale. La gratuité du site et sa localisation entre le centre-ville et la gare devraient jouer pour lui. Les enfants ont été associés à travers l’enfouissement d’une capsule temporelle qui ne sera ouverte que dans cinquante ans. Le Limousin, déjà en pointe en ce qui concerne la création artistique contemporaine, avec les sites et manifestations du réseau Cinq/25, bien répartis sur le territoire régional, verra donc dès la fin de l’année 2013 la naissance d’une nouvelle structure, cette fois-ci urbaine.

potager-vertical-brive-300x206 dans CorrèzeDans le quartier de Tujac, à l’ouest de Brive, c’est un potager vertical qui a été mis en place cette semaine. Organisé sur une surface de huit mètres sur douze, cet espace vient compléter une offre déjà importante en matière de jardins durables : jardins pédagogiques, jardin d’insertion, jardins familiaux, déjà présents dans la ville. La pérennité du jardin, les semis, les récoltes, tout cela sera assuré par l’entretien des riverains, et ce travail poursuivi doit aussi servir les échanges intergénérationnels autant que les repas préparés à partir des légumes ainsi plantés.

A l’instar du projet du Garage MAC qui a vu un concessionnaire s’engager comme mécène du projet, le potager vertical a été permis par l’association d’acteurs différents mais rassemblés dans la même optique : l’office de Brive Habitat, le centre socio-culturel Jacques Cartier et la scène conventionnée des Treize Arches ont conjointement porté cette idée, œuvre du paysagiste Michel Boulcourt, artisan des jardins de Chaumont-sur-Loire, et des services municipaux. Une œuvre participative, également, puisque les riverains de la ZUP de Tujac étaient volontairement conviés à la mise en place pratique de l’ensemble. La participation citoyenne vise à faire prendre conscience aux habitants de leur « utilité » au service du collectif, et même avant tout à leur redonner leur statut de citoyen, trop souvent dévoyé par l’inadaptation des politiques urbaines concernant la démocratie locale. Une prise de conscience qui peut aboutir autant sur un engagement fort des populations au service de la cité et de leur mise à contribution dans l’élaboration de politiques adaptées à leurs attentes et aux territoires.

Photo : Brivemag.fr / Les Treize Arches




> Nouvelle occasion manquée pour la reconnaissance des langues régionales

25032013

> Nouvelle occasion manquée pour la reconnaissance des langues régionales dans Aménagement du territoire bculture

La France ne ratifiera pas la Charte des langues régionales et minoritaires. Jugée non-conforme à la Constitution, qui stipule explicitement que la seule langue reconnue comme officielle demeure le français, la promesse n°56 de François Hollande passe à la trappe, même si le Président assure de sa détermination à compenser d’une manière ou d’une autre cette désillusion*. Alors, certes, au-delà de l’évident reniement qui nous est présenté, il ne s’agissait sans doute pas du plus marquant des engagements présidentiels. Et certainement pas celui qui viendrait le plus efficacement compenser les effets de la crise… quoique ! Quand on a conscience de ce qu’une telle reconnaissance aurait en matière de dynamisation touristique ou de cohésion sociale, on comprend d’autant plus les réactions amères et la motivation des défenseurs du patrimoine linguistique vivant national.

engagement56-hollande-300x217 dans HollandeMais qu’est-ce donc que cet obscur document dont on parle peu dans les médias ? C’est en 1992, sur proposition de la Conférence permanente du congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, que le texte a été adopté par ce dernier et proposé à l’adoption des Etats-membres du Conseil de l’Europe. Rappelons que le Conseil de l’Europe, qui vise à promouvoir la paix, les droits de l’homme et la démocratie, est indépendant de l’UE. Ses objectifs de concorde et de respect de l’altérité en disent long sur les motivations de la présentation d’un tel document, qui ne peut que chercher à favoriser la compréhension et les relations des peuples entre-eux par la reconnaissance officielle de leurs spécificités culturelles et linguistiques.

En France, où plusieurs dizaines de langues et dialectes seraient potentiellement concernés par la Charte (citons le breton, le basque, l’occitan, le catalan, le corse, l’alsacien, mais aussi le romani, les langues kanak ou encore le créole martiniquais), l’adoption d’un tel texte fait peur à certains, car elle serait vue comme une occasion de desceller la langue française d’un statut qui lui permet d’être la seule langue reconnue dans l’administration. Donner un statut légal aux autres langues pourrait ainsi être perçu comme une volonté de céder devant des revendications autonomistes ou communautaristes venant mettre à mal l’intégrité territoriale et l’autorité de l’Etat. Ce qui est un faux argument, étant donné que seules les langues ayant été parlées sur le territoire depuis suffisamment longtemps pour être considérées comme traditionnelles et maillons du patrimoine national seraient concernées. Autrement dit, des langues qui ont prouvé que loin de diviser, au contraire, elles servaient la vitalité culturelle et l’enrichissement mutuel. Et ne viendraient nullement remplacer la primauté juridique du français, mais simplement proposer d’autres horizons culturels et accorder une visibilité à des réalités sociales. Car des millions de citoyens français pratiquent ces langues… ou aspireraient à le faire ! Est-il encore besoin de démontrer l’utilité de la pratique d’autres langues que la langue maternelle, dans tous les domaines et à toutes fins ? Je citerai le Conseil de l’Europe qui signale que « l’approche retenue par la Charte respecte les principes de souveraineté nationale et d’intégrité territoriale. De ce fait, elle ne conçoit pas les relations entre les langues officielles et les langues régionales ou minoritaires en termes de concurrence ou d’antagonisme, le développement de ces dernières ne devant pas entraver la connaissance et la promotion des premières. Elle adopte volontairement une approche interculturelle et plurilingue dans laquelle chaque catégorie de langue a la place qui lui revient. Il s’agit, dans chaque État, de prendre en compte une réalité culturelle et sociale. » La France peine donc encore à le comprendre.

dsc_6014-300x199 dans LimousinMais à quels engagements concrets la ratification de la Charte inciterait-elle ? Le Conseil de l’Europe mentionne 8 principes fondamentaux. Parmi eux, on trouve la nécessité d’une action résolue de promotion, la facilitation de l’usage oral comme écrit dans la vie publique mais aussi dans la vie privée, ou la promotion par les Etats de la compréhension mutuelle entre tous les groupes linguistiques du pays. Difficile d’être plus rassurant quant à la perspective des revendications sectaires… En conséquence, l’enseignement des langues régionales, la place accordée à celles-ci dans la signalisation routière, les émissions de télévision ou de radio, leur présence dans les procédures administratives sont autant d’enjeux. Ce qui est normal, ils sont au cœur de notre vie quotidienne, et le(s) reconnaître, c’est bien là l’ambition !

« Sauvegarder et promouvoir la richesse et la diversité du patrimoine culturel de l’Europe sont devenus des objectifs fondamentaux du Conseil de l’Europe. » Pourtant, sur les 47 Etats du Conseil de l’Europe, seuls 25 ont signé et ratifié la Charte, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse ou encore la Pologne. Huit autre pays ont, comme la France, signé sans ratifier (l’Islande ou la Russie par exemple). Enfin, treize Etats n’ont fait ni l’un ni l’autre, et c’est le cas de la Belgique, la Grèce ou le Portugal notamment. En dépit d’une nouvelle demande du Conseil économique et social des Nations Unies en 2008, et des pressions de nombreuses personnalités et de partis politiques, les gouvernements successifs depuis 2002 se sont toujours refusés à accéder à cette requête, en dépit d’un léger progrès avec l’inscription dans la Constitution sous le gouvernement Fillon d’une mention de l’appartenance des langues régionales au patrimoine de la France. Pour le pays à tradition jacobine séculaire comme le nôtre, c’était déjà un grand pas. La promesse 56 du programme du candidat Hollande laissait enfin croire qu’une juste reconnaissance des langues régionales et minoritaires françaises serait faite. Encore raté, et cela fait bien une soixantaine de fois que les portes du Palais Bourbon demeureront fermées à une telle proposition depuis le début de la Ve République.

Au-delà de toutes les réflexions qu’il serait peut-être bon d’avoir sur le poids et la pertinence démocratique des grandes instances comme le Conseil Constitutionnel ou le Conseil d’Etat, cet échec révèle combien la centralisation outrancière et l’absence de remise en question, à l’échelle nationale ici (même si on l’a déjà dit, ratification ou non, les collectivités locales doivent aussi se saisir de cette question, à Limoges, on attend toujours les panneaux bilingues !), est un fléau. Ce qui fonctionne pour les comportements éco-responsables fonctionne aussi pour la reconnaissance culturelle : camper sur ses positions quand c’est par peur, méconnaissance ou nostalgie, n’est que rarement une vraie bonne idée.

* Le Président avancerait également ne pas être assuré d’obtenir les 3/5e du Parlement requis pour une éventuelle révision constitutionnelle. De faux arguments pour beaucoup, qui estiment que c’est une volonté politique qui fait défaut à la majorité parlementaire…

Photo : Panneaux bilingues occitan/français à Nice, (c) L. Destrem

 




> La nouvelle médiathèque de Panazol, un outil au service de la ville durable

18032013

> La nouvelle médiathèque de Panazol, un outil au service de la ville durable dans Actualité locale bculture

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Jeudi dernier avait lieu l’inauguration officielle de la toute nouvelle médiathèque municipale de Panazol. Presque six mois après son ouverture effective, ce très bel édifice a pu profiter du passage dans la région de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, lequel a su trouver des mots adéquats pour exprimer combien la société toute entière devait se retrouver autour de ces lieux publics, aux deux sens du terme, celui de la propriété comme celui de l’ouverture aux publics les plus nombreux et divers possibles. Il en va de la durabilité de nos villes et de notre quotidien au sein de celles-ci.

Panazol méritait bien mieux que son ancienne bibliothèque en sous-sol, austère et peu adaptée aux demandes d’une population de 10 000 habitants. Le mal est désormais réparé, et le nouveau bâtiment s’inscrit bien dans le paysage urbain, dominant le parc de la Beausserie de ses grilles ouvragées, oeuvre d’Isabelle Braud, qui n’ont pas beaucoup à envier aux plus beaux des moucharabiehs… L’architecture intérieure est elle aussi une réussite ; tout est fait et agencé pour que les visiteurs et lecteurs soient accueillis de façon optimale et aient envie de fréquenter assidûment cet espace.

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Le président Bartolone, à l’aise et sans notes, a eu un discours très remarqué dans lequel il a mis en évidence l’application française à faire de l’espace public l’espace de rencontre, l’outil de cohésion sociale, celui où les générations apprennent les unes sur les autres et ou chacun a conscience de la différence d’autrui, mais aussi et surtout de l’impératif de dépasser les craintes et de faire de ces différences des richesses. Un discours trop enjoué et vivant pour qu’il puisse être réduit à sa dimension stylistique ou politicienne. Une rhétorique efficace. Claude Bartolone plaçait son propos en creux des approches anglo-saxonnes, où c’est autour de l’espace privé, franchisé, celui du centre commercial par exemple, que s’articulent et s’entretiennent les relations sociales. Avec ce que cela peut impliquer en terme de rapport à l’acteur politique et à la démocratie, mais aussi de repli sur soi et de consumérisme.

Cette ambition de redonner toute sa place à l’espace public me semble très intéressante si elle est au mieux intégrée à un projet global de politique municipale (puisque l’on parle de ville, ici). Les déplacements urbains, l’intégration des établissements scolaires, l’organisation des installations de loisirs et des parcours sportifs, mais aussi de façon plus transversale encore, la reconquête par les piétons et les riverains de la rue trop longtemps abandonnée à la voiture : tout cela a avoir avec une bonne gestion des espaces publics. Au service d’une ville où il fait bon vivre et travailler. Ce n’est pas une incantation, mais c’est ce qui doit redéfinir – si l’on y travaille sérieusement et méthodiquement – de véritables politiques urbains multisectorielles et pluriactorielles, où l’ensemble des acteurs et des activités seraient considérées conjointement à travers une même finalité, celle de la durabilité.




> Le centre se recompose au conseil municipal de Limoges

10032013

> Le centre se recompose au conseil municipal de Limoges dans Actualité locale blim

A tout juste un an des élections municipales, les élus centristes NC et MoDem du conseil municipal de Limoges ont fait le choix de créer leur propre groupe. Conformément à la dynamique que Jean-Louis Borloo veut insuffler aux forces du centre à travers l’UDI, les élus du Nouveau centre quittent le groupe d’opposition UMP-NC. Sans doute incitée par le retrait de la scène médiatique de François Bayrou, miné par son double échec électoral l’an dernier, et dans la perspective d’une candidature indépendante de l’UMP, Nadine Rivet ancre donc à nouveau officiellement et logiquement le MoDem limougeaud au centre-droit.

conseil-municipal-de-limoges-300x285 dans Limoges

Elue en 2008 conseillère municipale MoDem aux côtés de Jean-Jacques Bélézy, décédé en 2011, Nadine Rivet s’est également présentée aux élections législatives de juin 2012 dans la 1e circonscription de Haute-Vienne, recueillant 2,50 % des voix et finissant 6e, loin derrière les 49,31 % d’Alain Rodet. Remplaçant M. Bélézy à sa disparition, l’avocat Philip Gaffet, 3e de liste en 2008, avait quitté le MoDem en novembre dernier et rejoint la majorité de gauche en s’inscrivant au Parti radical de gauche, nouveau parti de Monique Boulestin. Laissant Nadine Rivet seule. Cette situation inconfortable a dû la convaincre de s’allier avec le centre-droit et ses deux élus, Marie-Pierre Berry et Philippe Pauliat-Defaye. Votant souvent avec la droite, Nadine Rivet se démarque toutefois régulièrement sur ses positions concernant les transports urbains, notamment.

En ce qui concerne les têtes de liste, si la candidature d’Alain Rodet pour un 5e mandat ne fait aucun doute, et si l’hypothèse d’une candidature centriste se précise, les autres forces en présence laissent encore planer le mystère. A l’UMP, les candidats doivent être désignés au plus tard en septembre, mais il se murmure que le jeune Guillaume Guérin, poussé par certains responsables de son parti, pourrait au moins avoir l’ambition de participer à une primaire militante. On voit également mal comment le FN, absent en 2008 mais fort de résultats électoraux plutôt encourageants aux cantonales et législatives, pourrait renoncer à présenter une liste. L’unique élu Vert Cyril Cognéras, un temps allié aux anticapitalistes, a fait son retour à EELV dans la majorité municipale, et pourrait à nouveau incarner la tête de liste du parti. Si le PRG a vu une ancienne élue de taille le rejoindre en la personne de Monique Boulestin, on voit mal comment le désir logique de revanche que celle-ci pourrait entretenir suffirait à motiver la constitution d’une liste autonome de 55 personnes… L’inconnue principale demeure en la façon dont la gauche de la gauche participera à ce scrutin. Il y a cinq ans, les communistes et l’ADS avaient fait le choix de partir avec les socialistes, dans la lignée de leur comportement depuis plusieurs années dans la région. Mais entre temps, est née l’expérience unitaire de Limousin Terre de gauche, la LCR a fondu et ses leaders au Conseil régional ont rallié le Front de gauche, et les relations avec le PS se sont détériorées.







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