> Pour une université de la cohérence

14 01 2013

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.. ou pourquoi avoir envie de faire confiance aux projets du gouvernement

unilim dans HollandeEn dévoilant les grandes lignes de son projet de loi, Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, annonce enfin en quoi la politique du gouvernement en la matière est censée répondre aux très fortes attentes des acteurs de l’université et de la recherche, étudiants et employés. Des attentes forcées par des réformes pas toujours très bien comprises et bien menées, durant le quinquennat Sarkozy en particulier. Réforme de la démocratie interne, clarification des licences : des raisons d’espérer !

L’autonomie des universités, si dans l’idéal pourrait susciter l’enthousiasme en ce qu’elle favoriserait l’audace des établissements, se heurte bien souvent, à l’instar des marges de manœuvre des collectivités locales, aux écarts de moyens financiers, matériels et humains des établissements. Selon que l’on a affaire à une grosse université parisienne ou à un petit établissement comme celui de Limoges, les ambitions ne peuvent évidemment pas être les mêmes, et le regroupement des universités en Pôles de recherche et d’enseignement supérieur force au mieux la définition de stratégies plus solides, au pire la marginalisation d’universités vouées à l’annexion par une consoeur, voire à sa suppression (et donc une déliquescence de la qualité des formations pour des centaines d’étudiants provinciaux…). Le match Paris-Province – et même grandes villes contre villes moyennes – ne doit pas être relancé par la concurrence d’universités qui s’élèveraient, mode de scrutin et autonomisation obligent, en petites baronnies. En ce sens, la refonte du mode d’élection du président de l’université, avec la disparition de la prime à la liste en tête et l’arrivée du vote à deux tours, me semble être un très bon signal en faveur de plus de démocratie. Car l’université se doit d’être un espace démocratique, en tant qu’espace d’apprentissage et de formation à l’esprit d’initiative et d’ouverture au monde. Un lieu où l’alternance des équipes et des stratégies et la juste représentation de celles-ci serait garanti. Je pense en outre qu’il faudra demeurer vigilant quant à cette ambition affichée de favoriser des fusions et fédérations d’universités plus lisibles que les PRES. La cohérence scalaire des forces de l’université ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la mutualisation et du partage des compétences et des expériences, aussi attrayantes ces idées sont-elles.

La volonté de refondre l’offre de licences en la clarifiant part d’un bon sentiment. Sans doute faut-il y percevoir l’ambition d’atténuer le flou caractéristique de la fac, perçu chaque année par les bacheliers qui font le choix de la licence, et se heurtent à des intitulés aussi divers qu’abscons, et à la complexité de plateformes web peu harmonisées. Redorer le blason d’une université en perte de vitesse, à l’image plutôt altérée et au dynamisme aléatoirement vérifié, est vital. Mais n’y a-t-il pas des raisons plus tangibles à ce désamour pour les facultés ? Sans évidemment en appeler à une sélection sévère à l’entrée en première année de licence, j’espère que la redéfinition du mode de gouvernance des universités saura placer les étudiants, leurs projets, la cohérence de leur formation, au cœur de l’université. A ce sujet, aborder la place des fameuses classes préparatoires aux grandes écoles me semble intéressant. Car si ces établissements forment sans nul doute nombre d’élèves à l’acquisition de méthodes de travail, d’un volontarisme dans l’apprentissage et d’un socle de connaissances solide que les étudiants en fac n’ont pas toujours, ils ne contribuent pas nécessairement à former à l’ « esprit » de la recherche universitaire d’une part. D’autre part, sans aucunement tomber dans la facilité de l’argument démagogique, à apaiser les relations entre l’enseignement secondaire et le supérieur universitaire. Sans oublier qu’en dépit de réels efforts pour les démocratiser, ils demeurent bien souvent socialement sélectifs… Pour autant, abolir les fossés de réputation et les préjugés entre ces deux mondes reste un enjeu que des lois, aussi ambitieuses soient-elles, ne parviendront certainement pas à satisfaire aussi vite. L’espoir fait vivre, le dialogue animera cet espoir.


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