> Démographie : le Limousin n’est pas sorti d’affaire !

9 01 2013

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L’INSEE a, comme chaque début janvier depuis 2009, publié ses nouveaux chiffres officiels de population, valables cette année 2013 pour le 1er janvier 2010. M’intéressant ici à notre région et plus encore à la Haute-Vienne, je ne reviendrai pas en détails sur ces nouveaux comptes, même si je vous laisse en document joint accès aux chiffres détaillés pour les communes de Haute-Vienne pour tous les résultats recensés et les taux d’évolution annuels de 2006 à 2010 (recensements publiés entre 2009 et 2013).

Ces chiffres nous montrent plusieurs choses. Si la presse locale et les responsables politiques se félicitent – à raison – de voir que le Limousin, depuis près de quinze ans désormais, suit une tendance de regain démographique jamais observé depuis un siècle, grâce à une attractivité à rendre jaloux les départements franciliens, nombre de ces résultats, que corroborent des projections de l’INSEE (comme ici en novembre 2011) laissent penser que le Limousin et la Haute-Vienne sont à la croisée des chemins. Le regain se poursuit mais n’en demeure pas moins une tendance présente, qui n’a pas valeur de garantie pour le futur.

Quelques observations :

- La ville de Limoges centre, après quelques années de regain (années 2000), sans doute favorisée au départ au même titre que sa première couronne par la relance démographique régionale, perd de nouveau des habitants. De ce fait, on assiste toujours à un élargissement et même un recul de la zone de forte croissance démographique autour de la ville-centre : si cette première couronne connaît toujours un accroissement réel, c’est de plus en plus une grande couronne à 20-25 km qui voit sa population augmenter le plus. Raisons : prix du foncier, place disponible, qualité de vie, et la facilité de déplacement avec la voiture qui permet cet éloignement. Une capacité rendue encore plus aisée ces dernières années avec l’amélioration des liaisons routières au départ de Limoges (vers Ambazac, Saint-Junien, notamment). Cette tendance est porteuse des phénomènes de périurbanisation (l’expansion spatiale de l’espace bâti dense urbain autour des villes) et de rurbanisation (l’essor des modes de vie et de l’urbanisme citadin à la campagne).

- On remarque une complexification, une imbrication de deux tendances lourdes en milieu rural : entre regain et rechute. D’un côté, les communes les plus proches de l’influence périurbaine (30 km de Limoges), les communes situées le long des axes majeurs de communication (l’A20 en particulier, secteur de Saint-Germain-les-Belles par exemple), attractives, tirent leur épingle du jeu et contribuent à faire de cet espace rural un espace plus ou moins dynamique, qui depuis quarante années n’est plus soumis à l’exode. De l’autre côté, les communes les plus isolées, y compris en croissance durant les années 2000, connaissent davantage de difficultés sur les dernières années. Quoiqu’attractives, elles voient leur population diminuer (souvent en s’aggravant) car le solde migratoire positif ne parvient pas à compenser un taux de natalité moribond et une mortalité forcée par le vieillissement. Les nouveaux arrivants sont bien souvent des populations âgées. La situation est donc difficile en Basse-Marche et dans le pays de Vassivière.

- On constate également la déliquescence démographique continue des petits pôles ruraux, en dépit de leur rôle essentiel en terme de services publics et de commerces. Bellac, Saint-Léonard, Saint-Yrieix ou Eymoutiers sont des exemples haut-viennois, à l’instar de Bourganeuf, Bort ou Ussel. Ces bourgs de 3 000 à 7 000 habitants, sont sans doute trop modestes pour apparaître comme des relais efficaces à l’agglomération limougeaude, et souffrent peut-être de leur trop grande proximité avec la capitale régionale. La constitution de pôles d’excellence rurale, d’infrastructures culturelles et le réaménagement des centres-bourgs sont sans doute des solutions à exploiter pour maintenir ces communes.

En 2010, une étude de l’INSEE en région estimait que le vieillissement se poursuivrait en Limousin, mais moins vite qu’ailleurs. Sans doute à cause d’une situation déjà assez extrême, laissant peu de marge de progression. Une raison d’espérer un maintien de la population, certes un peu tragique et même un peu paradoxal. Mais qui face à l’incertitude et compte-tenu des échecs des projections qui ont pu par le passé, promettre 250 000 habitants à Limoges ou une désertification totale du Limousin avant l’an 2000, doit d’autant plus susciter des politiques audacieuses et inventives à même de motiver la dynamisation du territoire et maintenir les étudiants et développer des niches d’excellence. Une question qui ne se règlera pas, à mon avis, par un simple traitement de la problématique des transports. N’oublions pas que le vieillissement de la population n’est pas le seul enjeu socio-démographique des territoires limousins, et a fortiori, français.

A voir :
- Les derniers commentaires de l’INSEE Limousin, janvier 2013
- Les résultats complets du recensement 2010 valable au 1er janvier 2013
fichier pdf Résultats communaux et taux d’évolution annuels 1999-2010 en Haute-Vienne 

NB : cette publication n’a pas valeur scientifique. Il s’agit d’une observation personnelle, non-exhaustive et hypothétique.

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