> La LGV Poitiers-Limoges menacée par la responsabilité budgétaire ?

12 07 2012

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LGV-projet-construction-300x294 dans Aménagement du territoireLes récents propos du ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac, sèment – une fois encore – le trouble parmi les défenseurs de la grande vitesse. Et redonnent – une fois encore – espoir à leurs opposants. Non-évènement ? Nouvel épisode d’un feuilleton qui s’essouffle ? Volonté de rassurer les chantres de la rigueur budgétaire ? Et de ménager tout le monde à l’aube de l’enquête publique ? Un peu de tout (et de n’importe quoi) dans un débat qui manque définitivement de clarté…

« Élaguer dans les projets qui ont été proposés ». L’annonce faite sur France 2 par le ministre du Budget Jérôme Cahuzac en dit long sur les incertitudes qui entourent les grands projets d’aménagement du territoire lancés sous les mandatures de la droite depuis 2002. Mais si le gouvernement veut suivre les préconisations de la Cour des Comptes, et par la même occasion, rassurer ceux qui estiment que la modération dans les dépenses doit être une ligne de conduite en ces temps difficiles, il va certainement falloir laisser dans les cartons certaines lignes à grande vitesse. Et la question qui nous intéresse : quid de Limoges-Poitiers ?

Déjà menacé par les positions de campagne du candidat Hollande (la réévaluation de la pertinence socio-économique de toutes les lignes à grande vitesse encore en projet*, dont Poitiers-Limoges), le projet de la LGV limousine semble avoir encore un peu plus pris du plomb dans l’aile… Le président de la CCI de Haute-Vienne, Jean-Pierre Limousin, s’est d’ores et déjà offusqué des déclarations du ministre, ce dernier estimant qu’il est sans doute raisonnable de reconsidérer des projets proposant un gain de temps « marginal ». Rappelons que le projet de LGV Poitiers-Limoges est censé réduire de près d’une heure le trajet entre Limoges et la capitale.

Certaines mauvaises langues auront peut-être à cœur de souligner l’implantation électorale de Jérôme Cahuzac, élu du Lot-et-Garonne, département qui devrait bénéficier à terme de la LGV Bordeaux-Toulouse, souvent vue en Limousin comme une concurrente directe de Limoges-Poitiers et de la ligne POLT, puisqu’elle favorisera le trajet Toulouse-Paris via Bordeaux et Tours… Si le maire de Toulouse, le socialiste Pierre Cohen, s’est lui aussi inquiété de tels propos, Alain Rodet s’est montré plus optimiste, assurant avoir reçu du ministre en personne l’assurance. Si tel était le cas, la colère des opposants au projet pourrait redoubler, et qui sait, peut-être se nourrir d’accusations de clientélisme et de privilège du fief de la part d’un président corrézien…

Du côté de ces mêmes détracteurs, pour l’instant au moins, on semble plus confiant que jamais quant à l’abandon hypothétique du chantier. Pas sûr que la LGV Bordeaux-Toulouse soit délaissée. Mais son abandon, alors même qu’elle passe par Agen et semble avoir une longueur d’avance sur Poitiers-Limoges, s’il devait être acté, pourrait encourager tous ceux qui pensent qu’un développement durable et un désenclavement cohérent des territoires peuvent ne pas forcément passer par la réalisation de ces lignes. Des infrastructures qui, par le faible nombre de gares TGV, profitent surtout aux extrémités, causant le fameux effet tunnel et participant à ce qu’on a pu cyniquement comparer à un « déménagement du territoire »… D’autant que M. Cahuzac préfèrerait voir la SNCF investir dans la modernisation du réseau existant – quand les promoteurs de la LGV voudraient les deux. L’opinion du ministre apparaît ainsi conforme aux positions de ces associatifs et élus qui depuis 2006 se battent contre un projet qu’ils continuent de juger inutile et disproportionné.

Mais qu’en dit le ministre des Transports ? Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’une commission serait spécialement convoquée, avec pour difficile mission de classer les projets selon leur urgence, et ainsi de juger leur « faisabilité financière »…

Il convient désormais d’attendre une décision claire pour nous prononcer davantage. Revirements, bataille de chiffres, vérités et contre-vérités ; il va sans dire que la clarté n’aura pas caractérisé la conduite de ce projet. Reste à savoir si, et le cas échéant, quand et comment, le Limousin parviendra-t-il à obtenir une solution effective de désenclavement par le transport ferroviaire. Cela fait 30 ans qu’on attend. Et ce n’est peut-être pas encore fini.

* Seuls 4 projets, déjà en cours de réalisation, voyant donc leur achèvement assuré : Rhin-Rhône, Bretagne-Pays de Loire, Tours-Bordeaux, contournement de Nîmes-Montpellier.


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Une réponse à “> La LGV Poitiers-Limoges menacée par la responsabilité budgétaire ?”

  1. 13 07 2012
    Alex (18:11:18) :

    La LGV Limoges Poitiers n’est pas en tête de liste des projets menacé mais elle y figure, d’une part parce que ce projet souffre de trop nombreux défauts (voie unique, raccordement à Paris Montparnasse saturé, à la SEA qui sera aussi saturé, pas de Fret, prix des billets, bassins concernés qui sont quand même réduit vu qu’on omet une Creuse qui ira voir ailleurs), et de la concurrence du POLT, qui peut encore sortir une dernière carte avec une modernisation totale et un raccordement à la POCL (qui elle n’est pas menacé) pour faire des Limoges Paris en 2h. Je rappel aussi que les 2 h via la LP sont purement technique, mais dans la pratique, il risque d’en être tout autre.

    La LGV Limoges Poitiers souffre aussi de ses nombreux détracteurs, parfois hors région, parfois à juste titre, parfois non.

    Le raccordement prononcé de Périgueux à Limoges pourrait par contre donner un peu de souffle à cette ligne.

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