• Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 1 juillet 2012

> Série spéciale Présidents et Limousin (4/5)

1072012

> Série spéciale Présidents et Limousin (4/5) dans Découverte blim

Portraits-ministres-300x190 dans GouvernementLes pronostics allaient bon train avant la nomination du tout premier gouvernement Ayrault : l’accession d’un élu limousin à la présidence de la République allait-elle favoriser l’entrée d’un autre limousin au gouvernement ? Et ainsi de favoriser les dossiers locaux ?

Et les observateurs du cru de prendre les paris. Qui de Monique Boulestin (mais c’était avant que le nouveau président ne désavoue à demi-mots la candidate dissidente), de Jean-Jacques Lozach, de Michel Vergnier, de Alain Rodet ou surtout de Jean-Paul Denanot, membre de l’équipe de campagne en tant que spécialiste de la formation professionnelle, pourrait rejoindre les Valls, Taubira et autres Moscovici. Verdict sur le perron de l’Elysée : ce n’était pas pour cette fois. En cas de victoire de la gauche, quelque remaniement devait s’opérer au gouvernement, et qui sait, profiter à nos élus régionaux. Las, encore raté, cette deuxième mouture ministérielle n’a réservé aucun strapontin à nos représentants. Pour autant, loin de tout chauvinisme un peu inutile, revenons succinctement sur ces limousins qui ont obtenu un des innombrables portefeuilles des gouvernements de la République française, et qui ont donc contribué à écrire l’histoire politique du pays.

Carte-Google-Maps-ministres-limousins-279x300 dans HistoireTout ça, à travers une carte interactive sur Google Maps de ma création. L’occasion d’avoir un aperçu général sur ces élus, qu’ils soient purs produits du terroir ou ponctuels parachutés (comme Raymond-Max Aubert ou Marcel Paul), simple natifs du Limousin (comme Marie-Anne Montchamp) ou locaux de cœur, tombés dans l’oubli ou encore cités en exemple, comme Henri Queuille.

Dans le tableau ci-dessous apparaît l’ensemble de ces ministres, classés par ordre alphabétique. Ceux qui sont en gras sont traités individuellement sous le tableau. Tous figurent sur la carte (référencement par lieu géographique).

Raymond-Max Aubert (1947-)

André Bardon (1901-1965)

François Binet (1880-1930)

Pierre-Alpinien Bourdeau (1770-1845)

Joseph Brunet (1829-1891)

Marie-François Sadi Carnot (1837-1894)

Marcel Champeix (1902-1994)

André Chandernagor (1921-)

Jacques Chirac (1932-)

Anne-Marie Couderc (1950-)

Jacques Delors (1925-)

Jean-Baptiste Delpeuch (1860-1930)

Roland Dumas (1922-)

Alexis Jaubert (1879-1961)

Henry de Jouvenel (1876-1935)

Edmond Michelet (1899-1970)

Marie-Anne Montchamp (1957-)

Marcel Paul (1900-1982)

Henri Queuille (1884-1970)

Marcel Rigout (1928-)

Albert Rivière (1891-1953)

Georges Sarre (1935)

Charles Spinasse (1893-1979)

Pierre-Edmond Teisserenc de Bort (1814-1892)

Adrien Tixier (1893-1946)

René Viviani (1862-1925)

ROLAND DUMAS

Un symbole des années Mitterrand, pour le meilleur et pour le pire
Avant d’embrasser la carrière nationale qu’on lui connaît, Roland Dumas, né le 23 août 1922 à Limoges, a été élu local. Fils d’un résistant (Armée secrète), socialiste, arrêté en 1944 puis fusillé à Brantôme (Georges Dumas, dont l’ancienne avenue du Pont-Neuf porte le nom à Limoges), Roland Dumas a lui-même résisté, et organisa notamment le boycott par des étudiants lyonnais de l’orchestre philarmonique de Berlin en mai 1942. Brièvement interné, il s’échappe, et après avoir envisagé une carrière de chanteur lyrique, se destine à la carrière d’avocat. Ses défenses de Georges Guingouin désavoué par le PCF, ou de François Mitterrand après l’épisode de l’attentat de l’Observatoire, ou encore son engagement contre l’affaire des diamants de Bokassa, ont forgé son image.

La carrière haut-viennoise de Roland Dumas est brève : élu député en 1956, sur une liste socialiste dissidente, il ne se représente pas en 1962, partant cinq ans plus tard se faire élire en Corrèze contre Jean Charbonnel, puis en Dordogne, où son arrivée fut diversement appréciée, mais où il est reconduit deux fois. Il est en 1977 candidat à la mairie de Bordeaux, contre Jacques Chaban-Delmas, qui le défait.

Si la notoriété de Roland Dumas est aussi à mettre sur le compte de ses démêlés judiciaires (affaire Elf), voire de ses accointances avec quelques personnages souvent décriés (comme Mouammar Kadhafi, le militaire syrien Moustafa Tlas, ou Laurent Gbagbo), il ne faut pas oublier qu’il fut aussi président du Conseil constitutionnel de 1995 à 2000, après avoir été ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements socialistes sous François Mitterrand. A cette fonction, il a notamment œuvré pour la diplomatie au Proche Orient et au Cambodge. Personnage controversé, connu pour ses bonnes relations avec nombre de représentants du Front national, Roland Dumas n’en reste pas moins une figure majeure du mitterrandisme et du socialisme français des années 1980 à 1990.

MARCEL RIGOUT

Un des quatre communistes du gouvernement Mauroy
Marcel Rigout, né le 10 mai 1928 à Verneuil-sur-Vienne, demeure à ce jour le dernier ministre à être né en Haute-Vienne et y avoir exercé l’intégralité de sa carrière. Jeune résistant (comme agent de liaison entre Limoges et Saint-Junien), celui qu’on appelle le « métallo ministre » car tourneur sur métaux de formation, reconnaît en effet que s’il n’avait pas croisé la route du PCF, il serait sans doute devenu ouvrier du bâtiment.

Elu député de Haute-Vienne pour la première fois en 1967, Marcel Rigout l’est à nouveau de 1973 à 1981, date à laquelle il fait son entrée au gouvernement Mauroy, aux côtés de ses collègues communistes Anicet Le Pors, Charles Fiterman et Jack Ralite, avec le portefeuille de la Formation professionnelle. L’intéressé raconte au Populaire du centre comment cette entrée remarquée s’est effectuée : « Mitterrand ne voulait dans le gouvernement ni de responsables de partis – c’était une façon d’éliminer Marchais – ni de responsables de syndicats, ni de battus aux élections. Il ne restait plus grand monde sur la liste. Fiterman, Ralite et Le Pors ont été choisis. Il fallait un provincial. » Entretenant une relation particulière avec le président dont une des cousines favorites résidait près de chez lui, Marcel Rigout quitte ses fonctions après le « tournant de la rigueur », alors que le PCF, légitimement déçu, refuse de participer de nouveau au gouvernement. Marcel Rigout est une dernière fois élu député en 1986.

Symbole des velléités de renouvellement et de réforme du PCF de l’intérieur, Marcel Rigout, agacé de la mainmise de Moscou et de ses intérêts sur les initiatives du parti français, et dégoûté du stalinisme (« une confiscation de l’élan révolutionnaire »), claque la porte du PCF en 1992 pour fondé l’ADS (Alternative démocratie socialisme), originalité à gauche, présent et actif essentiellement en Limousin, où il est toujours un élément essentiel du paysage politique.

Ancien directeur du journal L’Echo du Centre, Marcel Rigout demeure aujourd’hui encore une figure écoutée, radicale mais lucide, incontournable de la gauche limousine. Jean-Luc Mélenchon, en meeting à Limoges à l’occasion de la campagne présidentielle de 2012, a cité un message de l’ancien communiste, et les 25 ans du mouvement en 2008 à Limoges avaient permis la réunion autour de Marcel Rigout de plusieurs personnalités de la gauche (Noël Mamère, Clémentine Autain, notamment).

ANDRE CHANDERNAGOR

Le premier président de la Région Limousin
Viennois de naissance (il a vu le jour à Civray, en 1921), énarque, entamant sa carrière professionnelle en Indochine, André Chandernagor s’est implanté en Creuse car c’était la région d’origine de son épouse. Maire socialiste de Mortroux depuis 1953, député de 1958 à 1981, il est en 1961 pour la première fois élu au conseil général, dans le canton de Bourganeuf, et prend la présidence de ce conseil en 1973. Il est notamment le fondateur du centre Jean Lurçat à Aubusson, et s’implique dans l’amélioration des liaisons routières du département. Accédant à la présidence du Conseil régional du Limousin, qui n’est alors pas encore une collectivité locale décentralisée, André Chandernagor n’en devient toutefois pas moins une des principales personnalités politiques de la région, et sans doute l’homme fort de la gauche creusoise, avant que la droite ne reprenne du poids dans les années 1990.

Il fut ministre délégué aux Affaires européennes dans les gouvernements de Pierre Mauroy, de 1981 à 1983, date à laquelle il démissionne, nommé premier président de la Cour des comptes.

Son fils lui a succédé à la mairie de Mortroux, qu’il a occupée durant 25 ans. Sa fille est l’écrivain Françoise Chandernagor, membre de l’Académie Goncourt.

GEORGES SARRE

Le compagnon de route de Chevènement
Employé aux PTT, syndicaliste, Georges Sarre est né le 26 novembre 1935 à Chénérailles, dans l’est de la Creuse, d’une famille historiquement basée dans la région. Toutefois, sa carrière d’élu s’est exclusivement déroulée dans la capitale, d’abord comme conseiller de Paris, puis comme député, maire du 11e arrondissement jusqu’en 2008, adjoint au maire Bertrand Delanoë de 2001 à 2010. Georges Sarre a également été eurodéputé. En dépit d’une défaite contre Jacques Chirac dans la lutte pour l’hôtel de ville, en 1977, l’implantation parisienne de Georges Sarre est solide. Ainsi, en 1993, il est le seul rescapé de la vague bleue aux législatives dans la ville.

Initialement engagé au PS (il est notamment celui qui a fait adopter le fameux logo de la rose au poing), il est proche de Jean-Pierre Chevènement, et à ce titre membre du courant du CERES. De 1988 à 1993, il est un représentant chevènementiste au gouvernement, en tant que secrétaire d’Etat aux transports fluviaux et routiers.

En désaccord sur la question européenne, sur la guerre du Golfe, sur l’orientation libérale de la direction du PS, le CERES devient parti indépendant en 1991, sous le nom de Mouvement des citoyens, aujourd’hui Mouvement républicain et citoyen. Georges Sarre et ses proches n’en demeurent pas moins fortement liés aux socialistes, et c’est comme candidat d’union PS-MRC que ce creusois de naissance a tenté une implantation comme député en 2007. Il est toutefois sévèrement battu par le sortant Jean Auclair, 14 points les séparant au second tour.

Voilà pour quelques-uns des plus récents. Mais n’oublions pas…

EDMOND MICHELET

Un corrézien d’adoption, figure des années De Gaulle
Né à Paris, ses hauts faits de résistance en Limousin sous l’Occupation le conduisent à s’implanter politiquement en Corrèze. Député MRP (mouvement centriste non-gaulliste) en 1945, il devient toutefois ministre des Armées, le général de Gaulle s’entourant de personnalités de multiples courants politiques assez divers, et n’en deviendra pas moins un ami du chef de la France libre. Il adhère d’ailleurs finalement au parti gaulliste, le RPF. Il occupe à plusieurs reprises d’autres postes ministériels (Anciens combattants, Justice puis Fonction publique, Culture dans les gouvernement Pompidou et Chaban-Delmas), et s’illustre en 1961 en s’opposant aux pratiques ultra-répressives de Maurice Papon contre les Algériens à Paris, ce qui lui vaut une exclusion des affaires. En dépit d’un retour électoral en Île-de-France, comme sénateur, il finit sa vie à Brive en 1970.

Il est le père de l’écrivain de la nouvelle École de Brive, Claude Michelet.

HENRI QUEUILLE

Avant Hollande et Chirac, il présida aux destinées de la France comme président du Conseil
Ce Neuvicois, figure de la Quatrième république, trois fois président du Conseil, a également été 21 fois ministre entre 1920 et 1954 (Agriculture, Travaux publics, Intérieur, etc.). Le « petit père Queuille », opposé à la Ve République comme aux honneurs, trente-trois ans député de son département, demeure encore aujourd’hui une référence pour certains politiciens, tant positive (la proximité, l’affabilité, l’honnêteté) que négative (l’inefficacité, l’inaudibilité) qui ont peut-être contribué à comparer François Hollande à ce corrézien.

ADRIEN TIXIER

Un gaulliste haut-viennois de la première heure a créé les CRS
Professeur de formation, ce natif de Folles, grièvement blessé dans les Ardennes en 1914, se reconvertit après la Grande guerre dans l’assistance aux mutilés de guerre. A la SFIO, il est proche d’Albert Thomas, qui préside le Bureau international du travail où Adrien Tixier travaille jusqu’en 1940. Après avoir rejoint De Gaulle à Londres, il est envoyé aux Etats-Unis comme représentant de la France libre à Washington. En 1943, il revient à Alger pour siéger au Comité français de libération avec Jean Monnet et Maurice Couve de Murville. Ministre de l’Intérieur du GPRF, on lui doit la DST et les CRS. La maladie interrompt en 1946 sa carrière locale (président du conseil général de Haute-Vienne, député) entamée seulement un an plus tôt.

CHARLES SPINASSE

Le destin ambivalent d’une figure égletonnaise
Professeur aux Arts et métiers, Charles Spinasse a effectué une riche carrière d’élu local en Corrèze et notamment à Egletons, dont il est maire de 1929 à 1944 puis de 1965 à 1977. Il y favorise notamment l’implantation de structures de formation au BTP, « tradition » dont bénéficie toujours la ville. C’est en tant que ministre de l’Economie du Front populaire qu’il signe les accords Matignon, mais son soutien avéré à la Collaboration entache largement son image.

HENRY DE JOUVENEL

Le second époux de Colette et sa demeure corrézienne
Né à Paris, le baron de Jouvenel des Ursins est notamment connu pour avoir été le second époux de Colette (après le fameux Willy). Mais également, ce pacifiste, ami d’Aristide Briand, sénateur de Corrèze, posséda le Castel Novel de Varetz qui sert de toile de fond à quelques-unes des œuvres de la romancière qui eut une liaison avec le premier fils de Jouvenel, cause du divorce. Premier président de l’Union des français de l’étranger, ambassadeur de France en Italie sous Mussolini, Jouvenel est ministre de l’Outre-mer en 1934 et représentant à la Société des nations, ancêtre de l’ONU.

RENE VIVIANI

Un acteur politique majeur de la Grande Guerre
Creusois, René Viviani l’est d’adoption. Né en Algérie, d’abord implanté politiquement à Paris, cet avocat se fait remarquer par son engagement pour l’accession des femmes à sa profession, pour la défense des ouvriers de Carmaux et des cheminots ou dans le scandale de Panama. Anticlérical, proche de Jaurès, avec qui il fonde l’Humanité, il entre contre l’avis de son parti dans le premier cabinet de Georges Clémenceau, en 1906, où il fait adopter comme ministre du Travail et de la prévoyance sociale plusieurs lois de progrès. Entre temps arrivé à Bourganeuf, où il est rapidement élu député et conseiller général (à Pontarion), ce socialiste indépendant reçoit en tant que ministre des Affaires étrangères la déclaration de guerre allemande et obtient l’entrée dans le conflit de la Russie et des Etats-Unis.

PIERRE-EDMOND TEISSERENC DE BORD

Un pionnier dans l’amélioration de la race bovine limousine
Industriel des chemins de fer, ce Castelroussin de naissance, député de l’Hérault sous la Monarchie de Juillet, s’implante en 1871 en Haute-Vienne, où il est député. Ayant acquis le domaine agricole de Bort, près d’Ambazac, dont il rénove le château comme c’est la mode à l’époque, il y conduit des expériences agronomiques qui ont contribué à lancer l’histoire contemporaine de l’élevage en Limousin. Il entretient les landes alentours, et plante pins sylvestres et douglas, parmi les premiers de France à l’époque. Organisateur de l’exposition universelle de 1878, un temps ambassadeur à Vienne en Autriche, il fut ministre de l’Agriculture avant de partir se faire élire sénateur du département voisin de la… Vienne. Son fils Edmond, longtemps sénateur en Haute-Vienne, continua cette œuvre agronomique.

Mais aussi…
A noter que seules deux femmes, limousines de naissances, figurent dans la liste : Anne-Marie Couderc, secrétaire d’Etat du premier gouvernement Juppé et à ce titre, une des fameuses « Juppettes », mais maintenue dans le second comme ministre déléguée, et Marie-Anne Montchamp, ancienne villepiniste ministre sous Raffarin et Fillon.

Et pour ce qui est des présidents limousins ? Sadi Carnot, né à Limoges en 1837, fut sous-secrétaire d’Etat et ministre des Travaux publics, puis ministre des Finances avant d’accéder à l’Elysée. En revanche, il ne fut jamais élu en Limousin, mais en Côte-d’Or. Jacques Chirac, dont les racines corréziennes, lotoises et périgourdines ont déjà été évoquées, a été on le sait deux fois premier ministre, mais on le sait moins, secrétaire d’État à l’emploi en 1967 (et ainsi instigateur de l’ANPE), à l’économie et aux finances de 1968 à 1971, ministre délégué chargé des relations avec le parlement de 1971 à 1972, et bien sûr ministre de l’Agriculture (et du Développement rural) de 1972 à 1974, avant d’hériter brièvement du portefeuille de l’Intérieur. Quant à François Hollande, on a assez dit qu’il n’avait jamais occupé une telle fonction.

Ajoutons enfin que Jacques Delors, dont la famille paternelle est originaire du Lonzac, près de Seilhac, en Corrèze, (celle de sa mère vient du Cantal voisin) n’a jamais souhaité se présenter aux suffrages des corréziens, même si en 1981, il est personnellement venu soutenir François Hollande, candidat aux législatives contre Jacques Chirac. Trente ans plus tard, sa fille, Martine Aubry, s’était targuée d’être un peu corrézienne, peut-être une façon de s’attirer les faveurs d’un électorat logiquement bien plus séduit par celui qui a depuis accédé à la fonction suprême…

Photos, de gauche à droite et de haut en bas : Adrien Tixier, Marie-Anne Montchamp, Pierre-Edmond Teisserenc de Bort, René Viviani, Roland Dumas, Edmond Michelet, Henri Queuille, Raymond-Max Aubert.

A suivre : visites présidentielles en Limousin




> L’image de Limoges ? On y travaille !

1072012

> L'image de Limoges ? On y travaille ! dans Actualité locale blim

Mairie-site-Limoges-300x115 dans Aménagement du territoireA l’heure de la réouverture du musée Adrien-Dubouché, les travaux du conseil municipal évoquent aussi une certaine envie de moderniser l’image de la ville. Tant mieux !

Lundi soir, en la salle du conseil de l’hôtel de ville de Limoges, se réunissait le conseil municipal. La riche actualité politique a largement inspiré les commentaires des traditionnels « animateurs » de séance, comme Philippe Reilhac (PS) à gauche, et Camille Geutier (UMP) à droite (le « vous regretterez le temps béni de la droite ! » a évidemment déclenché de grands éclats de rire…). L’élection d’un nouveau président de la République et d’une députée, Catherine Beaubatie, déjà élue limougeaude, et les visites successives à Limoges de plusieurs ministres en l’espace de quelques jours, suffisaient ainsi à assurer le minimum de spectacle.

De gesticulations et d’apostrophes, il en a donc été parfois question, mais les élus avaient aussi (surtout !) plusieurs dizaines de dossiers à discuter et/ou voter, souvent d’importance capitale. Si l’on a parlé des difficultés consécutives aux modifications de carte scolaire, si Cyril Cognéras (Alternatifs) et Nadine Rivet (MoDem) se sont pour une fois retrouvés sur le sujet effectivement problématique de la subvention à une église évangélique, alors que la question de la laïcité a déjà échauffé la salle d’assemblée de l’hôtel de région, si l’on a acté la démolition et la reconstruction du foyer des Coutures, si l’on a parlé de comptes municipaux, de marché dominical de Landouge et de culture occitane, on a aussi évoqué des sujets assez pratiques, qui touchent directement à l’image de Limoges, et dont l’aboutissement est particulièrement attendu.

En effet, la réaffectation et le réaménagement du site de l’ancienne caserne Marceau et de l’entrée de ville des Casseaux, puisque c’est de ça dont il s’agit, posent de grands enjeux. En terme d’image donc, puisqu’ils sont directement visibles aujourd’hui en venant de l’A20 et demain, peut-être, en venant de TGV, mais aussi, et en partie par extension, des enjeux en terme de dynamisation socio-économique et de cohérence urbanistique de la ville. Non contents de garantir une modernisation souhaitée et qu’il faut optimale, les travaux sur ces deux espaces doivent permettre de revivifier des quartiers stratégiques mais sous-utilisés, délaissés ou mal organisés.

La classification en ZAC du secteur Marceau pourrait profiter au réaménagement du quartier
Presque logiquement, ces épineux sujets sont des points de discorde parmi d’autres entre majorité et opposition, sur la forme comme sur le fond. En rendant compte de leurs observations et de leurs aspirations sur l’avenir de la caserne Marceau, Daniel Clérembaux (NPA), à partir du questionnaire envoyé aux riverains et des aspirations sociales qui en découlaient, et Camille Geutier, rappelant le projet à vocation économique, ambitieux mais controversé que le groupe d’opposition a présenté, rendaient compte – certes bien différemment – de leur impatience à voir la majorité du conseil proposer un véritable débat. Comprendre un débat qui puisse associer tous les élus et la population. Le leader de la droite au conseil regrettant que la majorité socialiste se contente de suivre les recommandations du cabinet Sémaphore. Le député-maire Alain Rodet a souligné que l’heure de l’échange viendrait, et qu’une éventuelle classification du secteur en ZAC (ndlr : Zone d’Aménagement Concerté, quelle autre meilleure appellation pour un espace voué au débat public ?) le rendrait d’autant plus nécessaire. En effet, une ZAC pose des enjeux d’aménagements et de structures, mais aussi de voirie. Une compétence de la communauté d’agglomération.

En attendant une nouvelle ambition en matière de transports publics…
Cette requête de clarification s’est une nouvelle fois vue formulée autour des perspectives de l’entrée de ville des Casseaux, véritable verrue de l’est de la ville, peu pratique, nouveau centre d’intérêt de la ville après la Bastide, et dont la reconfiguration s’est pour le moment limitée à l’arrivée de McDonalds dans une aile de l’ancienne usine Royal Limoges. Daniel Clérembaux a regretté qu’une meilleure information des conseillers ne soit pas effectuée, et Philippe Pauliat-Defaye (NC) de s’interroger sur la délégation de la maîtrise d’ouvrage à l’agglomération alors qu’il s’agit d’une entrée de ville. Ce à quoi Alain Rodet a rétorqué qu’une véritable procédure transversale de consultation et de concertation avait été menée il y a deux ans, et que l’enquête publique à la fin de l’année 2012 devrait recontextualiser les enjeux et réaffirmer l’actualité et l’urgence du projet. Si des documents ont en effet été communiqués en 2010, et que l’information du grand public sur ce site a, au moins à ce moment-là, été réalisée et incitée, la médiatisation a été moins importante ces derniers mois, contribuant peut-être au flou et à l’oubli par les limougeauds des impératifs formulés. Il est par ailleurs à regretter qu’une profonde réflexion sur la place des transports en commun le long de l’axe fluvial de la Vienne n’ait pas été menée, même si on peut raisonnablement penser que le résultat sera forcément plus appréciable que la situation actuelle.

Quoi qu’il en soit, et quelles que soient l’échéance et le résultat des réalisations, ces questions influenceront sans nul doute les programmes en vue des élections municipales de 2014. Une échéance qui s’annonce passionnante.

panneau-Limoges-2000-ans-dhistoire-300x117 dans GouvernementDe nouveaux panneaux sur l’A20
Sujet moins polémique et moins complexe, sans pour autant être simplement cosmétique, celui de la signalisation touristique de la ville a été abordé. Les fameux panneaux marronnasses qui annoncent depuis de nombreuses années quelques-uns des symboles de notre ville (2000 ans d’histoire, arts du feu, etc.) vont, résultats d’un accord trouvé entre l’Etat qui gère l’A20 et la mairie, par-delà la complexe réglementation, enfin être changés, et avec eux montrer (au) mieux, on l’espère, les atouts de Limoges. En espérant qu’ils arrêtent les touristes !

Quant à moi, c’est pour la première fois que je me rendais à la séance publique (sachez-le !) du conseil municipal, qui ne s’était plus réuni depuis février dernier. Et je m’engage à m’y rendre le plus souvent possible, tant, en dépit de discussions parfois un peu lassantes et de sujets peu attractifs, il s’agit de la manifestation la plus évidente et parmi les plus concrètes de l’exercice de la démocratie locale. Celle dont les acteurs, directement élus par les citoyens, parlent école, culture, aménagement, sport, comptes publics, où se trament, se font et se défont les ententes politiques qui déterminent les modes de gestion de la cité, et où colères et différends peuvent parfois devenir caricaturaux. Mais où, envers et contre tout, tant bien que mal, au final, se dessine et s’organise continuellement notre cadre de vie. S’intéresser à la vie de la cité, c’est déjà y participer. Se sentir concerné, s’efforcer de s’informer, c’est le premier et le plus important des engagements citoyens.







Mascara |
ARBIA |
hors-micro |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | joaniz
| FO Assurances 77
| Info33