> Série spéciale Présidents et Limousin (3/5)

15 04 2012

> Série spéciale Présidents et Limousin (3/5) dans Découverte b2012b

Pour le troisième volet de ma série spéciale Présidentielle, je vous propose de revenir tout simplement en image sur quelques meetings électoraux et visites de campagnes qui ont émaillé l’histoire des scrutins présidentiels en Limousin (cf. vidéos en cliquant sur les titres). L’occasion de les mettre en relation avec le contexte national et local, et peut-être de comparer ces situations avec la campagne actuelle, à une semaine du premier tour.

Jacques Chirac à Brive, Guéret et Limoges (1981)

Chirac-Brive-1981-300x268 dans Histoire« Il est ici chez lui en terrain conquis. » Des mots qui transposés trente ans plus tard, sonneraient de la même façon… mais pour un tout autre candidat ! Jacques Chirac choisit en 1981 de lancer sa campagne en province en allant à la rencontre des Limousins, tout d’abord à Brive, puis en Creuse et enfin à Limoges. La patte chiraquienne s’imprime, l’épopée est bien lancée, faite d’une alternance en province de rencontres d’agriculteurs sur le terrain, de simples citoyens sur les marchés et de sympathisants dans les salles. Une relation singulière que l’enfant du pays avait commencé à nouer en tant que ministre de l’Agriculture et du développement rural du gouvernement Messmer de 1972 à 1974. Et qui fera des émules : d’aucuns ont voulu dresser un parallèle avec les « techniques » de campagne de François Hollande, Ségolène Royal ou dans une moindre mesure de Nicolas Sarkozy, ou au contraire l’opposer à celles d’un Edouard Balladur ou d’un Lionel Jospin, plus urbains et moins chaleureux.

Un choix qui porte ses fruits au moins en Limousin : au premier tour, Jacques Chirac écrase ses concurrents en Corrèze (41 % contre 9 % seulement pour le président sortant), et les domine aussi en Creuse. Il n’est que 3e en Haute-Vienne, mais y améliore nettement le score de Jacques Chaban-Delmas, candidat gaulliste de 1974.

Jacques Chirac à Limoges (1988)

Nouvelle tentative pour Jacques Chirac, sept ans après son échec au premier tour contre Giscard-d’Estaing. En 1988, la candidature simultanée du premier ministre et du président sortants vient clore deux années d’acide cohabitation entre Jacques Chirac et François Mitterrand. Cet extrait du meeting du candidat du RPR à Limoges, retranscrit donc une attaque contre le socialiste, accusé d’imprécision et d’hésitation (tiens tiens !), se plaçant de fait en candidat de la conviction et du courage. Le tout en des terres qu’il connaît bien. L’allusion à la force physique peut surprendre, mais venant d’un homme qui a aussi fait de son corps, peut-être inconsciemment, une arme politique, un gage de sûreté et de détermination, ça l’est sans doute moins. N’en déplaise à Lionel Jospin qui quatorze ans plus tard, se mordra les doigts d’avoir traité son adversaire de « vieilli, usé et fatigué » !

Au détour d’une phrase de ce discours incisif, « nous, la France ». Le futur président s’assimilerait-il à son pays ? Sans doute pas, mais cette assurance ne suffira pas : Jacques Chirac enregistre au premier tour, en Limousin, un score légèrement inférieur à celui de 1981, et surtout, est nettement battu au second tour (54 % contre 46 %). La prochaine fois sera la bonne !

Lionel Jospin à Limoges (2002)

Un mois avant le terrible séisme politique que l’on connaît, le premier ministre est en visite au Palais des sports de Beaublanc. Entouré des principaux élus socialistes de la région, dont François Hollande, premier secrétaire du parti mais aussi élu de la Corrèze, Alain Rodet et Jean-Pierre Demerliat, sénateur et premier secrétaire fédéral, le candidat effectue un passage obligé en Limousin, qui bien qu’historiquement socialiste, reste aussi une chasse gardée de Jacques Chirac, qui y réalise de très bons scores (37 % en 1995, contre 24 % pour lui-même).

En mars encore, la confiance semblait régner (on se souvient d’ailleurs de ces images du candidat Jospin souriant quelques jours avant le premier tour, à l’hypothèse de son absence du second tour…). Les résultats plutôt bons du gouvernement de gauche plurielle semblent conforter la gauche dans sa capacité à offrir une alternative crédible au sommet de l’Etat. La suite sera tout autre, on le sait.

Excès de confiance ? Peut-être. Division de la gauche ? Certainement. Erreurs du candidat ? Possible également. La forme de sa parole et ses prestations publiques n’ont par ailleurs peut-être pas contribué à faire de lui un personnage chaleureux et galvaniseur. Des carences que nombre d’observateurs ont évoqué, et que l’intéressé lui-même a pu reconnaître. Dans ce meeting limougeaud, Lionel Jospin fait preuve de sérieux, mais les quelques images du reportage suffisent à le montrer parfois relativement distant du public, assez peu souriant, très concentré sur ses papiers. Une question de forme, mais cela compte. Il va toutefois sans dire que les causes de la défaite ne sont pas imputables qu’à lui !

Ségolène Royal à Limoges (2007)

Meeting-Royal-Limoges-300x200 dans HollandeEn cette fin mars, Ségolène Royal suivait de peu Michel Polnareff dans la toute nouvelle salle du Zénith. Au terme d’une journée de campagne en Limousin (foire des Hérolles dans le proche Poitou, visite à des salariés du textile, notamment), rendez-vous était donné à plus de 8.000 sympathisants, venus voir la candidate socialiste, désignée quelques mois plus tôt par 60 % des adhérents du PS. La ferveur de la foule présente n’arrivait toutefois pas à entacher la détermination des soutiens de la « voisine » poitevine, en ces terres de gauche, à proximité du fief de François Hollande. Les médias nationaux ne manquaient pas de relever la participation commune de ceux qui étaient alors encore deux conjoints, statut largement symbolisé par un fameux bisou que s’étaient échangé sur la scène la candidate et le premier secrétaire. Une image idyllique dans un cadre rassurant devant un public acquis. En d’autres termes, une séquence parfaite, alors même que Ségolène Royal était donnée battue dans tous les sondages depuis déjà deux mois… et que les mots des cadres officiels, bien qu’empreints de volonté, peinent parfois à masquer le scepticisme (et peut-être aussi, dirons certains, le manque d’application au soutien à la candidate).

En coulisses, les responsables et élus du PS local jouent donc de la méthode Coué, tout en ayant conscience de la relation particulière que Ségolène Royal a réussi à tisser avec les militants et les sympathisants. La figure maternelle et presque christique et martyre de Charléty (le fameux « aimez-vous les uns les autres » en veste blanche) en est une expression, et reste un des symboles de cette campagne présidentielle de 2007. Mais le changement n’a pas eu lieu.

Jean-Luc Mélenchon à Limoges (2012)

Le 4 avril dernier, le « républicain rouge », révélation artiste et scène de la campagne présidentielle de 2012, était en meeting au Zénith de Limoges. Une venue qui avait une saveur particulière, dans une région qui depuis 2010 sert de laboratoire à la stratégie d’union de la gauche du PS prônée par le Front de gauche, entamée avec l’expérience de Limousin Terre de gauche, alliance régionale poursuivie aux cantonales de 2011 du PCF, de l’ADS, du PG et du NPA.

Crédité de parfois 15 % des intentions de vote, l’ancien socialiste, outre des propos sur son programme éducatif, s’était notamment livré à une violente attaque contre le Front national, dont il cherche et parvient selon certaines enquêtes d’opinion, à dépasser la candidate. Ce réquisitoire, prononcé en allusion à l’agression d’un patron de bar de Limoges par un responsable départemental du FN en Haute-Vienne, a été repris quelques jours plus tard lors de l’émission politique de France 2 Des paroles et des actes, les journalistes cherchant à questionner la forme et l’évolution stylistique du discours de M. Mélenchon. Une verve et une théâtralité qui contribuent sans nul doute, au-delà du contenu programmatique, à séduire les électeurs, notamment les abstentionnistes. Comme à rebuter certains qui n’hésiteront pas à établir une comparaison avec le populisme assumé de Marine Le Pen. Rendez-vous le 22 avril.

A suivre : visites présidentielles en Limousin


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