> Le Limousin, enjeu des forces de gauche ?

15032012

> Le Limousin, enjeu des forces de gauche ? dans Hollande b2012b

88740_jean-luc-melenchon-d-co-president-du-parti-de-gauche-pg-et-pierre-laurent-secretaire-national-du-parti-communiste-le-15-mars-2011-a-limoges-300x198 dans LimogesLe Limousin n’est pas un enjeu électoral pour la droite. La tradition de vote à gauche (qui en fait un des grands bastions socialistes comme globalement tout le Sud ouest), la déprise chiraquienne en Corrèze, et surtout l’implantation de François Hollande sont des éléments qui vont dans ce sens. N’est-ce pas Jean-François Copé qui a été envoyé en « grand meeting régional » de l’UMP à Malemort-sur-Corrèze, préfiguration d’une absence du président-candidat sur les terres limousines, du moins haut-viennoises, pour cette campagne ?

En revanche, d’autres éléments devraient susciter l’attention des candidats de gauche. A savoir, l’expérience de Limousin Terre de gauche, saluée par les états-majors nationaux du PCF ou du PG eux-mêmes, et plus généralement, l’évolution sensible du rapport de forces entre les différentes tendances de la gauche dans la région aux derniers scrutins. Aux régionales, bien entendu, mais aussi lors des élections cantonales, il y  a tout juste un an, qui ont vu la gauche non-socialiste rafler quelques sièges socialistes en Haute-Vienne.

En ce sens, la guerre des affiches qui sévit – comme à chaque scrutin – sur les poteaux de la place Carnot, traduit bien la convoitise de l’électorat de gauche. Les principaux candidats s’apprêtent d’ailleurs à rendre visite au Limousin. Eva Joly était la semaine dernière de passage, mais n’a pas tenu de meeting. En revanche, Philippe Poutou tiendra ce soir une réunion publique Salle Jean-Pierre Timbaud, pour tenter de rallier à son projet et sa démarche les Limousins qui avaient été 5,1 % à accorder leur suffrage à Olivier Besancenot en 2007 (5e rang national). Mardi 27 mars, ce sera autour de Nathalie Arthaud de venir défendre sa candidature à la Maison du Temps Libre. Le 4 avril, le « Républicain rouge », Jean-Luc Mélenchon, force montante à la gauche du PS dans les sondages (10 à 10,5 % ces derniers jours), tentera de remplir le Zénith de Limoges, que François Hollande, si et seulement s’il est qualifié pour le second tour, a prévu d’investir fin avril, cinq ans après y être venu soutenir la candidate d’alors, Ségolène Royal. Il ne s’agira sans doute pas d’assurer des places de ministres aux responsables socialistes limousins. Mais de contribuer au choix d’un électorat qui certes paraît acquis à ce bord, mais qui a aussi entre ses mains les clés de la forme de l’hypothétique union de la gauche en vue du second tour, et de l’orientation de la politique en cas d’une victoire le 6 mai prochain.

Photo : AFP/Pascal Lachenaud. Pierre Laurent (PCF) et Jean-Luc Mélenchon (PG) venus soutenir les candidats Haute-Vienne Terre de gauche aux dernières élections cantonales.




> Pour une écologie de la transversalité !

14032012

> Pour une écologie de la transversalité ! dans Actualité locale b2012b

Sch%C3%A9ma-D%C3%A9veloppement-durable-300x270 dans Aménagement du territoireDe passage dans la région en milieu de semaine dernière, la candidate à la présidentielle d’Europe Ecologie-Les Verts, à la peine dans les sondages en dépit d’un programme plutôt ambitieux, s’est livrée sans hésitation au Populaire du centre, dévoilant la vision qu’elle avait de la dimension écologique de la politique régionale.

Autrement dit, l’ancienne juge d’instruction s’est évertuée à critiquer, cela en pointant deux sujets brûlants de l’actualité régionale : l’un que d’aucuns assimilent à un point Godwin des discussions en Limousin, la LGV Poitiers-Limoges, tant la perspective de l’arrivée de la grande vitesse suscite les passions et les vifs échanges, alors que l’échéance de l’enquête publique se profile. A ce titre, Eva Joly, dans la lignée des détracteurs du projet, brandit le curieux et plus qu’approximatif argument des 15 minutes, quand RFF et les élus favorables n’ont de cesse de mettre en évidence le gain. Une contradiction qui rappelle la double interprétation du fameux sondage de RFF de janvier 2010… Le projet de LGV n’est certes pas parfait, mais il est une condition même de l’avenir du Limousin, qui doit pouvoir intégrer le territoire régional aux réseaux nationaux et européens, et qui nécessairement accompagné d’une politique régionale des transports cohérente, doit pouvoir tirer vers le haut l’ensemble des espaces de Haute-Vienne, de Creuse, de Corrèze, et de tout le Centre ouest. Il sera important de veiller à cela.

L’autre sujet évoqué concernait au contraire le véritable tabou régional – s’il en est – du devenir des mines d’uranium. Et cette fois, Eva Joly a évoqué ce grand enjeu environnemental et de santé publique, sur un ton certes dramatique, mais à la hauteur des non-dits et des approximations concernant ce dossier, en ciblant effectivement l’Etat, qui par le biais d’Areva devrait endosser la responsabilité d’une telle situation. Il va sans dire que lumière n’a pas été faite sur tous les aspects de la situation, et qui peut assurer avec certitude qu’aucun scandale ne pourrait éclater dans les années à venir ?

Eva Joly terminait en argumentant à nouveau sur les risques évidents du nucléaire. Rappelons que depuis les élections régionales de 2010, les élus écologistes, emmenés par Ghislaine Jeannot-Pagès font partie de la majorité au Conseil régional, aux côtés des socialistes, en dépit de plusieurs désaccords, au premier rang desquels se trouve l’épineuse question de la grande vitesse*. A l’image de l’instable équilibre national issu de l’accord entre EELV et le PS concernant les élections législatives. Pas sûr que les électeurs s’y retrouvent aisément.

Quoi qu’il en soit, si l’union de la gauche reste un impératif, et devra se construire entre les deux tours dans le respect des différences, il va de soi que l’écologie doit avoir toute sa place, plus que jamais transversale, souci encore mal compris par tous, dans les réflexions des futures majorités politiques locales, et dans les mesures menées par le prochain gouvernement français. À savoir, une écologie dont la motivation sera d’assurer la justice. Une écologie qui ne doit pas être perçue comme l’apanage d’un parti, qui ne doit pas être perçue comme une sorte de doctrine punitive, des riches urbains contre les pauvres ruraux, des élites contre les classes modestes. Mais comme une politique concertée, responsable, à même de concilier, assurer et promouvoir le développement et le bien-être social sans nuire au dynamisme économique des territoires, dont la transition écologique est une nécessité. Une politique de réflexion proprement territoriale, qui ne sera pas uniformément idéologique, qui n’opposera pas les territoires les uns aux autres. Une politique qui sensibilisera, et même concernera l’ensemble des populations. Une politique qui associera à ses réflexions non seulement les problématiques environnementales, sociales et économiques, mais aussi culturelles, éducatives, entre autres. Une politique qui ne sera plus réduite à une promotion politique, mais qui incitera un mode de vie, une évolution des conceptions, sans archaïsme ni sectarisme.

C’est dans ce sens que le Conseil régional des jeunes promeut des projets dont le fil rouge est l’association des populations de tous les territoires à ces réflexions et ces transitions mentales sur la problématique du développement durable. Nous, élus de ce Conseil, sommes conscients que la génération des jeunes de 2012, qui vivra pleinement le mandat présidentiel à venir et verra sa vie influencée par celui-ci, et au-delà de tous intérêts partisans, se doit de donner l’exemple. Il en va de l’avenir de la planète, nous le savons, mais également ni plus ni moins que du quotidien des populations, de leurs activités et de leur cadre de vie.

*Depuis le départ de Cyril Cognéras pour le mouvement des Alternatifs, EELV est absent du conseil municipal de Limoges, comme du conseil général de la Haute-Vienne.




> Série spéciale : Présidents et Limousin (1/5)

3032012

> Série spéciale : Présidents et Limousin (1/5) dans Découverte b2012b

A l’occasion de la campagne présidentielle, je propose quelques articles spécialement liés à cette échéance si particulière, à travers une double série :
- « Jeunes en politique » : la parole est donnée à quelques jeunes limousins engagés en politique.
- « Présidents et Limousin » : petite série d’articles sur les relations entre le Limousin et la fonction présidentielle

C’est cette dernière que j’inaugure aujourd’hui, avec un article sur les attaches limousines des présidents et candidats. Je vous souhaite une bonne lecture, et, a fortiori, une bonne campagne !

ATTACHES LIMOUSINES

La fameuse « diagonale du vide » ne l’est pas en racines présidentielles. La présence à l’Élysée de locataires du cru a suffisamment alimenté les ragots populaires, autour de l’emploi supposé et/ou véridique de maints locaux dans la capitale. Et les chefs de l’État n’ont jamais cherché à passer sous silence leurs racines provinciales, s’en servant parfois même d’arguments asseyant leur légitimité populaire et nationale. En retour de cette « utilisation » parfois un peu forcée et symbolique, les reconnaissances ont pu se vérifier : l’autoroute A89, surnommée « autoroute des présidents », passant à proximité des fiefs de Chirac et Giscard d’Estaing, ne doit-elle pas son existence à son active promotion par ces derniers ? De la même façon, le poids des époux Chirac dans le destin de la LGV Poitiers-Limoges n’est plus à prouver (leur départ en 2007 participant de fait au floutage de l’avenir du projet…)

Au-delà de toute analyse politique périlleuse de l’incidence de l’appartenance régionale de certains de ces dirigeants sur leur action en tant que présidents, et sans volonté aucune de comparer l’oubli relatif de la région dans les grandes décisions nationales et la proportion non négligeable de chefs de l’État qui en sont originaires, il s’agira plutôt de présenter une brève et non-exhaustive approche des racines limousines de Jacques Chirac, François Mitterrand, Valéry Giscard-d’Estaing et Sadi Carnot, mais aussi de revenir sur les attaches et implantations de candidats à cette élection : François Hollande, Dominique de Villepin. Sans pour autant occulter l’attachement manifeste des illustres enfants du pays, qui n’ont pas renié cette filiation. Ainsi, Sadi Carnot, en visite officielle dans sa ville natale, déclama : « Je suis né à Limoges et mon cœur est resté en Limousin. Je ferai tout ce que je pourrai pour vous en donner la preuve. »

Sadi Carnot

Statue-Carnot-Limoges-194x300 dans Histoire

Sadi Carnot est né le 11 août 1837 à Limoges, officiellement au 14 du boulevard de la Pyramide (comme l’indique une plaque inaugurée par le Président lui-même en visite officielle), aujourd’hui boulevard Carnot. En réalité, il serait plutôt né rue Neuve Sainte-Valérie, actuelle rue du Général Cérez. Sa famille bouge beaucoup, et par conséquent ne reste que quelques années à Limoges. Son jeune frère, Alphonse, naît en janvier 1839 à Paris (mais entamera sa carrière dans l’Administration des Mines à Limoges). Les deux enfants grandissent en région parisienne, l’hiver à Paris, l’été à La Ferté-Alais.

Le père, Lazare-Hippolyte (1801-1888), frère du physicien Sadi et fils du révolutionnaire Lazare, est originaire de Saône-et-Loire. Jacobin, il est instigateur de l’Ecole d’administration en tant que ministre de l’Instruction publique en 1848, préfiguration avortée de l’ENA, créée en 1945. Virulent opposant à la mutation impériale, il termine sa carrière à l’Académie des sciences morales et politiques.

La mère, Jeanne-Marie Dupont-Savignat (1816-1897), bien que née dans l’Essonne, explique par ses origines limousines et charentaises (Manot puis Chabanais) le lieu de naissance du futur président. Elle est la nièce du bonapartiste et général d’Empire puis ministre de Louis XVIII Pierre Dupont de l’Etang, natif de Chabanais, en Charente limousine, à 45 km à l’ouest de Limoges, où la famille de Savignat possède un château, dit « maison Carnot », et propriété d’anglais depuis 2008. Isaac Dupont, un aïeul, fut le premier maire de la commune. Les parents de Sadi se sont d’ailleurs mariés à Chabanais, en 1836, et Sadi est baptisé en l’église de Grenord, petit hameau de la commune de Chabanais, à mi-chemin entre le château maternel et le village. La grand-mère maternelle, Marie-Thérèse Geneviève Nieaud, est la fille de Jean-Baptiste Nieaud, maire de Limoges en 1790 et conseiller général de la Haute-Vienne à trois reprises (qui acheta l’hôtel qui porte son nom à Limoges, rue des Vénitiens).

A Limoges, deux places (place Sadi-Carnot et place Lazare-Carnot) et donc un boulevard (qui a la particularité d’honorer le président à une extrémité et le révolutionnaire à l’autre) commémorent ce passé. La statue du président, inaugurée en 1897 en présence de Claude-Sadi, son fils, placée au centre de la place qui porte son nom, n’a pas survécu à la Seconde guerre mondiale.

Sadi Carnot a effectué trois visites officielles à Limoges :

  • La première en tant que ministre des Travaux publics du premier gouvernement de Jules Ferry, en 1881. Il inaugure à cette occasion les voies de chemin de fer de Bellac et Eymoutiers.
  • La seconde en tant que Président, en 1888 : outre le dévoilement de la plaque précédemment nommée, il se fait présenter le récent musée de la céramique par le mécène Adrien Dubouché, et le nouvel hôtel de ville par le maire.
  • La troisième fois, toujours comme président, en 1891, à l’occasion de la fête de la Fédération des sociétés de Gymnastique (FSG).
Joseph-Mitterrand dans Hollande

Joseph Mitterrand, père du président Mitterrand

François Mitterrand

Comme je le disais dans mon précédent article consacré aux racines du président Mitterrand, né en 1916 à Jarnac, la mère de François Mitterrand, Yvonne Lorrain, qui est née 36 ans plus tôt à Jarnac même, est issue d’une famille installée depuis le XVIIIe siècle en Charente. Nicolas François Lorrain, son arrière-arrière-grand-père paternel, gendarme né en Haute-Saône en 1757, est décédé en 1805 à Aigre, localité située à 30km au nord-ouest de Jarnac. La famille s’établit définitivement à Jarnac avec le mariage du petit-fils de Jules, portant le même nom, en 1869, avec Victorine Eugénie Faure, elle-aussi charentaise, de qui naîtra Yvonne, mère de François. C’est du côté de son père que François Mitterrand a des origines limousines. Celui-ci, Joseph, est né le 27 septembre 1873 à Limoges, et meurt en 1946 à Jarnac. Employé jusqu’en 1919 à la Compagnie ferroviaire du Paris-Orléans, il reprend la vinaigrerie de Jules Lorrain, père de celle qui devient dés lors son épouse. Entre temps, il a créé un négoce de balais. Les parents de Joseph se sont mariés en 1869 à Séreilhac, village natal de Pétronille Laroche, la mère, au sud-ouest de Limoges. Gilbert, lui aussi employé dans le secteur ferroviaire, est né dans l’Allier, à Audes, sa famille étant berrichonne. Les parents de Pétronille sont instituteurs limousins, lui né à Limoges, elle à Bussière-Poitevine et décédée à Flavignac, au château de Faye. En remontant encore dans l’arbre généalogique de la famille maternelle de Pétronille, les Du Soulier, on trouve des ancêtres à Saint-Auvent (les grand-parents de Pétronille), Saint-Junien, Saint-Laurent-sur-Gorre, et Verneuil-sur-Vienne, au XVIIe siècle. 

« C’est le pays de ma famille. Mon pays. » Ce que déclare François Mitterrand en 1985 à la télévision, c’est à l’égard de la Charente, de Jarnac, mais il n’a jamais oublié que sa famille était aussi d’ascendance limousine. L’ancien président était d’ailleurs admirateur de Jacques Chardonne, auteur de la saga charento-limousine des Destinées sentimentales.

Jacques Chirac

Le plus célèbre des Corréziens (avant François Hollande ?) est bien né à Paris en 1932, mais ses familles maternelle et paternelle sont toutes deux intégralement issues de contrées proches (Corrèze, Dordogne, Lot), sur plusieurs générations, faisant de la carrière politique locale de Jacques Chirac (conseiller général du canton de Meymac de 1968 à 1988, sept fois élu député de Corrèze, même pendant son mandat à la mairie de Paris ou sa présence à Matignon), davantage un retour au pays (élu de Haute-Corrèze, il est pourtant originaire du sud) qu’un parachutage. Cette relation particulière de quatre décennies dépassera largement l’aspect politicien : en témoignent à la fois l’attachement perpétuel et réaffirmé de l’intéressé à ce département, et d’autre part la lente déliquescence de la Chiraquie, après 2007, symbolisée par le passage de témoin du Conseil général de la droite à la gauche en 2008 et l’émergence du destin particulier de François Hollande.

Le père de Jacques Chirac, Abel François, est né en 1898 à Beaulieu-sur-Dordogne, à l’extrême-sud du département. Employé de banque, puis administrateur de sociétés, industriel qui croisera le chemin de Marcel Dassault, Abel François épouse Maire-Louise Valette (1902-1973), née à Noailhac. D’aucuns les imaginent père et mère adoptifs du futur président : à ce sujet, d’obscures partisans de périlleuses théories du complot aux relents politico-financiers disent Jacques Chirac fils biologique de Marie-Thérèse Magne et Louis Caudie, originaires de Meymac (tiens donc!), dont l’autre fils Robert a épousé une héritière des Bourbon.

Laissons-là ces rumeurs largement décelables sur le web, et revenons-en aux faits d’état civil, bien officiels et peu ébranlables. Le père de Jacques Chirac est le fils de deux instituteurs, lui, Louis Chirac, de Beaulieu, elle, Marie-Honorine Dumay, née à Calviac, près de Sarlat, en Dordogne, et elle-même fille d’instituteur. Les Dumay sont natifs de Comiac, dans le nord du département du Lot, depuis le XVIIIe siècle, auparavant de Teyssieu (toujours dans le Lot), eux-mêmes issus de la famille Daval, toujours de Comiac. La mère de Marie-Honorine est issue de Sousceyrac (encore le Lot). La famille Chirac est résolument corrézienne (Gros-Chastang, Sioniac) ; l’arrière-grand-mère paternelle de Jacques Chirac (famille Moulet) résidait elle aussi au nord du Lot.

La mère du futur président, Marie-Louise Valette, née à Noailhac, est la fille de Joseph Valette, instituteur lui-aussi, né à Meyssac, près de Collonges-la-Rouge, de parent bien locaux du midi corrézien (Branceilles, Chauffour-sur-Vell, Saint-Julien-Maumont). L’épouse de Joseph, Victorine Mouly, est de Sainte-Ferréole (comme ses parents), commune dont Jacques Chirac a été conseiller municipal et dont il fréquenta l’école.

En somme, les racines proches du Président Chirac sont exclusivement provinciales, et concentrées dans un rayon assez restreint, entre l’est du Périgord, le nord du Quercy, et le sud du Limousin.

Les deux dernières personnalités n’ont jamais présidé la République française, aspirent à le faire, mais ne sont pas garanties d’y parvenir. Quoi qu’il en soit, elles ont comme points communs d’avoir un lien particulier avec le Limousin d’une part Dominique de Villepin y a des attaches familiales, François Hollande en est élu depuis presque 25 ans)… et avec Jacques Chirac d’autre part.

Dominique de Villepin

L’ancien premier ministre n’a jamais été élu au suffrage universel, et ainsi n’a pas de fief électoral, ce qui n’avait pas empêché, et avait même favorisé les rumeurs autour de son éventuelle implantation en Haute-Vienne. Car Dominique de Villepin possède quelques attaches historiques en terre limousine, du côté de son père, Xavier Galouzeau de Villepin, par ailleurs toujours en vie. Le père de ce dernier, François-Xavier (1890-1972), administrateur de sociétés, est né à Limoges mais d’origine lorraine, et son épouse, grand-mère de Dominique de Villepin (famille Maurat-Ballange), est originaire de Vaury, au pied des monts de Blond, et Bellac, et plus en amont encore, de Creuse (La Souterraine) et de l’Allier (Montmarault).

A noter par ailleurs que Dominique de Villepin cousine avec l’actrice Fanny Ardant (haut-viennoise par son père), par un parent limougeaud éloigné, vivant au XVIIe siècle à Limoges.

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Jacques Chirac et François Hollande, en Corrèze, en juin 2011

François Hollande

Enfin, François Hollande. S’il est né à Rouen d’un père (Georges Hollande) né à Cognac, en Charente, issu d’une famille du Pas-de-Calais, et d’une mère (Nicole Tribert) née dans l’Essonne d’une famille issue de l’est de la France (Savoie, Rhône), François Hollande quitte la Normandie en 1968, pour Neuilly-sur-Seine, et sa carrière politique commence en 1981 par une première candidature en Corrèze, dans la circonscription de Jacques Chirac, que le corrézien Jacques Delors* n’avait pas voulu affronter. Conscient que son implantation sera compliquée en haute Corrèze ultra-chiraquienne, mais sans doute déterminé à disputer à cette droite si particulière le suffrage des corréziens, il migre vers le sud-ouest du département. C’est donc dans une autre circonscription, la première (Argentat, Beaulieu, Beynac, Donzenac, Juillac, Lubersac, La Roche-Canillac, Seilhac, Tulle et Vigeois), qu’il est élu député en 1988, battu en 1993 mais constamment réélu depuis 1997. Et c’est dans cet espace qu’il étend son emprise politique, tout d’abord en se faisant élire au conseil municipal de Tulle, en 1989, après avoir quitté celui d’Ussel (il devient maire de Tulle en 2001). Puis en arrachant le conseil général à la droite, en 2008, élu dans le canton de Vigeois. Concluant un parcours d’est en ouest de vingt ans, qui l’aura peu à peu vu reconquérir la terre de l’enfant du pays. Jusqu’à s’en réclamer lui aussi, de ce pays : « je suis de ce Limousin, de cette Corrèze où j’ai tant appris ». Déjà entendu quelque part ?

* cf. prochain article : « Les ministres limousins »

A suivre : « 40 ans de résultats électoraux »







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