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> Quand les politiques poussent la chansonnette…

15 11 2011

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laguiller.png« Si j’étais président de la République… », chantait et chante toujours Gérard Lenorman. La campagne s’annonçant impitoyable (et espérons-le, pas pitoyable), pourquoi ne pas profiter du calme avant la tempête pour revenir sur quelques-unes de ces perles audiovisuelles, qui mettent nos responsables politiques en scène (la vraie) et nous feraient presque oublier, le temps d’une chanson, d’un air, combien la politique est cruelle. C’est la minute poésie, et même si elle est ici un peu cacophonique, là un peu datée, elle est toujours appréciable, quel que soit le degré d’appréciation.

Valéry Giscard-d’Estaing / à l’accordéon !
Dans son fief de Chamalières, le futur président, qui n’est à cette époque que ministre des Finances, tente de disserter sur les variantes de l’accordéon… et s’emmêle un peu les pinceaux, préfigurant la bouillie qu’il offre à son auditrice. Celle-ci – speakerine de son état – et le plus célèbre des Auvergnats de Paris se donnent à un jeu d’un artifice rarement atteint, couronné par une mise en scène et des cadrages et « dialogues » plus que douteux. Un grand moment de télévision, digne du premier acte d’une pièce de théâtre du siècle dernier… (comprenez, XIXe, et encore…) Pour le second acte, rendez-vous en 1974 pour les remerciements en anglais. Et pour le dernier, évidemment, les adieux délirants de 1981.

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Arlette Laguiller / Mon p’tit loup (Pierre Perret)
Brocardée en révolutionnaire sectariste, radicale et virile par Les Guignols de l’Info, Arlette Laguiller, porte-parole et incarnation de Lutte Ouvrière de 1973 à 2007, détenant le record de participations à une élection présidentielle (6 candidatures), se livrait en 1993 à une prestation en direct, que certains jugeront poignante, d’autres décalée ou pathétique. Quoi qu’il en soit, qui nous dit que la militante d’extrême-gauche n’avait pas eu le sentiment d’avoir déclamé, par la chanson de Pierre Perret, un manifeste féministe plus délicat qu’une tonitruante tribune politique ? Mention spéciale.

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Noël Mamère / Les Enfants de par là (Noël Mamère)
Noël Mamère est un vrai touche-à-tout. Avant d’être une des figures de proue des Verts dans les années 2000, il a en effet présenté les journaux télévisés d’Antenne 2, de 1982 à 1987. Mais ce qu’on sait peut-être moins, c’est qu’il s’est à la même époque essayé à la… chanson. Cet unique titre se nomme Les Enfants de par là. Les paroles sont assez classiques… mais c’est bien le décor dans lequel Noël Mamère a été filmé à l’occasion de cette émission télévisée qui interpelle. Un bijou.

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Bernard Tapie / Vite un verre
Mais le touche-à-tout le plus célèbre de France, c’est sans nul doute Bernard Tapie. Avant d’entamer l’étonnante carrière qu’on lui connaît, dans les affaires, le sport, le cinéma, la politique (en tant que ministre de François Mitterrand, député des Bouches-du-Rhône et leader radical de gauche), Bernard Tapie avait tenté, dans les années 1960, de percer dans la chanson. Ah, pardon, Bernard Tapy, histoire de sonner plus anglo-saxon. L’histoire ? Un homme déçu et trompé. Qui va trouver le réconfort dans la boisson. Et nous faire rire, un peu. En 1998, il retentera, avec Doc Gynéco.

 

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Lionel Jospin / Les Feuilles mortes (Jacques Prévert)
Tout semble réuni pour livrer une prestation troublante. Voix tremblotante et légèrement fausse, mine austère et paroles lyriques et tragiques (et interprétation par Lionel Jospin, qui pour certains résume peut-être le tout). Il faut simplement oublier que l’émission est « Carnaval », présentée par le tonitruant et peu délicat Patrick Sébastien. Tout jugement qualitatif mis à part, pas sûr que ce soit avec cette séquence que le premier secrétaire du PS de l’époque (en 1984) ait réussi à briser son image de triste sire.

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Ségolène Royal / Capri, c’est fini (Hervé Vilard)
Invité de FOG fin 2007, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à l’investiture suprême, retravaille son style et se relance après son échec à la présidentielle. Elle croise sur le plateau Hervé Vilard, dont toute la carrière est souvent réduite à ce succès de l’été 1965, Capri c’est fini. Hervé Vilard participera d’ailleurs à la fête de la Fraternité, organisée par la présidente de Poitou-Charentes. Mauvais choix de tonalité, paroles hésitantes, Hervé Vilard surjouant un peu, scène forcée. Mais instant décalé, une fois encore ! Ségolène Royal ne voulait peut-être pas qu’on l’assimile trop aux paroles de la chanson…

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Eric Besson / Ceux que l’amour a blessés (Johnny Halliday)
C’est sur le plateau de LCI que l’actuel ministre de l’Industrie et ancien socialiste Eric Besson, avait en 2010, chantonné quelques phrases d’un tube obscur de « notre » Johnny national, Ceux que l’amour a blessés, daté de 1970. Le minsitre, qui ne chante pas trop mal, connaît son rôle. Et tient peut-être à faire oublier les piètres prestations des responsables nationaux de l’UMP, qui s’étaient bruyamment faits remarquer dans le fameux lipdub des Jeunes populaires, Tous ceux qui veulent changer le monde… J’en reparlerai sans doute. Pour la vidéo en question, c’est ici.

Pour terminer, je vous invite aussi à (re)voir à ce sujet mon article-florilège sur les politiciens s’efforçant de parler anglais.


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