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> Le logo de Limoges fête ses 20 ans

23112011

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notrenouvellesignature.pngLes années 1980 étant celles de l’émancipation et de l’affirmation de l’identité des collectivités locales françaises, ces dernières trouvent intérêt à retranscrire ce dynamisme par la création de logos qui transporteront au mieux leur « marque ». Ainsi, la Région Limousin s’est dotée en 1989 de sa fameuse feuille de châtaignier frappée du « L » rouge, symbole relooké en 2007. Limoges n’échappe à la règle.

C’est le 23 novembre 1991, il y a donc vingt ans jour pour jour, que la mairie de la ville présentait officiellement au public le logo que nous connaissons bien aujourd’hui, par une journée de festivités, avec force affiches et pavois sur les panneaux de la ville, le campanile de la gare ou l’Opéra-théâtre, annonçant une mystérieuse révolution pour le 23 du mois. Tout cela, installé dans la nuit par les agents municipaux, pour que le nouveau symbole soit une surprise offerte aux regards des limougeauds au matin. Créé par l’agence Anatome Signis, aujourd’hui disparue, le logo limougeaud ne faisait pas l’unanimité parmi les fervents défenseurs du blason historique (parmi lesquels Alain Texier, historien, professeur à la faculté de Droit et royaliste reconnu), où figure le paternel chef de Martial. Le blason, « de gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l’antique d’or, ombré de sable, entre deux lettres gothiques d’or S et M ; au chef d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or », honore donc le premier évêque – au IIIe siècle – et saint patron de la ville, auquel fut adjoint en 1421 par le futur roi Charles VII le « chef de France », les lis d’or, en reconnaissance de la résistance des habitants contre les Anglais.

Comme beaucoup d’autres, le logo de Limoges se veut la représentation d’une alliance de l’héritage historique et de la modernité. Le bleu et le rouge, couleurs de Limoges déjà présentes dans le blason, et la flamme évocatrice de la tradition séculaire des arts du feu (émail et porcelaine) sont associés à la forme circulaire, qui fait autant allusion à la forme en plan de la première cité double, à la boule de l’église Saint-Michel, à l’assiette de porcelaine ou au ballon de basket du CSP. Le dossier de presse de la mairie ajoutait : « Au-dessus de la flamme, une boule bleue appelle l’avenir, le développement. Au-delà, cercles et feu dans un espace blanc expriment cette terre de création qu’est Limoges et qui veut rassembler ses habitants autour d’une signature moderne et élégante ». Le logo de Limoges fera-t-il encore long feu ?

Pour son aide précieuse et sa disponibilité, mes plus sincères remerciements à Monsieur V. Schmitt, directeur général adjoint du cabinet de M. Rodet à la mairie de Limoges, en charge de la communication et des relations internationales. / Affiche du nouveau logo devant la gare © Mairie de Limoges




> Quand les politiques poussent la chansonnette…

15112011

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laguiller.png« Si j’étais président de la République… », chantait et chante toujours Gérard Lenorman. La campagne s’annonçant impitoyable (et espérons-le, pas pitoyable), pourquoi ne pas profiter du calme avant la tempête pour revenir sur quelques-unes de ces perles audiovisuelles, qui mettent nos responsables politiques en scène (la vraie) et nous feraient presque oublier, le temps d’une chanson, d’un air, combien la politique est cruelle. C’est la minute poésie, et même si elle est ici un peu cacophonique, là un peu datée, elle est toujours appréciable, quel que soit le degré d’appréciation.

Valéry Giscard-d’Estaing / à l’accordéon !
Dans son fief de Chamalières, le futur président, qui n’est à cette époque que ministre des Finances, tente de disserter sur les variantes de l’accordéon… et s’emmêle un peu les pinceaux, préfigurant la bouillie qu’il offre à son auditrice. Celle-ci – speakerine de son état – et le plus célèbre des Auvergnats de Paris se donnent à un jeu d’un artifice rarement atteint, couronné par une mise en scène et des cadrages et « dialogues » plus que douteux. Un grand moment de télévision, digne du premier acte d’une pièce de théâtre du siècle dernier… (comprenez, XIXe, et encore…) Pour le second acte, rendez-vous en 1974 pour les remerciements en anglais. Et pour le dernier, évidemment, les adieux délirants de 1981.

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Arlette Laguiller / Mon p’tit loup (Pierre Perret)
Brocardée en révolutionnaire sectariste, radicale et virile par Les Guignols de l’Info, Arlette Laguiller, porte-parole et incarnation de Lutte Ouvrière de 1973 à 2007, détenant le record de participations à une élection présidentielle (6 candidatures), se livrait en 1993 à une prestation en direct, que certains jugeront poignante, d’autres décalée ou pathétique. Quoi qu’il en soit, qui nous dit que la militante d’extrême-gauche n’avait pas eu le sentiment d’avoir déclamé, par la chanson de Pierre Perret, un manifeste féministe plus délicat qu’une tonitruante tribune politique ? Mention spéciale.

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Noël Mamère / Les Enfants de par là (Noël Mamère)
Noël Mamère est un vrai touche-à-tout. Avant d’être une des figures de proue des Verts dans les années 2000, il a en effet présenté les journaux télévisés d’Antenne 2, de 1982 à 1987. Mais ce qu’on sait peut-être moins, c’est qu’il s’est à la même époque essayé à la… chanson. Cet unique titre se nomme Les Enfants de par là. Les paroles sont assez classiques… mais c’est bien le décor dans lequel Noël Mamère a été filmé à l’occasion de cette émission télévisée qui interpelle. Un bijou.

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Bernard Tapie / Vite un verre
Mais le touche-à-tout le plus célèbre de France, c’est sans nul doute Bernard Tapie. Avant d’entamer l’étonnante carrière qu’on lui connaît, dans les affaires, le sport, le cinéma, la politique (en tant que ministre de François Mitterrand, député des Bouches-du-Rhône et leader radical de gauche), Bernard Tapie avait tenté, dans les années 1960, de percer dans la chanson. Ah, pardon, Bernard Tapy, histoire de sonner plus anglo-saxon. L’histoire ? Un homme déçu et trompé. Qui va trouver le réconfort dans la boisson. Et nous faire rire, un peu. En 1998, il retentera, avec Doc Gynéco.

 

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Lionel Jospin / Les Feuilles mortes (Jacques Prévert)
Tout semble réuni pour livrer une prestation troublante. Voix tremblotante et légèrement fausse, mine austère et paroles lyriques et tragiques (et interprétation par Lionel Jospin, qui pour certains résume peut-être le tout). Il faut simplement oublier que l’émission est « Carnaval », présentée par le tonitruant et peu délicat Patrick Sébastien. Tout jugement qualitatif mis à part, pas sûr que ce soit avec cette séquence que le premier secrétaire du PS de l’époque (en 1984) ait réussi à briser son image de triste sire.

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Ségolène Royal / Capri, c’est fini (Hervé Vilard)
Invité de FOG fin 2007, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à l’investiture suprême, retravaille son style et se relance après son échec à la présidentielle. Elle croise sur le plateau Hervé Vilard, dont toute la carrière est souvent réduite à ce succès de l’été 1965, Capri c’est fini. Hervé Vilard participera d’ailleurs à la fête de la Fraternité, organisée par la présidente de Poitou-Charentes. Mauvais choix de tonalité, paroles hésitantes, Hervé Vilard surjouant un peu, scène forcée. Mais instant décalé, une fois encore ! Ségolène Royal ne voulait peut-être pas qu’on l’assimile trop aux paroles de la chanson…

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Eric Besson / Ceux que l’amour a blessés (Johnny Halliday)
C’est sur le plateau de LCI que l’actuel ministre de l’Industrie et ancien socialiste Eric Besson, avait en 2010, chantonné quelques phrases d’un tube obscur de « notre » Johnny national, Ceux que l’amour a blessés, daté de 1970. Le minsitre, qui ne chante pas trop mal, connaît son rôle. Et tient peut-être à faire oublier les piètres prestations des responsables nationaux de l’UMP, qui s’étaient bruyamment faits remarquer dans le fameux lipdub des Jeunes populaires, Tous ceux qui veulent changer le monde… J’en reparlerai sans doute. Pour la vidéo en question, c’est ici.

Pour terminer, je vous invite aussi à (re)voir à ce sujet mon article-florilège sur les politiciens s’efforçant de parler anglais.




> Confusion autour du redécoupage électoral ?

12112011

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Perchoir pour Ségolène Royal, accord sur un « pack de circonscriptions » bien mal engagé entre écologistes et socialistes, parachutage de François Fillon « chez » Rachida Dati… il est clair que les élections législatives de juin prochain, qui devront valider la nouvelle majorité définie par les Français au scrutin présidentiel et à ce titre engager le pays dans des réformes sans doute historiques, prennent une place croissante dans les médias et l’actualité. La grande présidentialisation (et donc personnalisation) du pouvoir en France ne doit pas nous faire oublier en quoi notre régime démocratique repose aussi sur la représentation parlementaire.

A titre personnel, et je pense ne pas être le seul à le penser, il m’apparaît que la question des institutions et de leur modernisation, devra peser dans le débat de la campagne. Car rénover nos institutions me semble loin d’être contradictoire avec l’ambition de rénover le pays lui-même, et je me demande si la nouvelle majorité – que je souhaite de gauche, cela va sans dire -, aura le courage d’évoquer une rénovation du scrutin législatif, après avoir pris la peine d’aborder la question du cumul des mandats, dont il conviendra aussi de reparler.

De rénovation, Arnaud Montebourg, qui décidément ces derniers mois est bien au PS le porteur du drapeau des chamboulements, parle aussi. Sa toute dernière proposition de limiter à 67 ans l’âge des prétendants à la députation fait grand bruit. Et de voir s’enchaîner dans les reportages télévisés allusions aux dits députés, « dinosaures » Julia, Tibéri ou Lang. Et ceux-ci d’assurer l’absence de corrélation entre leur longévité politique et leur implication et attachement à leur fonction. Certes. Si supposer de leur part un acharnement à rester en place est sans doute légitime. il serait évidemment irrespectueux, et même mensonger d’établir un lien théorique entre âge et efficacité au travail d’élu. Ainsi, Arnaud Montebourg, que certains jugent jouer pour son image de « cheval blanc », ne s’attaquerait pas au bon aspect du problème, celui du cumul des mandats (que le PS s’est engagé à combattre mais qui est encore loin d’être une réalité) ?

La réforme de la carte électorale opérée par le gouvernement en 2010 a laissé des marques. Dans les discours, assez peu, il faut bien le dire. Ces modifications aux motivations légitimes mais aux concrétisations parfois bien discutables ont profondément refondé le paysage géographique politique français. Et Limousin. Car dans notre région, la réduction du nombre de circonscriptions (de 9 à 6) et avec elle d’autant de sièges [voir encadré ci-après], ne se fera pas sans encombre, une fois n’est pas coutume. Pour la droite, bien évidemment, qui battue dans les quatre circonscriptions de Haute-Vienne en 2007 n’était arrivée en tête au second tour dans aucun des cantons du département, et qui voit donc son ambition de briser le « grand chelem socialiste » encore bien amenuisée. Mais aussi pour la gauche, qui bien que presque assurée de garder les trois sièges de députés haut-viennois, aura avant tout du régler les questions de personnes…

En effet, le retrait presque inattendu de Marie-Françoise Pérol-Dumont, qui en janvier dernier assurait ne pas briguer un 4e mandat de députée de la 3e circonscription, semblait laisser place libre aux trois députés sortants, Monique Boulestin, élue depuis 2007 seulement, en tête. Le maire de Limoges, Alain Rodet, que l’on avait annoncé sans fondements partir pour le Sénat, était dès lors pressenti pour rempiler sur l’ex-quatrième circonscription, désormais élargie au centre de sa ville. Le discret Daniel Boisserie semblait être le candidat naturel pour la rurale deuxième circonscription du sud, tandis que Monique Boulestin, à moins d’un « échange » avec le député-maire Rodet, aurait pu hériter de l’ancien fief de la présidente du Conseil général. La perspective de voir une nouvelle figure politique adoubée par Marie-Françoise Pérol-Dumont pour prendre sa « succession » avait même laissé entendre que le doyen Rodet, qui en 2012 aura dépassé la fatidique limite d’Arnaud Montebourg, se concentrerait sur sa ville et sa métropole et laisserait donc presque logiquement son siège à sa première adjointe. Boulestin dans la première, Boisserie pour la seconde, une nouvelle tête dans la troisième (peut-être Andréa Soyer, maire de Bessines-sur-Gartempe et fille de Bernard Brouille, suppléant de « MFPD ») ; tout semblait réglé.

beaubatie.jpgOui mais voilà, en lieu et place d’Andréa Soyer, c’est désormais le nom de Catherine Beaubatie (voir ci-contre), 47 ans, par ailleurs vice-présidente du Conseil régional et adjointe au maire de Limoges en charge du développement économique, qui semble tenir la corde… pour l’ancienne circonscription de Mme Pérol-Dumont ! De quoi désespérer Monique Boulestin, égérie du « ressac rose » de 2007 avec sa glorieuse victoire face à Alain Marsaud (qui lui, prépare sa reconversion à l’étranger, nous en reparlerons sans doute…), qui s’est empressée de solliciter officiellement l’investiture socialiste pour la troisième circonscription, s’estimant « tout à fait légitime » pour cela, en espérant que la procédure se fasse conformément « aux modalités définies par le parti socialiste ». Il devrait donc y avoir, sauf accord ces derniers jours, une primaire pour départager les deux candidates… et peut-être un peu de rancœur, si Catherine Beaubatie venait à l’emporter…

Concernant l’éventuelle reconduction d’Alain Rodet pour briguer un huitième mandat consécutif, il va sans dire que le 7e député le plus cumulard de France (selon le classement établi par le journal Le Monde en 2009), sans doute le plus enraciné des parlementaires limousins (seul député de gauche à avoir résisté à la débâcle socialiste de 1993), se placerait contre les règles de non-cumul des mandats promises par la direction nationale du Parti socialiste depuis plusieurs mois. L’intéressé bottait en touche l’an dernier, quand invité de LCP, il assurait que le cumul de fonctions représentative et exécutive « [permettait …] de voir si les choses vraiment changent ou pas », et que l’application du non-cumul devait aller de pair avec une réduction du nombre total des parlementaires. Ce qui n’est pas dans les plans des prétendants à l’Elysée, le nombre de 577 députés étant même gravé dans la Constitution.

Il conviendra, une fois les désignations socialistes, de passer à la confrontation des idées et à l’évaluation des forces en présence : il sera intéressant de connaître les figures en qui la majorité présidentielle tentera de croire, notamment en cette période troublée entre centristes et UMP, Jean-Marc Gabouty apparaissant comme une des meilleures chances de la droite départementale. Quoi qu’on en dise, les sièges de ces toutes nouvelles circonscriptions feront – peut-être – l’Assemblée du post-sarkozysme.

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LE REDECOUPAGE : La première circonscription historique, très urbaine car essentiellement limougeaude, comprenant notamment les cantons de Limoges-Emailleurs (dont le conseiller général est Raymon Archer, leader de l’opposition de droite au Conseil régional) et Limoges-Couzeix (dont Jean-Marc Gabouty, maire radical de Couzeix est conseiller) était jusqu’à présent la plus instable des quatre, tenue par la droite de 1993 à 1997 et de 2002 à 2007 par Alain Marsaud. Son éclatement au profit de trois nouvelles circonscrptions très largement calquées sur les trois circonscriptions de Daniel Boisserie (élu à 61 % en 2007), Marie-Françoise Pérol-Dumont (62 %) et Alain Rodet (près de 66 %), hypothèque donc très fortement les chances de la droite haut-viennoise d’envoyer l’un des leurs au Palais Bourbon.

Photos : Y. Dussuchaud pour C. Beaubatie – perso. pour l’infographie.







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