> Temps confus…

20 05 2011

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hollandeaubrystrausskahn.jpgQuelle densité d’informations bruyantes que dans ces six premiers mois de 2011. L’affaire DSK, dont je ne reparlerai pas dans les détails (les journaux télévisés se sont chargés bien avant moi de détailler les menus du prévenu à la prison de Rikers Island), est venue parachever un marathon médiatique enclenché par les révolutions arabes en janvier dernier, participant au bouleversement au moins partiel de nombre d’ »équilibres ».

Dans cette nébuleuse médiatique pour le moins mouvementée, une chose au moins paraît acquise : l’ancien favori des sondages pour 2012, et directeur général démissionnaire du FMI, ne prendra pas part à la course à l’Elysée l’an prochain. Ce n’est sans doute pas faire preuve d’inhumanité et de froideur que de se concentrer sur le sujet des primaires, certes franco-centré et en décalage vis-à-vis de tout ce que les médias ont brassé ces derniers jours. Car les dures (implacables pourrions nous-dire !) mais évidentes lois de la société globalisée et de l’information devraient logiquement faire, à terme (qu’il soit court ou plus long n’est plus lié qu’à la teneur de l’audience du 6 juin), que l’affaire DSK soit reléguée aux seconds titres de l’actualité. Comme l’ont été la mort de Ben Laden ou dans un registre tout autre, la catastrophe de Fukushima. Bref, je n’engage pas de réflexion introspective sur la nature des comportements humains.

La même implacabilité du temps qui passe nous impose déjà, de nouveau, les sondages quant aux intentions de vote pour tel ou tel candidat. Si tant est que l’on puisse accorder le plus haut crédit à ces études, ce que se gardent bien de faire – pour le moment – les socialistes nécessairement tiraillés entre Paris et New York, François Hollande semble avoir « profité » de l’affaire DSK. Les enquêtes sont unanimes, son score a très nettement et rapidement augmenté, quitte à mettre dans un embarras relatif les proches du député corrèzien, qui se défendent presque en jurant que leur candidat était déjà sur une pente ascendante depuis plusieurs semaines, écornant déjà la popularité d’un Dominique Strauss-Kahn, qui commençait selon certains à pâtir de boulets autrement moins extraordinaires que la tourmente morale et juridique dans laquelle il est empêtré. On se souvient encore de l’affaire dite de la Prosche, et aussi de son éloignement persistant de la France dans la volonté d’accomplir « jusqu’au bout » sa tâche prenante au FMI.

Par extension, et ce n’est pas porter atteinte au travail qu’est en train d’effectuer le PS que de le dire, il ne serait pas fou d’imaginer d’ici peu, l’émanation de critiques de plus en plus audibles de cette candidature Hollande. Une fois le délai de décence accordé à DSK, celles-ci proviendront de certains caciques socialistes qui pourraient, volontairement ou non, voir dans le contexte spécifique et le coup de massue qui a assomé le PS, une occasion de justifier et mieux faire passer leur appel à un soutien d’une candidature qui devrait être naturelle, celle de la légitimité, incarnée par le chef du parti, Martine Aubry. En d’autres termes, les appels lancés ça et là depuis quelques mois en faveur de la candidature de la première secrétaire, au risque de rendre obsolète le processus des primaires, ne peuvent-ils pas trouver dans le choc psychologique qu’est l’arrestation de DSK une occasion de percer et de s’imposer à tous ? Si les sondeurs semblent montrer le contraire, et si l’équipe Hollande s’est fort bien gardée, avec discrétion, d’exploiter ne serait-ce qu’indirectement la disparition de la menace DSK dans la course, il va sans dire que rien n’est joué, et que la tentation du vote « protecteur » et légitimiste pourrait donc éventuellement favoriser Martine Aubry… Si celle-ci montre rapidement davantage de détermination à incarner les espoirs d’un électorat doublement sonné par la perte de son favori et les résultats désastreux de la politique du gouvernement. Et si elle accepte d’endosser ce rôle, au risque, par défaut d’abnégation totale (ce qui ne serait rien lui reprocher, si son aveu d’absence d’envie est vrai), de désarçonner et/ou démobiliser, hélas, les électeurs. Ses toutes récentes déclarations semblent au contraire montrer qu’elle ne souhaite pas faire de figuration. En même temps, n’est-elle pas le leader officiel du premier parti de gauche français ?

Mais un autre problème paraît subsister : que répondre aux attaques visant un François Hollande incarnant davantage l’inexpérience et le passé, ayant été premier secrétaire du PS durant onze ans et ayant sans doute par maladresse laissé passer son historique chance en 2007 ? Je ne répondrai pas par la paraphrase de l’ancien maire de Tulle, citant David Cameron et Barack Obama, n’ayant jamais eu de poste ministériel avant leur accession au pouvoir. Mais je rappellerai que Jacques Chirac fut premier ministre 21 ans avant de devenir Chef de l’Etat, et que François Mitterrand était 34 ans avant le 10 mai 1981, ministre du gouvernement Ramadier.

Hollande ou Aubry (sans compter sur la stratégie de Ségolène Royal), quoi qu’il en soit, les temps sont confus, et nous n’avions sans doute pas besoin de cela. Mais le PS se doit de convaincre, et il le fera.

Photo : DSK, François Hollande et Martine Aubry, alors promouvant le « oui » au traité européen, en 2005


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