> Ces maires qui ne veulent pas raccrocher

21 02 2008

peyrat.jpgEt si on parlait de ces « irréductibles maires » qui résistent encore et toujours, soit à l’âge, soit à leur parti qui les menace d’exclusion ou leur met en face un candidat plus jeune, plus neuf ? Car même si l’opinion leur est parfois favorable, il reste difficile de prendre la décision raisonnable d’arrêter. Ces candidats singuliers, qui se targuent souvent d’avoir relevé ou amélioré la vie de leur ville (c’est assez souvent vrai, attention, je ne fais pas ici de procès contre ces maires, enfin pas contre tous…), décident donc, quelquefois contre vents et marées, de briguer un nouveau mandat. Mais vous l’aurez compris, je ne ferai pas ici un article sur ces « bons maires de petits villages », mais bien sur ceux que j’apprécie un peu moins…

Commençons vraisemblablement par le plus célèbre d’entre eux. J’ai nommé Jacques Peyrat. Ancien frontiste, le sénateur-maire UMP de Nice, en place depuis 13 ans, âgé de 76 ans, s’est vu préférer par l’UMP locale Christian Estrosi, secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer du palais de l’El… du gouvernement Sark… Fillon. (Pardon pour les hésitations, elles sont presque involontaires…).  Un parfait exemple de l’ »usure du pouvoir » dans une ville profondément marquée à droite (42 % pour Sarkozy au 1er tour, 65 % au second aux présidentielles).

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Zigzaguant entre le centre-droit et l’extrême-droite pure et dure depuis son arrivée en politique au début des années 1960 (il a été un temps proche de VGE, puis fut député FN lors de la législature élue à la proportionnelle en 1986), celui qui affirmait en janvier 2007 qu’en cas de second tour Royal/Le Pen, il n’allait  » tout de même pas cracher sur ceux qui appartiennent de près ou de loin à [sa] famille  » se voit parfaitement garder son siège de premier magistrat de la 5ème ville de France. Mais Mr Estrosi, celui qui fait louer un Falcon de Dassault à 138 000 € pour un pot avec Sarko et réclame activement le rapatriement des restes de Napoléon III en France est donné vainqueur contre le même Peyrat dès le 1er tour.

Nouvelle preuve des bonnes relations qu’entretient toujours l’homme avec Le Pen et ses copains : si le FN présente quand même une liste, nommée « Nissa », il a compris que son adversaire est le même que Mr Peyrat, qui critique beaucoup plus le secrétaire d’Etat que l’oppostion de gauche, à savoir non pas cette liste socialiste de quasi-témoignage menée par Mr Allemand, mais bien celle de Christian Estrosi ! Quand on se rend sur le site de campagne du maire sortant, on voit à plusieurs reprises le nom de Mr Estrosi aposé à des articles aux titres révélateurs (exemple : Débat télévisé : ESTROSI aurait-il peur de Jacques PEYRAT ? ). Et visiblement pas trop de problème pour ce qui est d’une des principales divergences récentes entre l’UMP et le FN : le traité européen. En effet, Jacques Peyrat n’a pas suivi la consigne du parti présidentiel et s’est abstenu au Congrès. Le secrétaire départemental du FN dans les Alpes-Maritimes, Rémy François, explique qu’ »[ils se sont] aperçu que [leur] liste ne gênait pas Peyrat, mais qu’elle l’aidait. [...]  » Il poursuit :

« De nous avoir sur sa droite, ça permet à Peyrat de prendre sur la gauche. Ça le dédiabolise aussi.« 

Pour ce qui est du bilan, l’équipe sortante semble se reposer sur ses « lauriers » que sont le nouveau tramway, la communauté d’agglomération, le désendettement de la commune… Mais pour l’avenir, qu’est-ce qui est proposé aux Niçois ? Un programme résolument populiste, destiné à « s’occuper des Niçois », afin que ceux-ci « voient [leurs] enfants s’épanouir ». Et visiblement un projet un peu trop axé sur l’apparence de la ville (attraction touristique). C’est bien mais ça ne fait pas tout. Même si Mr Peyrat peut se vanter d’avoir fait beaucoup de choses, il est vrai pour sa ville, il ne devrait pas oublier que diriger une ville, cela passe aussi par la respecter et respecter ses habitants et les opinions.

demain : André Trigano, maire de Pamiers (Ariège)

Le sondage sur les municipales à Limoges sera clos mardi 24 février.


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5 réponses à “> Ces maires qui ne veulent pas raccrocher”

  1. 22 02 2008
    Pascal (19:04:31) :

    Pourquoi aller si loin alors qu’à nos portes nous avons des exemples:
    Camille GEUTIER (candidat UMP à Limoges): 70 ans
    Et Roland IZARD (candidat PS à Rilhac Rancon): 73 ans

    Il est vrai que les municipalités ont surtout besoin de personnel compétent, mais tout de même…

  2. 23 02 2008
    ldestrem (01:28:00) :

    Nuance : Camille Geutier n’est pas maire ! Non, je chipote. Il est là parce que c’est le seul qui a bien voulu partir au « casse-pipe »…

  3. 23 02 2008
    Axel dlf (18:49:03) :

    Oui c’est vrai, n’oublions pas qu’à Limoges l’immobilisme fait beaucoup de ravage.
    Notre ville ne voit des changements de maire que tout les 30 ans…

  4. 24 02 2008
    ldestrem (00:08:44) :

    Les « maires-qui-ne-veulent-raccrocher-sous-aucun-prétexte » ne sont pas forcément ceux qui sont en place depuis le plus longtemps : J. Peyrat est vraiment lâché par ses soutiens, A. Trigano a 83 ans !

  5. 29 02 2008
    12 (20:04:17) :

    82 ans

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