Une page se tourne, une nouvelle s’écrit !

12092013

Une page se tourne, une nouvelle s'écrit ! dans Perso text4949-8-21

Je sors de mon silence. Contrairement à ce que j’avais laissé entendre, je vais suspendre ce blog. En tant que blog plutôt engagé et traitant davantage d’actualité et de points de vue personnels sur celle-ci que d’états d’âme, celui-ci n’avait de raison d’être que par ma présence à Limoges. Mon déracinement vers Annemasse et Genève me pousse à reconsidérer ma présence sur la toile. Mais je n’abandonne rien : dès les prochains jours, je tâcherai de lancer un nouveau carnet de bord, plus personnel mais toujours plus ou moins engagé, sur mon expérience d’étudiant frontalier.

Merci pour ces six années à me suivre, tant bien que mal, à parfois réagir, à souvent me toucher deux mots, de visu, sur mes articles. Je ne l’oublierai jamais. Mon blog reste ouvert, en ligne… pour que vous puissiez continuer à aller en pèlerinage dessus (c’est du second degré… enfin comme vous voulez), et qui sait, le reprendrai-je un jour…

A très vite, donc. Je vous tiens au courant des prochains projets !




> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges

1072013

> Les mille conditions à la LGV Poitiers-Limoges dans Actualité locale bamnagement

La semaine dernière, alors que tout le monde s’émouvait des conclusions imminentes de la commission Duron enterrant le projet de LGV Poitiers-Limoges, après plusieurs semaines d’incertitude, je participais à un des mini-débats organisés par la Ville de Limoges dans le cadre de l’exposition Limoges 2025*. La rencontre « Limoges ville-capitale », animée par Jean-Pierre Limousin, était l’occasion de revenir sur le sujet brûlant de la LGV et de requestionner la confiance aveugle dans la réalisation du projet polémique qui est celle des élus socialistes haut-viennois. Si mon sentiment vis-à-vis du projet demeure divers, j’estime en fait que la LGV ne peut fonctionner qu’à de très (trop ?) nombreuses conditions.

La rencontre à laquelle j’étais inscrit, animée par Jean-Pierre Limousin, président du CESER et de la CCI mais aussi de l’association de promotion du TGV Paris-Limoges-Brive, permettait d’aborder le thème de « ville capitale ». Autrement dit, savoir quelle place donner à Limoges dans le contexte national et international de mise en concurrence des territoires, de métropolisation (poids croissant des fonctions de commandement et d’organisation des villes métropoles nationales et régionales) et aussi en filigrane de déterritorialisation progressive des activités dans le cadre de la mondialisation, qui accorde de plus en plus d’importance à la présence numérique.

poitiers-limoges-brive-300x186 dans Aménagement du territoire

Poitiers, Limoges, Brive... ces trois villes veulent-elles réellement travailler ensemble ? (c) Association TGV PLB

Si la très faible participation citoyenne – deux citoyens lambda – à cette rencontre est déjà un problème en soi – Jean-Pierre Limousin confiait lui-même sa déception et ses interrogations concernant les moyens d’assurer une démocratie participative vivante –, on pouvait également se demander ce qui avait pu motiver la programmation de ces rencontres ô combien intéressantes en plein milieu de la journée en semaine… Passons. Le sujet a forcément dérivé sur le sujet de la ligne à grande vitesse. Pour M. Limousin, l’intérêt de la LGV est à trouver dans l’impératif de rééquilibrage du grand Sud-Ouest que Limoges soit d’incarner par rapport à Bordeaux et Toulouse, et plus largement assurer la survie et la relance d’un Limousin bien moins dynamique que ses voisins occidentaux. Impératif qui ne peut s’effectuer que dans l’association métropolitaine de Poitiers et Limoges, qui ensemble incarneraient un pôle urbain concurrent et compétitif d’environ 300 000 habitants. Tout cela s’appuyant sur la bonne intégration de Poitiers aux réseaux d’échanges existants, sur l’intérêt qu’elle aurait à ne pas suivre Orléans et Tours dans l’étouffement parisien, ainsi que sur la notoriété sous-estimée mais réelle des noms de « Limoges » et du « Limousin » à l’étranger, notamment en Asie. Ce nouveau binôme Poitiers-Limoges aurait ainsi la nouvelle capacité de peser dans les décisions d’aménagement et la captation des richesses et des flux de toutes sortes, ceux-ci étant ensuite réinvestis dans la dynamisation du territoire annexe. Présenté ainsi, on en serait presque convaincu, la LGV serait un atout pour la ville et la campagne. Restait tout de même à « régler » plusieurs sujets majeurs : convaincre les acteurs picto-charentais, élus et citoyens, de leur intérêt à s’associer avec le Limousin, prouver la pertinence économique du projet, assurer la réussite du passage du concept théorique à l’application territoriale, avec ses spécificités et ses limites, et enfin en convaincre les populations. Je vais y revenir.

L’extrême-confiance de Jean-Pierre Limousin, Alain Rodet ou Jean-Paul Denanot pourrait même passer pour suspecte, certains y voyant la trahison de quelques doutes dans leur relation de confiance avec l’exécutif suprême, d’autres une attitude bornée et déconnectée des réalités, voire électoraliste, de mauvaise augure dans la perspective d’une revalorisation de l’image de l’acteur politique, tant attendue. C’est encore un autre sujet.

Au-delà de l’aspect économique, la LGV est encore bien loin d’avoir prouvé sa pertinence en terme de projets partagés entre Limousin et Poitou-Charentes, alors que la synergie Limoges-Poitiers est jugée essentielle…

En définitive, pour moi, la LGV Poitiers-Limoges n’est pas un projet uniformément et forcément néfaste. Mais au-delà des polémiques liées à la façon dont les études préliminaires ont été menées depuis 2006, elle n’a de pertinence que si l’on « oublie » l’inoubliable. Autrement dit, des facteurs qui peuvent paraître annexes mais qui mettent en lumière les brèches de la conduite du projet et en sont tout bonnement la condition de succès. Pour l’instant, ces facteurs inoubliables demeurent occultés. Et ainsi, la LGV fonctionnera si l’on continue de les occulter :

  • La LGV fonctionnera si l’on oublie la situation des finances publiques – mais qui le peut ? – du côté de l’Etat mais aussi des collectivités, de plus en plus appelées à mettre la main au porte-monnaie mais en pleine incertitude à l’heure d’un nouvel acte de décentralisation bien confus. Mais on ne peut pas l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie aussi le fait que désormais, l’Etat ne peut hélas que difficilement se permettre de financer à lui seul les grands projets. C’est regrettable mais c’est un fait, et si l’on peut évidemment critiquer l’attitude de Ségolène Royal dans ce qu’elle tient de l’obstination, du caractère personnel et d’une mauvaise appréciation d’un territoire potentiellement partenaire mais sous-estimé – le Limousin –, voire d’une certaine condescendance, on se doit de comprendre sa réticence à engager le financement du projet. C’est regrettable mais on ne peut l’occulter.
  • La LGV fonctionnera si l’on parvient à dépasser les divergences de vue des habitants du Limousin et du Poitou-Charentes, et en particulier de leurs élus. Si l’on conditionne la réussite du projet à la synergie entre Poitiers et Limoges, comme l’avance Jean-Pierre Limousin, comment compter sur la concorde pour l’instant très partielle des élus des deux régions, puisqu’à ce jour, autant le Conseil régional de Poitou-Charentes que le Conseil général de la Vienne (sans oublier les réserves croissantes des élus corréziens) se montrent sceptiques vis-à-vis de cette future ligne. Je pense aussi à l’existence de projets collectivement portés, et à l’existence de structures formelles et institutionnelles de partages de projets, d’ambitions pour les deux régions.
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie que la SNCF et l’Etat n’ont pas seulement rechigné à engager la modernisation de la ligne POLT avant la LGV pour des raisons d’adhésion pure à la grande vitesse, mais aussi compte-tenu des incertitudes portées par l’ouverture du rail français à la concurrencerendant périlleux le financement massif en faveur d’une adaptation des voies aux 220 km/h si ce n’est plus la SNCF qui demain à le monopole de la gestion des trains. En ces temps où rarement le modèle socio-économique n’aura été remis en cause, on ne peut l’oublier. 
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie également le fait que la défense de ce projet fait bien écho à l’aura nostalgisante du sigle TGV,  évocateur de promesses de développement des territoires, et que donc la défense de ce projet tient au moins en partie d’un fantasme compréhensible mais un peu vain des populations locales un peu frustrées de n’avoir pu bénéficier du formidable espoir de dynamisme apporté par les LGV Est européenne, Atlantique ou Méditerranée, et d’attendre une concrétisation d’un projet évoqué depuis trente ans. Il y a du fantasme dans cette quête de la grande vitesse, symbole de la puissance française du XXe siècle. D’aucuns y assimileront le Concorde…
  • La LGV fonctionnera si l’on oublie enfin que la LGV n’est pas automatiquement un vecteur de développement intégral et lissé des territoires, étant donné l’effet tunnel indubitablement provoqué par de telles infrastructures, qui profitent avant tout aux terminus (Poitiers et surtout Limoges). En effet, les effets bénéfiques aux territoires environnants, s’ils sont possibles (il faut quand même le dire), ne sont garantis que si l’on associe l’arrivée de la grande vitesse à d’autres chantiers, pour autant de nouvelles conditions à la pertinence du chantier… 
La LGV ne peut et ne doit fonctionner que si elle est mise en complémentarité de la modernisation des axes ferroviaires et routiers annexes. Or, financièrement, peut-on se le permettre ?
st-sulpice-lauriere dans Corrèze
Gare de Saint-Sulpice-Laurière. Pourquoi « pro » et « anti » ne se retouvent-ils pas autour de la même ambition de supprimer le point de rebroussement et ainsi favoriser le désenclavement de la Creuse et le passage des TGV ? (c) Tuyra – Wikimedia Commons

En effet, outre l’impératif bien douteux d’occulter tous ces points, il conviendrait au promoteur de la LGV d’assurer la complémentarité des projets d’aménagement et de considérer les obstacles techniques après les éléments moraux et politiques. A l’infaisable moral, à ces oublis manifestes auxquels les défenseurs du projet souscrivent sans hésitation, ajoutons ce qui pour l’instant est malheureusement peu brandi dans les débats et arguments, ces idées qui font donc pour le moment figure d’infaisables techniques et financiers alors qu’elles ne le sont pas, qu’elles conditionnent le succès de la LGV et qu’elles paraissent bien plus utiles au développement territorial :

  • la modernisation des axes routiers majeurs, à la fois condition au développement des territoires, au désenclavement du centre de la France et à la sécurisation de secteurs dangereux : la RN 147 vers Poitiers, la RN 79 vers Mâcon, la RN 21 vers Périgueux ;
  • l’électrification de la ligne Limoges-Guéret, et le réaménagement de la gare de Saint-Sulpice-Laurière de sorte à ce que le demi-tour des trains n’y soit plus obligatoire (suppression du point de rebroussement), ce qui améliorerait l’intégration de la préfecture creusoise au réseau national, mais qui aurait pu faire profiter à la Creuse de l’effet grande vitesse et au-delà d’impulser de nouvelles liaisons « grandes lignes » entre l’est et l’ouest de la France. Ces deux points ont eux-mêmes été évoqués par Jean-Pierre Limousin, qui y voit l’occasion manquée des Creusois de soutenir la LGV.
  • Et évidemment la modernisation de la ligne POLT, au nom de l’équité des territoires prônée par le gouvernement Ayrault.

Beaucoup de conditions, donc. Si la LGV ne se fait pas, ces conditions n’en demeureront pas moins des outils de développement à étudier sérieusement, car elles ne sont pas conditionnées à la grande vitesse, elles. Si elle se fait, comme le soutient mordicus M. Limousin, alors au-delà d’un « fait du Prince » un peu déroutant, elle n’en demandera pas moins de toute urgence la réalisation des projets annexes et complémentaires que j’ai cités. Mais pourra-t-on – financièrement, techniquement, moralement – se le permettre ?

*Cet exercice de prospective sur les perspectives attendant notre ville dans les prochaines années, critiqué pour son tempo, à quelques mois des municipales, et son message, vu comme partisan, est encore accessible aux citoyens jusqu’à la fin de semaine, à la Bfm de Limoges.  




> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route !

27062013

> RCEA : oui, on peut encore investir dans la route ! dans Actualité locale bamnagement

rn141-300x168 dans Aménagement du territoireOui, je vais vous parler de la Commission Mobilités 21, désormais connue pour son avis défavorable à la réalisation de la LGV Poitiers-Limoges d’ici à 2020. Mais non, je ne vous parlerai pas (dans cet article) de train mais bien de liaisons routières. Car masquées par les bruyants lobbies concernant ces projets symboliques d’ampleur, qu’ils soient favorables ou défavorables, les préconisations en terme d’infrastructures routières ont toute leur importance dans ces conseils (rappelons que ce rapport n’est qu’indicatif). L’exemple de la RCEA, Route Centre Europe Atlantique, élément majeur de transport transversal dans un pays où les liaisons est-ouest sont peu aisées, favorisé quel que soit le scénario par la Commission, me semble parlant et capital.

Dans ce rapport, au-delà des médiatiques suggestions de repousser les projets de LGV au-delà de 2030, si l’on excepte la voie Bordeaux-Toulouse, la commission en question se devait de hiérarchiser l’ensemble des 70 projets du Schéma national des infrastructures de transport (SNIT), vus comme trop nombreux et très diversement pertinents. Parmi eux, donc, des liaisons ferroviaires (outre Poitiers-Limoges, des projets en Bretagne, en Normandie ou en Alsace), mais aussi fluviales et routières. La RCEA en fait partie : cet axe très emprunté relie la façade atlantique (Nantes au nord et Bordeaux au sud) aux frontières orientales de la France, et passe notamment par Bellac ou Limoges, La Souterraine, Montluçon.

Les écologistes, dont je me réclame plutôt, se sont d’ores et déjà attachés à déplorer le maintien d’efforts attribués aux projets routiers qui selon eux « n’ont rien à faire dans un projet de mobilité durable » qui se devrait d’accentuer les financements sur des liaisons déjà existantes. Personnellement, j’estime toutefois qu’assurer une modernisation de ces axes, et en l’occurrence de la RCEA, répond à une double exigence pleine de cohérence et de bon sens : sécurisation de liaisons très fréquentées et très accidentogènes, assurant de fait une optimisation des parcours, à toutes échalles, car la liaison RCEA a à la fois une utilité dans les parcours internationaux (à l’est vers la Suisse, l’Allemagne, l’Italie, à l’ouest vers l’Espagne) et plus locaux (entre façade atlantique et couloir rhodanien, et de manière encore plus locale, entre départements). La route, si elle continue de fait de favoriser l’automobile, moyen de déplacement évidemment polluant quoique populaire, est encore la plus à même de favoriser les mobilités et donc le désenclavement des territoires. Et rappelons que la RCEA n’est pas un axe ex-nihilo. En outre, je pense que le combat contre l’automobile, s’il se doit d’être modérément mais réellement tenu, doit avant tout être mené en ville. Si ces travaux routiers ne font pas la part belle aux concessions, ce qui est le cas pour le maillon central de la RCEA entre la Creuse et la Saône-et-Loire, mais ce qui hélas se dessine pour l’axe nord-est de la RCEA, entre Bressuire et Limoges, et s’ils sont pris en charge par un Etat volontaire et des collectivités épaulées, je les soutiens totalement.

Image de prévisualisation YouTube

Ainsi, point plus localisé et plus personnel étant donné mes racines familiales en Charente limousine, je regarde d’un bon œil l’ouverture d’un nouveau maillon de la RN 141 doublée entre Etagnac et Chabanais, à une quarantaine à l’ouest de Limoges (cf. vidéo ci-contre), qui permettra enfin de désengorger et de sécuriser le chef-lieu de canton si durement marqué par le passage incessant et meurtrier des poids-lourds. Un grand défi s’offre désormais au village, celui de convertir cette tranquillité retrouvée en un outil d’embellissement et de réanimation de son tissu commercial et résidentiel.

Plus largement, cette mise en quatre voies des axes transversaux ne peut que servir l’intégration du territoire du Limousin aux régions environnantes, un enjeu capital à l’heure où la concurrence entre territoires n’a jamais porté autant de perspectives, négatives comme positives. Dans le même temps, les liaisons routières, quand elles demeurent axes nationaux gratuits avec échangeurs régulièrement disposés, assurent une desserte locale, précise des territoires ruraux et urbains, sans privatisation des réseaux forcément dommageable. Un bon compromis, moral et pragmatique.

Photo et vidéo : la RN 141 à Etagnac, (c) France 3 Poitou-Charentes. Dans la vidéo parlent successivement Michel Gealageas, maire de Chabanais, Michel Boutant, sénateur et président du CG de Charente, et le maire d’Exideuil, encore traversé par un RN 141 à deux voies.




> Ces trésors que Limoges ignore encore un peu trop…

27062013

> Ces trésors que Limoges ignore encore un peu trop... dans Actualité locale expressVous avez peut-être pu vous procurer le numéro de L’Express consacré aux « trésors cachés de Limoges », il y a deux semaines. Vous y avez peut-être découvert des lieux et édifices inconnus jusqu’alors. Et vous en avez peut-être déduit, à la lumière et à l’instar de ces révélations, que Limoges devait fourmiller de ces trésors méconnus mais pourtant prometteurs. Deux défis sont sous-entendus par ce supplément documentaire. Le premier, l’équilibre entre considération et valorisation du patrimoine et aménagement et développement urbain. Le second, c’est de bien comprendre qu’au-delà de ces richesses du patrimoine bâti et matériel, Limoges semble regorger de potentiels tout autant cachés mais réels, qu’elle se doit de valoriser, pour elle, ses habitants et sa relation avec l’extérieur.

Il y a quinze jours, donc, le magazine L’Express faisait paraître, dans son supplément local limougeaud, un encart spécialement consacré à la capitale régionale et ses « trésors cachés ». Une initiative intéressante, permettant de faire la lumière sur certains angles méconnus du patrimoine local, et donc, pourquoi pas, d’inciter à un regard plus insistant et plus original sur des éléments qui font l’originalité de la ville. Cette originalité s’incarne d’une part par la très grande diversité, voire disparité des richesses patrimoniales, tant en époques qu’en aspect. Beaucoup de voyageurs et observateurs le remarquent, et ce n’est pas forcément un mal que de voir se côtoyer architecture contemporaine et bâti séculaire quand la cohabitation est harmonieusement négociée. D’autre part, Limoges se distinguerait – et ce n’est pas toujours heureux – par le caractère méconnu et insoupçonné de ce patrimoine. Car si des efforts ont été récemment fournis dans la mise en valeur de certains éléments jusqu’alors minimisés ou mal connus, beaucoup reste à faire (on pense au patrimoine archéologique antique ou au patrimoine industriel).

Le patrimoine, un outil au service de la cohésion sociale

De ces idées jaillit le défi majeur de la gestion du patrimoine : savoir le définir, l’apprécier à sa juste valeur et déterminer les objectifs et intérêts finaux de son appropriation, trouver le bon équilibre entre valorisation et aménagements, avec ce que cela peut supposer en terme de développement touristique et économique, mais aussi en ce qui concerne de réelles promesses sur le bien-être social, la cohésion des populations au-delà de leurs différences. Parvenir à déceler l’intérêt d’une valorisation sur un site sans tomber dans les travers de la muséification, savoir négocier l’inclusion d’éléments patrimoniaux dans un quartier pour en faire un symbole sinon un repère spatial vecteur d’harmonie paysagère et évocateur d’appropriation populaire, ce sont des enjeux majeurs pour faire des quartiers et des villes des espaces où il fait bon vivre et exercer une activité, de façon collective.

fourmontjovis-300x192 dans Aménagement du territoireLe magazine a cru bon parler de certains monuments visitables mais connus (le souterrain de la Règle, la rue de la Boucherie) ou bien moins (le cimetière de Louyat, les thermes de la villa gallo-romaine de Brachaud), et parfois – ce qui est encore plus intéressant – bien moins accessibles, dont le sort est de ce fait délaissé voire ignoré. C’est le cas du campanile de la gare, fermé pour raisons de sécurité depuis 2007, de la crypte Saint-Martial, ouverte et fouillée mais peu avenante, ou des fours à porcelaine subsistants, qui exception faite de celui des Casseaux, dépérissent petit à petit alors qu’ils sont le symbole physique du passé industriel de Limoges. Cette visibilité momentanée doit pouvoir sensibiliser ne serait-ce qu’un peu le lecteur au devenir de pans entiers de notre histoire, de nos références partagées. Autant de supports de cohésion sociale et de dynamisme économique et culturel. Et de fierté, aussi, cela compte…

Un discours politique volontaire et positif et une mobilisation collective au service de l’émergence de fiertés et de secteurs porteurs et salutaires

Mais beaucoup de potentiels restent ignorés ou sous-exploités. Le patrimoine linguistique et artistique autour de la culture occitane écrite et orale en est un que je trouve parlant ! Mais on peut aussi penser aux sujets qui sont davantage des « patrimoines en devenir », des marques de fabrique à créer et à dynamiser, des niches d’excellence en puissance (excellence environnementale, transports en commun, lecture publique, etc.). Des opportunités ont su être saisies dans les domaines de l’eau, du luxe, du droit de l’environnement ou de la francophonie. Gardons-le en tête et soutenons les efforts dans le temps et dans les discours ! Evidemment, il convient d’agir en mobilisant les bons outils et les bons arguments, en écartant récupérations politiques, réécritures historiques et artificialisation des traditions. Limoges (et je parle ici de la ville et de ses populations, bien au-delà des seuls édiles), n’a pas encore bien pris la mesure de toutes ses richesses, et même si en plusieurs points elle est sur la bonne voie, les discours ambiants et les inerties parfois observés sont la preuve que les efforts ne sont jamais assez poursuivis et, surtout, jamais assez partagés ! Et ce partage par tous, il passe à la fois par la mise en place d’outils de démocratie de proximité et par la prise de conscience des riverains.

Photo aérienne : (c) Google : le four de l’avenue Montjovis.




> La croisée des chemins !

24062013

> La croisée des chemins ! dans Actualité locale dsc_8623-300x200Je n’ai pas coutume de m’adresser directement aux éventuels passagers du blog, mais une fois n’est pas coutume ! Je reprends la parole après une longue période de silence. Il faut dire que ces dernières semaines ont été chargées, en temps et en esprit, entre quelques vacances, plusieurs procédures de candidature pour la suite des mes études, des engagements au Conseil régional des jeunes et le choix de relancer quelques petits travaux sur Wikipédia. La faute à un petit manque de motivation, aussi, sans doute.

La perspective des élections municipales de 2014 me préoccupe beaucoup. Aussi, vous devez prendre connaissance des débats, c’est votre rôle de citoyen. Pour tâcher de vous y aider, consultez la presse locale, les blogs et autres moyens modernes d’information, mais gardez votre sens critique et surtout, posez-vous des questions. Allez au devant de l’information conventionnelle. N’oubliez pas que vous êtes chaque minute un citoyen et que tous les sujets sont politiques (au sens large et noble), notamment les plus quotidiens, les plus évidents, qui concernent chacun de nous à chaque instant, de votre trajet en voiture à vos horaires de cornemuse et des visites touristiques que vous conseillerez à vos amis parisiens à vos courses en centre-ville. Non pas parce que l’acteur politique élu en est le garant exclusif. Mais bien parce que le rapport que vous entretenez avec celui-ci via vos activités fait de vous un acteur politique au sens premier. Engagez-vous dans les débats… et s’ils n’existent pas encore, demandez leur création.

Avec la page Facebook, le profil Twitter et le blog Municipales 2014, j’espère que vous trouverez matière à vos réflexions. Je tâcherai d’y publier des articles sur l’actualité et les enjeux de l’élection. Des liens vers ces publications seront disponibles sur le blog.

De mon côté, licence de géographie validée et déjà les préparatifs en cours pour un parachutage à Genève en Master 1 Géographie ! Dieu merci, là-bas aussi, il y a des trolleys (cf. ma photo ci-dessus). Mais Limoges-Genève, c’est un certain nombre de kilomètres et d’heures de trajet. Et si j’aurai à cœur de rester du mieux que je pourrai connecté à la vie limougeaude, il me sera difficile de me confronter au terrain comme je le faisais jusqu’alors. Mais alors, si un tel déracinement se confirme, et même s’il n’est évidemment pas définitif et encore moins total, que faire de ce blog dont la raison de vivre est bien mon engagement formel ou non dans l’actualité locale ? Je n’ai pas encore de réponse. Je vais donc m’efforcer de continuer à publier ici au moins jusqu’à septembre. Le moment venu, je déciderai du sort que je réserve à cette aventure de blogueur démarrée il y a presque six ans maintenant. Avec la certitude que quoi qu’il arrive, quel qu’en soit le moyen, je demeurerai présent, ici ou là, sur la blogosphère ! Je vous en avertirai.




> Réinstaurer une culture de débat : une exigence démocratique

30052013

> Réinstaurer une culture de débat : une exigence démocratique dans Actualité locale bsocit

dnte-300x223 dans Aménagement du territoireDans le cadre du Débat national sur la transition énergétique que le gouvernement a voulu mettre en place en 2013, la Région Limousin a décliné l’événement à son échelle et organisé le 24 mai 2013 une « Conférence régionale des énergies », à l’Hôtel de Région, à Limoges. L’occasion de mettre autour de la table les acteurs régionaux directement impliqués pour échanger des priorités et des enjeux qui s’imposent à notre territoire à l’heure où nécessité est faite de réorienter nos choix énergétiques, en qualité et en quantité. Un moyen également de saisir l’importance du débat citoyen.

Soucieux d’associer la jeunesse à ses enjeux qui concernent à plus d’un titre les jeunes générations, la Région avait sollicité le CRJ pour qu’il présente les Trophées du développement durable, exemple parlant et concret d’une application découlant des discussions des Assises de la transition écologique de l’économie et de l’emploi, organisées en 2011. Ces discussions furent l’occasion de créer des espaces de travail citoyen participatif inédits. Ce fut l’occasion de prouver combien les jeunes limousins se sentaient impliqués dans les débats qui animent actuellement notre société, à toutes échelles.

Représentants des chambres consulaires, des secteurs public et privé de l’énergie, des consommateurs, d’associations de protection de l’environnement, des salariés, élus mais aussi citoyens lambda simplement impliqués dans la vie locale: tous avaient été conviés pour échanger à travers 4 ateliers sur les énergies renouvelables, la sobriété et l’efficacité énergétique, le financement de la transition énergétique et les scénarii pour atteindre le mix énergétique en 2025.Les conclusions de ces échanges seront communiquées au Ministère du Développement durable. Les débats, cordiaux mais parfois vifs compte-tenu des désaccords que les différentes pistes en matière d’énergies peuvent susciter, ont notamment porté sur l’intérêt d’intégrer au mieux l’ensemble de la population à ces discussions par de nouveaux modes de gouvernance, et de clarifier et simplifier les procédures visant à l’instauration de nouveaux modes de production et de gestion de l’énergie. Les propos ont aussi traité de l’importance définir le profil du mix énergétique à instaurer : un débat capital en Limousin, où l’exploitation historique de l’uranium comme les potentiels en énergies renouvelables (hydraulique et éolienne notamment) donnent matière à l’échange.

Ces rencontres avec des publics extérieurs répondent pleinement au souhait du CRJ d’ouverture et de décloisonnement des initiatives.

eoliennes_0-300x157 dans GouvernementLes intervenants, au premier rang desquels se trouvaient les représentants de l’institution régionale, tels le Président Jean-Paul Denanot et le Vice-Président Jean-Bernard Damiens, ont salué la présentation des Trophées du développement durable, dont la réussite avait été remarquée, et ont insisté sur la part que devaient prendre les jeunes aux débats actuels sur cette transition énergétique. Plusieurs des invités ont eu à cœur, dans les moments les plus informels de la conférence, de saluer la présentation de l’initiative portée par le CRJ, et de s’intéresser au fonctionnement de cette instance consultative et participative. Ces rencontres avec des publics extérieurs répondent pleinement au souhait du CRJ d’ouverture et de décloisonnement des initiatives.

J’ai pour ma part eu plaisir à échanger avec quelques-unes de ces personnalités convoquées pour l’occasion. Je repense à ce directeur de la Chambre des métiers de la Creuse, qui non content de me louer la qualité de vie et d’exercice de son activité en Limousin, s’est attaché à comprendre le fonctionnement de l’institution du CRJ. Je pense aussi à cette représentante de l’Ademe avec qui nous avons discuté de la réussite des Trophées comme des perspectives de notre Conseil. Je pense à ce représentant de l’UFC-Que choisir. Je pense aux compliments divers adressés à mon intervention et au-delà de ma personne à l’engagement de jeunes sur les problématiques de durabilité. Je pense enfin à cet échange chaleureux avec une conseillère régionale du Limousin, que j’ai connu dans un autre cadre, plus scolaire, et qui a eu à cœur de connaître mon ressenti de « jeune conseiller régional ». Je ne me gargarise pas de flatterie, mais je suis touché de ces marques d’intérêt qui doivent encourager à toujours davantage s’engager, quel que soit le domaine.

Prouver que l’échange citoyen doit être le fondement d’une véritable refonte démocratique de notre sociét

bandeau-fb-300x129 dans HollandeRépondant au même souhait de pleine intégration de la jeunesse à ces considérations énergétiques, j’ai récemment eu vent de l’organisation d’un débat sur le même sujet, par les Jeunes Ecologistes. Après-demain, le 1er juin, une grande réunion verra donc se réunir, à leur instigation, des jeunes engagés en politique de la gauche (Jeunes communistes, Jeunes radicaux, Jeunes du PG, MJS) mais aussi du centre et de la droite (Jeunes démocrates, Jeunes UDI et Jeunes Populaires). Attaché à l’existence d’espaces d’échanges formalisés, institutionnalisés pour qu’ils convainquent et fassent figure d’arguments d’autorité et d’encouragement à l’exemplarité citoyenne des représentants politiques, je ne peux que saluer une telle initiative. Non seulement, celle-ci doit permettre – je l’espère – de replacer les défis engendrés par un tel enjeu, mais aussi et surtout, en l’occurrence, au-delà des étiquettes, prouver que l’échange citoyen doit être le fondement d’une véritable refonte démocratique de notre société, à l’heure où nos institutions n’ont jamais paru si discutées. Si nous pouvons saluer François Hollande dans sa volonté de réorienter la forme de l’exercice de sa présidence, nous ne sommes que plus impatients d’attendre de lui une véritable réinvention de notre modèle démocratique, dont chaque jour nous percevons l’essoufflement. Pour ne pas dire l’obsolescence ! Ce serait un fort engagement en faveur de la durabilité la plus transversale.

Puissions-nous, ici aussi à Limoges, où la culture du débat ne demande qu’à être insufflée, prendre de la graine de cette louable initiative, du côté des jeunes engagés en politique, comme de leurs aînés siégeant actuellement dans les assemblées élues, qui doivent garder en tête qu’ils tiennent leurs sièges des suffrages des électeurs…

N.B. : une version plus courte de cet article a été publiée sur le blog du Conseil régional des jeunes du Limousin. La version publiée ici propose un point de vue plus personnel.

Photos : logo du DNTE ; éoliennes de Boussac (c) France 3 Limousin ; annonce du débat jeunesse sur la transition énergétique (c) Jeunes Ecologistes. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







Mascara |
ARBIA |
hors-micro |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | joaniz
| FO Assurances 77
| Info33