> Revirement du recteur : soulagement mais vigilance et mobilisation de mise

21012012

La récente décision par le recteur de l’académie de supprimer des filières, voire des établissements entiers, au lycée des métiers du bâtiment de Felletin, au lycée Bernard Palissy de Saint-Léonard, à l’EREA de Meymac, dans les lycées de Brive et de la Souterraine, au Mas Jambost, et ailleurs encore, avait légitimement suscité une levée de bouclier et une onde de protestations sans précédent, à la hauteur du préjudice envisagé et de l’ampleur sans doute inégalée de cette opération de mise à mal de l’éducation*. Le comité technique académique s’est donc réuni une seconde fois, et a décidé de revenir sur sa décision, sans doute soucieux de réinstaurer une part de bon sens, en lieu et place de la supposée logique comptable, que l’on pourra juger inopportune, en particulier quand cela concerne l’avenir et la formation même des nouvelles générations de toute la région.

Il s’agit donc d’une première victoire pour les élèves (qui effectueront « normalement » leur rentrée 2012 – du moins celle-là), leurs familles et les personnels des établissements concernés, qui auront toutefois à cœur de continuer à défendre, aux côtés de tous ceux qui ne partagent pas les modalités de la politique éducative des autorités en place, une autre vision de l’éducation qui n’érige pas les suppressions de RASED et des postes d’enseignants en modèle d’opération. Et qui que de variables d’ajustement ou slogans électoralistes, devrait faire en sorte que l’éducation soit réellement le ciment de la cohésion et du progrès social.

Il en va de l’avenir et du dynamisme de la région, mais aussi de sa population, de sa capacité à innover, porter le progrès et la justice. En dépit de l’annonce heureuse de ce vendredi, il s’agira de rester vigilant et mobilisé (ces décisions s’ajoutent au maintien inacceptable des suppressions de poste, et ne sont valables que pour la rentrée 2012, assorties de multiples conditions qui ne viendront pas effacer l’amertume et la démarche rectorale)… et ne pas se tromper de bulletin les 22 avril et 6 mai prochains.

* Sans nul doute teintée d’une dimension politique, d’aucuns faisant allusion au fait que M. Bertsch, le recteur, est aussi adjoint au maire UMP d’une ville de région parisienne…

Photo : (c) Le Populaire du centre




> Jeunes musiciens et danseurs du Limousin, le festival Vachement jeune est fait pour vous !

19012012

IMPORTANT (et parlez-en autour de vous) : Vous faites partie d’un groupe de musique ou de danse, dont la majorité des membres a entre 15 et 22 ans et réside ou étudie en Limousin ? Le festival Vachement jeune est fait pour vous ! Organisé par le Conseil régional et le Conseil régional des jeunes du Limousin, il permet aux jeunes artistes de se produire sur scène dans les meilleures conditions (accompagnement par des professionnels), à Limoges, Tulle et La Souterraine au printemps. Les sélections pour cette 4e éditions sont ouvertes jusqu’au 10 février : envoyez donc vos démos audio ou vidéo ! Plus d’infos en suivant ce lien ! ;)

 




> Alain Rodet : « 2014 ? Une échéance qui m’intéresse »

17012012

Alain Rodet, interrogé par Le Populaire du centre, le 16 janvier 2012A trois mois du premier tour de la présidentielle, Alain Rodet s’exprimait sur la situation politique nationale, balayant notamment de supposées velléités ministérielles, mais revenait surtout largement sur le contexte local et sur sa programmée succession… à lui-même. La campagne de 2014 semble (déjà) lancée.

« Je pourrais difficilement résister à l’affectueuse pression de mes amis ». Dans l’entretien exclusivement accordé à et publié par Le Populaire du Centre ce matin, Alain Rodet, par son annonce, n’a pas voulu laisser retomber le soufflé politique limougeaud, quelques semaines après le fracassant psychodrame laissant Catherine Beaubatie ravir à Monique Boulestin les prétentions sur la troisième circonscription du département. Le député-maire en place depuis presque 22 ans maintenant, envisage donc de prolonger son bail place Léon Betoulle, pour 6 ans encore. Et à ceux, sûrement plus nombreux encore qu’en 2008, qui commenceraient à l’accuser de vouloir, tels Louis Longequeue (maire durant 34 années) ou même Léon Betoulle (38 années cumulées), s’enraciner sur un trône indéfectiblement préservé par la gauche depuis un siècle, il met en avant sa volonté de rajeunir constamment ses équipes. Suffisant ?

Quoi qu’il en soit, voilà une déclaration qui vient chambouler les pronostics. En effet, depuis l’an dernier, et plus encore depuis décembre, les spéculations allaient bon train dans l’attente des élections de juin, une réelection du maire de Limoges au Palais Bourbon devant supposer l’abandon d’un des deux mandats, cumul des mandats imposé par le PS (vis-à-vis duquel l’intéressé avait exprimé son scepticisme) oblige. Il a fallu prendre acte de la démission de Monique Boulestin, qu’Alain Rodet dit regretter mais comprendre. Son remplacement au poste de premier adjoint par Bernard Vareille, jusqu’alors 3e adjoint notamment en charge de l’urbanisme et du tourisme, par ailleurs président honoraire de l’Université, était attendu. Comme l’est presque autant l’accession de ce dernier à la mairie, son statut de dauphin officiel, petit secret de polichinelle, étant d’autant plus évident depuis le départ de Mme Boulestin. Un statut qui toutefois ne saurait donc trouver la concrétisation qu’en 2020, date de fin de l’hypothétique cinquième mandat d’Alain Rodet, qui, on peut le penser (il sera âgé de 76 ans), sera « forcé » de laisser l’hôtel de ville à cette génération dont il loue la formation « à la meilleure des écoles… celle du terrain ». Des propos qui en tout cas, rappellent bien les arguments de M. Rodet quant au même cumul des mandats (« un député hors sol passe à côté de tous les sujets »). Mais qui ne devraient pas faire taire les critiques.

Il va sans dire qu’une fois les échéances du printemps et l’effervescence présidentielle passées, devraient s’intensifier les discussions et tergiversations quant aux hypothétiques listes en présence en 2014, dans ce contexte particulier de reconfiguration des forces et alliances de la gauche locale, des doutes et flottements de la droite communale, et de cette « rupture dans la continuité » avancée par le candidat-maire. Plus tôt que ce qu’on pouvait imaginer, Alain Rodet a bien lancé la campagne.

A. Rodet revient aussi sur les dossiers municipaux ou communautaires (entrée de Couzeix dans l’agglo, activité commerciale en centre-ville, projet d’agrandissement du stade de Beaublanc, LGV, …) et nationaux (premier tour de la présidentielle, sondages, Grand Paris, AAA, …), dans cette interview dans le numéro d’aujourd’hui du journal.




> Réaménagement Marceau : tour de lancement UMP pour 2014 ?

10012012

Photomontage : une "tour de l'Europe" à Limoges ?

Un mini-building de 40 mètres de haut rivalisant avec le campanile de la gare dans le paysage limougeaud. Est-ce le projet que le groupe UMP-NC du conseil municipal de Limoges veut proposer, pour le site de l’ancienne caserne Marceau ? En partie, mais je le reconnais sans difficulté, cet humble et maladroit photomontage n’est pas objectivement le reflet des propositions de l’opposition municipale, tant par les dimensions que par l’esthétique (du moins estimons-le).

En suggérant -- entre autres -- à la fin de l’automne la création de logements de bon standing, l’ouverture d’un musée de l’Armée et surtout la construction d’une tour à toit tournant panoramique sur le modèle des 100 mètres de la tour de l’Europe de Mulhouse, abritant un hôtel 5 étoiles, les élus ont sans aucun doute voulu frapper et marquer. Et certainement se placer en opposition à une majorité municipale qui a jusque ici privilégié les grandes installations communautaires à destination du grand public : Zénith, centre aquatique, projet du nouveau stade de Beaublanc, au passage critiqué par M. Geutier par l’ambition surréaliste qu’il représenterait. Aux mêmes accusation en retour, il répond anticipation. Mais l’arrivée d’une telle annonce, c’est peut-être aussi une manière d’entrer pleinement dans la concertation autour de l’aménagement de ce site qui serait pleinement associé au dynamisme engendré par l’arrivée de la grande vitesse à la gare des Bénédictins. Un sujet transversal, un sujet politique.

Camille Geutier et ses amis envisageraient aussi dans leur ébauche de projet, la réalisation d’un centre des Congrès… qui, il faut bien le dire, a pu faire défaut à Limoges, 140 000 habitants, promue « ville de congrès » sur les panneaux promotionnels de la municipalité aux entrées de la commune, mais qui n’a pour palais que la vaste halle des expositions, boulevard Robert Schuman. A plusieurs reprises, déjà, ce petit serpent de mer avait surgi dans l’actualité locale (notamment autour de l’hypothétique venue d’un congrès du PS en 2008, finalement tenu à Reims). Mais la proximité du Zénith, qui accueille nombre d’évènements en plus des concerts auquel il est dévolu, semble avoir enterré au moins provisoirement l’éventualité d’une telle création. Gageons toutefois que la prochaine campagne municipale apportera son lot de propositions phares.

Car en rendant publiques leurs idées pour le site convoité de la caserne, vaste terrain déserté de ses militaires, réforme de la carte judiciaire oblige, les élus de la droite locale tentent sans nul doute d’avancer leurs premiers pions, alors que la pré-campagne de 2014 pointe le bout de son nez*, s’annonçant mouvementée, et que l’équipe Rodet aura à cœur d’évacuer toute ambiance délétère de fin de règne en présentant elle aussi son projet pour la caserne Marceau…

* Le sujet devrait être évoqué dès juin prochain : en cas de réélection à l’Assemblée nationale d’Alain Rodet, député-maire, celui-ci devra abandonner l’un de ces sièges pour se conformer au cumul des mandats choisi par le PS. Et ce, quel que soit le résultat de François Hollande au printemps. En cas de démission de la mairie, le candidat de la gauche pour 2014 serait dès lors probablement connu.




> Bonne année 2012 !

31122011

De retour vers le 13 janvier ! :)




> Défaite de Monique Boulestin : la dure loi de la politique ?

9122011

« Comme si de rien n’était ». En dépit de la fracassante démission de Monique Boulestin, c’était apparemment le mot d’ordre pour la majorité d’Alain Rodet au Conseil municipal. Au contraire des élus de l’opposition, de droite comme de gauche (Geutier, Gaffet, Cognéras), qui ont tenu à rendre hommage à la première adjointe battue la semaine dernière par Catherine Beaubatie dans la course à la désignation pour les législatives de 2012 dans la nouvelle 3e circonscription de Haute-Vienne.

Démission. Un acte qui peut surprendre par la justification-même, invoquée par la députée sortante, qui s’estime désavouée. Si Monique Boulestin ne se trompe pas en reconnaissant qu’au terme d’un processus légal et légitime, elle a au moins partiellement perdu la confiance des militants (ou du moins que Mme Beaubatie la recueille davantage), si peu nombreux (483) soient-ils comparés aux 124 000 inscrits de la circonscription, deux questions peuvent nous venir en tête.

En estimant avoir perdu de la même façon la confiance des militants dans sa tâche de première adjointe au maire de Limoges, Monique Boulestin ne fait-elle pas erreur ? En effet, la troisième circonscription nouvellement créée ne comporte que cinq des seize cantons de la ville de Limoges (Corgnac, Puy-las-Rodas, Beaupuy, Couzeix*, Isle*, Landouge) soit 28 900 inscrits sur les 80 000 limougeauds inscrits sur les listes électorales en 2008 et 18 600 sur les 50 000 à avoir effectivement voté). Soit à peine un quart des inscrits de cette circonscription, sensiblement proche de celle que laisse Marie-Françoise Pérol-Dumont. Sans oublier que les compétences comme les contextes d’élection sont radicalement différents, entre le député et le conseiller municipal.

De plus, les électeurs limougeauds ont voté pour la liste Rodet, comprenant entre autres Alain Rodet, Catherine Beaubatie, Monique Boulestin en 2008, et pas seulement pour Madame Boulestin. Par ailleurs, ils ont largement plébiscité cette liste (56 % au premier tour face à cinq listes concurrentes dont trois de gauche). Il me semble qu’il n’y a donc pas lieu de se sentir désavouée sur le point de vue de la légitimité démocratique.

Enfin, Monique Boulestin a été présentée comme députée sortante, « titre » lui conférant selon certains et selon elle-même une légitimité accrue pour briguer le poste… qui n’appartient à personne, mais serait davantage celui de Marie-Françoise Pérol-Dumont, députée de la circonscription dont tous les cantons se retrouvent dans la nouvelle entité, que Catherine Beaubatie et Jean-Marc Gabouty, le plus crédible des représentants de l’opposition départementale, chercheront à gagner en juin prochain.

La vexation de perdre le combat contre une co-listière de 2008 avant même de l’avoir véritablement commencé contre les vrais adversaires de la droite est compréhensible. Monique Boulestin étant élue depuis 2007, avec la prime de la victoire sur une figure emblématique de la droite locale (Alain Marsaud), nous sommes en droit de penser que les règles politiques du PS, aussi démocratiques et légales soient-elles, sont dures, et Alain Rodet lui-même l’a reconnu. Oui, mais elles sont démocratiques et légales, et nous l’avons vu, Monique Boulestin n’était pas une candidate naturelle.

Enfin, je reconnais ne pas être forcément au courant des raisons qui ont poussé les militants à préférer Catherine Beaubatie, soit dit en passant, élue de qualité. Mais là n’est vraiment pas le problème. Nous sommes bien évidemment en démocratie, et désormais, il reste à espérer que le bon sens l’emportera.

Espérons que Mme Boulestin saura trouver une manière d’exprimer ses idées et de faire profiter de ses compétences et de ses convictions les limougeauds d’une manière ou d’une autre. Si elle a logiquement refusé d’aller plaider sa cause à la commission nationale d’investiture, espérons qu’elle ne cèdera pas à la tentation d’une candidature dissidente qui serait bien malheureuse pour la gauche en cette échéance historique et pour son image en Haute-Vienne. Au travail !

* partiellement compris sur la commune de Limoges. Les chiffres que j’avance sont ceux des inscrits dans les bureaux strictement limougeauds (source : résultats 2008 des élections municipales, Le Populaire du centre).




> Le logo de Limoges fête ses 20 ans

23112011

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notrenouvellesignature.pngLes années 1980 étant celles de l’émancipation et de l’affirmation de l’identité des collectivités locales françaises, ces dernières trouvent intérêt à retranscrire ce dynamisme par la création de logos qui transporteront au mieux leur « marque ». Ainsi, la Région Limousin s’est dotée en 1989 de sa fameuse feuille de châtaignier frappée du « L » rouge, symbole relooké en 2007. Limoges n’échappe à la règle.

C’est le 23 novembre 1991, il y a donc vingt ans jour pour jour, que la mairie de la ville présentait officiellement au public le logo que nous connaissons bien aujourd’hui, par une journée de festivités, avec force affiches et pavois sur les panneaux de la ville, le campanile de la gare ou l’Opéra-théâtre, annonçant une mystérieuse révolution pour le 23 du mois. Tout cela, installé dans la nuit par les agents municipaux, pour que le nouveau symbole soit une surprise offerte aux regards des limougeauds au matin. Créé par l’agence Anatome Signis, aujourd’hui disparue, le logo limougeaud ne faisait pas l’unanimité parmi les fervents défenseurs du blason historique (parmi lesquels Alain Texier, historien, professeur à la faculté de Droit et royaliste reconnu), où figure le paternel chef de Martial. Le blason, « de gueules, au chef de Saint Martial de carnation, orné à l’antique d’or, ombré de sable, entre deux lettres gothiques d’or S et M ; au chef d’azur, chargé de trois fleurs de lis d’or », honore donc le premier évêque – au IIIe siècle – et saint patron de la ville, auquel fut adjoint en 1421 par le futur roi Charles VII le « chef de France », les lis d’or, en reconnaissance de la résistance des habitants contre les Anglais.

Comme beaucoup d’autres, le logo de Limoges se veut la représentation d’une alliance de l’héritage historique et de la modernité. Le bleu et le rouge, couleurs de Limoges déjà présentes dans le blason, et la flamme évocatrice de la tradition séculaire des arts du feu (émail et porcelaine) sont associés à la forme circulaire, qui fait autant allusion à la forme en plan de la première cité double, à la boule de l’église Saint-Michel, à l’assiette de porcelaine ou au ballon de basket du CSP. Le dossier de presse de la mairie ajoutait : « Au-dessus de la flamme, une boule bleue appelle l’avenir, le développement. Au-delà, cercles et feu dans un espace blanc expriment cette terre de création qu’est Limoges et qui veut rassembler ses habitants autour d’une signature moderne et élégante ». Le logo de Limoges fera-t-il encore long feu ?

Pour son aide précieuse et sa disponibilité, mes plus sincères remerciements à Monsieur V. Schmitt, directeur général adjoint du cabinet de M. Rodet à la mairie de Limoges, en charge de la communication et des relations internationales. / Affiche du nouveau logo devant la gare © Mairie de Limoges




> Quand les politiques poussent la chansonnette…

15112011

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laguiller.png« Si j’étais président de la République… », chantait et chante toujours Gérard Lenorman. La campagne s’annonçant impitoyable (et espérons-le, pas pitoyable), pourquoi ne pas profiter du calme avant la tempête pour revenir sur quelques-unes de ces perles audiovisuelles, qui mettent nos responsables politiques en scène (la vraie) et nous feraient presque oublier, le temps d’une chanson, d’un air, combien la politique est cruelle. C’est la minute poésie, et même si elle est ici un peu cacophonique, là un peu datée, elle est toujours appréciable, quel que soit le degré d’appréciation.

Valéry Giscard-d’Estaing / à l’accordéon !
Dans son fief de Chamalières, le futur président, qui n’est à cette époque que ministre des Finances, tente de disserter sur les variantes de l’accordéon… et s’emmêle un peu les pinceaux, préfigurant la bouillie qu’il offre à son auditrice. Celle-ci – speakerine de son état – et le plus célèbre des Auvergnats de Paris se donnent à un jeu d’un artifice rarement atteint, couronné par une mise en scène et des cadrages et « dialogues » plus que douteux. Un grand moment de télévision, digne du premier acte d’une pièce de théâtre du siècle dernier… (comprenez, XIXe, et encore…) Pour le second acte, rendez-vous en 1974 pour les remerciements en anglais. Et pour le dernier, évidemment, les adieux délirants de 1981.

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Arlette Laguiller / Mon p’tit loup (Pierre Perret)
Brocardée en révolutionnaire sectariste, radicale et virile par Les Guignols de l’Info, Arlette Laguiller, porte-parole et incarnation de Lutte Ouvrière de 1973 à 2007, détenant le record de participations à une élection présidentielle (6 candidatures), se livrait en 1993 à une prestation en direct, que certains jugeront poignante, d’autres décalée ou pathétique. Quoi qu’il en soit, qui nous dit que la militante d’extrême-gauche n’avait pas eu le sentiment d’avoir déclamé, par la chanson de Pierre Perret, un manifeste féministe plus délicat qu’une tonitruante tribune politique ? Mention spéciale.

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Noël Mamère / Les Enfants de par là (Noël Mamère)
Noël Mamère est un vrai touche-à-tout. Avant d’être une des figures de proue des Verts dans les années 2000, il a en effet présenté les journaux télévisés d’Antenne 2, de 1982 à 1987. Mais ce qu’on sait peut-être moins, c’est qu’il s’est à la même époque essayé à la… chanson. Cet unique titre se nomme Les Enfants de par là. Les paroles sont assez classiques… mais c’est bien le décor dans lequel Noël Mamère a été filmé à l’occasion de cette émission télévisée qui interpelle. Un bijou.

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Bernard Tapie / Vite un verre
Mais le touche-à-tout le plus célèbre de France, c’est sans nul doute Bernard Tapie. Avant d’entamer l’étonnante carrière qu’on lui connaît, dans les affaires, le sport, le cinéma, la politique (en tant que ministre de François Mitterrand, député des Bouches-du-Rhône et leader radical de gauche), Bernard Tapie avait tenté, dans les années 1960, de percer dans la chanson. Ah, pardon, Bernard Tapy, histoire de sonner plus anglo-saxon. L’histoire ? Un homme déçu et trompé. Qui va trouver le réconfort dans la boisson. Et nous faire rire, un peu. En 1998, il retentera, avec Doc Gynéco.

 

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Lionel Jospin / Les Feuilles mortes (Jacques Prévert)
Tout semble réuni pour livrer une prestation troublante. Voix tremblotante et légèrement fausse, mine austère et paroles lyriques et tragiques (et interprétation par Lionel Jospin, qui pour certains résume peut-être le tout). Il faut simplement oublier que l’émission est « Carnaval », présentée par le tonitruant et peu délicat Patrick Sébastien. Tout jugement qualitatif mis à part, pas sûr que ce soit avec cette séquence que le premier secrétaire du PS de l’époque (en 1984) ait réussi à briser son image de triste sire.

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Ségolène Royal / Capri, c’est fini (Hervé Vilard)
Invité de FOG fin 2007, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à l’investiture suprême, retravaille son style et se relance après son échec à la présidentielle. Elle croise sur le plateau Hervé Vilard, dont toute la carrière est souvent réduite à ce succès de l’été 1965, Capri c’est fini. Hervé Vilard participera d’ailleurs à la fête de la Fraternité, organisée par la présidente de Poitou-Charentes. Mauvais choix de tonalité, paroles hésitantes, Hervé Vilard surjouant un peu, scène forcée. Mais instant décalé, une fois encore ! Ségolène Royal ne voulait peut-être pas qu’on l’assimile trop aux paroles de la chanson…

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Eric Besson / Ceux que l’amour a blessés (Johnny Halliday)
C’est sur le plateau de LCI que l’actuel ministre de l’Industrie et ancien socialiste Eric Besson, avait en 2010, chantonné quelques phrases d’un tube obscur de « notre » Johnny national, Ceux que l’amour a blessés, daté de 1970. Le minsitre, qui ne chante pas trop mal, connaît son rôle. Et tient peut-être à faire oublier les piètres prestations des responsables nationaux de l’UMP, qui s’étaient bruyamment faits remarquer dans le fameux lipdub des Jeunes populaires, Tous ceux qui veulent changer le monde… J’en reparlerai sans doute. Pour la vidéo en question, c’est ici.

Pour terminer, je vous invite aussi à (re)voir à ce sujet mon article-florilège sur les politiciens s’efforçant de parler anglais.




> Confusion autour du redécoupage électoral ?

12112011

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Perchoir pour Ségolène Royal, accord sur un « pack de circonscriptions » bien mal engagé entre écologistes et socialistes, parachutage de François Fillon « chez » Rachida Dati… il est clair que les élections législatives de juin prochain, qui devront valider la nouvelle majorité définie par les Français au scrutin présidentiel et à ce titre engager le pays dans des réformes sans doute historiques, prennent une place croissante dans les médias et l’actualité. La grande présidentialisation (et donc personnalisation) du pouvoir en France ne doit pas nous faire oublier en quoi notre régime démocratique repose aussi sur la représentation parlementaire.

A titre personnel, et je pense ne pas être le seul à le penser, il m’apparaît que la question des institutions et de leur modernisation, devra peser dans le débat de la campagne. Car rénover nos institutions me semble loin d’être contradictoire avec l’ambition de rénover le pays lui-même, et je me demande si la nouvelle majorité -- que je souhaite de gauche, cela va sans dire -, aura le courage d’évoquer une rénovation du scrutin législatif, après avoir pris la peine d’aborder la question du cumul des mandats, dont il conviendra aussi de reparler.

De rénovation, Arnaud Montebourg, qui décidément ces derniers mois est bien au PS le porteur du drapeau des chamboulements, parle aussi. Sa toute dernière proposition de limiter à 67 ans l’âge des prétendants à la députation fait grand bruit. Et de voir s’enchaîner dans les reportages télévisés allusions aux dits députés, « dinosaures » Julia, Tibéri ou Lang. Et ceux-ci d’assurer l’absence de corrélation entre leur longévité politique et leur implication et attachement à leur fonction. Certes. Si supposer de leur part un acharnement à rester en place est sans doute légitime. il serait évidemment irrespectueux, et même mensonger d’établir un lien théorique entre âge et efficacité au travail d’élu. Ainsi, Arnaud Montebourg, que certains jugent jouer pour son image de « cheval blanc », ne s’attaquerait pas au bon aspect du problème, celui du cumul des mandats (que le PS s’est engagé à combattre mais qui est encore loin d’être une réalité) ?

La réforme de la carte électorale opérée par le gouvernement en 2010 a laissé des marques. Dans les discours, assez peu, il faut bien le dire. Ces modifications aux motivations légitimes mais aux concrétisations parfois bien discutables ont profondément refondé le paysage géographique politique français. Et Limousin. Car dans notre région, la réduction du nombre de circonscriptions (de 9 à 6) et avec elle d’autant de sièges [voir encadré ci-après], ne se fera pas sans encombre, une fois n’est pas coutume. Pour la droite, bien évidemment, qui battue dans les quatre circonscriptions de Haute-Vienne en 2007 n’était arrivée en tête au second tour dans aucun des cantons du département, et qui voit donc son ambition de briser le « grand chelem socialiste » encore bien amenuisée. Mais aussi pour la gauche, qui bien que presque assurée de garder les trois sièges de députés haut-viennois, aura avant tout du régler les questions de personnes…

En effet, le retrait presque inattendu de Marie-Françoise Pérol-Dumont, qui en janvier dernier assurait ne pas briguer un 4e mandat de députée de la 3e circonscription, semblait laisser place libre aux trois députés sortants, Monique Boulestin, élue depuis 2007 seulement, en tête. Le maire de Limoges, Alain Rodet, que l’on avait annoncé sans fondements partir pour le Sénat, était dès lors pressenti pour rempiler sur l’ex-quatrième circonscription, désormais élargie au centre de sa ville. Le discret Daniel Boisserie semblait être le candidat naturel pour la rurale deuxième circonscription du sud, tandis que Monique Boulestin, à moins d’un « échange » avec le député-maire Rodet, aurait pu hériter de l’ancien fief de la présidente du Conseil général. La perspective de voir une nouvelle figure politique adoubée par Marie-Françoise Pérol-Dumont pour prendre sa « succession » avait même laissé entendre que le doyen Rodet, qui en 2012 aura dépassé la fatidique limite d’Arnaud Montebourg, se concentrerait sur sa ville et sa métropole et laisserait donc presque logiquement son siège à sa première adjointe. Boulestin dans la première, Boisserie pour la seconde, une nouvelle tête dans la troisième (peut-être Andréa Soyer, maire de Bessines-sur-Gartempe et fille de Bernard Brouille, suppléant de « MFPD ») ; tout semblait réglé.

beaubatie.jpgOui mais voilà, en lieu et place d’Andréa Soyer, c’est désormais le nom de Catherine Beaubatie (voir ci-contre), 47 ans, par ailleurs vice-présidente du Conseil régional et adjointe au maire de Limoges en charge du développement économique, qui semble tenir la corde… pour l’ancienne circonscription de Mme Pérol-Dumont ! De quoi désespérer Monique Boulestin, égérie du « ressac rose » de 2007 avec sa glorieuse victoire face à Alain Marsaud (qui lui, prépare sa reconversion à l’étranger, nous en reparlerons sans doute…), qui s’est empressée de solliciter officiellement l’investiture socialiste pour la troisième circonscription, s’estimant « tout à fait légitime » pour cela, en espérant que la procédure se fasse conformément « aux modalités définies par le parti socialiste ». Il devrait donc y avoir, sauf accord ces derniers jours, une primaire pour départager les deux candidates… et peut-être un peu de rancœur, si Catherine Beaubatie venait à l’emporter…

Concernant l’éventuelle reconduction d’Alain Rodet pour briguer un huitième mandat consécutif, il va sans dire que le 7e député le plus cumulard de France (selon le classement établi par le journal Le Monde en 2009), sans doute le plus enraciné des parlementaires limousins (seul député de gauche à avoir résisté à la débâcle socialiste de 1993), se placerait contre les règles de non-cumul des mandats promises par la direction nationale du Parti socialiste depuis plusieurs mois. L’intéressé bottait en touche l’an dernier, quand invité de LCP, il assurait que le cumul de fonctions représentative et exécutive « [permettait …] de voir si les choses vraiment changent ou pas », et que l’application du non-cumul devait aller de pair avec une réduction du nombre total des parlementaires. Ce qui n’est pas dans les plans des prétendants à l’Elysée, le nombre de 577 députés étant même gravé dans la Constitution.

Il conviendra, une fois les désignations socialistes, de passer à la confrontation des idées et à l’évaluation des forces en présence : il sera intéressant de connaître les figures en qui la majorité présidentielle tentera de croire, notamment en cette période troublée entre centristes et UMP, Jean-Marc Gabouty apparaissant comme une des meilleures chances de la droite départementale. Quoi qu’on en dise, les sièges de ces toutes nouvelles circonscriptions feront -- peut-être -- l’Assemblée du post-sarkozysme.

redcoupagelectoral2012hautevienne.png

LE REDECOUPAGE : La première circonscription historique, très urbaine car essentiellement limougeaude, comprenant notamment les cantons de Limoges-Emailleurs (dont le conseiller général est Raymon Archer, leader de l’opposition de droite au Conseil régional) et Limoges-Couzeix (dont Jean-Marc Gabouty, maire radical de Couzeix est conseiller) était jusqu’à présent la plus instable des quatre, tenue par la droite de 1993 à 1997 et de 2002 à 2007 par Alain Marsaud. Son éclatement au profit de trois nouvelles circonscrptions très largement calquées sur les trois circonscriptions de Daniel Boisserie (élu à 61 % en 2007), Marie-Françoise Pérol-Dumont (62 %) et Alain Rodet (près de 66 %), hypothèque donc très fortement les chances de la droite haut-viennoise d’envoyer l’un des leurs au Palais Bourbon.

Photos : Y. Dussuchaud pour C. Beaubatie -- perso. pour l’infographie.




> Hollande et les Primaires vus par la presse internationale

17102011

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khalidcasablancapourcourrierinternational.jpgPour cette première journée pendant laquelle François Hollande a officiellement revêtu les habits officiels de candidat du PS pour l’élection présidentielle de 2012 (il était l’invité du 20h de TF1), j’ai choisi de sortir de la vapeur quelque peu étouffante du bouillonnement médiatique franco-français pour prendre du recul à l’étranger. Retour sur les publications de la presse internationale de ces derniers mois, jours et heures sur le processus des primaires et la désignation de François Hollande.

La crainte du retour de la « machine à perdre » ?

Il faut le dire, la presse internationale avait parfois manqué de tendresse et fait part d’un franc scepticisme à l’égard de l’organisation des Primaires socialistes. Du moins au début. Le quotidien italien Le Corriere della Serra (centre-gauche), comme l’hebdomadaire burkinabé L’Observateur paalga brandissaient en début d’année le spectre de la fameuse « machine à perdre », qui a ressurgi en mai avec l’affaire DSK. L’un prédisant par la douloureuse expression de « vocation au suicide » des primaires les déchirements, qui de l’autre côté des Alpes ont été entre autres facteurs de déliquescence de ce qu’il y reste de gauche. L’autre faisant allusion aux scalps des Indiens d’Amérique rivaux. Rien que ça. De façon moins sanglante, le quotidien belge francophone La Libre Belgique s’inquiétait en juin dernier que le processus se transforme en « sac de nœuds ». Le journaliste indépendant britannique Tim King, quant à lui, était allé jusqu’à imaginer ce qui se passerait « le jour où le PS [imploserait] » après son élimination par Nicolas Sarkozy en mai 2012. Tout un programme, dont nous nous passerions bien dans les faits. Gageons que la forte participation aux élections primaires et les appels au soutien sans équivoque et au rassemblement derrière le candidat démocratiquement désigné sauront éviter la catastrophe prédite pour la gauche de gouvernement, en mal de victoires présidentielles.

Aubry/Hollande, ou la victoire des vieux archaïques sur un jeune réaliste (Valls) ?

En ce qui concerne la teneur des débats et des propositions des prétendants à la fonction suprême, on se souvient notamment de l’analyse de The Economist. L’hebdomadaire britannique ne trouvait qu’en les arguments du libéral-socialiste Manuel Valls, « jeunot au pays des dinosaures », les réponses cohérentes à l’éprouvant contexte socio-économique, et rabrouait fermement le PS français, « l’un des plus archaïques d’Europe », raillant au passage et sur fond légèrement « francosceptique » l’interdiction des stock-options proposée par Ségolène Royal, ironiquement présentée caubrandeholly.jpgomme « modérée ». Arnaud Montebourg, chantre de l’hypothétique démondialisation proposée dans le cadre d’une « bucolique fête de village » [comprenez la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse] et vu d’un mauvais œil par la presse suisse en raison de ses positions sur la fiscalité, François Hollande et Martine Aubry et leurs propositions « figées dans le temps » en prenaient également pour leur grade, dans ce qui ressemblait à une opération de décrédibilisation d’un parti qui il est vrai n’a pas effectué la mue (pas forcément à tort, entendons-nous) qu’a suivi le Labour depuis l’ère Blair. On aimerait bien savoir ce que les journalistes de The Economist trouveront à dire pour commenter le ralliement du jeunot aux dinosaures. Toutefois, on n’en attendait pas davantage du titre de presse libéral.

Les primaires, un tremplin bien français contre la présidence bling-bling ?

Ces critiques à peine voilées ont été masquées par plusieurs voix discordantes. De plus en plus nombreuses, face sans aucun doute au réel engouement des citoyens français vis-à-vis de cette procédure jugée moderne par des politiciens de tous bords. Ainsi, la journaliste suisse Catherine Dubouloz, qui il y a dix jours dans Le Temps estimait que la procédure s’était « transformée en formidable tribune pour la gauche », ayant « tout pour se transformer en machine à gagner », mettait en évidence l’intérêt manifeste qu’y porte une partie de l’UMP, qui sera sans doute contrainte de recourir à ce système pour « départager la légion de [ses] candidats [annoncés] ». Sur un ton logiquement moins acerbe que The Economist, à travers un article énumérant avec sérieux et lucidité les différences des candidats socialistes, en juin dernier, The Guardian (catalogué au centre-gauche Outre-Manche), voulait croire non sans espoir « partisan » en la capacité de la « rose » à incarner l’avenir et donc en une renaissance de la gauche française, confortant ainsi notre nation dans « son rôle de pays à part » et mettant fin aux pratiques « donquichottesques » et « diviseuses » (!) de l’actuelle gouvernance. Pêle-mêle encore, Joëlle Meskens, correspondante du quotidien belge Le Soir assurait que la politique serait quoi qu’il en soit vainqueur des Primaires, mais que le PS devait se garder de sombrer dans l’euphorie démobilisatrice. La Tribune de Genève s’émerveillait du chiffre de la participation et voyait dans ce succès une « [ringardisation] » d’une UMP pseudo-moderne. The Guardian notait la bonne tenue et le calme des prétendants durant les débats, et estimait que le PS affaibli depuis la défaite de Lionel Jospin en 2002 s’en trouvait ragaillardi. El País (centre-gauche espagnol) a apprécié « l’échange constructif d’idées ». La palme revenant sans doute au bimestriel américain Foreign Policy, qui n’a pas manqué de moquer la filiation avec leur nation dont ont pu se réclamer certains représentants de la droite, candidat Sarkozy en tête, alors que ce sont bien les socialistes qui ont le mieux fait part de leur inspiration venue d’Outre-Atlantique par l’organisation de ces élections primaires.

Hollande, une « normalité rationnelle » ?

A l’aube du second tour, le quotidien québécois Le Devoir soulignait déjà de façon prémonitoire l’exploit que réaliserait en s’imposant le député de Corrèze avec ses airs de « collégien blagueur », après avoir joué de cette image d’élu de la France profonde soutenu par les quartiers populaires et opposé jusqu’au printemps au « jet setter » qu’est DSK puis à la défenseure du multiculturalisme et de l’ouverture aux autres partis de gauche qu’est Martine Aubry. En ce qui concerne le dénouement d’hier, si El Periódico de Catalunya (qui ne pariait sur une victoire d’Hollande, le « brillant sans éclat », qu’en cas de défection de DSK !) est sans doute surpris de la victoire finale de François Hollande, c’est sans doute moins le cas du Süddeutsche Zeitung qui en janvier dernier, tout en louant dans une comparaison faite entre la chancelière Merkel et Martine Aubry les efforts et qualités de cette dernière, se demandait comment, avec ses tendances à chercher l’alliance avec des « partis très à gauche », elle pourrait incarner avec efficacité l’aile française du couple moteur de l’UE. En Belgique francophone, l’agence de presse Belga avait recueilli la préférence des principaux leaders socialistes, qui sollicitaient particulièrement leur voisine Martine Aubry, Rudy Demotte, ministre-président de Wallonie, mettant en avant la collaboration étroite mise en place au sein de l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai. Mais leur « choix de raison » était davantage François Hollande.

Pas nécessairement euphorique, la grande majorité des titres étrangers s’accorde néanmoins à saluer si ce n’est féliciter la performance d’un candidat de l’ombre peu médiatisé et le score sans appel qu’a obtenu François Hollande. Un score qui ne lui sera pas inutile dans la perspective de mettre un terme à la présidence Sarkozy, globalement critiquée. The Guardian se demandait si la victoire d’un « Monsieur Normal » n’était pas « ce dont la France [avait] besoin » pour mettre fin à cinq années de « psychodrame », tandis qu’El País, parlant de « l’académique » M. Hollande, jugeait ce dernier comme étant un des plus contrastés face à « l’hyperactif et imprévisible Sarkozy ». The New York Times évoque un homme « spirituel » qui devra s’évertuer à faire oublier son inexpérience politique. L’hebdomadaire allemand Der Spiegel reconnaissait en le vainqueur de la primaire un homme « amical, sociable, discret », en somme « peu complexe », mais semble s’interroger sur la capacité du socialiste à transcender les foules. Cette nouvelle campagne présidentielle devra prouver que l’ère de la surexcitation est révolue, et qu’il n’est nul besoin d’être excessif pour prouver sa détermination. Quoi qu’il en soit, l’importance capitale de cette échéance pour l’avenir même de la gauche française n’a pas échappé au New York Times, qui se demande si la gestion de la Corrèze est une assez bonne entrée en matière pour le postulant à l’Élysée, et qui comprend bien qu’une nouvelle défaite causerait une dramatique et considérable bagarre interne au PS.

En revanche, quelques nuances en ce qui concerne les qualifications de la personnalité même de l’ex-premier secrétaire du PS, « grand naïf au regard de chien fidèle », volontaire et « [parlant] bien » mais peut-être trop lisse pour le journal autrichien Der Standard comme pour le quotidien de gauche néerlandais De Volkskrant Quelques titres étrangers ont presque autant retenu l’humour corrézien du vieux lion Chirac sur sa volonté avérée ou non de voter Hollande en 2012, que les propositions de ce dernier, jugées « pas très claires » par The Guardian. La palme revient sans conteste au quotidien helvète 24 Heures, qui filant la métaphore rugbystique, compare « sales gosses » du XV de France et socialistes et leurs sympathisants ayant rendu « illogique » l’issue de la primaire. Et d’évoquer Chirac et Mitterrand et leurs nombreux échecs précédant une victoire tardive. Le tout sur fond patent de parisianisme (Hollande décrit comme un « politicien parti s’enterrer en Corrèze » opposé à la maire de Lille qui « se coltine les réalités d’une grande métropole »), comble pour une publication suisse. On préfèrera oublier. Et espérer que François Hollande n’aura besoin que d’une seule tentative pour déloger Nicolas Sarkozy de l’Elysée. Et garder les yeux et l’esprit, déterminés et résolus, vers une troisième mi-temps sérieuse et constructive, aboutissant à une victoire salutaire.

Sources : www.courrierinternational.com, www.nytimes.com, www.lalibre.be et www.letemps.ch
Lien : La présidentielle vue depuis Bruxelles

Dessins : Khalid, dessinateur marocain (pour Courrier International), Aubrande et Holly sur le blog de Jérôme Choain.